Ministère de la santé publique: 94% de budget du secteur de santé a été décaissé en 2018

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Dans le cadre du bilan de l’année 2018, votre magazine d’information et d’actualité Tachad.com, s’est entretenu avec le ministre de la santé publique, Aziz Mahamat Saleh sur les axes farts qui ont marqué l’année 2018 dans le secteur de la santé au Tchad. Des progrès sont constatés, certaines difficultés sont franchies mais les défis pour l’année 2019 restent encore plus grands. Plusieurs axes stratégiques ont été proposés par le comité directeur pour aborder avec plus de responsabilité les défis de 2019.

Monsieur le ministre, la dernière réunion de l’année sur la santé tenue au palais présidentiel sous la houlette du président de la République, Idriss Déby Itno, a accordé une large part de budget de l’Etat à votre département. Quelle signification vous apportez à cette marque d’attention sur votre département ?

Merci beaucoup, je pense que le fait qu’il y ait la réunion mensuelle de santé avec le Président de la République démontre une fois de plus que la santé est une des priorités. Donc pour la question de financement que vous posez, c’est l’occasion pour dire que ces priorités sont mises sur le terrain. 94% de budget prévu pour l’année 2018 a été effectivement décaissé. Et ça c’est un constat de la volonté politique du pouvoir à accompagner ce secteur. Pour 2019, il y a aussi une augmentation malgré qu’on soit en crise et que certains budgets soient coupés. Par contre, celui du ministère de la santé a reçu une augmentation. Donc c’est la volonté des plus hautes autorités d’aller vers la santé pour tous.
Monsieur le ministre vous êtes le chef de département de la santé publique, une priorité des priorités. Dites nous, quels ont été les progrès d’ordre sanitaires réalisés en 2018 ?
Je crois que pour 2018, il y a un certain nombre de résultats palpables. D’abord l’organisation du système de santé à travers un nouvel organigramme au niveau du ministère, l’installation des nouvelles directions rétrécies dans toutes les délégations également avec des orientations plus stratégiques. Le changement majeur c’est le contrat de performance instauré à tous les niveaux.  Par exemple, pour la vaccination nous exigeons un certain taux qu’on va essayer de vérifier chaque trimestre par les districts sanitaires. L’autre changement et non le moindre, c’est par rapport à la coordination des activités. Chaque mardi à 9 heures, une réunion se tient avec les partenaires et les services pour examiner les failles. Par exemple où en sont les requêtes ? Comment essayer d’avoir des stratégies qu’ils soient concrète sur le terrain ? Et la, je crois aussi que ça permet de façon appréciable à ce qu’on change nos coordinations pour avoir plus de résultats dans les actions. Nous avons eu deux grands changements majeurs à ce niveau. L’autre c’est que, quand on fait des actions de coordination c’est pour avoir de résultat par rapport à la santé de la population. Et donc la santé de la population, c’est dire qu’on a des évolutions qui sont intéressantes dans la mesure où c’est l’année des rares années où notre pays n’a pas connu de choléra. Ce rôle de veille à permis de pouvoir arriver à ces résultats. La stratégie contre la polio paye, le Niger, le Nigéria et le Tchad ont les mêmes cas . C’est aussi l’une des stratégies à travers les interventions sablées au niveau du lac qui permet d’avoir de réponses.
Il y a aussi un certains nombre de défis et/ou la stratégie est plus longue et qui devra permettre d’avoir de résultats. C’est au paludisme et à la malnutrition. Je crois que sur ces deux maladies, il y a encore beaucoup d’efforts et il faut qu’on change de stratégies pour créer des stratégies communautaires. Des stratégies qui se rapprochent de la population, d’éducation de la population pour que l’allaitement soit un élément important pour lutter contre la malnutrition. Une société s’est installée maintenant pour faire des aliments nutritifs made in Chad. Donc c’est au tant des avancées qui permettront et on espère dès 2019 avoir des résultats palpables dans le cadre de la santé de population.
EN 2017 le taux de la couverture vaccinale a été faible, y a-t-il une amélioration en 2018 ?
La couverture vaccinale est l’un des éléments clé du secteur de la santé publique. Nous avons l’alliance GAVI qui nous accompagne dans cette vaccination. C’est vrai qu’on se réjouit qu’il y a un changement de cas. Cette année (2018) le Tchad a reçu ici près de cinq (5) grandes réunions régionales sur la vaccination. Nous avons reçu monsieur Bill Gates, la directrice exécutive de l’alliance GAVI, la directrice régionale de l’OMS, la directrice régionale de l’Unicef tout ça pour parler de la santé de population en générale et en particulier de la vaccination. Nous avons un taux qui était très bas de 22%. On n’a pas encore fini les enquêtes mais 2018 a un progrès. Un progrès de taille par exemple dans la zone du lac où beaucoup des efforts ont été faits, il y a des montés significatives, la zone du Batha qui était à peu près à 3%, on n’a pas fini encore le taux exacte mais je suis sûr qu’on est au delà de 30 à 40%. Donc ce sont des avancées, parce qu’on a des stratégies qui sont adaptées maintenant aux zones en fonction des besoins et de la question d’intersectorialité. Nous avons organisé du 13 et 14 mars 2018 un forum national sur la vaccination et sept (7) jours après ce forum a donné des résultats et on ne peut que s’en réjouir.
Monsieur le ministre l’année 2018 a été tellement perturbée par les grèves lancées par la plateforme syndicale revendicative.  Comment avez-vous fait pour soutenir votre département pendant ces moments difficiles ?
Il y’avait la grève de la plateforme et ensuite la grève des pharmaciens et des médecins. La grève de la plateforme, il faut reconnaitre que cela a eu des conséquences négatives sur le système de santé et il a fallu que le dialogue soit maintenu parce que la question de la santé est une question sensible. On ne peut abandonner des malades et on n’a regretté que cela ne puisse se faire dans un certain nombre des institutions. Nous avons fait de rappel à l’ordre, nous avons même sanctionné quand il le fallait. Et sur cela un certain nombre de syndicats nous ont accompagnés pour que le service minimum soit effectif dans les centres. Mais le service minimum reste toujours une éducation par rapport aux résultats et un frein de nos performances. Donc on se réjouit parce qu’on a pu signer un accord global avec la plateforme et que nous aussi (ministère de la santé publique), le 12 décembre dernier avec l’ordre national des médecins et l’ordre des pharmaciens puissions arrêter cette grève pour permettre à ce que réellement tout le monde soit sur le terrain et avoir des résultats palpables en matière de santé.  C’est un peu cette stratégie, toujours d’ouverture et de dialogue pour que chaque problème posé puisse avoir de solutions idoines.
Le président de la République a donné des orientations fermes que le taux de 80% de la couverture vaccinale soit atteint. Quelles sont les stratégies mise en place pour atteindre cet objectif ?
La vaccination comme l’enquête la soulignée était de 22% c’est-à-dire que tous les enfants qui devaient être totalement vaccinés n’étaient que de 22%. Et donc c’est un chiffre qui est assez bas et il a fallu le changer. C’est la raison pour laquelle en mars dernier nous avons organisé un forum national sur la vaccination sous la houlette du Chef de l’Etat. Tous les ministres concernés, tous les partenaires sont venus, nous avons vu des raisons qui ont fait qu’on a ce chiffre. Nous avons changé de stratégie pour que réellement on s’adapte au contexte. On ne vaccine pas les nomades de la même manière que les sédentaires, on ne vaccine pas de la même manière dans les zones complètement désertiques et les zones où l’accès est un peu difficile que ça soit au lac où les zones qui sont parfois coupées par les saisons de pluies. Donc c’est cette stratégie qu’on a réadapté pour permettre de pouvoir changer les choses. Je pense qu’on peut se réjouir maintenant du fait qu’il y a des résultats qui puissent nous permettre d’avancer. Le taux de 80% a été un objectif du président de la République, Chef de l’Etat. Nous ferons tout ce qui est possible à notre moyen. Et je crois sur cette question le président met l’acte à la parole. Il a mis des financements nécessaires. C’était ça qui manquait et c’est l’une des parties des solutions. Le président avait instruit pour que trois (3) milliards de FCFA soient financés sur le budget de l’Etat chaque année. C’est déjà une des parties des défis. Dès 2019, il y aura cette disponibilité.
Le deuxième, c’est le désert médical comme on le dit souvent, il y a très peu de personnel de la santé sur place. Dans ça, la stratégie est double : la première c’est dire que le personnel qui est au niveau de N’Djamena soit redéployé au niveau des provinces. Nous avons déjà plus d’une centaine par arrêté qui sont déployé déjà sur le terrain et le deuxième axe c’est le recrutement. On va avoir des nouvelles personnes qui vont être recrutées 2 188 par des contrats annuels et sur la base de performances renouvelées. Ce qui permettra de pouvoir donner un certain nombre de résultats particulièrement sur cette question de vaccination. Nous avons déjà quelques unes des régions où les résultats sont déjà favorables et on espère pouvoir atteindre cet objectif d’ici 2019.
Monsieur le ministre, un rapport de la mission de contrôle des structures sanitaires a été publié le 14 novembre dernier par le ministère de la santé publique. Selon le contenu dudit rapport 92 de ces structures sanitaires seront fermées et 101 autres sont mis en demeure. Quel est l’état des lieux par rapport à la mise en application de cette décision ?
Oui ! Je pense qu’on a bien muri cette question avant d’engager les processus. Vous savez très souvent on mène un certain nombre d’actions qui ont des objectifs louables mais parce qu’on ne met pas la forme et le respect des normes juridiques et on se retrouve finalement porte fermée. Par exemple il y a quelques années, il y avait eu des rafles des médicaments par terre, les médicaments de la rue. Et ces personnes après ont engagé des poursuites au niveau de la justice et ont gagné malgré que c’étaient des faux médicaments. Parce qu’ils n’y avaient pas des dispositifs juridiques qui ont été prévus. C’est la raison pour laquelle nous voulons faire ratifier la convention « médicray » qui est une convention qui criminalise les faux médicaments, son achat et son approvisionnement. Une fois qu’on a ce dispositif on pourra aller plus rapidement. Pour ce contrôle des établissements sanitaires privés à N’Djamena, nous avons étudié toutes les possibilités pour n’est pas être contrer. Parce qu’on sait qu’il y a des intérêts importants et des lobbies très forts aussi dans ce domaine. Et donc nous avons mis toutes les traques pour que le comité soit fait de façon normale. Il a rendu son travail. Un huissier de justice, Me Hissein Ngaro était dans le comité et a fait tout les actes pour les constater. Il les transmet via le ministère du secrétariat général du gouvernement au ministre de la justice et un juge va prendre la décision de la fermeture. Une fois que la décision est prise nous les pourrons aisément fermer. Et cela va permettre non seulement de faire respecter la loi mais aussi de pouvoir assainir ce système parce que c’est la base du système de la santé publique.
Monsieur le ministre que pensez-vous de la formation du personnel de la santé ?
La formation du personnel de la santé, c’est l’un des dispositifs qui est au cœur de nos préoccupations avec mon collège du ministère de l’enseignement supérieur et nous allons adopter dès le premier trimestre de l’année 2019 la bi-appartenance. La formation va être co-gérée par le ministère de la santé et le ministère de l’enseignement supérieur. Je ne veux pas qu’en 2019, qu’on nous crée des écoles pour se faire de l’argent pour dire qu’on forme des agents de la santé. Il y a des curricula qui doivent être respectés, il y a des normes qui doivent être respectées et la priorité reste au niveau du public. C’est la raison pour laquelle nous avons avancé vers le certificat unique. Quelque soit votre formation, seul le certificat unique de l’ENASS (école nationale des agents sociaux et de santé) qui doit pouvoir valider votre cursus. Mais, ce n’est pas encore assez, il faut qu’on aille au-delà, c’est pour cela que cette question de formation est importante. Il y a encore un autre élément qui sera important en 2019, c’est l’objectif d’avoir 150 médecins qui vont arriver de Cuba.
Quelles sont les perspectives d’avenir pour l’année 2019 monsieur le ministre ?
Les résolutions qui sont faites par le comité directeur a fixé les axes prioritaires. Nous allons faire en sorte que le personnel de la santé soit effectivement sur place et qu’il soit suivi. De deux, nous allons faire en sorte qu’au niveau des centres de santé et des hôpitaux que nous avons fini de construire, qu’ils soient équipés et qu’ils soient fonctionnels de façon optimale pour 2019. Nous avons déjà le budget pour ça et également l’accord du président de la République pour accompagner cette stratégie. Le troisième, c’est dire qu’il ne faut pas faire de la question de santé une affaire du ministère de la santé. Il faut qu’une coordination meilleure des actions pour que toutes les communautés soient responsabilisée et sensibilisée sur cette question de santé et qu’elles agissent en amont. Ces éléments sont déjà des dispositifs que nous devront mettre en place. Nous avons par exemple décidé que chaque district sanitaire dans une région devra faire les soins obstétricaux et néonataux d’urgences (SONU). Et ça demande un million de dispositifs. Nous allons les mettre dans chaque district sanitaire. Ce sont des éléments qui ont été décidés par le comité directeur et qui vont aller plus dans le sens de coordination.
L’autre axe c’est la coordination des actions des partenaires. Vous savez que la santé attire beaucoup des interventions. Nous les classiques : l’OMS, l’Unicef, l’UNFPA et les autres et nous avons aussi les partenariats non-traditionnels : des centres de santé confessionnels, communautaires, des réfugiés. Nous avons signé de partenariat avec le HCR pour l’intégration des centres de santé des réfugiés au niveau des camps dans le dispositif sanitaire donc c’est une intégration progressive. Nous avons parlé aussi des prisons avec le ministre de la justice où il faut des dispositifs de santé. Il faut que des infirmiers soient affectés dans les prisons. Nous avons également parlé avec le ministre de l’éducation nationale qu’on puisse avoir dès la rentrée de l’année prochaine la carte de vaccination soit présentée en même temps que les inscriptions. Donc avec ces éléments, on espère dès 2019 pouvoir changer de cap pour qu’il y ait une stratégie de résultats, de résilience et surtout d’une bonne gestion du système de tous les dispositifs.
Je vous remercie !

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