Le dernier hommage rendu à l’écrivain tchadien Isaac Tedambé, décédé le 28 octobre dernier, donne une image particulièrement préoccupante de la considération accordée aux acteurs culturels dans notre pays. Voir le cercueil d’un écrivain exposé sur un simple banc, sans même une table digne de ce nom, est une scène qui interpelle et suscite de profondes interrogations.
Où sont les autorités chargées de promouvoir et de défendre la culture tchadienne ? Où est le ministère en charge de la Culture lorsqu’un homme de lettres, qui a consacré une partie de son existence à l’enrichissement du patrimoine intellectuel national, quitte ce monde ?
On ne peut pas multiplier les discours sur la promotion de la culture, célébrer le patrimoine national et prétendre soutenir les écrivains, tout en donnant une telle image lors des derniers hommages rendus à l’un des leurs. La culture ne doit pas être une simple rubrique dans les discours officiels, encore moins un instrument de circonstance lors des cérémonies.
Cette scène traduit, au minimum, un regrettable manque de préparation et de considération institutionnelle. Les écrivains tchadiens ne méritent pas seulement des applaudissements lorsqu’ils sont vivants, ni des déclarations de compassion lorsqu’ils disparaissent. Ils méritent du respect, de la reconnaissance et un accompagnement à la hauteur de leur contribution.
Si l’État ne sait pas honorer ses écrivains dans la mort, comment peut-il prétendre valoriser leur œuvre de leur vivant ?
Le ministère chargé de la Culture est interpellé. La culture tchadienne mérite mieux que des discours : elle mérite des actes.




