Le Collectif des Organisations des Jeunes du Chari-Baguirmi a exprimé, lors d’un point de presse, de vives préoccupations concernant la gestion administrative, financière et institutionnelle du Conseil provincial. Les jeunes dénoncent notamment un manque de transparence et demandent des vérifications sur plusieurs dépenses ainsi que sur la récente nomination du Secrétaire général.
Deux ans après l’installation du Conseil provincial du Chari-Baguirmi, le Collectif estime que les attentes des populations restent largement insatisfaites. Dans une déclaration rendue publique devant les professionnels des médias, il fait état de « graves inquiétudes » liées à la gouvernance de l’institution.
Selon le Collectif, la gestion du Conseil provincial serait marquée par un manque de transparence, des interrogations sur certaines dépenses et une utilisation des ressources publiques qui mérite, selon lui, d’être clarifiée. Il critique également le manque de collaboration entre le président du Conseil provincial et une partie des conseillers provinciaux.
Les organisations de jeunes s’interrogent par ailleurs sur l’influence présumée de certains anciens responsables du Comité de gestion des 5 % des revenus pétroliers dans les affaires du Conseil provincial. Elles estiment que les ressources publiques doivent prioritairement répondre aux besoins des populations, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’accès à l’eau potable, des routes et de l’emploi des jeunes.
Plusieurs lignes budgétaires sont également mises en cause par le Collectif. Il cite notamment une enveloppe de 20 millions de FCFA destinée aux frais d’installation des conseillers, reconduite en 2026, ainsi que des dépenses d’installation de l’exécutif et du receveur évaluées respectivement à 16 millions et 2 millions de FCFA. Une dotation de 7,35 millions de FCFA pour le carburant de l’exécutif fait également l’objet d’interrogations, alors qu’une autre ligne de 26 millions de FCFA serait consacrée aux frais de mission sur le terrain.
Face à ces interrogations, le Collectif demande que chaque dépense soit justifiée par des documents administratifs et financiers accessibles aux conseillers provinciaux et à la population. Il réclame également un audit indépendant de la gestion financière du Conseil provincial afin d’établir l’utilisation réelle des ressources publiques.
La nomination du Secrétaire général du Conseil provincial constitue un autre point de désaccord. Le Collectif conteste cette nomination et demande aux autorités compétentes d’en vérifier la conformité avec la Loi N°14/CNT/2024 du 30 juillet 2024 portant Statut des Collectivités Autonomes, notamment son article 25. Il demande, si les conditions légales ne sont pas réunies, l’annulation de l’arrêté portant nomination.
Le Collectif évoque également le passé administratif du nouveau Secrétaire général, présenté comme ayant précédemment occupé des fonctions au sein du Comité de gestion des 5 % des revenus pétroliers. Il appelle les institutions compétentes à examiner les différentes interrogations soulevées sur la gestion de cette structure.
Au terme de son point de presse, le Collectif formule plusieurs revendications : la clarification des dépenses contestées, la réalisation d’un audit indépendant, le respect des textes régissant les collectivités autonomes, la vérification de la nomination du Secrétaire général et, lorsque des irrégularités sont établies, la restitution des sommes concernées.
Les organisations de jeunes appellent enfin les plus hautes autorités de l’État à prendre la mesure de la situation et à procéder aux vérifications nécessaires. Elles invitent également les conseillers provinciaux à exercer pleinement leurs prérogatives et à défendre l’intérêt général.
« Le peuple du Chari-Baguirmi vous regarde », conclut le Collectif, qui affirme vouloir rester mobilisé en faveur de la transparence, de la bonne gouvernance et du développement de la province.




