Ngoura : Une suspension du maire en dehors du cadre légal ?

La suspension du maire de Ngoura, Adoum Mahamat Adoum, décidée le 3 avril 2026 par le préfet Dr Ley-Ngardigal Djimadoum, soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect des lois de la République.

Si les accusations portées contre l’édile — gestion opaque, tensions avec les conseillers municipaux, soupçons de mauvaise gestion financière — peuvent relever des fautes prévues par la législation, la procédure utilisée, elle, semble poser problème.

Car la loi est sans équivoque. L’article 122 dispose clairement que seul le ministre en charge des Collectivités autonomes est habilité à prononcer la suspension d’un maire, et ce, sur proposition du représentant de l’État. En d’autres termes, le préfet ne peut qu’initier la procédure, et non la conclure.
Plus grave encore, aucune preuve n’indique que le maire ait été invité à fournir des explications écrites, comme l’exige pourtant la loi. Une étape pourtant essentielle, censée garantir les droits de la défense et prévenir les abus d’autorité.

Dès lors, une question s’impose : s’agit-il d’une mesure administrative régulière ou d’un précédent dangereux ?

En contournant les dispositions légales, cette décision fragilise non seulement la légitimité de la sanction, mais ouvre aussi la porte à des dérives où l’autorité administrative pourrait, à sa guise, écarter des élus locaux.

Au-delà du cas de Ngoura, c’est le respect de l’État de droit qui est en jeu. Car une mauvaise gestion, aussi grave soit-elle, ne saurait justifier une violation de la loi.

Tchad : l’envoi de policiers en Haïti suscite une vive polémique

Alors que le pays fait face à une insécurité persistante et aux kidnappings, le régime de Mahamat Kaka a dépêché des policiers tchadiens en mission à l’étranger, cette fois en Haïti. Cette décision provoque une forte contestation au sein de la population et des forces de sécurité.

Analystes et observateurs dénoncent une continuité avec la politique de son père, qui avait envoyé des Tchadiens au Yémen et en RDC. Selon eux, ces opérations à l’étranger, perçues comme du mercenariat, profiteraient surtout à quelques généraux du clan au pouvoir, au détriment de la sécurité intérieure.

Des voix s’élèvent pour appeler les forces de police et l’armée à résister à ces ordres, estimant que leur mission première est la protection des Tchadiens et non l’enrichissement d’un cercle restreint au pouvoir.

Tchad : Limane Mahamat officiellement installé comme Vice-Premier ministre chargé de la Décentralisation

Le Premier ministre du Tchad, Allah Maye Halina, a procédé, ce vendredi 3 avril 2026, à l’installation officielle de Limane Mahamat dans ses fonctions de Vice-Premier ministre chargé de l’Administration du territoire et de la Décentralisation.

Cette nomination, issue du récent remaniement gouvernemental, s’inscrit dans la dynamique de renforcement du processus de décentralisation et d’amélioration de la gouvernance de proximité, conformément aux orientations définies par la Constitution révisée.

Au cours de la cérémonie, le Chef du Gouvernement a mis en exergue le rôle stratégique de ce département ministériel, appelé à piloter des réformes territoriales majeures. Il a, à cet effet, exhorté le nouveau responsable à faire preuve de rigueur, d’engagement et de sens de responsabilité dans l’exercice de ses fonctions.

Prenant la parole, le Vice-Premier ministre a exprimé sa détermination à traduire les priorités gouvernementales en actions concrètes, avec un accent particulier sur la proximité administrative, la cohésion territoriale et le renforcement de l’efficacité de l’action publique au niveau local.

#Éducation : Les droits humains au cœur des Khaloua

Ce jeudi 2 avril 2026, à Sarh, la Délégation provinciale chargée des droits humains, en partenariat avec l’OJBT, a réuni les responsables des centres d’apprentissage du Coran, communément appelés Khaloua, pour une séance de sensibilisation.

L’objectif : rappeler l’importance du respect des droits fondamentaux dans ces espaces éducatifs, souvent au centre de préoccupations sociales. Les organisateurs ont insisté sur la nécessité de protéger la dignité et le bien-être des apprenants, tout en renforçant la responsabilité des encadreurs.

Cette initiative illustre la volonté des autorités de replacer les droits humains au cœur de l’enseignement coranique à Sarh.

N’Djaména : Ouverture de la revue annuelle de la DPSP, des insuffisances relevées dans les districts sanitaires

La Déléguée générale du Gouvernement auprès de la commune de N’Djaména, Amina Kodjana, a présidé, mercredi 1er avril 2026, au CEFOD, l’ouverture des assises de la revue annuelle de la Délégation Provinciale de la Santé et de la Prévention (DPSP).

La cérémonie a enregistré la participation des représentants des communes, des directeurs d’hôpitaux ainsi que des partenaires techniques et financiers.

Dans son allocution, le délégué provincial à la santé et à la prévention a mis en lumière les défis persistants du système sanitaire local. Il a notamment révélé que seuls 5 districts sanitaires sur 10 fonctionnent pleinement dans la capitale. Les districts des 2ᵉ, 4ᵉ, 5ᵉ, 7ᵉ et 10ᵉ arrondissements restent non opérationnels, contribuant à la saturation des centres hospitaliers et à la limitation de l’accès aux soins de proximité.

Face à cette situation, il a appelé les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour rendre ces structures fonctionnelles.
Prévue du 1er au 2 avril, cette rencontre doit permettre aux équipes cadres d’évaluer les performances de l’année 2025, d’identifier les contraintes majeures et de définir les priorités pour 2026. Les discussions porteront notamment sur l’amélioration de la qualité des soins, l’accès équitable aux services de santé, ainsi que le renforcement de la couverture vaccinale, en particulier chez les femmes, les enfants et les personnes âgées.

Dr Sitack Yombatina Béni : Carrière ou calcul politique ?

Quelques mois après avoir quitté Les Transformateurs de Dr Succès Masra, Dr Sitack Yombatina Béni est nommé ministre de l’Enseignement supérieur. Un coup qui interroge autant qu’il intrigue.

Est-ce une récompense pour sa sortie du parti ou le fruit d’un choix stratégique du gouvernement ? Les faits parlent : plusieurs anciens cadres dissidents ont vu leur carrière propulsée au sein des institutions publiques. Le message est clair : le pouvoir sait transformer la dissidence en opportunité.

Pour certains, cette nomination reflète l’expertise de Dr Sitack dans le secteur académique. Pour d’autres, elle est symbole d’un système où loyauté et carrière se négocient plus que les idées.

Quoi qu’il en soit, cette décision met en lumière la mécanique du pouvoir au Tchad : des alliances calculées, des promotions stratégiques et des messages politiques codés. Dans ce jeu, chaque nomination raconte une histoire bien plus grande que le simple curriculum d’un ministre.

11ᵉ Sommet de l’OEACP : le Maroc réaffirme son engagement pour une coopération Sud-Sud active

Le Maroc a réaffirmé samedi, à Malabo, son attachement à une coopération Sud-Sud fondée sur le partenariat et la solidarité concrète, lors du 11ᵉ Sommet de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP).

Intervenant devant les Chefs d’État et de Gouvernement, M. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, a souligné que le Royaume, sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a choisi un ancrage stratégique, cohérent et irréversible à l’Afrique. « Ce choix n’est pas un slogan, mais une doctrine qui privilégie le partenariat à l’assistanat et érige le partenariat économique en levier de souveraineté », a-t-il précisé.

Le ministre a dressé le bilan de la coopération marocaine avec les pays membres de l’OEACP : depuis 1999, plus de 1 607 accords de coopération ont été conclus, dont beaucoup lors des 52 Visites Royales en Afrique. En matière de formation, près de 19 400 étudiants bénéficient actuellement de bourses d’études au Maroc, tandis que 40 220 lauréats ont déjà été formés.
Concernant la sécurité alimentaire, le Maroc fournit chaque année des fertilisants aux pays des Caraïbes et aux nations africaines, avec 200 000 tonnes offertes et 364 000 tonnes livrées à tarif préférentiel en 2022.

M. Bourita a également mis en avant les initiatives structurantes du Royaume, telles que le Gazoduc Africain Atlantique, reliant treize pays pour créer un espace de prospérité partagée, et l’Initiative Royale pour l’accès des pays du Sahel à l’Océan Atlantique, transformant les contraintes géographiques en opportunités économiques.

Le ministre a appelé l’OEACP à devenir « la voix collective pour un nouvel ordre économique sécurisé, une gouvernance climatique équilibrée et une paix fondée sur le respect mutuel ». Il a insisté sur la mise en œuvre de l’Accord de Samoa comme un cadre stratégique permettant à l’organisation de négocier d’égal à égal avec ses partenaires.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par la passation de la présidence de l’Angola à la Guinée Équatoriale, en présence de Chefs d’État, de représentants d’organisations internationales et de partenaires stratégiques de l’OEACP.

Société : L’association E-Salam sensibilise les lycéens à un usage responsable des réseaux sociaux

L’association E-Salam a animé, ce samedi, une session de sensibilisation au Lycée de l’Amitié soudano-tchadienne autour du thème : « Le numérique, outil de division ou de cohésion ? ».

Les échanges, menés avec des élèves attentifs, ont porté sur les enjeux liés à l’usage d’internet, qui peut constituer un véritable levier de cohésion sociale à condition d’en faire un usage responsable, respectueux et inclusif.

Cette initiative vise à encourager des pratiques numériques plus conscientes chez les jeunes. À l’issue du débat, les organisateurs ont salué l’enthousiasme des participants ainsi que l’engagement de l’équipe mobilisée.

#Tchad #Soudan :Entre guerre et incertitude, quel avenir pour les relations bilatérales ?

Depuis le déclenchement du conflit armé au Soudan en avril 2023, les relations avec le Tchad évoluent dans un climat de tension mêlé d’interdépendance. Entre impératifs sécuritaires, pressions humanitaires et enjeux diplomatiques, l’avenir des deux voisins reste incertain.

Pays frontalier directement exposé, le Tchad subit de plein fouet les conséquences de la guerre opposant l’armée régulière aux Forces de soutien rapide. Des centaines de milliers de réfugiés ont afflué vers l’est tchadien, mettant à rude épreuve les capacités d’accueil et les ressources locales.

Sur le plan sécuritaire, N’Djamena redoute une extension du conflit sur son territoire. Les risques d’infiltration de groupes armés, de trafic d’armes et de déstabilisation des zones frontalières demeurent élevés, dans un contexte régional déjà fragile.

Malgré ces tensions, le Tchad maintient une position diplomatique prudente, privilégiant la neutralité et les appels à un règlement pacifique. Les autorités tchadiennes multiplient les initiatives en faveur du dialogue, tout en renforçant la surveillance à la frontière.

Cependant, les relations entre les deux pays restent fragilisées par des accusations récurrentes de soutien implicite à certains acteurs du conflit, alimentant la méfiance entre N’Djamena et les différentes factions soudanaises.

L’avenir des relations tchado-soudanaises dépendra en grande partie de l’évolution de la situation sécuritaire au Soudan. Une stabilisation progressive pourrait ouvrir la voie à une coopération renforcée, notamment dans les domaines économique et sécuritaire.

À l’inverse, une prolongation du conflit risquerait d’accentuer les tensions et d’aggraver la crise humanitaire.

Entre solidarité de voisinage et impératifs de sécurité nationale, le Tchad avance ainsi sur une ligne de crête, dans l’attente d’une issue encore incertaine au conflit soudanais.

#Médias | N’Djamena accueille la première édition du FESTMED

Le Festival tchadien des Médias (FESTMED) a été officiellement lancé à travers un point de presse tenu ce samedi 28 mars 2026 à la Maison de la Presse du Tchad. À cette occasion, son directeur, Ahmamat Mahamat Ahmat, a annoncé le début des préparatifs de cette toute première édition.

Prévu du 1er au 3 mai 2026 à N’Djamena, le festival se déroulera sous le thème : « Les médias au service de la paix ». Cette initiative inédite vise à promouvoir le rôle des médias dans la consolidation de la paix, le renforcement de la cohésion sociale et le développement national.

L’événement réunira des professionnels des médias, des institutions, des étudiants ainsi que plusieurs partenaires autour d’activités diversifiées, notamment des panels, ateliers, conférences et expositions. Un « Village des Médias » sera également mis en place pour favoriser les échanges et la visibilité des acteurs du secteur.

Le promoteur du festival a, par ailleurs, lancé un appel aux médias et aux partenaires pour accompagner cette initiative, appelée à devenir un rendez-vous incontournable du paysage médiatique tchadien.