Société :60 ans après, la CNPS face aux attentes des assurés

À l’occasion de son 60ᵉ anniversaire, la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) a organisé, le 25 mars 2026 au CEFOD, une série d’activités marquées par des échanges francs sur les limites du système de protection sociale.

Lors de la cérémonie officielle, le président du Conseil d’administration, Bichara Doudoua, a reconnu les défis persistants auxquels l’institution est confrontée, tandis que la directrice générale, Rozy Mamaï, a appelé à une réforme en profondeur pour étendre la couverture sociale, notamment aux travailleurs du secteur informel.

Au cœur des discussions, plusieurs insuffisances ont été relevées par les participants, notamment les lenteurs administratives, l’accès difficile aux cartes d’assurés et la faiblesse des prestations sociales. Les allocations familiales, jugées en décalage avec le coût de la vie, ont suscité de nombreuses réactions.

Par ailleurs, la question du financement du système demeure préoccupante. Les experts pointent du doigt le travail non déclaré et la sous-déclaration des salaires, appelant à des mesures urgentes pour renforcer les contrôles, moderniser les outils de gestion et restaurer la confiance des usagers.

Créée en 1966, la CNPS, pilier de la protection sociale au Tchad, se trouve aujourd’hui à un tournant. Entre bilan et perspectives, l’institution est appelée à se réinventer pour répondre efficacement aux réalités socio-économiques du pays.

Guéra : Les fils du canton Dadjo Sud tournent la page des tensions et scellent la réconciliation

Une réconciliation jugée historique a été actée ce mercredi 25 mars 2026 à N’Djamena entre les fils du canton Dadjo Sud, dans la province du Guéra, mettant fin à plusieurs années de tensions liées à la désignation du chef de canton de Bardangal en 2019.

Le différend, qui avait opposé le colonel Annour Saad au général Abdoulaye Issakha Sarwal, avait profondément divisé la communauté, fragilisant la cohésion sociale et freinant les dynamiques de développement local.

La médiation conduite par le ministre des Armées, le général Issakha Maloua Djamous, et le PCA de la STE, Abdel-Nasser Garboa, a permis de rapprocher les positions des deux camps.

La rencontre, tenue au domicile de M. Garboa après la prière de 18 heures, a été marquée par des gestes de pardon mutuel et d’engagement en faveur de la paix.

Les différentes parties ont reconnu la nécessité de préserver l’unité et de privilégier le vivre-ensemble. Le chef de canton, le général Abdoulaye Issakha Sarwal, a réaffirmé sa volonté d’exercer ses fonctions dans un esprit d’équité et de rassemblement.

Cette réconciliation ouvre désormais une nouvelle ère pour le canton Dadjo Sud, fondée sur la stabilité, la cohésion sociale et les perspectives de développement.

Incendie à Dadjilé : des centaines de sinistrés lancent un appel à la solidarité

Un incendie d’une grande intensité a ravagé le village de Dadjilé, dans le département de Guéni, causant d’importants dégâts matériels et humains. Le bilan fait état de 55 familles touchées, 160 habitations détruites et plus de 560 personnes désormais sans abri.

Le sinistre a également entraîné des blessés ainsi que des pertes en vies humaines, plongeant les habitants dans une profonde détresse.

Face à cette situation critique, le comité de crise de l’Association des Jeunes pour le Développement de Guéni a lancé un appel pressant à la solidarité. Son coordinateur, MBAINDIGUIM Simon-Pierre, décrit une population démunie, confrontée à un manque de vivres, d’abris et de biens essentiels.

Malgré une première réponse humanitaire, les besoins restent importants et nécessitent une mobilisation accrue des autorités, des partenaires et des citoyens.

Une collecte de dons est prévue le samedi 28 mars 2026 à la Maison du quartier de Chagoua, près du marché Mbademta, afin de venir en aide aux victimes.

N’Djaména : Les habitants de Sadjere Boula lancent un appel aux autorités

Dans le quartier Sadjere Boula Ma Harouna, situé au carré 18 du 10ᵉ arrondissement de N’Djaména, les populations font face à de sérieuses difficultés, notamment en saison des pluies.

Les voies d’accès, devenues impraticables, compliquent le déplacement des habitants, des élèves et perturbent les activités quotidiennes. Une situation qui impacte directement les conditions de vie dans cette zone.

Face à ces contraintes, les riverains appellent à l’intervention des autorités communales, en particulier du maire du 10ᵉ arrondissement. Ils sollicitent le remblayage des routes avec du sable ainsi que l’installation d’un éclairage solaire afin d’améliorer la sécurité et la mobilité dans le quartier.

Les habitants espèrent une réponse rapide pour atténuer leurs difficultés au quotidien.

Tiné : coordination renforcée entre les forces de défense, loin des rumeurs de divergences

Alors que certaines informations font état de prétendues tensions autour du désarmement des comités d’auto-défense à Tiné, des sources concordantes sur le terrain indiquent plutôt une dynamique de collaboration étroite entre les responsables militaires engagés dans la zone.

En effet, le Général Ousmane Barh Itno, commandant de la Force mixte Tchad–Soudan, et le Général Bourma Hemchi Tchougoubou, Commandant de la Garde Nationale et Nomade du Tchad (GNNT), travaillent en parfaite synergie dans l’exécution des directives de la hiérarchie militaire.

Selon plusieurs témoignages, les opérations en cours se déroulent dans un climat de discipline et de coordination, sous la supervision directe des plus hautes autorités sécuritaires. La présence sur le terrain de membres du gouvernement ainsi que du Chef d’État-Major Général des Armées (CEMGA) à Tiné témoigne de l’importance stratégique accordée à la situation et du suivi rapproché des actions engagées.

Dans ce contexte, les décisions relatives au désarmement et à la sécurisation de la zone frontalière s’inscrivent dans une approche concertée, conforme aux orientations de la hiérarchie, visant avant tout à préserver la stabilité, prévenir les menaces et garantir la sécurité des populations.

Ainsi, loin des spéculations, l’heure semble être à l’unité d’action et à l’efficacité opérationnelle des forces engagées sur le terrain.

N’Djaména : Brenda Billong distinguée au concours régional d’ONU Femmes

À N’Djaména, la créatrice de contenus tchadienne Brenda Billong figure parmi les cinq lauréats du concours régional « Femmes, Paix et Sécurité », organisé par ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

L’initiative s’inscrit dans le cadre de la campagne digitale autour de la résolution 1325 des Nations Unies, visant à mobiliser la jeunesse à travers des contenus numériques pour sensibiliser aux enjeux de paix, de sécurité et de participation des femmes.

Parmi près de 200 candidatures, son travail a été retenu pour sa pertinence et son impact. Cette distinction consacre son engagement et la positionne comme une voix des jeunes femmes tchadiennes en faveur d’une paix durable.

Le Coordonnateur résident des Nations Unies au Tchad, François Batalingaya, a salué cette reconnaissance, mettant en avant le rôle de la jeunesse dans la compréhension et l’appropriation des enjeux de sécurité.

La campagne régionale R1325, portée par ONU Femmes, vise à vulgariser les principes de la résolution 1325 auprès des jeunes générations, en traduisant les concepts diplomatiques en messages accessibles et mobilisateurs.

Le Système des Nations Unies au Tchad réaffirme, pour sa part, son engagement à soutenir la jeunesse et à promouvoir la participation des femmes aux processus de paix et de développement.

Édito: Wadi Fira – Tiné, la frontière qui prend feu

Dans la province du Wadi Fira, à Tiné, dans l’est du Tchad, la frappe de drone ayant fait 19 morts n’est pas un simple fait divers sécuritaire. C’est un choc frontal, qui révèle à quel point la frontière avec le Soudan est devenue une zone de danger permanent.

Les démentis des autorités soudanaises et des Forces de soutien rapide ne changent pas la perception d’une réalité plus lourde : celle d’un conflit qui déborde, s’étend et frappe désormais des zones civiles au-delà de son théâtre initial.
Ce qui se joue à Tiné dépasse la question de l’auteur de la frappe. Le véritable enjeu est ailleurs : dans la fragilisation continue de la frontière tchado-soudanaise, devenue poreuse, instable et exposée aux dynamiques d’une guerre régionale.

Pour le Tchad, la province du Wadi Fira est désormais en première ligne. Elle subit à la fois la pression humanitaire, la proximité des combats et désormais la menace directe d’opérations militaires venues de l’extérieur.

Dans ce contexte, la posture des autorités tchadiennes — entre alerte maximale et menace de riposte — traduit une réalité difficile : celle d’un État contraint de défendre sa souveraineté dans un environnement où l’ennemi n’est pas toujours identifiable, et où chaque décision comporte un risque d’escalade.

Tiné symbolise ainsi une évolution inquiétante : la transformation d’une frontière en ligne de contact instable, où la guerre ne se déclare pas toujours, mais frappe quand même.

Et tant que les mécanismes de désescalade et de clarification resteront faibles, chaque incident portera en lui le risque d’un embrasement plus large, au-delà même du Wadi Fira.

Tchad : l’Association des jeunes d’Abtouyour dénonce des irrégularités dans l’exploitation de l’or à Djaya

L’Association des jeunes Djaya pour le développement (AJDD) a animé un point de presse le 19 mars 2026 pour dénoncer des manquements dans l’exploitation de l’or dans la zone de Djaya, située dans le nord du département d’Abtouyour, province du Guéra. Selon l’AJDD, l’exploitation aurifère dans cette zone se déroule depuis 2018 dans la plus grande opacité, sans que les populations locales ne bénéficient des retombées de cette activité.

Le président de l’AJDD, Adoum Hassan Abakar, a rappelé les incidents survenus en 2018, lorsque la société Afrique Commerce General and Construction, dirigée par Hamit Oubei, a tenté d’exploiter l’or sans l’accord de la population locale. Les autorités administratives et militaires du département d’Abtouyour auraient soutenu la société, ce qui aurait entraîné l’arrestation de six membres de la communauté des autochtones de Toumka, suivie du paiement d’une somme de plus d’un million de FCFA pour leur libération.

L’AJDD dénonce également l’existence d’un comité de gestion constitué dans l’illégalité, selon elle, et agissant au service exclusif de la société de Hamit Oubei. Les collectivités locales, dont les compétences sont reconnues par la loi 014, n’auraient pas accès aux sites aurifères.

L’association souligne que l’exploitation de l’or à Djaya serait entachée de plusieurs manquements au Code minier, notamment : l’absence d’accord des propriétaires coutumiers et des occupants du sol, le non-paiement des indemnisations aux populations autochtones, ainsi que le non-respect des articles 263 à 266 du Code minier, qui prévoient des avantages indirects au profit des communautés locales.

Par ailleurs, l’AJDD appelle le gouvernement tchadien et les partenaires concernés à assumer leurs responsabilités et à intervenir de manière vigoureuse afin que justice soit rendue aux populations de la zone de Djaya. Selon l’association, les richesses issues de l’orpaillage doivent contribuer prioritairement au développement local.

Enfin, l’AJDD s’interroge sur les conditions ayant permis le renouvellement du permis d’exploitation accordé à la société sur une superficie de 158 km² dans la zone de Djaya, alors que, selon elle, les permis de recherche étaient expirés et que certaines conditions de renouvellement n’auraient pas été respectées.

Tchad : un jeûne d’un an pour la paix lancé par l’Achibishop Natoi-Allah Ringar

Alors que les fidèles musulmans ont marqué la fin du mois de Ramadan par la célébration de Aïd el-Fitr, l’Achibishop Natoi-Allah Ringar poursuit une initiative spirituelle singulière : un jeûne d’une durée d’un an, entamé le 22 novembre 2025, en faveur de la paix au Tchad et dans le monde.

Présentée comme une démarche exclusivement religieuse, cette action vise à implorer la paix et à attirer l’attention sur les souffrances des populations affectées par les conflits. L’Achibishop appelle, dans ce cadre, les croyants et les personnes de bonne volonté à s’associer à cet élan à travers la prière, le jeûne ou des actes de solidarité.

Dans ses précédentes déclarations, il avait alerté sur une période de fortes tensions à l’échelle internationale, marquée par des crises et des affrontements. Des propos qui, selon certains observateurs, trouvent un écho dans le contexte actuel.

Par ailleurs, l’Achibishop Natoi-Allah Ringar annonce une prise de parole importante prévue le 22 avril prochain. Cette déclaration devrait préciser les contours de son engagement et formuler des appels à la réconciliation, tant au niveau national qu’international.

Tensions à la frontière : l’APR/La Trompette condamne une attaque attribuée au Soudan

Le parti politique APR/La Trompette a condamné avec fermeté une attaque présumée de drone militaire soudanais sur le territoire tchadien, qui aurait causé d’importantes pertes en vies humaines.


Dans un communiqué, la formation politique qualifie cet acte « d’agression lâche et irresponsable », estimant qu’il a plongé plusieurs familles dans le deuil. Elle rappelle également le rôle du Tchad dans l’accueil de réfugiés soudanais depuis plusieurs années, au nom de la solidarité africaine.


Le parti appelle les autorités soudanaises à mettre fin immédiatement à toute provocation, avertissant que toute récidive pourrait entraîner de graves conséquences.


L’APR/La Trompette réaffirme par ailleurs son soutien au Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, ainsi qu’aux Forces de défense et de sécurité. Il salue leur engagement constant en faveur de la protection du territoire national, de la sécurité et de la stabilité du pays.


Enfin, le parti invite les populations à l’unité et à la vigilance face aux menaces extérieures.