Guerre de succession au sein de PDI

Le parti pour la démocratie et de l’indépendance intégrale (PDI) a tenu une conférence de presse ce jeudi 17 janvier 2019 à la maison des médias du Tchad pour éclairer l’opinion nationale et internationale sur la question de la propriété dudit parti qui divise les filles du président fondateur, feu Beassemda Djebaret Julien avec les membres du bureau exécutif fédéral afin de préparer les élections qui se pointent à l’horizon.

Tout est parti sur la question de succession à la tête du parti après le décès du président fondateur, feu Beassemda Djebaret Julien en avril 2018. Depuis la tenue des congrès les 03 et 04 Août 2018 à Moundou, la torsion brûle toujours entre la fille du défunt, Lydie Beassemda et les membres du bureau exécutif fédéral du PDI. Partis pour des élections à ce congrès de Moundou, les protagonistes sortiront de ce congrès sans avoir organisé des élections. Pour cause, Lydie Beassemda, la fille du feu Beassemda Djebaret Julien revendique la propriété du parti. Chose que les membres du Bureau exécutif fédéral ne cautionnent pas.
Selon le Chargé de l’orientation, de l’organisation et de la communication du PDI, le député Mbaidessemel Dionadji au moment où le présidium et le secrétariat général du PDI attendent pour remettre les actes juridiques assortis du congrès à qui de droit, respectivement le procès verbal et le rapport circonstanciel, Lydie Beassemda a contourné le rapporteur et le secrétaire pour produire elle-même son procès-verbal, son rapport circonstanciel et son compte rendu à travers des menaces pour les faire signer par certains membres.
Pour les membres du bureau exécutif fédéral, Lydie Beassemda à trompé la vigilance des autorités du ministère de l’administration du territoire, de la sécurité publique et de la gouvernance locale par des faux papiers pour obtenir un récépissé de déclaration de modification à la Direction d’un parti politique régie par l’ordonnance n° 020/PR/2018 du 07 juin 2018 et enregistré le 31 octobre 2018 dans le registre des partis politiques et signé le 02 novembre de la même année.
Le Chargé de l’orientation, de l’organisation et de la communication du PDI, le député Mbaidessemel Dionadji souligne que malgré que le juge a exigé depuis le 07 janvier dernier au secrétariat général du gouvernement chargé de contentieux administratif, de présenter les documents légaux du PDI qui ont permis l’obtention de ce récépissé, celui-ci tarde à fournir ces documents demandés.
Pour lui, la présidence fédérale du PDI ne pourrait qu’assurer que par le Vice-président M. Ngarndiguina Jérémie jusqu’au prochain congrès ordinaire selon l’article 29 du règlement intérieur du parti. « Tous les actes pris par Lydie Beassemda au nom du parti doivent être annulés systématiquement ». Avant d’appeler les militantes et militants d’être soudés pour affronter les élections à venir.
Rappelons que le Parti pour la Démocratie et l’indépendance Intégrale du Tchad est créé le 31 octobre 2011.

Côte d’Ivoire : Remise en liberté de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé a été confirmée par la CPI

Ils seront libérés dans quelques jours ou mois. L’ancien président Laurent Gbagbo et son ancien ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé ont passé plus de sept ans en prison à la Haye. Aujourd’hui est un grand jour pour eux. La demande du procureur de maintenir en détention Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé a été rejetée par les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ce 16 janvier 2019. La CPI demande alors au greffe d’obtenir les assurances nécessaires auprès de l’ancien président et son ministre et aussi de leurs conseils principaux de garantir leur retour au  siège de la Cour en cas d’appel.

Suite à la crise postélectorale Ivoirienne que l’ancien président Laurent Gbagbo et son ancien ministre de la jeunesse Charle Blé Goudé ont été incarnés à la cour pénale internationale (CPI) à la Haye. Cette crise s’est passée lors de l’élection électorale de l’année 2010 à 2011 en Côte d’Ivoire opposant le président sortant Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara.

Rappelons que les deux candidats, Laurent Gbagbo, président sortant est reconnu par le Conseil constitutionnel, et Alassane Ouattara, reconnu par la Commission électorale indépendante et la communauté internationale, revendiquent chacun la victoire. Laurent Gbagbo est finalement arrêté le 11 avril 2011. Le dernier bastion pro-Gbagbo tombe le 4 mai suivant ; le même jour, Alassane Ouattara est proclamé chef de l’État par le Conseil constitutionnel.

Dans un rapport rendu le 10 août 2012, la Commission d’enquête nationale mise en place après l’investiture de Ouattara estime le nombre de morts total à 3 248 (dont 1 452 morts imputées au camp Gbagbo, 727 au camp Ouattara et 1 069 non attribuées à un camp ou l’autre en raison de problèmes d’identification des victimes). Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé étaient accusés de quatre chefs de crimes contre l’humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, pour lesquels ils ont toujours plaidé non coupable.

« Laurent Gbagbo n’est plus un accusé. Laurent Gbagbo a été accusé. Il n’est plus présumé innocent, il est reconnu innocent. Cela change tout », a tenu à préciser Me Emmanuel Altit.

Maintenant Laurent Gbagbo et Blé Goudé attendent seulement la date de leur sortie de prison.

La situation de la RDC oblige

Ce mercredi 16 janvier, le président de la République du Rwanda et président en exercice de l’Union africaine (UA) Paul Kagame a convoqué une réunion de consultation de haut niveau de chefs d’État et de gouvernement sur la situation en République démocratique du Congo ce jeudi à Addis-Abeba, siège de l’organisation panafricaine pour siéger sur la situation de la RDC au sujet des résultats des présidentielles qui font polémique depuis la publication des résultats donnant la victoire à Etienne Tshekedi.
Cette réunion intervient en pleine période du contentieux électoral. Selon le communiqué de l’Union Africaine, la réunion sera précédée par la réunion de consultations internes de la Communauté de développement des Etats de l’Afrique australe (SADC).

N’Djamena : la gestion des eaux usées

 Partout dans la ville de N’Djamena, l’on constate une manière sauvage l’évacuation des eaux usées. Cette pratique qui consiste pour la plupart des citoyens à déverser les eaux dans les rues, ne sont pas sans conséquences pour les personnes que pour les biens et l’environnement. La rédaction Tachad.com a ouvert un dossier sur le sujet. Rendre N’Djamena ville propre est le souci primordial des autorités et ds citoyens. Mais que constate-t-on ? Le phénomène d’évacuation des eaux usées qui pour la plupart sont des eaux des toilettes se fait d’une manière souvent sauvage à travers la ville de N’Djamena.

En faisant simplement un tour dans les différents carrés et quartiers de la capitale, l’on peut se rendre à l’évidence que dans quelques artères que la population a une habitude sauvage. Certaines artères sont endommagées juste parce que la population ne prend pas conscience des retombés des eaux usées sur ces artères. Dans un pays de vent et de poussière comme le pays de Toumaï, ces eaux qui contiennent plusieurs éléments nocifs une fois séchées peuvent nuire à la santé à travers le vent qui souffle. Elles constituent aussi des centres de reproduction des moustiques, cause de malaria. Les maladies microbiennes peuvent aussi y provenir et attaquer la couche vulnérable que sont les enfants inconscients qui jouent à proximité.

La circulation sur ces artères est également difficile à cause des nids de poule que créent les engins en roulant dans ces eaux. Comme de coutume chez nous, chacun attend que la situation soit arrangée par les responsables communaux, la mairie centrale ou encore le gouvernement sans savoir que notre santé en pâtit au quotidien.

La semaine citoyenne qui consiste à réserver une journée de la semaine pour assainir la ville se traduit autrement dans les faits. Un coup de ballai par moment dans les rues et devant les habitations parfois arrosées des eaux usées pour éviter de soulever la poussière pendant le nettoyage. De ce qui précède, que doit-on faire pour changer la situation ? Il serait préférable de creuser des fosses de rétentions ou des regards et bien les couvrir et les faire évacuer une fois remplies par le service d’assainissement des communes de la ville, l’intervention des plus hautes autorités de la république à prendre des mesures contre ceux qui s’adonnent à cette pratique. Pour ce faire, nous donnerons la parole à un spécialiste généraliste de la santé pour des éclaircissements sur le danger que l’on peut courir en côtoyant au quotidien, les responsables d’assainissement dans les communes, les environnementalistes et les associations de militent en faveur de l’environnement.

Pour l’heure, comme la santé n’a pas de prix, la population doit adopter de comportement responsables pour bien gérer notre environnement tout en essayant de revoir le système de rétention et d’évacuation d’eaux usées pour éviter les maladies qui peuvent y en découler.

Ahmat Mahamat Ahmat

Ce jour 15 janvier 1993, s’ouvre la conférence nationale souveraine

La date du 15 janvier 1993 est une date inoubliable pour les tchadiens qui ont vécu à cette époque et même une génération après. Cette date où la Conférence nationale souveraine (CNS) est ouverte marque à jamais l’histoire du pays de Toumaï. En ce temps où le Tchad qui vient de sortir sous le joug de la dictature du président Hissein Habré, la une des actualités nationales et internationales étaient portées sur la vie politique du Tchad.

Une rencontre qui a réuni les Tchadiens de toutes les sensibilités politiques, de différentes confessions religieuses ainsi que l’ensemble de la société civile dans un esprit de communion, d’unité et de pardon afin de battre en brèche les préjugés et briser les mythes de division depuis les affres de la guerre civile de 1979.
Le « palais du 15-Janvier », a accueilli ce jour environ 600 participants à la Conférence nationale souveraine (CNS). La CNS à été pour les tchadiens un cadre de réflexion franc et de construction entre les filles et fils du pays. Elle a permis, de réconcilier tous les fils de pays des gaulois, de mettre en place des institutions durables, réformer l’économie nationale, l’administration et l’armée afin de construire un Tchad nouveau.
Cette date est gravée comme l’ère du passage vers une démocratie moderne basée sur les principes universels que sont les libertés individuelles, d’expression, d’opinion avec pour principal corollaire le multipartisme
En cette époque, la télévision nationale ne couvrant pas tout le pays, les Tchadiens se sont accrochés avec beaucoup d’attention à leurs postes radio pour suivre de bout en bout le déroulement des travaux, retransmis en direct sur les ondes de la radio nationale (RNT).
Du 15 janvier au 4 avril 1993 soit trois mois, a permis de prendre d’importantes décisions issues des discussions et débats francs parmi lesquels l’élection d’un Premier ministre de transition, en l’occurrence Dr M. Fidèle Moungar Abdelkérim, la mise sur pied du Conseil supérieur de la transition (CST) dirigé par M. Lol Mahamat Choua, l’adoption de la Charte et du Cahier des charges de la transition. La Constitution de la République du Tchad du 31 mars 1996 révisée en 2005 et 2018.

Les temps forts

Aussitôt, le 10 avril 1993, le premier gouvernement de transition est mis en place conformément au décret n°284 du président de la République avec trente-deux membres dont deux femmes. Il s’agit de Mmes Ngarmbatna Odjimbeye Sou IV, ministre des Affaires sociales et de la Promotion féminine et Bintou Malloum, secrétaire d’Etat à la Fonction publique et au Travail.
Les armes de guerre ont été brulées par le chef de l’Etat, le Colonel Idriss Déby, en présence notamment de l’ancien président Goukouni Weddeye.

Après 25 ans, c’est le forum national inclusif

Les locaux du palais de 15 janvier ont servi à une deuxième fois un arbre à palabre pour marquer une autre page de l’histoire du Tchad. Du 19 au 27 mars 2018 plus de 1000 personnes ont débattus durant huit (8) jours de l’avenement de la prochaine République du Tchad. A l’ouverture le 19 mars 2018 le chef de l’État a déclaré « qu’il est temps d’ouvrir un chantier de modernisation de nos institutions, afin de renforcer la stabilité de notre pays et de consolider notre jeune démocratie ».
Les grandes institutions au Tchad sont pour la plupart issues de la conférence Nationale souveraine. Aujourd’hui certaines d’entre elles sont budgétivores et n’ont plus grand rôle à jouer. D’où la proposition de supprimer la médiature de la république, le collège de contrôle et de surveillance des revenus pétroliers, et la primature.

Tchad : Silence autour de l’Affaire Youssouf, étudiant incarcéré en Inde

Arrêté bientôt cinq ans en Inde, Youssouf Mahamat Allamine Tahir purge sa peine dans la prison de Maharajganj en Inde depuis le 06 février 2015 pour cause « Faux visa ». Des démarches ont été entreprises pour sa libération mais hélas cela reste toujours, lettre morte.

Selon une source très proche du ministère tchadien des Affaires Étrangères et de l’Intégration Africaine, la dernière nouvelle qu’ils ont eu de cette affaire, date du début janvier 2019 et que le sieur Youssouf est normalement arrêté pour une durée de six ans. A rappeler que, l’affaire Youssouf a vu la participation de l’ex-ministre des Affaires Étrangères et de l’Intégration Africaine Moussa Fakhi Mahamat, l’ex-premier Ministre Pahimi Padacké Albert et de Chérif Mahamat Zène actuel ministre tchadien des Affaires Étrangères qui dit « toujours suivre l’affaire ».

Toujours selon notre source, comme l’État tchadien ne peut pas s’ingérer de la juridiction d’un État fédéré en Inde, le ministre a pris un nouveau conseiller à Youssouf pour l’aider dans le processus de sa libération et que d’ici début 2019, l’État tchadien et le gouvernement de l’Inde envisagent un partenariat sérieux dans la création des ambassades dans leur pays respectif et que cela fera avancer les choses dans l’affaire Youssouf.

Cependant, selon la note envoyée par le Bureau des Étudiants Tchadiens en Inde au ministre de tutelle au Tchad le 07 janvier 2019, stipule que : « Le consulat du Tchad en Inde n’a fourni aucun effort à propos de la libération de notre compatriote alors qu’un autre étudiant originaire d’un autre pays qui était l’ami de Youssouf Mahamat arrêté le même jour, même cause et emprisonné dans une même prison. Cet étudiant a été libéré après avoir passé quelques moments en prison suite à l’intervention de son ambassade. Après déjà quatre ans, croupit dans la prison où son état de santé est alarmante, donc l’association et sa famille sont inquiets de son sort ».

Selon les proches de Youssouf, si l’effort était fait dans ce sens, Youssouf devrait être libéré de cette prison étrangère pour subir cela dans son pays.

En attendant le gouvernement pour prendre fait et cause, cet étudiant est appelé à porter sa croix en solo pour cause « déficit diplomatique ».

 

Côte d’Ivoire : Libération de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé suspendue par la CPI

Les juges de la Cour Pénale Internationale (CPI) ont ordonné la libération immédiate de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et son ancien ministre Charles Blé Goudé. Cependant, cette libération « immédiate » s’est vue auto suspendue et reportée pour le mercredi 16 janvier 2019 à 10 GMT pour la « confirmation ». La raison de ce changement de la dernière minute est jusque là restée inconnue.

Entretemps, les participants de l’ex-président ivoirien sont en fête dans son domicile. C’est un sentiment de joie et de la haine qui règne au sein de la population ivoirienne à cet instant par rapport à cette libération annoncée. Rappelons que Laurent G. a été arrêté dans un bunker au palais présidentiel en 2011. Ils ont été jugés pour des crimes commis lors de la crise post-électorale du 2010 à 2011.

Gabon : Retour de Ali Bongo à Libreville

Après avoir passé plusieurs jours à Rabat au Maroc suite à sa convalescence, le président gabonais Ali Bongo Ondimba a quitté dans la nuit du lundi à mardi pour rejoindre son pays. Il va assister au prestation du serment de son nouveau gouvernement. Le président de la république a nommé le 12 janvier dernier M. Julien Nkoghe Bekale comme premier ministre et Abdu Razzaq Guy Kambogo son ministre des Affaires étrangères.

LETTRE D’EMMANUEL MACRON AUX FRANÇAIS A L’OUVERTURE DU GRAND DÉBAT NATIONAL DU 15 JANVIER AU 15 MARS

«Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes,

Dans une période d’interrogations et d’incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes.

La France n’est pas un pays comme les autres.

Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte.

Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune. Les aléas de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontés, grâce à l’effort partagé par tous.

C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires.

C’est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie.

Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans la conception des lois, dans les grandes décisions à prendre.

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous: c’est tout cela, la nation française.

Comment ne pas éprouver la fierté d’être français ?

Je sais, bien sûr, que certains d’entre nous sont aujourd’hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impôts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n’offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu où la famille d’où l’on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste.

Cette impatience, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail.

En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires.

Mais il y a pour cela une condition : n’accepter aucune forme de violence. Je n’accepte pas, et n’ai pas le droit d’accepter la pression et l’insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n’accepte pas et n’ai pas le droit d’accepter la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait !

Afin que les espérances dominent les peurs, il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir.

C’est pourquoi j’ai proposé et je lance aujourd’hui un grand débat national qui se déroulera jusqu’au 15 mars prochain.

Depuis quelques semaines, de nombreux maires ont ouvert leurs mairies pour que vous puissiez y exprimer vos attentes. J’ai eu de nombreux retours que j’ai pu prendre en compte. Nous allons désormais entrer dans une phase plus ample et vous pourrez participer à des débats près de chez vous ou vous exprimer sur internet pour faire valoir vos propositions et vos idées. Dans l’Hexagone, outre-mer et auprès des Français résidant à l’étranger. Dans les villages, les bourgs, les quartiers, à l’initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens… Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales.

Les maires auront un rôle essentiel car ils sont vos élus et donc l’intermédiaire légitime de l’expression des citoyens.

Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre.

Et peut-être découvrirons-nous que nous pouvons tomber d’accord, majoritairement, au-delà de nos préférences, plus souvent qu’on ne le croit.

Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Je pense toujours qu’il faut rendre à la France sa prospérité pour qu’elle puisse être généreuse, car l’un va avec l’autre. Je pense toujours que la lutte contre le chômage doit être notre grande priorité, et que l’emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu’il faut donc leur donner les moyens de se développer. Je pense toujours qu’il faut rebâtir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à la racine. Je pense toujours que l’épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement. Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. Sur ces grandes orientations, ma détermination n’a pas changé.

Mais je pense aussi que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d’envisager l’avenir, de nouvelles idées.

À ce débat, je souhaite que le plus grand nombre de Français, le plus grand nombre d’entre nous, puisse participer.

Ce débat devra répondre à des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines. C’est pourquoi, avec le Gouvernement, nous avons retenu quatre grands thèmes qui couvrent beaucoup des grands enjeux de la nation : la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’État et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d’ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n’épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations.

Le premier sujet porte sur nos impôts, nos dépenses et l’action publique. L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d’avenir, notre recherche, notre culture, ou d’entretenir nos infrastructures. C’est aussi l’impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps.

Mais l’impôt, lorsqu’il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises, créant ainsi de l’emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts. Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d’encourager l’investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d’être votées et commencent à peine à livrer leurs effets. Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable. Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin.

Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ?

Nous ne pouvons, quoi qu’il en soit, poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique.

Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ?

Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? A l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?

Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d’autres trop chers en raison des cotisations qu’ils paient. L’efficacité de la formation comme des services de l’emploi est souvent critiquée. Le gouvernement a commencé à y répondre, après de larges concertations, à travers une stratégie pour notre santé, pour lutter contre la pauvreté, et pour lutter contre le chômage.

Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ?

Le deuxième sujet sur lequel nous devons prendre des décisions, c’est l’organisation de l’Etat et des collectivités publiques. Les services publics ont un coût, mais ils sont vitaux : école, police, armée, hôpitaux, tribunaux sont indispensables à notre cohésion sociale.

Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ? A quels niveaux et pour quels services ?

Comment voudriez-vous que l’État soit organisé et comment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ?

Comment l’État et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?

La transition écologique est le troisième thème, essentiel à notre avenir. Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air. Aujourd’hui personne ne conteste l’impérieuse nécessité d’agir vite. Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses.

Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses contraintes des ménages en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports. Mais pour réussir cette transition, il faut investir massivement et accompagner nos concitoyens les plus modestes.

Une solidarité nationale est nécessaire pour que tous les Français puissent y parvenir.

Comment finance-t-on la transition écologique: par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité?

Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?

Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?

La question de la biodiversité se pose aussi à nous tous.

Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ? Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ?

Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu’il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté. Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l’issue des élections.

Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ?

Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques ?

Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ?

Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Économique, Social et Environnemental doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ?

En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d’écouter plus souvent la voix de ses citoyens.

Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ?

Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ?

Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ?

La citoyenneté, c’est aussi le fait de vivre ensemble.

Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol : c’est le devoir de l’asile, qui ne saurait être remis en cause. Notre communauté nationale s’est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d’un avenir meilleur : c’est comme cela qu’elle s’est aussi construite. Or, cette tradition est aujourd’hui bousculée par des tensions et des doutes liés à l’immigration et aux défaillances de notre système d’intégration.

Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ? En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?

La question de la laïcité est toujours en France sujet d’importants débats. La laïcité est la valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques. Elle est synonyme de liberté parce qu’elle permet à chacun de vivre selon ses choix.

Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’Etat et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Dans les semaines qui viennent, je vous invite à débattre pour répondre à ces questions déterminantes pour l’avenir de notre nation. Je souhaite aussi que vous puissiez, au-delà de ces sujets que je vous propose, évoquer n’importe quel sujet concret dont vous auriez l’impression qu’il pourrait améliorer votre existence au quotidien.

Ce débat est une initiative inédite dont j’ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions. Ce n’est ni une élection, ni un référendum. C’est votre expression personnelle, correspondant à votre histoire, à vos opinions, à vos priorités, qui est ici requise, sans distinction d’âge ni de condition sociale. C’est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens. Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence.

C’est ainsi que j’entends transformer avec vous les colères en solutions.

Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international. Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat.

Françaises, Français, je souhaite que le plus grand nombre d’entre vous puisse participer à ce grand débat afin de faire œuvre utile pour l’avenir de notre pays.

En confiance,

Emmanuel MACRON

DOURBALI : L’EAU, DENREE RARE A GONORI

Le manque d’eau potable on ne parlera jamais assez. Gonori un village situé environ 10 km vers le Nord-Est de Dourbali d’où la population se peine chaque jour pour trouver de l’eau de potable. Des colonnes se dressent devant un seul point d’eau. Il faut des heures pour être servi. Une situation qui met en mal cette population qui demande aux autorités de les fournir de l’eau.

Dans cette localité, l’eau est une denrée très rare et pour en avoir, il faut faire un effort très considérable chaque matin.  Il faut toujours se présenter à l’heure de pointe.  Devant un seul forage d’eau alimenté par un générateur situé au milieu de ce village, les bidons sont alignés suivant l’heure d’arrivée. Ce point d’eau selon les paysans est installé depuis 27 ans et le seul pour tout le village. C’est aussi ici qu’on abreuve les animaux, a déclaré un éleveur.

Pour une villageoise pointée en accueille avec les autres pour le ravitaillement, le seul souci c’est d’avoir de l’eau. Parce que les femmes de ce village et les villages environnants souffrent énormément par rapport à l’eau. Les villageois lance un vibrant appel aux autorités et personnes de bonne volonté de leur construire un château d’eau pour qu’ils puissent avoir de l’eau potable.

Pour le distributeur d’eau, il faut une pièce de cinquante franc pour avoir trois bidons d’eau par jour. Cette somme permettra d’entretenir le générateur et chercher du carburant. Cet homme, la quarantaine, plaide pour un château d’eau pour ce village à vocation agro-pastorale.

Le cri d’alarme de cette population auprès des autorités, c’est d’avoir de l’eau car, l’eau c’est la vie.

AHMAT MAHAMAT AHMAT