600 jeunes terminent leur formation en entreprenariat

Après 10 jours de formation de 600 jeunes sur les techniques de recherche d’emploi et de l’entreprenariat, ces jeunes venus de 10 arrondissements de N’Djamena ont reçu leurs parchemins de fin de formation, ce samedi 1er juin 2019 au Ministère des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine.

Commencer le 21 avril dernier dans les différents endroits de la ville de N’Djamena pendant 10 jours, les jeunes ont appris la technique nécessaire sur entreprenariat, la recherche d’emploi, de gestion de microprojets et les mécanismes d’accès aux microcrédits de l’Office National pour la Promotion de l’Emploi (ONAPE).

Ces jeunes ont fait quelques recommandations au gouvernement, à l’ONAPE et aux partenaires techniques et financiers. Au Gouvernement : la levée de la mesure suspendant l’intégration à la fonction publique, l’adoption d’une loi relative au programme de l’auto-emploi, la mise en place d’un programme national de sensibilisation sur l’auto-emploi aux jeunes. A l’ONAPE : la transparence, l’impartialité et l’équité dans l’octroi de microcrédits aux jeunes, de revoir la question de gage avant l’octroi de microcrédits, de prôner sa politique de programme d’appui aux diplômés sans expérience, etc. Aux partenaires techniques et financiers : le renforcement de leur appui au gouvernement en général et à l’ONAPE en particulier pour lui permettre de former et de financer les jeunes sans emploi.

Le Directeur de l’ONAPE, Fayçal Hissein Hassan Abakar croit que les connaissances acquises lors de la formation vont amener ces jeunes à monter des projets porteurs. « J’ose croire que les connaissances acquises au cours de cette formation notamment en techniques d’entreprenariat vous permettrons de monter des projets porteurs répondant aux exigences économiques de notre pays pour avoir accès d’une part aux crédits accordés par l’ONAPE et d’autre part, de bénéficier des fonds alloués (500 000 000 FCFA) par le Chef de l’Etat à la jeunesse à l’issue du Forum National de la Jeunesse », a-t-il soutenu.

Ousmane Daouda Diarra

La Coupe du monde féminine de football, un autre observatoire des inégalités

L’exemple de l’équipe jamaïcaine, abandonnée par sa fédération, est particulièrement révélateur.

La prochaine Coupe du monde féminine de football, qui se tiendra en France à partir du 7 juin, donnera évidemment l’occasion d’évoquer les inégalités de salaire et de traitement médiatique entre les équipes féminines et masculines. Un article du New York Times vient rappeler qu’au sein même du football féminin, il existe des déséquilibres hallucinants entre les différentes équipes, certains pays considérant à considérer que seul le football masculin vaut la peine d’investir. Le journaliste Jeré Longman s’est notamment intéressé à l’équipe jamaïcaine, qui évolue dans des conditions pour le moins spartiates en raison d’un manque certain de moyens et de l’absence de soutien de sa fédération.

À l’heure où certaines fédérations nationales commencent à comprendre l’intérêt d’investir dans le football féminin (parce qu’elles ont réfléchi ou par pur pinkwashing), d’autres trainent encore les pieds. En France, le championnat s’est peu à peu professionnalisé, et les joueuses de l’équipe nationale bénéficient des infrastructures de la FFF pour pouvoir préparer «leur» Coupe du monde. Aux États-Unis, l’équipe féminine réalise actuellement une tournée dans le pays afin de rencontrer ses fans et de préparer le Mondial. Les joueuses y sont réellement célébrées, et le tournoi sera largement diffusé, grâce à la chaïne ESPN, mais aussi par le biais des écrans géants installés dans certaines grandes villes.

À l’autre bout du spectre, il y a les Reggae Girlz jamaïcaines, à qui la fédération nationale de football a carrément coupé les vivres en 2015. L’équipe est à la fois en train de tenter de préparer la Coupe du monde, mais aussi de boucler son budget. Il faut trouver et convaincre des mécènes, organiser des manifestations (matches de gala, camps d’entraînement) et tenir les cordons de la bourse. Tout se fait dans le sourire, mais rien n’est simple.

Jeré Longman raconte une anecdote relativement édifiante : lors d’une soirée destinée à récolter des fonds en faveur de l’équipe jamaïcaine, les joueuses sont apparues avec des tenues destinées aux hommes, sur lesquelles on pouvait lire les mots Reggae Boyz (le surnom des joueurs masculins). En termes d’image de marque, on a fait mieux. Mais puisque la fédération ne fait aucun effort, chaque économie est importante.

Au même titre, certaines joueuses sont contraintes de payer elles-mêmes leurs chaussures à crampons, comme si elles étaient de simples amatrices. Et lorsqu’il leur a fallu s’entraîner dans des conditions climatiques désastreuses (températures en berne et pluies importantes), ce sont les membres de l’équipe technique qui ont dû mettre la main à la poche afin de pouvoir financer l’achat de vestes de survêtement.

Le message envoyé par la fédération jamaïcaine est désastreux : c’est tout simplement comme si le football féminin n’existait pas. Lorsque l’équipe s’est qualifiée pour la Coupe du monde en battant le Panama aux tirs au but, aucun cadre des instances dirigeantes n’était présent. Personne n’avait fait le déplacement, comme si tout cela n’avait réellement aucun intérêt.

Crowdfunding obligatoire

La gardienne de but Nicole McClure confirme le sentiment unanime d’abandon : «L’attitude de la fédération est consternante. Nous ne comptons pas. Mais nous continuerons à nous battre pour l’égalité. Nous voulons pouvoir nous asseoir autour d’une table et discuter de tout ça». En mars, McClure a dû organiser sa propre levée de fonds : elle joue dans un club amateur en Irlande du Nord, où elle n’est pas rémunérée. C’est donc uniquement grâce aux dons qu’elle parvient à vivre (chichement) de son sport. Triste réalité.

Récemment, les footballeuses jamaïcaines sont parvenues à obtenir une première avancée : les joueuses sélectionnées pour la Coupe du monde ont signé un contrat qui leur garantit un salaire mensuel compris entre 800 et 1200 dollars, avec effet rétroactif au 1er janvier. Le coach Hue Menzies, quant à lui, recevra 40 000 dollars. Il s’agit des premiers contrats signés par une équipe féminine caribéenne de football. Malgré la maigreur des montants, ce n’est pas rien.

Le président de la fédération, Michael Ricketts, se défend évidemment d’avoir délaissé les Reggae Girlz, affirmant avoir dépensé environ 4 millions de dollars depuis la qualification des Jamaïcaines pour la Coupe du monde. Un chiffre fermement contesté par les coaches de l’équipe, qui disent ne pas y croire une seconde.

À quelques jours du tournoi, il est toujours possible de contribuer financièrement pour aider l’équipe, ce qui se fait directement sur son site. Malgré les aides de la FIFA et des mécènes (dont Cedella Marley, la fille de Bob, sans laquelle «il n’y aurait pas de Reggae Girlz», disent les joueuses), il manquait encore 400 000 dollars pour équilibrer la balance.

Slate fr

Religion : 128 Chrétiens baptistes ont accompli les dix commandements

L’association tchadienne des églises baptistes mid-missions (ATEBAMM) région de N’djamena a organisé la première session de baptême de l’année. Cette session a réuni toutes les églises baptistes du district de N’Djamena et ses environnants.

Ce sont au total 128 candidats dont 89 femmes et 39 hommes à être  baptisés ce samedi 1er juin au fleuve Chari devant les parents, amis et connaissances ainsi que les autorités ecclésiastiques.

Une circonstance qui a permis à ces candidats d’accomplir les dix commandements divins comme l’avait prescrit Jésus-Christ dans l’évangile selon Mathieu chapitre 28 et les versets 19 et 20.

En réconfortant les jeunes baptisés, le pasteur Binan Robngar Pardonné a édifié l’assistance sur les conditions de baptême. Selon lui, une fois être converti, c’est-à-dire accepté Jésus-Christ comme seigneur sauveur, celui-ci a le droit d’être baptisé.

Les candidats ayant reçu leur baptême, ont éprouvé le sentiment de joie. D’autres bien avancé en âge, c’est une satisfaction d’accomplir les dix commandements de Dieu.

À la sortie des eaux de baptême, Dr Tompté Pierre a exhorté les nouveaux baptisés à bien gardé leur fois tout en indiquant qu’après le baptême, il y aura des épreuves de foi. « Vous venez de mourir et ressuscité avec Christ, gardez bien votre foi« , souligne-t-il.

La conférence de présentation du parti « Les Transformateurs » n’a pas eu lieu

Dr Succès Masra, leader du Parti Les Transformateurs a été empêché ce matin, 1er juin 2019, alors qu’il devait tenir une conférence de présentation de son Mouvement « Les Transformateurs », officiellement reconnu comme parti politique le 15 mai dernier.

Tôt le matin, la police a pris en otage la Maison de la Femme ou devrait avoir cette conférence de présentation. L’ambiance était vraiment forte. Encouragé par ses militants, il se met au-dessus de sa V8 et tient un court discours. « Assez ! Assez ! », selon la traduction des mots qu’il lançait en arabe local.

Ils ont été stoppés une fois de plus au rond-point à double voies, pendant qu’ils se rendaient au QG du parti, la police leur tirait des gaz lacrymogènes.

Allaramadji Innocent

Des législatives et communales 2019 : Juridiquement, techniquement, financièrement et politiquement impossibles

A lâché Max Kemkoye, président de L’Union des Démocrates pour le Développement et le Progrès (UDP) lors d’une conférence de presse qu’il a animé mercredi 29 mai dernier dans les locaux du parti.

Pendant que le président Deby annonce l’urgente de ces élections en 2019, Max reste pessimiste quant à la tenue des législatives et communales 2019.

Selon Max Kemkoye, il ya plusieurs facteurs expliquant sans l’ombre du doute que l’organisation des élections législatives en 2019 sont « impossibles ». Pour lui, sur le plan juridique, le manque d’un code électoral jusqu’à présent un est élément concret. « Il faut qu’il y ait un cadre juridique qui les structure et les organise. C’est le code électoral jusqu’ici inexistant », constate-t-il avant de dire que les discussions relatives à l’adoption du projet portant code électoral seraient prévues à l’Assemblée nationale au mois de juin.

Techniquement, Le président de l’UDP a indiqué que la cartographie basée sur l’ordonnance 001/PR/2019 du 11 février 2019, dans son article 2 ne précise pas la différence entre unité administratives et collectivités autonomes ». Un élément de plus. Outre cela, les statistiques démographiques restent datées. Le recensement général de la population et de l’habitat date déjà de dix ans.

Deby a indiqué dans sa communication face aux membres de la CENI et du CNDP mardi qu’en attendant le budget de la CENI et du BPE, une avance d’un montant respectif de 900.000.000 et 436.640.000 a été faite à ces institutions pour ne pas retarder leur fonctionnement et une enveloppe d’un montant de 800 millions a été octroyée au CNDP pour son fonctionnement.

Mais Max Kemkoye reste pessimiste. « Le Tchad fait face à des difficultés financières sévères ». Max Kemkoye souligne que cela est dû à la « délinquance financière » du régime d’Idriss Deby Itno. Face à cette crise, le président de la République « quémande de l’argent pour organiser des élections qui sont impossibles à l’avance » a affirmé le président de l’UDP.

 « Les élections législatives, mensonge politique de 2019 ou quête d’argent ? »   

« Certainement un mensonge afin de prendre les 40 milliards promis par les partenaires afin d’investir dans la compagne du mouvement patriotique du salut (MPS) », harangue-t-il ajoutant que les élections législatives sont impossibles en 2019 sauf « un miracle du régime ».

Voici ce qui arrive concrètement lorsqu’un pays interdit l’avortement

Dans la Roumanie de Ceaușescu, les orphelinats sordides et surpeuplés pullulaient et les avortements clandestins provoquaient des milliers de morts.

Après l’adoption par l’Alabama d’une loi interdisant entièrement l’avortement sur son territoire, des manifestantes se sont rassemblées devant le Sénat de l’État vêtues de tuniques rouges et de toques blanches, en référence au roman dystopique de Margaret Atwood La servante écarlate (The Handmaid’s Tale), dans lequel les grossesses sont entièrement contrôlées par l’État. Quelques heures plus tard, le livre apparaissait dans le top des tendances sur Twitter.

Il n’est pourtant pas nécessaire de se tourner vers la fiction pour trouver des exemples de ce à quoi peuvent mener les lois actuellement en train d’être votées aux États-Unis. Des décennies durant, la Roumanie communiste a été un test grandeur nature de ce qui peut arriver lorsqu’un pays interdit entièrement l’avortement, et les résultats sont terrifiants.

En 1966, afin d’encourager la natalité, le dirigeant roumain Nicolae Ceaușescu avait interdit l’accès à l’avortement et à la contraception dans l’ensemble de son pays. À court terme, son projet fonctionna : un an après, le nombre d’enfants par femme roumaine était passé de 1,9 à 3,7. Mais rapidement, le taux de natalité rechuta, car les femmes trouvèrent des moyens de contourner l’interdiction.

Dans les villes, les femmes les plus aisées parvenaient à graisser la patte de médecins pour qu’ils pratiquent des avortements, quand elles n’achetaient pas des stérilets importés illégalement depuis l’Allemagne.

Les mesures prohibitionnistes roumaines touchèrent essentiellement les femmes à faibles revenus et les personnes désavantagées –les activistes pro-avortement aux États-Unis craignent d’ailleurs que ce ne soit ce qui arrive en Alabama. Désespérées, beaucoup de Roumaines se tournèrent vers des avortements clandestins, réalisés en cachette chez elles ou dans des endroits plus ou moins sordides.

Entre 1966 et 1989, on estime que plus de 10.000 femmes sont mortes des suites d’un avortement réalisé dans de mauvaises conditions. Le nombre réel était d’ailleurs sans doute bien supérieur, puisque les femmes qui cherchaient à se faire avorter et les personnes qui les aidaient risquaient des années de prison si elles se faisaient prendre. La mortalité maternelle explosa, passant du simple au double entre 1965 et 1989.

«Parfois, le simple fait de dire à son mari ou à sa meilleure amie qu’elle voulait se faire avorter pouvait mettre une femme en danger», explique Irina Ilisei, chercheuse et cofondatrice de la Front Association, un groupe féministe roumain, et du site Feminism Romania. «Pour beaucoup de femmes, la sexualité représentait une peur et non plus une partie épanouissante de la vie», se souvient-elle.

Une autre conséquence de l’interdiction de l’avortement fut que des centaines de milliers d’enfants furent abandonnés et placés dans les orphelinats d’État. Lors de l’effondrement du régime communiste roumain en 1989, près de 170.000 enfants furent retrouvés dans des orphelinats sales et lugubres.

On vit alors apparaître les images d’enfants qui avaient auparavant été cachés au monde, maladivement maigres, très souvent battus et maltraités. Certains étaient même enchaînés au cadre métallique de leur lit.

La loi roumaine anti-avortement ne permit même pas d’atteindre l’objectif démographique de Ceaușescu. «Rendre l’avortement illégal ne conduira pas les femmes à faire plus d’enfants. Par conséquent, si le but est d’engendrer plus de vies et de protéger plus de vies, ce n’est pas le bon instrument», pointe Maria Bucur, professeure d’histoire et d’études de genre à l’université de l’Indiana.

Née en Roumanie, l’universitaire se décrit elle-même comme un produit de l’interdiction de l’avortement, car elle naquit après deux tentatives d’avortement de sa mère.

La population roumaine brûle un portrait de Nicolae Ceaușescu après la chute du dictateur, le 22 décembre 1989 à Denta. | Joël Robine / AFP

Roe v. Wade menacé

Le mercredi 15 mai, soit le lendemain du vote du texte en Alabama, la gouverneure Kay Ivey a promulgué la loi anti-avortement la plus stricte du pays, qui interdit la procédure à tout stade de la grossesse et peut envoyer en prison pour le reste de leurs jours les médecins qui procéderaient à un avortement.

La loi de l’Alabama va encore plus loin que la loi roumaine qui, en principe au moins, permettait des exceptions en cas de viol, d’inceste ou de maladies congénitales : elle n’autorise l’avortement que si la grossesse constitue un danger grave pour la santé de la mère.

En Roumanie, la loi était assortie d’une interdiction de la contraception, qui certes ne figure pas dans la loi de l’Alabama. Mais le gouvernement Trump s’était attaqué au contrôle des naissances en 2017 en permettant aux employeurs de refuser, au nom de leurs convictions religieuses, de prendre en charge les mesures de contraception dans la couverture santé de leur personnel. Cette décision a toutefois été bloquée par une juge fédérale en janvier 2019.

La querelle juridique entre les tribunaux au sujet de l’avortement semble devoir se poursuivre, les groupes anti-avortement cherchant à faire adopter des lois qu’ils espèrent voir confirmées par la Cour suprême –désormais conservatrice, avec deux nouveaux membres nommés par le président Donald Trump.

Depuis le début de l’année 2019, plus d’une douzaine d’autres États ont tenté d’interdire l’avortement après six semaines de gestation, soit avant même que la plupart des femmes ne se rendent comptent qu’elles sont enceintes. Le 7 mai, la Géorgie est devenue le sixième État américain à adopter une telle loi. Aujourd’hui, six États américains ne possèdent plus qu’une seule clinique d’avortements.

Ces lois seront peut-être annulées par les tribunaux, mais les activistes anti-avortement espèrent pouvoir un jour se porter devant la Cour suprême pour contester la jurisprudence Roe v. Wade de 1973, qui protège le droit d’une femme à vouloir se faire avorter.

Représentante de l’Alabama et co-commanditaire de cette loi qui est aujourd’hui la plus restrictive du pays en matière d’avortement, Terr Collins a déclaré au site d’information AL.com : «Mon objectif avec cette loi, et je pense que nous allons tous dans ce sens, est de faire sauter Roe v. Wade.»

Lors de la campagne électorale de 2016, Trump avait promis de nommer des juges conservateurs dans le but d’annuler Roe v. Wade. La confirmation de Brett Kavanaugh en octobre 2018 a donné une solide majorité aux conservateurs, suscitant de grands espoirs chez les groupes anti-avortement.

Si la Cour suprême devait changer d’avis sur l’avortement, il appartiendrait à chaque État de décider comment réglementer la procédure.

Exemple américain déchu

«Nous devons prendre en considération les conséquences à long terme d’une telle législation», souligne Charles Nelson, professeur de pédiatrie à la faculté de médecine de Harvard et auteur de Romania’s Abandoned Children (Les enfants abandonnés de Roumanie).

À partir de 2000, le médecin a examiné les effets qu’avaient eus les orphelinats sur les enfants de la Roumanie post-communiste. Il a constaté que nombre de ces derniers présentaient de graves troubles du développement et des problèmes de santé mentale. Pour certains, leur enfermement dans des orphelinats avait même eu des répercussions physiques sur la taille de leur cerveau.

Pour Nelson, la Roumanie offre une mise en garde contre ce qui peut advenir lorsqu’un État tente de contrôler les droits relatifs à la reproduction. La loi votée en Alabama soulève des questions sur le type de soutien que l’État pourrait apporter si une femme n’avait pas la possibilité de mettre fin à sa grossesse alors qu’il est établi que le fœtus souffre d’importantes malformations congénitales. «L’État a-t-il les moyens de prendre en charge ces enfants et de soutenir les familles?», s’est-il inquiété lors d’une interview.

Lors de l’effondrement du régime communiste roumain en décembre 1989, l’une des premières mesures du gouvernement transitoire fut d’annuler l’interdiction de l’avortement. La Roumanie demeure un pays très conservateur, où il y a eu ces dernières années de nouveaux appels à interdire l’avortement, menés notamment par l’Église orthodoxe, très influente, et d’autres groupes religieux.

Maria Bucur, autrice de Birth of Democratic Citizenship: Women and Power in Modern Romania (Naissance de la citoyenneté démocratique: les femmes et le pouvoir dans la Roumanie moderne), doute toutefois que ce mouvement puisse donner naissance à une réelle tendance politique.

 «Je pense que le souvenir de ce que cela était en réalité est encore trop présent dans l’esprit de la plupart des électeurs. Je ne pense pas qu’un politicien intelligent oserait une telle mesure», veut-elle croire.

Irina Ilisei, la féministe roumaine, s’inquiète de voir que plusieurs parties des États-Unis –un pays jadis pris comme exemple par la Roumanie– tentent aujourd’hui d’interdire ou de restreindre l’avortement. «En 1989, nous souhaitions bâtir une société démocratique, pluraliste, égalitaire pour les hommes et les femmes. Les États-Unis étaient notre principale source d’inspiration, se souvient-elle. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.»

Slate fr

Un mécanicien percute deux militaires

Ce jeudi 30 mai, vers 13 heures sur l’avenue Charles De Gaule, un mécanicien en virant devant la banque UBA de Paris-Congo, tout en accélérant la voiture se retrouve de l’autre sens du goudron en allant vers le marché à mil.

Dans ce manœuvre, il heurte un Toyata vitre fumé. Il redresse son volant vers l’axe allant au marché Dembé et ramasse deux jeunes en tenue militaire sur une moto Dame.

A l’instant T, le conducteur (le jeune militaire) de la moto se retrouve sous le véhicule. Il a fallu l’intervention des personnes sur place pour soulever le véhicule et le faire sortir.

Les deux militaires ont été rapidement transférés au pavillon des urgences.

Ousmane Daouda Diarra

Être une femme célibataire et sans enfants, la clé du bonheur ?

A la poubelle, les princes charmants : pour être heureuse, il nous faut sortir des normes sociales.

En 2019, on est encore loin de se défaire de l’équation célibataire sans enfants à 30 ans = loseuse. Pourtant, d’après le psychologue comportementaliste Paul Dolan, enseignant à la London School of Economics, les femmes célibataires sans enfants sont probablement plus heureuses que les autres.

Une vie plus heureuse et en meilleure santé

«Si vous êtes un homme, mariez-vous. Si vous êtes une femme, ne vous donnez pas cette peine» : Paul Dolan choisit de ne pas être politiquement correct dans son discours au Hay Festival. Théoricien du bonheur, il s’attaque de front aux normes sociales qui guident nos existences dans son livre Happy Ever After : Escaping The Myth of The Perfect Life («Ils vécurent heureux pour toujours… Échapper au mythe de la vie parfaite»).

En se basant sur les données de l’American Time Use Survey (ATUS), il compare les niveaux de bonheur entre différents groupes d’individus (femmes ou hommes mariés, célibataires, divorcés, veufs, avec ou sans enfants…). En résulte un constat qui fait sourire tant il est la preuve d’une hyprocrisie sociale : les personnes mariées ne se déclarent heureuses que si leur moitié se trouve dans la pièce. Sinon ? «Putain de pas heureux», répond en ces termes l’universitaire.

Encore mieux : si être marié peut s’avérer bénéfique pour la santé des hommes, puisqu’ils y trouvent stabilités financière et morale, et par là vivent un peu plus longtemps, le lien de causalité est inverse pour les femmes: celles qui sont mariées et ont des enfants meurent plus jeunes que les autres.

Quelque chose vient pourtant porter préjudice au bonheur et à la santé des parangons du célibat : le regard de la société.

Remettre en question le modèle social établi

Toute société est bâtie sur des histoires et des mythes, notamment le fameux «ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants». C’est ce que Paul Dolan appelle des «contes sociaux» («social narratives»), des histoires devenues des normes, transmises par la tradition, la loi, la fiction et la pratique. La célibataire, c’est la hors-la-loi du conte. Alors on la stigmatise. Et paf : de célibataire, on devient vieille fille.

En nous enfermant dans ces modèles sociaux, nous nous retrouvons prises au piège d’un bonheur établi dont il est mal vu de se défaire. Ainsi dit-on d’une relation longue qui se termine : «Quel dommage.» C’est le mode «pilote automatique», analyse Dolan. Pour s’en sortir, une seule solution : comprendre ce qui nous procure vraiment du bonheur.

En 2008, dans son livre Happiness by Design («Le bonheur à dessein»), l’universitaire a défini le bonheur comme «l’ensemble des expériences de plaisir et de sens au fur et à mesure du temps».

Ce sentiment se partagerait en deux temps : d’abord la sensation de plaisir, dans sa fréquence et son intensité, puis une recherche de sens, de but. Il oppose ainsi plaisir et quête de sens à ennui et futilité.

Le problème est que nous mourrons d’ennui pour nous conformer aux normes de la société. Selon Dolan, il s’agit alors de prendre conscience de ce qui nous procure vraiment du plaisir et de rejeter ce qui devrait nous en procurer, pour tendre vers un bonheur vraiment «à soi».

Slate fr

Procès d’Edith Scaravetti : «Maman a tué Papa parce que ce n’était qu’un méchant»

Le 17 mai 2019, la cour d’assises de Montauban rendait son verdict dans le procès en appel d’Edith Scaravetti.

Lundi 13 mai 2019, 14 heures. Le président de la cour d’assises de Montauban, Alain Gaudino, déclare l’audience ouverte.

Experts et enquêteurs, avocats des parties civiles, avocats de la défense, avocat général, les protagonistes du procès en première instance d’Edith Scaravetti sont revenus pour l’appel. Tous ont connu la pesanteur du premier procès à Toulouse ; les visages semblent pourtant plus graves et les robes noires plus lourdes encore que l’an passé.

«Je ne le supporte plus»

Pendant la lecture de l’arrêt de renvoi, Martine, la mère de Laurent Baca, bascule la tête vers le plafond et le fixe, comme pour empêcher les larmes de tomber. La gravité et le chagrin l’emportent : il y a des choses que même le temps ne saurait réparer.

L’enjeu de ce second procès n’est pas nécessairement de renvoyer l’accusée en prison mais, peut-être, de requalifier les faits : le coup de feu à l’origine de la mort de Laurent Baca est-il un accident (un homicide involontaire, comme l’a déclaré la cour d’assises de Toulouse) ou bien constitue-t-il un meurtre (un homicide volontaire) ? En d’autres termes, Edith Scaravetti a-t-elle voulu, dans la nuit du 5 au 6 août 2014, tuer le père de ses trois enfants, Laurent Baca ?

La composition de la cour, elle, a changé. Les personnes composant le jury, tirées au sort sur les listes électorales de leur région, sont différentes. Le président, surtout, est différent.

Et quand le chef d’orchestre change, toute la musique change.

Dès le départ, les questions posées aux enquêteurs venus témoigné à la barre donnent le ton. L’aveu d’Edith, lors de la perquisition en novembre 2014, n’est plus : «Je suis un monstre, j’ai retourné l’arme contre lui !» Il devient : «Je suis un monstre, je l’ai tué !»

Face à la cour d’assises du Tarn-et-Garonne, des phrases omises en première instance émergent.

«Elle mettait toujours en avant ne pas vouloir perdre ses enfants et que cela risquait de finir mal.»

Une officier de police judiciaire

Plongée dans ses notes, la commandante de police détaille : «Début juillet 2014, Edith Scaravetti dit à son père et à sa mère que c’est fini avec Laurent. Elle dit même : “Je ne le supporte plus.”»

«À des proches, Edith Scaravetti fait part de son dégoût pour [Laurent Baca], dit ne plus l’aimer, raconte une officier de police judiciaire. Elle trouvait déplaisant qu’il veuille sans cesse recoller les morceaux.» «Elle mettait toujours en avant ne pas vouloir perdre ses enfants, qu’ils soient placés, etc. et que cela risquait de finir mal, poursuit-elle, avant d’ajouter : On voyait le futur obscur.»

L’experte psychologue, qui a rencontré à deux reprises Edith Scaravetti au département des femmes de la maison d’arrêt de Seysses, commence son exposé : «Elle reconnaît le meurtre de Laurent Baca.» Le président, ancien juge d’instruction, la questionne : «Elle reconnaît avoir donné la mort volontairement?» La psychologue n’est pas juriste, elle bafouille : «Non, elle me décrit les faits… Elle ne reconnaît pas l’homicide volontaire.»

L’avocate des enfants, Me Chmani, rebondit sur une autre phrase consignée dans le rapport de l’experte et citée à la barre : «Les enfants sont au courant que Maman a tué Papa parce que ce n’était qu’un méchant.» «Vous confirmez qu’elle vous a dit ça?», demande-t-elle à l’experte. La psychologue acquiesce.

À la libération de leur mère, fin mars 2018, les enfants étaient si contents. «Allumés», précise Me Chmani. La cour de Toulouse avait conclu à un accident, cela les avait rassurés. Ils s’étaient tenu loin des émissions télé et d’internet, et n’étaient pas en âge de consulter le dossier.

 «Cela n’existe pas»

Lors du premier procès à Toulouse, les photos de la reconstitution avaient été projetées sur grand écran. On y voyait un policier de la taille et de la corpulence de Laurent Baca, figé dans l’attente des instructions, rejouant les faits de la nuit du 5 au 6 août 2014 tels que décrits par Edith Scaravetti: le réveil brutal, le corps tiré hors du lit, la carabine cachée au-dessus de l’armoire, la chute dans l’escalier, les claques et les coups assénés au rez-de-chaussée, le coup de feu qui part.

Et puis les écrans étaient devenus noirs au moment où elle posait sur le corps de Laurent Baca une couverture orange. À quoi bon ? Tout ce qui s’est passé ensuite, Edith Scaravetti n’en garde que peu de souvenirs. Des «flashs», surtout. Elle sait qu’elle l’a fait, elle avoue qu’elle l’a fait, mais elle ne se voit plus le faire. Pour la docteure psychiatre mandatée par la chambre d’instruction, la couverture relève du «déni». Devant la cour de Montauban, elle résume : «Cela n’existe pas.»

À l’instar des violences conjugales passées sous silence, Edith Scaravetti a tu la mort de Laurent Baca pendant trois mois et demi, jusqu’à l’arrivée de la brigade criminelle venue perquisitionner le domicile.

Laurent disparu, sa famille a tenté de retrouver sa piste des semaines durant. À la barre, son petit frère rapporte ces nuits à tourner en moto dans le quartier, à arpenter les cours d’eau pour voir s’il n’y voyait pas un corps flotter. «C’est la chose la plus dure à dire à votre mère, quant au fond de vous, vous sentez qu’on ne le retrouvera pas, murmure-t-il aux juré (es). Quand vous apprenez la vérité, ça vous vide.»

La famille Baca n’a jamais pardonné ce mensonge. Jennifer, la sœur de Laurent, l’a toujours clamé : s’ils s’étaient disputés, qu’un coup était parti et qu’Edith avait appelé de suite les secours, «elle mangerait encore à notre table».

«Les enfants ne se contenteront pas de “Je ne sais pas”, “Je ne sais plus”.»

Me Chmani, avocate des enfants du couple Scaravetti-Baca

Face au tribunal qui lui demande pourquoi taire un accident, Edith Scaravetti répète : «Si on ne le dit pas, ça n’existe pas.» Elle pensait vraiment qu’il allait revenir.

Il s’est pourtant passé autre chose, après la couverture orange. C’est peut-être trop dur à raconter.

Me Chmani s’emporte : «Les enfants ne se contenteront pas de “Je ne sais pas”, “Je ne sais plus”, “Je ne peux vous expliquer ce que je ne comprends pas moi-même”.»

Finalement, le président Alain Gaudino poursuit là où le premier procès s’est arrêté. Que s’est-il passé ensuite ? Il relève un détail sur les photos de la reconstitution : la façon dont Edith pose la couverture orange sur Laurent Baca, jusqu’au sommet du crâne, «non comme on recouvre quelqu’un qui dort, mais comme on recouvre un cadavre».

Il demande à Edith pourquoi elle ne regarde pas les photos diffusées à la cour et si elle pense toujours, en ce mois de mai 2019, que Laurent va revenir. L’accusée répond que non. Elle a compris, en détention.

«Tout m’échappe»

Dans son flot de «silences et profondes respirations» émergent quelques petits mensonges et grandes incohérences.

Edith Scaravetti dit qu’à la fin de l’été 2014, les enfants allaient encore dans le jardin. «Si j’avais eu conscience à ce moment-là que leur père était là, je les aurais pris et…» Sa phrase reste en suspens.

À la barre, une voisine raconte qu’avant les faits, elle entendait souvent les enfants jouer au ballon dehors : «À mon retour, fin août, aucun bruit. Je me suis dit qu’ils avaient prolongé leurs vacances. Là où je me suis posée des questions, c’est à la rentrée des classes. À la rentrée des classes, toujours pas de jeu dans le jardin. J’ai trouvé ça très étrange.»

La voisine a senti l’odeur de décomposition pendant plusieurs jours, vu les mouches «grosses comme un pouce» –elle qui est phobique des mouches, cela l’a marquée, elle a même pensé appeler la mairie. Elle a bien vu Jennifer Baca frapper à toutes les portes à la recherche de son frère, mais elle n’a pas fait le lien. L’odeur avait disparu.

Edith Scaravetti dit qu’elle a aperçu un morceau de la couverture orange dépasser de la terre, qu’elle a pris peur. Laurent revenait. Alors elle a déterré le corps pour le monter au grenier et le couler sous du béton.

Le président lui demande :

Est-ce que vous souffrez d’anosmie ?
– Non
, répond aussitôt Edith.
– Donc vous percevez les odeurs.

«Elle lui aurait fait vivre une fois mort ce qu’il lui avait promis de son vivant.»

Un officier de police judiciaire

Et si Edith avait déplacé le corps de Laurent Baca parce qu’elle avait compris que l’odeur pouvait alerter ?

Vous ne cherchez pas à contrôler la situation?, l’interroge l’un des avocats de la partie civile.
Non, tout m’échappe, rétorque Edith.

Une phrase prononcée lors de sa garde à vue est mentionnée : «Je lui ai fait ce qu’il a voulu me faire.» «Elle lui aurait fait vivre une fois mort ce qu’il lui avait promis de son vivant», expose l’officier de police judiciaire.

Une nuit, Laurent Baca l’avait jetée en petite tenue dans le jardin. Il neigeait. Il l’avait tirée sous le banc de la pergola, «parce que les chiens, ça se met pas sur les bancs, ça se met dessous».

Un jour, le couple s’était disputé dans le grenier. Il l’avait poussée entre deux piliers et avait commencé à lui verser du béton dessus. Il lui avait promis qu’elle finirait là.

«Je pensais que c’était Edith qui aurait été victime de Laurent», confie une témoin auditionnée par les enquêteurs.

À l’accusée, debout dans le box, le président Alain Gaudino signale : «Vous seriez passée de l’accident à un processus de vengeance? Ce n’est pas très cohérent.»

«Qu’est-ce qui vous anime?»

Sous la couverture orange, les secrets se transforment en abomination.

Il y a d’abord une question, rarement posée aux médecins légistes. Le président veut savoir : «Comment vous faites, quand vous pratiquez une autopsie?»

«C’est extrêmement pénible, admet le légiste. Parfois, les enquêteurs portent des masques. Mais l’intérêt médico-légal l’emporte.» «Si quelqu’un qui ne travaille pas là entrait, ajoute-t-il, il serait arrêté par l’odeur.»

Pour faire réagir l’accusée, combler ses silences ou chercher une vérité qui peine à poindre, le président pose des questions abruptes. Par les mots, il traduit la violence dont Edith Scaravetti s’est rendue coupable : «Ce corps en putréfaction, parsemé de mouches, ce corps rongé par les vers, avec une odeur pestilentielle, les écoulements ! Un corps qui a séjourné vingt-cinq jours sous trente centimètres de terre en plein mois d’août», comment a-t-elle réussi à le déterrer et le tirer, seule, dans l’escalier escamotable menant au grenier par une petite trappe ? Comment ne pouvait-il y avoir que de la terre dans la maison ?

Le président ressort un élément livré par Edith Scaravetti aux enquêteurs –un détail terrible montrant qu’Edith se souvient avoir vu ce corps en décomposition– puis résume : «C’est vrai que ça paraît compliqué de ne pas avoir vu ce corps.»

Me Tugas, avocat de la partie civile, regarde Edith une dernière fois : «Vous aviez une vraie volonté, à ce moment-là. Qu’est-ce qui vous anime ? Ce n’est pas de l’amour…»

Edith Scaravetti fixe à nouveau le sol : «Tout se mélange. C’est un mélange de beaucoup de choses. J’arrive pas à voir toutes les images, toutes les étapes. Je me suis bloquée tout ça et je n’arrive pas à m’en sortir.»

Le président lit l’audition d’une témoin rapportant les propos d’Edith avant les faits : «Je n’ai plus aucun sentiment envers Laurent, si ce n’est du dégoût.» L’accusée ne se souvient plus d’avoir prononcé ça, mais peut-être, si la témoin le dit. Le magistrat insiste. Alors Edith lâche : «Oui, j’étais fatiguée de la situation. J’en avais marre.»

Il y a aussi cette carabine difficile à tenir droite contre la tempe pour une personne en position couchée, le doigt sur la détente, la douille qui a disparu, les enfants qui ont le sommeil léger, ce sommeil des enfants angoissés par les disputes de leurs parents, qui n’ont pourtant rien entendu cette nuit-là –ni les coups, ni les claques, ni le coup de feu.

«Je ne comprends pas pourquoi on ne parle pas de sa souffrance à lui.»

Edith Scaravetti

«Je ne suis pas complètement parfaite et pas complètement manipulatrice», promettait Edith lors de son premier procès.

Si pendant trois mois et demi elle a livré aux enquêteurs et à ses proches différentes versions quant à la disparition de Laurent Baca, une fois le corps découvert, le reste le fut aussi: la brutalité, les bleus partout, les paroles blessantes, l’alcool mauvais, la fatigue qui colle à la peau; Edith qui, à 28 ans, a le sentiment «d’en avoir 40» et le récit, inchangé depuis le premier jour, de cette nuit du 5 au 6 août 2014.

«C’était un homme en grande souffrance, avançait-elle à la cour de la Haute-Garonne, et je ne comprends pas pourquoi on ne parle pas de sa souffrance à lui.»

 «Il aurait pu mourir de n’importe quoi»

Avant de rencontrer Edith, Laurent Baca a eu un fils, Gaétan*. La mère de l’enfant était partie vivre dans une autre ville et Laurent ne le voyait pas souvent. Edith se souvient de la soirée où elle a rencontré Laurent, de lui pleurant dans ses bras parce que son fils lui manquait.

Dans la petite salle d’audience de Montauban, une lettre est lue à voix haute. En mai 2014, quelques mois avant sa mort, Laurent Baca écrit à Gaétan.

«Gaétan, Je t’écris cette petite lettre pour te souhaiter un joyeux anniversaire pour tes 14 ans. En espérant que tu as passé de bonnes fêtes 2013 et un bon début d’année 2014. Excuse-moi de ne pas t’avoir écrit dans ces moments-là. J’ai du mal à trouver les bons mots car ça me fait mal. […] Sache que tu me manques énormément, ainsi qu’à toute ta famille, tes grands-parents, tes oncles et ta tante, et encore plus à ton frère, tes sœurs et Edith. Dis-toi bien que la porte de la maison te sera toujours ouverte, que ce soit pour les bons et les mauvais moments. Que tu sois petit ou grand, mon amour ne changera pas, je serai toujours ton père et je t’aimerai toute la vie.

Me Nougier, l’avocat de Gaétan, soupire : «Gaétan a aujourd’hui 19 ans, et il va très mal. Il n’y a pas si longtemps, il a dit à sa mère qu’il voulait rejoindre son père. “C’est un enfant éteint et triste”, dit son psychologue. J’ai peur pour cet enfant devenu adulte qui ne travaille plus à l’école. Il n’arrive pas à se recueillir sur la tombe de son père. Il n’arrive pas à reprendre contact avec ses grands-parents qu’il adore, parce que tout le ramène à ça.» L’avocat conclut : «La justice ne répare pas, mais elle permet de donner des réponses.»

«Je me poserai toujours la question de si mon fils a souffert longtemps ou s’il est mort sur le coup.»

Martine, la mère de Laurent Baca

Elle ne savait pas si elle pourrait à nouveau témoigner pour ce procès. Finalement, Martine, la mère de Laurent Baca, s’avance à la barre. Ses jambes ont du mal à la porter, alors l’huissier d’audience lui apporte une chaise.

«Je me poserai toujours la question de si mon fils a agonisé, s’il a souffert longtemps ou s’il est mort sur le coup. C’est ma question depuis cinq ans. Laurent, il aurait pu mourir de n’importe quoi, c’est vrai…», reconnaît-elle.

Elle marque une pause.

«Mais il me disait : “Tu sais, Maman, quand je serai mort, je ne veux pas être mangé par les vers.”»

Sans pouvoir faire autrement, elle éclate en sanglots : «Et en fin de compte, je n’aurais pas pu accéder à sa dernière volonté.»

Martine se lève, fébrile. Tout le monde observe sans bouger cette petite dame abîmée par l’indicible s’accrocher à la barre pour regagner le banc des parties civiles. Elle claudique en cherchant à se tenir où elle peut, comme quelqu’un qui chercherait l’interrupteur dans le noir. Un bras vient à son secours pour la retenir de tomber.

Elle se hâte vers la sortie, mais la tristesse ralentit ses pas. Elle arrive enfin dans le couloir, loin des regards du public. Personne ne pense à fermer la porte. Et dans la stupeur de la cour d’assises, seuls résonnent les cris déchirants de cette mère.

Le 17 mai 2019, vers 19 heures, Edith Scaravetti a été reconnue par la cour d’assises du Tarn-et-Garonne coupable d’homicide volontaire et condamnée à une peine de dix ans de réclusion criminelle. Elle est repartie le soir même en prison. Dans l’attente d’une solution, les enfants ont dormi chez une amie.

Plus tard, Élodie*, 14 ans, aimerait être psychologue. Franck*, 13 ans, aimerait bien créer des jeux vidéo. Justine, elle, a 12 ans. Quand elle sera grande, elle voudrait être policière.

* Les prénoms ont été changés.

Slate fr

N’Djamena dans le tourbillon de la pluie

Après la première pluie abondante du lundi et celle de mercredi au jeudi 30 mai, le ciel reste toujours orageux. L’inquiétude règne au cœur de la population.

La population n’djamenoise est aux abois. Tout le monde lève les yeux vers le ciel en signe de supplice. Les dégâts causés par les premières gouttes de pluie n’ont laissé personne indifférente. Des maisons écroulées, les toitures envolées par le vent violent de la pluie.

Dans certains quartiers périphériques, ces dégâts énormes ont causé des blessés (jambes cassés) et morts.

Par contre, les rues sont impraticables. Les eaux de pluie sont restées stagnantes même sur les goudrons.

Djimnayel Ngarlenan