Santé : L’Hôpital de la Renaissance forme le personnel des services des urgences

Sept (7) grands hôpitaux de N’Djamena dans les services des urgences ont pris part à cette formation. Les assises visent à améliorer les qualités des services dans ces différentes formations sanitaires.

Cette formation fait suite à la rencontre du ministre de la santé publique, Aziz Mahamat Saleh avec les responsables des hôpitaux de N’Djamena sur la coordination des urgences.

Selon le Directeur général de l’hôpital de la Renaissance, Gustave Bassanguen, c’est d’après une évaluation faite sur les services d’accueil des urgences (SAU) et de l’instruction du ministre de la santé, que son institution a saisie cette occasion pour former le personnel médical et paramédical des services des urgences des grands hôpitaux de N’Djamena. Pour lui, c’est dans des situations de crise économique que  les efforts doivent être actualisés pour mieux les utiliser et les comptabiliser.

« Le service d’accueil des urgences de l’hôpital de la Renaissance est un établissement organisé de manière à obtenir un tri précoce : une consultation dédiée suivant un circuit court, une obtention rapide des examens complémentaires éventuels et une décision thérapeutique immédiate », indique-t-il.

Cette formation est aussi une rencontre d’échange d’expériences entre les responsables et le personnel des hôpitaux de N’Djamena afin de bien coordonner et améliorer les services des urgences.

Égypte : l’ancien président Mohamed Morsi « a été tué », selon Recep Tayyip Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé, mercredi 19 juin, que l’ancien chef de l’État égyptien Mohamed Morsi, décédé lundi en plein procès au Caire, avait été « tué », imputant la responsabilité de sa mort aux autorités égyptiennes.

« Dans le tribunal, il s’était tordu sur le sol pendant vingt minutes. Les autorités n’ont rien fait pour lui venir en aide. Il a été tué et n’est pas mort de cause naturelle. » Recep Tayyip Erdogan n’y est pas allé par quatre chemins, ce mercredi, lors d’un meeting électoral à Istanbul, en évoquant la mort de l’ancien président égyptien Mohamed Morsi. Il a affirmé qu’il « ferait tout » pour faire traduire les responsables égyptiens « devant les tribunaux internationaux ».


Le dirigeant turc, issu comme Mohamed Morsi de la mouvance islamiste, l’avait qualifié de « martyr » après l’annonce de son décès lundi, et accusé les « tyrans » au pouvoir en Égypte d’être responsables de sa mort – une allusion à peine voilée au président Abdel Fattah al-Sissi. Les relations entre la Turquie et l’Égypte sont quasiment inexistantes depuis que l’armée égyptienne, alors dirigée par le maréchal Sissi, a renversé le président Morsi en 2013.

L’ONU demande une enquête

Le bureau des droits de l’Homme de l’ONU a réclamé mardi l’ouverture d’une enquête « minutieuse et indépendante » sur les faits. « Toute mort soudaine en prison doit être suivie d’une enquête rapide, impartiale, minutieuse et transparente menée par un organe indépendant, afin de faire la lumière sur la cause du décès », a déclaré Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme.

Dans un communiqué, le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Hafez, a dénoncé « dans les termes les plus vifs » la demande onusienne, estimant qu’il s’agissait d’une « tentative délibérée pour politiser un cas de décès naturel ».

Mohamed Morsi, destitué en 2013 par l’armée à la faveur de manifestations populaires après une courte mandature d’un an, avait été condamné à un total de 45 ans de prison pour incitation à la violence contre des manifestants, fin 2012, et espionnage au profit du Qatar. Il était détenu depuis près de six ans et maintenu à l’isolement lorsque sa mort est survenue. Lundi, alors qu’il s’exprimait devant un tribunal, il s’est effondré et n’a pu être ranimé.

JA-AFP

Journaliste environnement, un métier particulièrement dangereux

Le Comité pour la protection des journalistes indique que depuis dix ans, un minimum de treize reporters ont été tués (es) en raison de leurs enquêtes sur l’environnement.

On connaissait les risques encourus par les journalistes en zone de conflit. Dorénavant, il faut reconnaître que les spécialistes des questions environnementales sensibles, traitant par exemple de la destruction d’espaces naturels, sont également particulièrement exposés (es). Ces thématiques sont même devenues le deuxième domaine du journalisme le plus dangereux, derrière le reportage de guerre.

Ces dix dernières années, treize journalistes couvrant des problématiques liées à l’environnement ont perdu la vie à cause de leur travail –et ce bilan n’est que partiel : le Comité pour la protection des journalistes se penche actuellement sur la mort de 16 autres personnes.

Intérêts trop puissants

«Les questions environnementales touchent à la fois à certains des plus grands abus de pouvoir dans le monde et à certaines des plus grandes concentrations de pouvoir, avance Bruce Shapiro, directeur du Dart Center for Journalism and Trauma. J’ai du mal à imaginer une catégorie de journalistes d’investigation qui interagissent au quotidien avec des acteurs plus dangereux. Un reportage d’investigation sur l’environnement peut être aussi dangereux qu’un reportage sur la contrebande de stupéfiants.»

«Les controverses environnementales impliquent souvent de puissants intérêts économiques et commerciaux, des batailles politiques, des activités criminelles, des insurgés antigouvernementaux ou encore de la corruption […]. Que ce soit dans les pays riches ou en développement, les journalistes qui couvrent ces questions deviennent une cible privilégiée», écrivait Éric Freedman, professeur de journalisme à l’université du Michigan, dans un article de The Conversation, le 3 janvier 2019.

Impacts psychologiques

La pression est si forte qu’elle peut avoir d’importantes conséquences sur la santé mentale des journalistes, qui les poussent même dans certains cas à arrêter leur carrière. «Ce qui se passe, c’est que les journalistes ne veulent plus couvrir ces questions graves. Ils finissent par traiter d’autres sujets plus faciles et pour lesquelles ils ne reçoivent pas de menaces», regrette Ramesh Bhushal, membre de l’organisation Earth Journalism.

Les travaux des psychologues Smith et Porterfield, cités par Eric Freedman dans l’un de ses articles de recherche, ont démontré que les journalistes ayant été emprisonnés (es) et ayant subi des pressions faisaient souvent face à des problèmes psychologiques, comme du stress post-traumatique ou des dépressions.

En 2015 déjà, l’ONG Reporters sans frontières avait alerté sur la situation. Dans un rapport intitulé «Climat hostile contre les journalistes environnementaux», l’ONG avait appelé les médias et les gouvernements à améliorer drastiquement leur niveau de protection des journalistes couvrant des sujets environnementaux.

Les Droits de l’enfant et égalité pour les filles

La Conférence internationale sur l’éducation des filles et la formation des femmes en espace francophone qui s’est ouverte le 18 juin à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena, a offert également des stands parmi lesquels, on découvre le plan international.

Dans le cadre de l’exercice de sa mission, le Plan international qui œuvre pour un monde juste fait progresser les droits de l’enfant et l’égalité pour les filles.

L’objectif de cette organisation est d’amplifier les messages auprès de tous les acteurs de l’éducation et de renforcer les synergies pour une meilleure prise en compte de l’éducation et de la formation des filles dans les politiques et pratiques.

Pour Haoua Ahmat Sossal, partenaire engagée des jeunes pour le Plan International, la cause primordiale de nos filles qui ne fréquentent pas est le mariage précoce. Car, selon elle, cette situation ne les permet pas d’aller à l’école ou de continuer les études.

« Le Plan international n’a pas encore son bureau au Tchad, mais comme les besoins se font ressentir dans toute l’étendue du territoire, particulièrement dans la zone Nord du Tchad avec le phénomène de l’insécurité. L’organisation Plan international intervient dans les endroits où il y a des crises. Nous voulons avoir d’ici 5 ou 10 ans nos filles scolarisés », a-t-elle appuyé.

Idriss Deby : « Il faut que nos filles soient nombreuses à investir le territoire des écoles, collèges et lycées ».

A la conférence internationale sur l’éducation des filles et formation des femmes qui s’est ouverte  ce 18 juin à N’Djamena, le président de la République du Tchad, Idriss Déby Itno a déclaré que les efforts colossaux déployés par son pays et les partenaires au développement pour tenir le pari de l’éducation et de la formation des filles et femmes, n’ont  pas toujours produit des résultats escomptés.

Pour Idriss Déby, si le rapport mondial de suivi sur l’éducation 2017-2018 démontre que le monde a atteint la parité entre les sexes à tous les niveaux, sauf dans l’enseignement supérieur, il n’en va pas de même pour toutes les régions, tous les pays et les groupes de revenus.

« Au Tchad, l’indice de parité fille/garçon est passé de 0,49 au primaire à 0,75 entre 1990 et 2015, de 0,30 à 0,45% au 1er cycle du Secondaire et de 0,23 à 0,28 au 2nd cycle », a souligné Déby avant d’ajouter que l’étude récente sur la scolarisation des filles, montre aussi que sur les 84% des filles interrogées estiment que ce sont les causes en lien avec le mariage qui les conduisent à abandonner l’école.

86% de femmes tchadiennes sont analphabètes

Les données démographiques montrent que 86% des femmes sont analphabètes. Ce faible taux d’alphabétisation couplé à celui de la scolarisation est selon le Chef d’Etat tchadien, ce qui rend peu efficace la participation de la femme au développement du pays.« Pour inverser la tendance, le Gouvernement a lancé des actions fortes à la fois sur les terrains  politiques, institutionnels et pédagogiques. Outre les reformes des curricula qui sont entreprises pour briser tous les stéréotypes en lien avec le sexe, notre pays a adopté une loi portant interdiction du mariage des filles de moins de 18 ans », a soufflé Idriss Déby Itno.

Promotion de l’enseignement scientifique

Pour permettre un taux important dans les disciplines scientifiques,  le gouvernement du Tchad a créé 24 lycées scientifiques et a lancé le recrutement de 1439 enseignants scientifiques. « La remise des prix d’encouragement et l’octroi des bourses aux filles ayant les meilleures notes dans les disciplines scientifiques et technologiques constituent des initiatives pour encourager celles-ci à opter pour les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques », a renseigné le président de la République.

Education des réfugiés

Le Tchad accueille aujourd’hui plus de 450 000 réfugiés dont au moins 180 000 sont en âge scolaire. Les femmes représentent 55% de cette population en déplacement. Ce qui accroît les besoins en matière d’éducation et de formation des filles et des femmes. « Le Gouvernement, fidèle à ses engagements internationaux et se basant sur l’hospitalité de son peuple, a pris, lors d’un séminaire gouvernemental dédié à l’éducation, la courageuse décision d’intégrer dans le plan sectoriel la question de l’éducation  des réfugiés », renchérit-il.  

Le vœu du président Déby

« Je forme le vœu que cette rencontre amène  toutes les sommités intellectuelles, ici présentes, à développer des réflexions pointues et pertinentes en vue d’identifier les contraintes diverses liées à l’éducation des filles et à la formation des femmes et de proposer des mesures d’ajustement en lien avec nos défis », recommande le président Déby.  

« Il faut que nos filles soient  nombreuses à investir le territoire des écoles, collèges et lycées ». « Dans la même veine, la formation des femmes qui demeure notre souci permanent doit se faire en même tant que celle des hommes », a-t-il ajouté.

« La refondation de notre nation à l’ère de la 4ème République ne peut se réaliser sans la participation  active, effective et dynamique des femmes ».  « Il n’y aura jamais de développement si plus de 50% de nos concitoyens sont en marge du savoir », conclut Idriss Déby Itno.

« KHARIF Citoyen » : Une des nouvelles solutions économiques et sociales au Tchad

Dans le cadre du plan d’actions des journées économiques et citoyennes (JEC) qui propose des projets de développement susceptibles de contribuer à l’essor économique du Tchad et à l’amélioration des conditions de vie de la population, la problématique de la sécurité alimentaire a été retenue comme une des priorités du Pacte Economique Républicain. Une réflexion de la Plateforme « Agir Ensemble » pour accompagner le gouvernement dans la recherche de nouvelles solutions économiques et sociales.

Le projet Kharif Citoyen c’est-à-dire la saison de pluies du citoyen avec sa composante Sawi Bouti qui veut dire rendre la production agricole moins chère réponds aux objectifs du programme économique et social du gouvernement tchadien qui invite les tchadiens à travailler la terre et à s’intéresser aux potentialités agropastorales.

Ce projet accorde une importance première aux cultures pluviales en attendant une introduction progressive et complémentaire de l’irrigation. Il a pour ambition d’amener le citoyen tchadien à participer à l’effort de sécurité alimentaire et si possible augmenter la production agricole et faire baisser le prix des denrées alimentaires.

Le projet compte mettre à la disposition des populations, des cadres et employés des ministères et entreprises intéressées des sites pilotes dédiés à l’agriculture et à l’élevage. Il compte également apporter des conseils et appuis techniques et financiers.

Ce projet, premier en son genre s’inscrit également dans le cadre des actions prioritaires du programme national de développement (PND), dans son axe 3 « Développement d’une économie diversifiée et compétitive ».

Education : 66 % des pays ont atteint la parité entre les sexes dans l’enseignement primaire

Le Chef de l’Etat tchadien, Idriss Déby Itno a  lancé officiellement les travaux de la conférence internationale sur l’éducation des filles et la formation des femmes dans l’espace francophone, ce mardi 18 juin 2019 à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena.

« Je m’engage devant vous ici à renforcer toutes les mesures nécessaires et les textes législatifs légaux qui vont permettre à la femme d’avoir sa place dans la société », a déclaré le président de la République du Tchad Idriss Déby Itno à l’ouverture de la conférence internationale sur l’éducation des filles et formation des femmes dans l’espace francophone.

Placée sous le thème : « Défis, bonnes pratiques et pistes d’action », la conférence permettra d’étudier et d’identifier les tares de la tradition sur l’éduction des filles et la formation des femmes dans l’espace francophones. Soulignant les défis de l’éducation des filles et la formation des femmes, le président tchadien Idriss Déby Itno a indiqué « qu’à partir de cette rencontre, un signal fort doit être envoyé à partir de N’Djamena à toute la communauté francophone ».

Selon le président Déby, seuls 66 % des pays ont atteint la parité entre les sexes dans l’enseignement primaire, 45% dans le premier cycle du secondaire et 25 % dans le deuxième cycle du secondaire. Mais beaucoup de pays francophones dont le Tchad sont en butte à cette problématique majeure qui mérite d’être questionnée dans toutes ses dimensions.  

 Le Rwanda un exemple en matière de la politique de l’éducation.

Représentant Paul Kagamé, président de la République du Rwanda, le premier ministre rwandais, Edouard Njirenté, a vanté la politique de son pays en matière de l’éducation et formation des filles et femmes. Au primaire l’éducation gratuite est instituée afin de permettre à toutes les filles d’achever leur cursus et avoir accès aux études secondaires, une école d’excellence pour les filles, le conseil national des femmes, un taux élevé des filles dans les disciplines scientifiques, technologiques et la science de l’ingénierie, un accès de 63% des femmes aux finances informelles, 68% des femmes au parlement, 40% dans le gouvernement… Mais selon Edouard Njirenté, le chemin à parcourir reste encore grand pour le Rwanda.

La secrétaire de l’organisation internationale de la francophonie (OIF), Madame Louise Mushikiwabo, l’éducation des filles et la formation des femmes dans l’espace francophone rencontre beaucoup problème. C’est à travers cette conférence que les experts de tous les horizons doivent s’assoir pour examiner cette problématique pour qu’afin cette conférence se voit une étape décisive dans le cheminement de tous les pays vers l’égalité des droits humains, la défense et le droit à une éducation de qualité pour tous et pour toutes.

Louise Mushikiwabo a proposé qu’elle fasse de la femme une priorité pour son mandat. « Je fais de la place de la femme une priorité de mon mandat en tant que secrétaire générale de l’organisation internationale de la francophonie. Qu’elles évoluent en politique, dans le milieu économique, dans la société civile. Qu’elles soient employées, ouvrières, dans la fonction publique, dans le secteur informel, en milieu urbain ou dans les campagnes leur place dans le développement dans nos pays est estimable ».

Pourquoi la France n’a pas le droit de laisser les Français de Daech être condamnés à mort

[Tribune] Les combattants qui ont rejoint l’Irak devraient être jugés en tant que tels à l’aune du droit international et non en qualité de terroristes ou de criminels de guerre.

Plusieurs Français de Daech ont été condamnés à mort en Irak à l’issue de procès dont l’opacité est totale. Quelques voix se sont élevées pour savoir s’ils devaient être sauvés ou pas.

Le gouvernement français qui a pourtant refusé de les accueillir pour qu’ils soient finalement livrés par les Kurdes à l’état irakien affirme avoir engagé des démarches pour leur éviter la peine de mort. Tout le monde semble néanmoins considérer de manière évidente que ces personnes sont des terroristes et que l’état irakien est légitime à les juger. Pourtant, c’est uniquement pour satisfaire l’opinion publique que l’État français a accepté cette situation en reniant le droit international et tous nos principes.

Légalité des actes de guerre

Les combattants de conflits armés doivent être jugés selon les conventions de Genève. Les conventions de Genève en 1949 indiquent la manière dont doivent être traités les combattants qui ont participé à des conflits armés –les affrontements avec Daech n’échappent pas à la règle.

L’idée est simple : dès qu’il y a des affrontements armés entre deux entités constituées, pendant une période significative, c’est-à-dire s’inscrivant dans la durée, on considère qu’il y a un conflit armé international ou non international. Cela ne suppose pas nécessairement qu’il y ait un État, ni qu’il y ait une déclaration de guerre. C’est alors le droit de la guerre, donc les conventions internationales de Genève qui doivent s’appliquer. Les affrontements en Irak avec Daech entrent indiscutablement dans cette catégorie des conflits armés couverts par les Conventions de Genève.

Les personnes qui participent à ces conflits armés sont appelées «combattants». Ils ne sont pas appelés «terroristes». Dans le cadre d’un conflit armé il n’y pas de terrorisme mais il y a des actes de guerre qui sont, eux… légaux. Combattants ou prisonniers de guerre, et non terroristes. Ce que prévoient toutes les conventions internationales relatives au droit de la guerre, c’est qu’on ne peut pas poursuivre les combattants qui ont commis des actes, même s’ils ont tué, même s’ils ont posé des bombes, dans le cadre d’un conflit armé.

Le principe veut que les prisonniers de guerre puissent être internés, c’est-à-dire privés de leur liberté de circulation mais qu’ils doivent être traités avec humanité, en préservant un certain nombre de droits, comme de pouvoir communiquer avec leurs proches et d’avoir une vie digne, etc.

Tout le contraire de ce qui est en train de se passer.

Ce que prévoit le droit

La tentation est grande d’accepter sans se poser de question l’idée que ce sont des terroristes. Mais ce n’est pas ce que prévoit le droit. Tout opposant ayant pris les armes est un combattant dont la responsabilité ne peut être engagée que s’il a commis des crimes de guerre. Si ce sont des criminels de guerre jugeons les comme tels.

Si les Français combattant avec Daech ont commis des crimes de guerre (tuer des civils, commettre un crime contre l’humanité…), ils peuvent et doivent être poursuivis comme tels. Mais pour le savoir nous avons besoin de procès dignes de ce nom qui permettront de répertorier ce qu’ils ont réellement commis et pas d’une parodie de justice qui a pour seule but de prononcer une peine de mort.

Nous avons pour ça des tribunaux nationaux et internationaux qui permettraient de déterminer leur responsabilité réelle. À ce stade, que savons-nous ? Que peut-on leur reprocher concrètement à part d’être allés là-bas ?

Pouvons-nous accepter qu’ils finissent au bout d’une corde sans même connaître la réalité de ce qu’on peut leur reprocher ? Condamner, tuer, avec un simulacre de jugement, sans se poser de question, ça s’appelle la justice des vainqueurs. Sans un procès public, avec de réelles investigations, des droits de la défense équitables nous ne pourrons jamais connaître la vérité. Comment peut-on accepter ça ?

L’arsenal législatif de la France

Même si l’on devait admettre qu’il s’agisse de terroristes, la France s’est munie d’un arsenal législatif qui permet de les juger en France, selon les règles du procès équitable sans qu’ils ne risquent la peine de mort. Nous en avons les moyens politiques et juridiques, il faut avoir le courage d’appliquer le droit sans céder à la soif de vengeance de l’opinion publique.

La France est partie à toutes les conventions de lutte contre la peine de mort et s’est toujours engagée à éviter à ses ressortissants ce sort abominable. En acceptant qu’ils soient remis à l’Irak et n’exigeant pas qu’ils soient jugés en France, elle cautionne ce qui est en train de se passer et contrevient à ses engagements et au droit international.

Quand il s’agit de Daech, les autorités françaises apparaissent absolument terrorisées et, sous le coup de l’émotion, prennent des décisions qui vont à l’encontre du bon sens mais surtout à l’encontre du droit international. Évidemment, on peut être inquiet à l’idée que d’anciens combattants de Daech reviennent en France. Mais il existe des possibilités légales pour les interner ou les juger dans des conditions à la hauteur de nos valeurs. Il ne s’agit pas de les laisser libres dans la nature mais simplement de s’assurer que s’ils sont condamnés ce sera pour les bonnes raisons et à une peine compatible avec notre droit. Car c’est le droit et uniquement le droit, qui a vocation à s’appliquer. C’est ce qui fait l’honneur de notre système.

Si on y déroge, on ne vaudra pas mieux que ceux que l’on veut condamner et on perdra l’humanité qui a présidé à la formation depuis des décennies de ce droit international dont nous devons être fiers.

Me Philippe-Henry Honegger

Me Philippe-Henry Honegger

L’hyperémèse gravidique, quand la grossesse tourne au calvaire

Mal connue du personnel soignant, cette pathologie entraînant notamment des vomissements intenses est rarement diagnostiquée et peut susciter un profond désarroi chez les patientes touchées.

«Chaque jour, c’était la même chose. Je me levais, vomissais, prenais ma bassine et m’installais sur le canapé en attendant le retour de mon mari», raconte Aude, 29 ans, aujourd’hui mère de deux enfants.

En 2016, alors qu’elle est enceinte de son premier bébé, les vomissements arrivent très vite : «Jusqu’à vingt par jour, accompagnés en permanence de nausées et d’une fatigue intense. C’était le début, le fameux premier trimestre. Je me suis dit que ça passerait.» Ça n’est pas passé. En tout, la jeune femme a perdu 15 kilos ; elle a été arrêtée pendant presque toute sa grossesse.

Elsa, 30 ans et un bébé désormais âgé de 20 mois, pensait également que cet état passerait après trois mois de grossesse : «En réalité, j’ai vomi du début jusqu’au jour de l’accouchement. Les quatre premiers mois, je dormais 20 heures par jour. Dès que je me levais, je vomissais, donc je restais allongée. J’ai vomi partout où j’allais, dans la voiture, sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute, le parking de la pharmacie, chez des amis…»

La doctorante en géographie, qui a dû mettre sa thèse sur pause tellement ses «capacités intellectuelles étaient altérées», avait toujours dans son sac à main des lingettes, une brosse à dents et un bain de bouche.

Souffrance minorée

Aude et Elsa ont été touchées par l’hyperémèse gravidique, une forme clinique grave des nausées et vomissements de la grossesse. Si ces derniers touchent de nombreuses femmes enceintes (entre 50% et 90% selon les études), seules 2% à 5% seraient atteintes d’hyperémèse gravidique –à noter qu’il n’existe que peu d’études françaises sur le sujet.

«Même s’il n’y pas encore de définition consensuelle de la maladie, on peut en parler quand il y a des vomissements incoercibles, des nausées persistantes, une intolérance alimentaire, une perte de poids de 5% à 10 % par rapport au poids initial, une déshydratation et un impact sur la qualité de vie. Elle se déclare en général assez tôt, entre la quatrième et la huitième semaine d’aménorrhée, et peut durer jusqu’à la fin de la grossesse ou bien s’arrêter avant», détaille Philippe Deruelle, gynécologue-obstétricien au CHU de Strasbourg et secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

«On m’a dit : ‘‘Estimez-vous heureuse, ça sera ça de moins à perdre.”», Elsa

Les causes pourraient être de plusieurs ordres : hormonales (un taux de béta-hCG très élevé), fonctionnelles (reflux gastro-œsophagien maternel) ou génétiques, comme le suggère une récente étude américaine. Selon la recherche scientifique, l’hyperémèse n’augmente pas le risque de malformation fœtale, mais le risque d’avoir un enfant petit et/ou avec un faible poids de naissance est plus grand.

En France, cette maladie est mal connue du personnel soignant et les patientes touchées sont mal prises en charge –quand elles le sont. «Les nausées et vomissements étant considérés comme des petits maux de la grossesse, la sphère médicale a tendance à répondre à ces femmes que c’est normal et que ça va passer. Il y a une négligence sur la prise en charge de cette maladie», confirme Philippe Deruelle.

L’entourage aussi peut avoir tendance à minorer la souffrance ; il n’est pas rare que les femmes concernées entendent : «Tout le monde vomit pendant la grossesse ! »

«À l’échographie du deuxième trimestre, mon bébé allait bien, donc tout allait bien ! On m’a dit, par rapport au fait que je ne prenais pas de poids : ‘‘Estimez-vous heureuse, ça sera ça de moins à perdre”», relate Elsa, encore furieuse qu’on ne l’ait pas écoutée.

Hospitalisation à l’isolement

Souvent, les médecins imputent ces vomissements à une cause psychologique : les femmes ne voudraient pas de leur grossesse et la rejetteraient physiquement en «vomissant leur bébé».

Comme le note la sage-femme Anne-Sylvie Charles dans son mémoire «Hyperémèse gravidique : vécu des conditions d’hospitalisation», à la suite d’«une approche psychanalytique, cette pathologie a été classée dans les névroses hystériques». «C’est en effet ce qu’on a appris aux soignants depuis le début du XXe siècle, donc ça reste encore ancré dans leur esprit aujourd’hui», déplore Philippe Deruelle.

À l’époque, il était recommandé d’hospitaliser les femmes à l’isolement –une pratique qui perdure de nos jours dans certains hôpitaux.

«Mon mari n’a pas eu le droit de venir me voir pendant plusieurs jours. On ne m’a jamais expliqué pourquoi.»

Audrey Texier

C’est ce qui est arrivé à Audrey Texier lors de sa troisième grossesse, en 2017 : «Dix jours après une première hospitalisation à deux mois et demi de grossesse, lors de laquelle on m’a réhydratée, je suis retournée aux urgences parce que ça n’allait pas mieux. Je vomissais jusqu’à cinquante fois par jour. J’avais perdu 12 kilos alors que je ne suis pas en surpoids. J’étais tellement faible que je n’arrivais plus à marcher. On m’a ré-hospitalisée à l’isolement. Mon mari n’a pas eu le droit de venir me voir pendant plusieurs jours. On ne m’a jamais expliqué pourquoi, j’étais dans un tel état que je n’ai pas eu la force de contester.»

En 2018, la jeune femme a cofondé l’Association de lutte contre l’hyperémèse gravidique, dont elle est la présidente, pour accompagner, écouter les femmes touchées et les diriger vers des médecins connaissant la pathologie.

Comme elle, de nombreuses femmes atteintes ne sont jamais diagnostiquées et découvrent l’existence de cette maladie via des recherches sur internet, après ou pendant une première grossesse. Certaines arrivent en consultation avec de la documentation pour tenter de se faire prescrire un médicament qui les soulagera ; parfois, quand cela ne fonctionne pas, elles en prennent sans en parler à leur médecin.

Audrey a acheté de la doxylamine (aussi connue sous le nom de Donormyl) , un antihistaminique sédatif en vente libre, en le cachant à sa sage-femme : «Après avoir lu sur le Crat [le Centre de référence des agents tératogènes, à destination des professionnels (les) de santé, informe sur les risques des médicaments et vaccins pendant la grossesse et l’allaitement, ndlr] qu’il était utilisé depuis longtemps au Canada et aux États-Unis [où la maladie est davantage documentée et mieux prise en charge, ndlr] et qu’il n’y avait pas de risque pour le fœtus, j’ai décidé d’en prendre.»

France Artzner, qui a cofondé une autre association de soutien aux femmes, 9 mois avec ma bassine (qui était à l’origine un blog tenu par une autre mère touchée), s’est quant à elle «débrouillée» pour se faire prescrire de l’ondansétron (Zophren), un antiémétique, puisque la fiche Crat de ce médicament indique que les risques pour le fœtus, craints à un moment, avaient été écartés.

Errance diagnostique

«En France, ces deux médicaments n’ont pas d’autorisation de mise sur le marché pour la femme enceinte. Le premier est autorisé pour le traitement des allergies et insomnies légères, le deuxième pour les vomissements après une chimiothérapie. Les soignants n’ont donc pas le droit de les prescrire à leurs patientes», regrette Philippe Deruelle.

Le gynécologue-obstétricien travaille avec les deux associations à faire reconnaître la maladie, notamment en tentant de faire étendre les indications de ces médicaments aux autorités de santé et en proposant un protocole de prise en charge généralisé à l’ensemble du personnel soignant.

Il préconise d’«arrêter de prescrire du Vogalène et du Primpéran, inefficaces dans la majorité des cas face à cette maladie, [de] cesser l’hospitalisation à l’isolement, qui ne fait que renforcer le mal-être des patientes. Et surtout, [d’] être à l’écoute ! »

«Neuf mois à vomir, à ne plus pouvoir sortir, à stresser pour la santé de son bébé, à avoir peur pour votre carrière professionnelle, à ne plus pouvoir rien faire tellement vous êtes mal, plus parfois un entourage médical et personnel qui minimise et vous dit que vous vous écoutez trop peuvent conduire à la dépression», s’attriste France Artzner.

«À ce manque d’écoute et de soutien peut s’ajouter une culpabilité de ne pas pouvoir s’investir dans leur grossesse.»

Luisa Attali, psychologue

«Finalement, les problèmes psychologiques ne sont en général pas la cause mais bien la conséquence de l’hyperémèse », résume Luisa Attali, psychologue au pôle gynécologie-obstétrique du CHU de Strasbourg et chercheuse associée à Paris 7.

«Les femmes sont souvent stigmatisées, continue-t-elle. Elles font face à une errance diagnostique qui rappelle l’endométriose. À ce manque d’écoute et de soutien peut s’ajouter pour certaines une grande culpabilité de ne pas pouvoir s’investir dans leur grossesse, puisqu’elles vivent au jour le jour, sont centrées sur leur propre corps et leur douleur, sans parvenir à se projeter de façon sereine et épanouie avec leur bébé à venir.»

Choix de l’IVG

«La plénitude de la grossesse, je ne l’ai pas connue. J’ai tellement perdu de kilos qu’on ne voyait même pas que j’étais enceinte. Je suis passée à côté de quelque chose», regrette Elsa.

«J’ai toujours voulu être maman, j’avais idéalisé ma grossesse. Je suis tombée de très haut, c’était tellement loin de ce que j’avais imaginé, atteste Aude, qui s’est toujours projetée avec quatre enfants et qui a fait le choix, après son deuxième, de ne pas en avoir d’autres. Ça me brise le cœur, je suis en plein travail de deuil, mais je ne peux pas revivre ces neuf mois d’enfer ! J’y repense souvent en regardant mes enfants, ça reste là, en toile de fond.»

Le risque de récidive de l’hyperémèse pour une autre grossesse est de 80%. «Si j’avais eu cette maladie pour ma première grossesse, je n’aurai jamais eu d’autres enfants, affirme Audrey Texier. J’ai perdu ma dignité, je me revois aller à quatre pattes aux toilettes, ne pas réussir à me laver ni le corps ni les dents, ne plus supporter l’odeur de mes enfants et de mon mari !»

Dans certains cas, l’hyperémèse mène à l’avortement. Aux États-Unis, 15,2% des femmes touchées ont recours à l’IVG, soit dix fois plus que la moyenne nationale. Il n’existe pas de données pour la France, mais Philippe Deruelle estime que ce taux pourrait atteindre 20%.

«Si on m’avait crue, écoutée, j’aurais aujourd’hui mon bébé avec moi.»

Sabrina*

Sabrina* a fait ce choix en 2018, alors même que sa grossesse était profondément désirée : «J’ai été hospitalisée plusieurs fois et à aucun moment diagnostiquée. J’ai vomi devant de nombreux soignants, je n’arrivais plus à parler, j’étais dans un état pitoyable, les cheveux gras, l’haleine fétide, le jogging parfois maculé de vomi et pourtant, je n’ai pas été entendue, comprise, sauf par quelques professionnels, mais qui n’étaient pas décisionnaires.»

«À près de trois mois de grossesse, après plusieurs semaines d’hospitalisation, on m’a transférée en hôpital psychiatrique, dans une unité pour mamans souffrant de dépression post-partum, poursuit-elle. J’ai demandé à sortir et après d’innombrables tergiversations avec moi-même, j’ai finalement avorté à treize semaines d’aménorrhée, quasi à la limite autorisée. Un choix qu’un an et demi après je regrette. Si on m’avait crue, écoutée, j’aurais aujourd’hui mon bébé avec moi. Mais je suis désormais plus forte et si je parviens de nouveau à être enceinte, je ne me laisserai plus faire et j’exigerai une prise en charge réelle ! »

* Le prénom a été changé.

Slate fr

Démonstration de la télémédecine au Tchad

Cette séance de démonstration de la télémédecine a eu lieu le 11 juin dernier à l’hôpital de la Mère et de l’Enfant de N’Djamena en présence du ministre des postes et de nouvelles technologies de l’information et de la communication et du ministre de la santé publique.

Ce service de télémédecine va permettre aux acteurs médicaux de collaborer avec leurs confrères d’une région à une autre, à distance, en temps réel ou en différé, de faire une consultation.

Deux hôpitaux, celui de Mongo et Abéché qui ont été choisi pour le lancement. A l’issue de ce lancement, les médecins traitant ont échangé en direct de la salle de bloc opératoire avec les deux ministres.

Pour le ministre de la santé publique, Aziz Mahamat Saleh, cette innovation permettra aux médecins d’être en direct avec les autres afin de diagnostiquer les patients malgré la distance. « A travers un suivi, il faut qu’on mette un comité conjoint qui puisse voir s’il y a des difficultés techniques éventuelles à avoir dans le cadre de ce fonctionnement, et aussi, s’assurer qu’à travers un certain nombre de reporting que réellement il y a la plus-value c’est-à-dire tel diagnostic a permis d’être sauvé. Que tel spécialiste n’étant pas sur place là-bas, à travers les images, le diagnostic, ce que la personne récente comme maux et qu’on n’a décidé soit de le référer soit sur place quelqu’un peut l’opérer ».

Selon le ministre, l’objectif est de rapprocher les populations, toutes les personnes qui ont la connaissance spécifique c’est-à-dire les médecins spécialistes qui sont très peu dans les provinces. « J’incite réellement l’hôpital de la Mère et de l’Enfant à ouvrir à tous les hôpitaux de N’Djamena, publics comme privés de pouvoir venir échanger dans le cadre des actions qui peuvent se faire, surtout les hôpitaux qui sont dans la ligne du fibre optique », a-t-il souligné.