La suspension du maire de Ngoura, Adoum Mahamat Adoum, décidée le 3 avril 2026 par le préfet Dr Ley-Ngardigal Djimadoum, soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect des lois de la République.
Si les accusations portées contre l’édile — gestion opaque, tensions avec les conseillers municipaux, soupçons de mauvaise gestion financière — peuvent relever des fautes prévues par la législation, la procédure utilisée, elle, semble poser problème.
Car la loi est sans équivoque. L’article 122 dispose clairement que seul le ministre en charge des Collectivités autonomes est habilité à prononcer la suspension d’un maire, et ce, sur proposition du représentant de l’État. En d’autres termes, le préfet ne peut qu’initier la procédure, et non la conclure.
Plus grave encore, aucune preuve n’indique que le maire ait été invité à fournir des explications écrites, comme l’exige pourtant la loi. Une étape pourtant essentielle, censée garantir les droits de la défense et prévenir les abus d’autorité.
Dès lors, une question s’impose : s’agit-il d’une mesure administrative régulière ou d’un précédent dangereux ?
En contournant les dispositions légales, cette décision fragilise non seulement la légitimité de la sanction, mais ouvre aussi la porte à des dérives où l’autorité administrative pourrait, à sa guise, écarter des élus locaux.
Au-delà du cas de Ngoura, c’est le respect de l’État de droit qui est en jeu. Car une mauvaise gestion, aussi grave soit-elle, ne saurait justifier une violation de la loi.




