LA LAÏCITÉ A L’ÈRE DE LA IVE RÉPUBLIQUE AU TCHAD DEMEURE UN PROBLÈME

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Le Centre Al-mouna a organisé ce matin 10 novembre 2018 dans ses locaux une conférence débat sous le thème : « La laïcité à l’ère de la IVe République au Tchad » avec des éminents orateurs tels que : Dr SALI Bakari, historien et enseignant-chercheur, Dr Sitack Yombatina Beni, juriste et enseignant-chercheur, M. Abdelkerim Marcelin, juriste-politologue et Chercheur au centre Al-mouna,  Pr Mahamat Seid Abazene, juriste et enseignant-chercheur, M. Daïnro Célestin historien et chercheur et Dr Gali Ngothe Gata, économiste et enseignant chercheur intervenant comme modérateur dans cette discussion avec le public. Le but de ce débat est de lever l’équivoque sur le terme « Laïcité et la République avec tous ses corolaires».

L’entrée du Tchad à la IVe République depuis mai dernier devient de plus en plus source de problème et de débat qui fait couler la salive des tchadiens partout dans les milieux intellectuels. Il faut savoir que cette instauration de la IVe République était mal partie et négociée par les tchadiens eux-mêmes puisqu’il n’y a jamais eu des accords communs.

Cherchant à comprendre afin d’évoluer dans cette nouvelle République, les intellectuels ont cherché le sens et la compatibilité du mot « laïcité qui est la neutralité de l’État avec les religions » dans cette IVe République d’où le Tchad. Il ressort dans cette discussion que le serment confessionnel instauré dans la IVe République pose énormément de problèmes « Article 1: Le Tchad est une République souveraine, indépendante, laïque, sociale, une et indivisible, fondée sur les principes de la démocratie, le règne de la loi et de la justice. Il est affirmé la séparation des religions et de l’État ».

Ce premier article de la constitution élucide clairement la part de responsabilité qui devrait avoir lieu entre l’État et les religions malheureusement « il y a une double lecture, il y a ceux qui pensent que le Tchad est un État laïc et d’autres pensent que le Tchad ne peut pas être comme un État laïc parce que pour eux, si le Tchad est un État laïc comment comprendre le rapport entre l’État tchadien et le Conseil Supérieur des Affaires islamiques  ou comment comprendre que dans un pays où il y a des musulmans, des chrétiens, des athées et des animistes il faut prêter le serment confessionnel avant d’accéder à un poste de responsabilité à la fonction publique? » sont là autant des questions posées par les participants voire les panélistes eux-mêmes.

Le serment confessionnel est instauré pour limiter la corruption et le vol dit-on. Cela n’a pas jusque-là empêché à ces pratiques d’exister. Et d’ailleurs devant qui répondront de leurs actes ces voleurs et ceux qui font usage de la corruption puis qu’ils ont signé le contrat avec Dieu ? C’est la question posée par les panélistes.

Pour les panélistes l’État n’entretient pas une politique d’homogénéité. Car en mettant sur pied le serment confessionnel, il opprime quelques catégories de sa population et les classe dans l’oubliette. Parce que ceux-là tant qu’ils ne prêteront pas « le serment confessionnel » n’auront pas leur place dans la fonction publique. Ils ne sont pas passés par le dos de la cuillère pour dire « l’État utilise les religions à ses fins. Les religieux doivent faire très attention » interpellent-ils.

La question de la laïcité reste toujours à répondre mais en attendant tous pensent que le serment confessionnel et l’ingérence de l’État dans les affaires religieuses doivent faire vent et que sauf l’éducation, l’amour de la patrie, la tolérance, la fraternité, peuvent faire avancer le pays.

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