La Compagnie Sucrière du Tchad (CST) va vers son déclin

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 Malgré que la mission du ministère des Mines, du Développement Industriel, Commercial et de la Promotion du Secteur Privé, qui a sillonné les sept provinces de la zone méridionale du Tchad en février dernier, pour sensibiliser les autorités administratives provinciales sur l’application de l’arrêt n°003/PR/MMDICPSP/DGM/DGTC/2019 signé le 18 janvier 2019, l’importation frauduleuse du sucre continu son chemin de bonhomme.

 Pour conséquence, aujourd’hui, la Compagnie Sucrière du Tchad (CST) est au bout de son souffle et n’arrive plus à vendre son sucre depuis plus de huit de mois. La société n’a plus de trésorerie aujourd’hui pour honorer ses engagements salariaux avec ses employés et d’autres charges nécessaires pour la production du sucre, ni peut plus verser ses impôts à l’Etat, elle ne collecte plus la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) faute de ventes depuis le mois d’août dernier.

Dans cette  affaire, l’Etat perd plus de 5 milliards FCFA de taxes par an que la société collecte chaque année. Devant cette problématique, si rien n’est fait dans les jours à venir pour stopper l’importation frauduleuse de sucre dans le sud du Tchad, une probable fermeture de la CST est annoncée et plus 2 063 travailleurs de cette société en postes actuellement seront mis en chômage.

Pour le directeur général adjoint de la CST, M. Emmanuel Castells c’est depuis huit mois que son entreprise est contrainte de faire des choix illogiques entre payer les salaires du personnel, mettre du carburant dans les tracteurs pour continuer la campagne ou arrêter d’irriguer la canne.

Une  situation qui risque de jouer sur la prochaine campagne sucrière. «La semaine dernière par exemple, on était contraint d’arrêter l’irrigation parce qu’on n’a plus d’argent pour payer le carburant destiné aux pompes. Aujourd’hui on est au bord d’un arrêt total de l’usine et de la fermeture de notre unité de», indique-t-il.

Blocus des textes et décisions

«Il y a un lobby très puissant qui s’est emparé du marché du sucre, qui semble être au-dessus des lois puisqu’il continue d’importer malgré toutes les décisions et les textes, et vendre là où il veut. Il y a des gens qui importent du Soudan, d’autres importent depuis le port de Douala», explique M. Emmanuel Castells.

C’est un lobby profite de la faiblesse de la devise soudanaise pour fait chuter les prix du sucre tchadien. « Le Tchad ne pourra rien contre le sucre indien, brésilien ou soudanais. La seule chose qui nous permettra de nous en sortir est que l’Etat, à travers la Douane, prenne des mesures fortes pour contrôler les entrées du sucre dans le pays, et qu’on applique la même règle à tout le monde comme c’est le cas dans tous les pays producteurs y compris les plus importants», souhaite-t-il.

 

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