Idriss Deby : « Un médecin est d’abord et avant tout un homme de terrain appelé à servir n’importe où et n’importe quand »

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Désormais les 133 médecins formés à Cuba seront au service du peuple tchadien à tout temps et en tout lieu. C’est ce que recommande le président Deby, lors de la remise de parchemin ce vendredi 16 août au palais du 15 janvier de N’Djamena.

« C’est un sentiment de satisfaction qui m’anime », lance-t-il. Après avoir félicité les jeunes médecins, Deby leur a exhorté au ferme travail surtout travail bien avant de leur dire de ne pas être comme les aînés. « Ils sont bon mais moi, je cherche  le meilleur », dit Deby. « La déontologie oblige mais je suis très déçu par vos aînés », poursuit-il.

« Vous êtes médecins et quand vous avez devant vous un de vos compatriotes qui vous regarde en mettant tout son espoir sur vous et vous lui tourner le dos. C’est la déontologie ça ? », S’interroge le président Deby. « Quand vous abandonnez l’hôpital et vous partez dans vos cliniques en liquidant les matériels de l’hôpital. Ça s’appelle déontologie ? Quand les urgences d’un hôpital de référence national, je dis bien hôpital de référence national est tenu par des simple étudiants en 4ème et 3ème année. Aucun médecin à part un médecin généraliste. Ça s’appelle déontologie ? », telles sont les interrogations que monsieur Deby se pose quant à l’exercice des médecins.

Le président Deby en soulignant les mérites de son ministre de santé sortant, a dit au nouveau ministre qu’il a de pain sur la planche alors il doit compter sur ces jeunes médecins. Pour Deby les médecins tchadiens abandonnent leurs malades sur les lits, transfèrent les matériels médicaux, privent les malades des médicaments pourtant achetés par les contribuables tchadiens. Ces médecins délivrent des ordonnances à des malades qui n’ont rien et qui ne savent à qui de demander pour acheter les médicaments. « Les médicaments sont dans les cabinets là-bas. C’est vraiment honteux, c’est honteux pour la République. Donc suivez vos aînés mais il ne faut pas imiter ce qu’ils font », harangue Deby.

Parmi les autres étudiants de Cuba, les jeunes tchadiens sont comptés toujours les meilleurs et les plus disciplinés. Deby leur demande de garder cette exemplarité dans leur pays comme dans leur lieu de service. « Car vous êtes formés pour être au service du peuple tchadien à tout moment et à tout lieu », crache-t-il avant d’attirer leur attention sur les obstacles qui se dresseront sur leur chemin.

« Il y a des obstacles. Surtout ne céder pas à la voie du gain facile, qui consiste à abandonner les hôpitaux, les dispensaires publics pour s’en gouffre dans les cliniques privées. Il est inadmissible et inconcevable de voir les médecins chèrement formés laisser de côté les services publics pour lesquels ils sont formés au profit des cliniques privées où les prestations sont paradoxalement de bonne qualité, parce que les matériels et médicaments sont volés des hôpitaux publics », fustige Deby.  

A cet effet, le président attire l’attention des jeunes sortis de Cuba sur cette pratique qui foule aux pieds la déontologie médicale. En ajoutant qu’il y a des médecins qui refusent de regagner leur poste dans les fins fond du village pour sauver les tchadiens. Ceux-ci préfèrent les prestations dans les cliniques de N’Djamena pour se jouir de leur pitance.

« Dès aujourd’hui, j’attire votre attention. Un médecin est d’abord et avant un homme de terrain appelé à servir n’importe où et n’importe quand. C’est la première règle cardinale de la profession médicale en plus la sacerdoce  que  vous avez librement choisi », martèle Idriss Deby.

Deby rassure à l’assistance que 100 jeunes tchadiens seront encore envoyés au Cuba cette année pour la formation en médecine mais en insistant sur l’agente féminine.

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