FRANCE-TCHAD : Un mariage de raison

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Depuis quelques jours, des voix se lèvent de partout, tantôt pour contester l’intervention de la France au côté du président Déby, tantôt pour l’apprécier.

Du gouvernement en passant par les partis politiques d’opposition, les langages semblent contradictoires. Le gouvernement s’inscrit dans la logique d’une incursion terroriste sur son sol mais ne voyant rien venir et en butte des difficultés internes due à la recrudescence de bandes armées à l’Est du Tchad, Déby choisit de faire passer sa vitesse au forceps en appelant à l’aide de la France. Cette aide tant précieuse, mais qui a ses risques et périls est aux yeux des partis politiques, sociétés civiles et moins encore de certains partis politiques d’opposition français inadmissible.

Comme témoignent les nombreuses sorties médiatiques des partis politiques de l’opposition, la semaine dernière. Pour eux, cette intervention est un axe du mal. Et avec ou sans la France, un jour l’horizon peut se rétrécir un peu plus. Et que les affaires entre les tchadiens doivent se régler entre les tchadiens. Mais, que doit-on reprocher au juste à un homme (Déby) qui est le chouchou de la France. Quand on fait le bon combat (lutte contre le terrorisme au sahel), on n’a rien à se reprocher. Lui qui était même surnommé « Le Napoléon Bonaparte de l’Afrique centrale » par Macron. Toutes ces choses ont leur raison d’être. Et c’est, cette même politique-là qui continue.

Si la France est sous les feux de l’actualité au Tchad et ailleurs aujourd’hui, c’est évidemment en raison d’un partenariat gagnant-gagnant dont, elle est le théâtre depuis fort longtemps. On ne saurait faire le point commun entre Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron ? Ils sont tous président de la France. Peut-être ? Mais ils sont tous pareilles. Soutenir un allié est le plus rentable et cela va de leur intérêt.

En France par exemple, Jean Paul LECOQ, un député de la Gauche Démocrate-Républicain de Seine-Maritime a critiqué avec véhémence cette intervention de la France au Tchad lors des questions au gouvernement français. « L’armée française est intervenue la semaine dernière au Tchad pour des raisons parfaitement incontestable réaffirmant les pires moment de la France-Afrique et déchirant l’hypocrite discours de Ouagadougou ou Emmanuel Macron en appelait à un tournant de relation Franco-africaine. En protégeant le président Idriss Déby qui est là au pouvoir, il y a trente ans, la France poursuit son travail colonial. Ici, point de soutien à l’opposition, point de l’arme sur les horribles conditions de vie des tchadiens, ni sur les pénuries alimentaires, ni sur les atrocités et des violations de Droits de l’Homme. Pourquoi s’en soucier ? Puisque le président est un ami».

La conclusion est évidente : pour prendre le pouvoir ou renverser un régime en Afrique, il faut s’assurer que l’Occident est derrière sinon adieu le projet. C’est le cas qui divise actuellement le monde politique au Tchad. Pour illustration, Abdurarraham Dilipak, intellectuel islamiste radical turc disait à l’époque que « Les vrais terroristes, ce ne sont pas les poseurs de bombes à Istanbul mais les Américains en Irak ». La France restera toujours la France et au fil du temps, les tchadiens se rendront comptent que la liberté est loin de rimer avec la démocratie.

 

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