EDITO : Le spectre d’une division annoncée

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Dans une année 2019 qui ouvre de nouvelles perspectives politiques dans certains pays d’Afrique à savoir le Sénégal, la Mauritanie, le Congo, l’Algérie, et le Nigéria voisin, au Tchad les choses semblent encore à la traine même si les élections présidentielles sont prévues en 2021.

Les élections législatives prévues en 2018, reportées en 2019 d’où les démarches sont en cours, pareille pour les élections locales, des controverses s’observent sur l’organisation et la nomination des membres de la Commission électorale nationale et indépendante (CENI).

D’abord, les questions des élections législatives et locales, l’installation de la CENI, les textes sur les nouvelles cartes de découpages administratifs ont été évoqués lors d’une conférence de presse organisée par le chef de fil de l’opposition, Saleh Kebzabo.

Ensuite, la nomination sur désignation du chef de l’Etat, Idriss Déby Itno, le 21 février dernier au terme du décret n° 216, des membres de la CENI semble promettre, déjà de contestations dans le milieu politique tchadien tant des partis politiques de l’opposition qui regroupent en tout (15) membres et (15) issus de la majorité présidentielle. Du côté de la Coordination des partis politiques pour la défense de la constitution (CPDC), la nouvelle CENI qui, contrairement à la précédente, ne comporte pas des membres de la société civile, selon le cadre national du dialogue politique (CNDP) qui préconise la parité entre la majorité et l’opposition. En attendant, l’adoption du code électoral pour déterminer les conditions d’éligibilité, des députés, des conseillers municipaux… aucun membre de la CPDC ne figure parmi les 15 membres de l’opposition retenus à la CENI. Et la CPDC se dit indigné contre l’exclusion de ses représentants éligibles aux termes des lois à la CENI.

Au vu des agissements çà et là, une vision s’impose au gouvernement de jouer au bon arbitre afin d’éviter au pays une crise postélectorale en organisant les élections législatives et locales, crédibles et bénéfiques à tous. Sinon, si les conditions optimales ne s’y préparent pas, les risques de contestations feront toujours l’objet de division entre les uns (opposition) et les autres (majorité). Comme le disait, l’ivoirien, Afred Babo, Sociologue et professeur d’études internationales à l’université américaine de Fairfield (Connecticut), « Pourquoi organiser une élection dont le processus est de toute façon remis en cause et ne débouche que rarement sur l’alternance, mais plutôt sur des violences, et des morts ? ».

 

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