CRISE ÉCONOMIQUE : LE TCHAD DOIT-IL REVOIR EN BAISSE L’IMPÔT SUR LES SOCIÉTÉS ?

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La situation économique du pays reste une problématique d’actualité incitant les fiscalistes  à un débat. Korom Acyl Dagache, doctorant en politique fiscale à l’institut panafricain de développement  (IPD) a animé une conférence débat le 12 octobre dernier au Cefod sous le thème : « Les vertus de la baisse des taux d’impôts en période de crise : cas de l’impôt sur les sociétés au Tchad ».

Modéré par Oumarou Nchare, ministre conseiller chargé d’affaires de l’ambassade du Cameroun au Tchad, ce débat a pour but de trouver les solutions au problème économique que traverse le Tchad mais aussi de celui du Cameroun voisin. Pour se mettre dans le bain du thème, l’impôt sur les sociétés est un prélèvement que l’État opère sur les ressources des personnes morales. Elle a pu résoudre en 1920 en France dans un contexte marqué par la chute du coût du baril. En Amérique en 1961, le président John Kennedy avait aussi recouru à cette méthode pour redonner force à l’économie américaine. En 2003 au Tchad, le coût qui était de 45% était revu en baisse où nous en sommes arrivés à 40%.

Quelles seraient les vertus de la baisse de niveau des taux d’impôts au Tchad en période de crise ?

Le Tchad est un pays qui bat de l’aile sur la voie du développement économique. Pour le conférencier Korom Acyl Dagache, ce système n’augmentera pas non seulement l’économie tchadienne mais, résorber le taux de chômage grâce à l’implantation des nouvelles sociétés au Tchad. Korom avait aussi cité le Président Idriss Deby Itno demandant la réduction de taux d’impôts lors du forum sur la relance économique du 02 au 05 octobre  à N’Djamena pour réorienter l’économie sur le sentier de la croissance: « Cette décision, nous la jugeons judicieux dans le contexte de crise que la fiscalité doit intervenir pour jouer un rôle prépondérant. La fiscalité doit servir comme étant un maillon essentiel d’attractivité susceptible de mettre en place un bilan propice à l’éclosion du monde des affaires et partant chercher à impacter l’investissement direct étranger », a- t-il jugé.

La baisse du taux de l’impôt sur les sociétés serait à elle seule la panacée pour sortir le Tchad de la crise économique?

Après quelques questions et contributions des uns et d’autres, cette vision représente un manque à gagner pour l’État et pour certaines entreprises privées. Le doctorant Acyl, a foi à sa méthode  « Les manques à gagner seront quantifiés sous formes de dépenses fiscales et peuvent être remboursées aux auteurs ».  A l’issue des échanges, il est question de revoir la TVA au lieu de revoir seulement le taux de l’impôt en baisse. Car pour l’assemblée, la Tva pèse sur toute personne y compris la population lambda. Augmenter l’impôt sur le minimum fiscal (Imf) pour réduire le taux d’impôts des sociétés (IS) à 20% n’est pas la meilleure solution pour les entrepreneurs. Car selon les acteurs du secteur privé, Imf est l’acquis du trésor public et qu’ils ne peuvent en aucun cas récupérer cela. La foulée s’est posé la question suivante : l’exonération des entreprises dans le territoire tchadien à une durée de deux ans promise par Idriss Déby Itno  ne peut-elle pas être l’une des solutions à cette crise ?

Cette situation demeure une épée de Damoclès, le Tchad doit faire preuve du courage pour tirer son épingle du jeu.

 

Djimnayel Ngarlenan & G.A

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