CEMAC : Le rôle de la recherche agronomique dans la sécurité alimentaire

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A l’occasion de la 10ème journée de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), le Pôle Régional de Recherche Appliquée au Développement des Systèmes Agricoles d’Afrique Centrale (PRASAC) a organisé une conférence débat au CEFOD ce jeudi 14 mars 2019, placée sous le thème « La recherche agronomique en zone CEMAC : Importance, défis et rôle déterminant des jeunes et femmes ».

La recherche agronomique est l’ensemble des travaux de création entrepris de façon systématique pour accroitre la somme des connaissances en vue d’améliorer la productivité et la compétitivité dans les domaines des productions végétales, animales, halieutiques, économiques, et de la protection de l’environnement.

Le domaine est vaste et couvre les sciences de la vie et de la terre, ainsi que la sociologie, l’économie, l’histoire, la géographie, l’anthropologie etc.

Le conférencier, Dr Grégoire Bani directeur général du PRASAC a relevé que la prévalence de l’insécurité alimentaire en Afrique Centrale est passée de 33.9% en 2014 à 48.5% en 2017. Il a ensuite souligné que la faible production ne couvre pas les besoins nationaux, et le recours aux importations massives occasionne une sortie de devises, estimée à 27 milliards de dollars actuellement. Ce qui veut dire qu’on ne produit pas suffisamment au niveau national, alors il faut importer de l’extérieur pour couvrir le besoin alimentaire. Un autre point alerté par Dr Bani est le manque d’infrastructures de conservation et de moyens de transport appropriés qui occasionnent le gaspillage des produits.

Le conférencier a montré que la recherche agronomique permet d’améliorer les rendements, d’augmenter la production qui induit la baisse des prix, la création des emplois, l’accroissement des revenus, le recul de la pauvreté, la réduction de la dépendance de l’extérieur et la protection de l’environnement. La recherche a besoin des ressources : infrastructurelles, matérielles, financières et surtout humaines.

En Afrique, l’agriculture est dominée par les femmes. La situation de la recherche agronomique dans la zone CEMAC est caractérisée par une sous-représentation des femmes avec 6% au Tchad par exemple ; un vieillissement très marqué des cherches avec des pourcentages élevés des chercheurs de plus de 50 ans (70% au Congo). L’implication des jeunes et femmes à se former aux métiers de la recherche pour relever les défis est un impératif pour les pays de la CEMAC.

La CEMAC par l’intermédiaire du PRASAC, dans le cadre des projets spécifiques, appuie la formation en Master et Thèse, et organise des ateliers de formation à l’élaboration des projets, la rédaction scientifique et des stages professionnels.

Dans le cadre du projet Manioc, financé par l’Union Européenne et la CEMAC à travers le FODEC, 17 thèses et 11 Master ont été appuyés dans les six pays de la CEMAC. Au Tchad, cinq (5) personnes ont obtenu des bourses dont trois (3) en Master II et deux autres en Thèse pour une somme totale de 24 139 355 FCFA.

Rappelons que le Pôle Régional de Recherche Appliquée au Développement des Systèmes Agricoles d’Afrique Centrale (PRASAC) est une institution spécialisée de la CEMAC dont le siège est fixé à Ndjamena. Il renforce les capacités institutionnelles et scientifiques des systèmes Nationaux des Recherches Agricoles (SNRA), en favorisant le partage des savoirs, la promotion et le pilotage de la recherche pour les objectifs de développement.

 

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