Dans la tradition dynastique du Baguirmi, l’autorité ne se conquiert pas par l’autoproclamation. Elle se transmet selon des règles, une filiation et un ordre coutumier dont nul ne peut s’affranchir tout en prétendant incarner la tradition.
C’est dans ce cadre que se situe la légitimité de Mbang Hadji Woli Mahamat, dont les soutiens revendiquent la continuité avec l’ordre dynastique et les principes coutumiers qui régissent l’autorité traditionnelle du Baguirmi.
Le titre de Mbang n’est pas une distinction que l’on s’attribue selon sa volonté. Il renvoie à une histoire, à une lignée et à un ensemble de règles coutumières. Dès lors, toute contestation de l’autorité du Mbang doit nécessairement être confrontée aux mêmes règles qui fondent la légitimité coutumière.
Une opinion personnelle peut être exprimée. Une revendication peut être formulée. Mais ni l’une ni l’autre ne suffit, à elle seule, à créer un droit coutumier ou à établir une nouvelle légitimité dynastique.
La véritable question n’est donc pas de savoir qui revendique le pouvoir traditionnel, mais qui peut légitimement s’en prévaloir au regard de l’histoire, de la filiation et des règles coutumières du Baguirmi.
À cet égard, les partisans de Mbang Hadji Woli Mahamat défendent une conception de l’autorité fondée sur la continuité dynastique et le respect des mécanismes traditionnels. Pour eux, remettre en cause cette autorité exige davantage qu’une déclaration : il faut démontrer, sur le terrain des règles coutumières, le fondement d’une telle contestation.
La tradition ne se réécrit pas au gré des ambitions. La légitimité coutumière ne s’improvise pas. Elle se fonde, se transmet et se reconnaît.




