À la veille du 11 août, le Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno s’adressera à la Nation. Nous écouterons son message avec attention et responsabilité. Mais au-delà des discours, il est aussi de notre devoir, en tant qu’acteurs politiques, de regarder la situation du pays avec lucidité et de contribuer au débat national.
Le gouvernement actuel a déjà deux années d’exercice. Deux années durant lesquelles le pays a connu des décisions importantes, mais aussi des difficultés persistantes et des frustrations qui ne peuvent être ignorées. En deux ans, beaucoup de promesses ont été entendues, mais les résultats attendus par les Tchadiens restent encore insuffisants. Il ne s’agit pas de nier ce qui a été fait, mais de reconnaître honnêtement ce qui ne fonctionne pas afin de pouvoir le corriger.
Nous ne sommes pas dans l’opposition pour souhaiter l’échec du gouvernement ou du Président de la République. Nous voulons la réussite du Tchad. Et pour qu’un gouvernement réussisse, le Président a besoin autour de lui de personnes capables de lui dire la vérité. Pas uniquement de ceux qui applaudissent, mais aussi de ceux qui savent dire : « Monsieur le Président, ici ça ne marche pas. Il faut revoir cette décision. Il faut changer cette méthode. » Une gouvernance solide ne se construit pas avec des « béni-oui-oui », mais avec des hommes et des femmes capables de conseiller, de proposer et, lorsque cela est nécessaire, de dire non.
C’est pourquoi nous estimons que les responsables politiques et les acteurs du GCAP – Groupe de Concertation des Acteurs Politiques actuellement détenus, ainsi que les autres personnes détenues dans le contexte des crises politiques récentes, doivent pouvoir retrouver leur liberté, dans le respect du droit, et reprendre leur place dans le débat national. Leur place est dans la construction du pays, pas en prison. Le Président a besoin de toutes les compétences, de toutes les sensibilités et de toutes les forces capables de contribuer à l’unité, à la cohésion et au développement du Tchad.
Si nous voulons réellement tourner la page des divisions, il faut créer les conditions d’un dialogue politique sincère. Libérer la parole, restaurer la confiance et associer davantage les forces politiques et sociales à la construction nationale ne seraient pas des signes de faiblesse. Ce seraient des actes de responsabilité et de leadership.
À l’occasion de ce 11 août, notre message n’est donc pas celui d’une opposition qui souhaite l’échec du pouvoir. C’est celui d’une opposition qui veut contribuer à la réussite du pays : reconnaître ce qui fonctionne, corriger ce qui ne fonctionne pas et avoir le courage de changer lorsque le changement devient nécessaire.
Notre Pays n’a pas besoin de querelles permanentes, mais de responsabilité, de dialogue, de justice, de transparence et de résultats.
Nous pouvons être dans l’opposition et rester profondément attachés à la réussite de notre pays. Parce que le Tchad est au-dessus de nos appartenances politiques.
À deux années d’exercice de ce gouvernement, le moment est venu de faire le bilan, d’écouter les critiques constructives et surtout de passer des discours aux actes.
Le changement que les Tchadiens attendent doit maintenant se traduire dans la gouvernance.




