Le Troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH3), censé fournir les données indispensables à la planification du développement du Tchad, est aujourd’hui confronté à une vague de contestations qui dépasse largement la question des indemnités des agents recenseurs.
Dans plusieurs provinces, de nombreux agents ont exprimé leur mécontentement, dénonçant non seulement les conditions financières de leur formation, mais également des irrégularités présumées dans le processus de sélection. Des accusations de népotisme, de favoritisme et de communautarisme circulent avec insistance, alimentant un climat de suspicion autour d’une opération pourtant d’intérêt national.
Qu’elles soient fondées ou non, ces allégations traduisent une crise de confiance qui mérite une attention particulière. Un recensement national ne peut atteindre ses objectifs que s’il repose sur les principes d’équité, de transparence et d’inclusion.
Lorsque certains citoyens ont le sentiment que les critères de recrutement ne sont pas respectés, c’est la crédibilité même de l’opération qui se trouve fragilisée.
Le RGPH3 représente un enjeu stratégique pour le pays. Les données qui en découleront serviront à orienter les politiques publiques, les investissements et les programmes de développement pour les années à venir. Il est donc essentiel que toutes les zones d’ombre soient dissipées et que les préoccupations exprimées par les agents soient examinées avec sérieux et impartialité.
Plus que jamais, les responsables du recensement sont appelés à faire preuve de pédagogie, de transparence et d’ouverture au dialogue. Car au-delà des chiffres, c’est la confiance des citoyens dans les institutions qui est aujourd’hui en jeu.




