Les relations déjà tendues entre Bamako et Paris connaissent un nouvel épisode de crispation diplomatique. L’ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a vivement réagi aux propos du président français Emmanuel Macron, tenus lors du sommet Africa Forward Summit à Nairobi.
Dans une déclaration publiée à Bamako, Choguel Maïga rejette ce qu’il qualifie de tentative de « réécriture de l’histoire » concernant le départ des forces françaises du Mali en 2021. Il estime que les analyses du chef de l’État français ne reflètent pas les réalités politiques et sécuritaires ayant conduit à la rupture entre les deux pays.
L’ancien chef du gouvernement malien revient sur les étapes clés de cette crise, rappelant la transition politique ouverte en 2020 et les tensions apparues après les événements de mai 2021. Selon lui, plusieurs divergences majeures ont progressivement fragilisé la coopération entre Bamako et Paris.
Parmi les points de rupture évoqués figurent notamment la présence de la force Takuba, les désaccords autour du G5 Sahel, ainsi que la décision du retrait des forces françaises, que Bamako affirme avoir découverte sans concertation préalable.
Dans son argumentaire, Choguel Maïga défend la ligne souverainiste des autorités de transition et soutient que le Mali a fait le choix de reprendre pleinement le contrôle de ses décisions stratégiques. Il affirme ainsi que le pays a « retrouvé sa souveraineté et sa dignité » au sein d’un nouvel équilibre régional incarné par l’Alliance des États du Sahel (AES).
Cette nouvelle sortie met en lumière la persistance des tensions entre les deux capitales, dans un contexte où les équilibres sécuritaires et diplomatiques au Sahel continuent de se redessiner.




