Le journal Tchad.com a mené des investigations afin d’établir avec précision les circonstances du double meurtre survenu à N’Djaména.
Selon des sources proches des victimes, un différend foncier opposait des cousins, originaires de la province du Chari-Baguirmi. L’un d’eux aurait procédé à la vente d’une parcelle de terrain alors qu’il ne disposait d’aucun droit légitime de propriété. Informés de cette situation, ses cousins lui auraient demandé d’annuler la transaction, rappelant que la vente de terres est formellement interdite par le Sultan du Chari-Baguirmi.
Face à son refus, les parties ont été conduites, en l’absence du Sultan, devant l’instance coutumière chargée du règlement des différends. À l’issue du procès, l’auteur présumé a été contraint d’annuler la vente et de rembourser les acheteurs, décision consignée dans un procès-verbal.
Cependant, après la fin de la séance, alors que les personnes présentes étaient installées sur des nattes et se préparaient à passer la nuit, le mis en cause aurait feint de se rendre à la douche. Il serait ensuite revenu armé d’un couteau, avec lequel il a poignardé deux de ses frères, qu’il tenait pour responsables de l’annulation de la vente foncière.
L’un des deux a perdu la vie sur place, tandis que le second, grièvement blessé, a été évacué vers un hôpital de la capitale, où il a succombé à ses blessures.
Contrairement aux informations relayées sur les réseaux sociaux, il ne s’agit pas d’une altercation collective, mais d’un acte criminel isolé, survenu à l’issue d’un règlement coutumier lié à un conflit foncier familial.




