Ali Ahmat Akhabach : Une dérive autoritaire incompatible avec l’État de droit

Par Zakaria Adam Zakaria
Coordonnateur national de la coalition des actions citoyennes Wakit Tamma – Section politique

Il y a aujourd’hui, au sein de certains cercles du pouvoir, une inquiétante confusion entre l’ordre républicain et l’autoritarisme brutal. Ali Ahmat Akhabach, actuel ministre de la Sécurité publique, en est l’illustration la plus flagrante.

Ancien gouverneur du Chari Moyen, M. Akhabach s’était déjà distingué par des propos menaçants à l’encontre des partis politiques et des organisations de la société civile. Il avait notamment déclaré : « Si vous ne cessez vos activités liées aux droits humains, vous serez emprisonnés. » Une menace qui viole ouvertement la Constitution et les principes fondamentaux de toute démocratie.

Le 27 février 2025, lors d’une longue convocation de plusieurs acteurs de la société civile à son ministère, le ministre a réitéré ces propos. Ce discours répressif, loin d’être une erreur isolée, révèle une posture idéologique assumée. Mais le comble de l’indignité a été atteint à Abéché. En pleine mission officielle, face caméra, Ali Ahmat Akhabach a lancé : « Si vous trouvez un criminel, tuez-le. » Une déclaration choquante, qui bafoue le principe de la présomption d’innocence et piétine les droits humains.

En tenant de tels propos, le ministre confond la République avec un champ d’opérations militaires. Il ne protège pas la population, il l’intimide. Il n’incarne pas l’autorité de l’État, mais une dérive dangereuse de celui-ci.

Ali Ahmat Akhabach représente une menace réelle pour l’État de droit et le vivre-ensemble. Son maintien au sein du gouvernement décrédibilise toute volonté de réforme ou de réconciliation nationale. Sa démission ne doit pas faire l’objet de discussions. Elle doit être immédiate et impérative.

Tchad :Clôture à N’Djaména d’un atelier sur la gestion des ressources humaines au profit des organisations de la société civile

L’Institut Électoral pour une Démocratie Durable en Afrique (EISA) a clôturé ce mercredi 19 juin 2025 un atelier de formation de deux jours, organisé à l’hôtel La Tchadienne de N’Djaména, à l’intention des organisations de la société civile (OSC). Cette session visait à renforcer les capacités des participants en gestion des ressources humaines et en structuration organisationnelle.

Ouvert le 18 juin, l’atelier a réuni une vingtaine de représentants d’associations issus de divers secteurs de la société civile tchadienne. Les échanges ont porté sur les principes de gouvernance interne, la clarification des rôles, la gestion des compétences, ainsi que les outils de suivi et d’évaluation.

À l’issue de la formation, plusieurs participants ont salué l’initiative d’EISA. Fri Dominique, président de l’association Vision Conscience Africaine, a affirmé avoir acquis des compétences essentielles pour améliorer le fonctionnement de sa structure.

« Nous savons tous qu’au Tchad, il y a d’énormes difficultés dans le domaine des ressources humaines au sein des OSC. Grâce à cette formation, j’ai désormais une vision plus claire de ce qu’il faut faire pour obtenir de meilleurs résultats. Il ne reste plus qu’à appliquer ces acquis et à les partager avec d’autres », a-t-il déclaré.

Même sentiment de satisfaction pour Khadija Abdoulaye Djido Ahmat, participante à l’atelier :

« Cette formation a contribué à hausser le niveau des participants et à dynamiser les personnels de différents niveaux. Nous invitons d’autres organisations à s’inspirer d’EISA, car le développement d’un pays passe par un investissement réel dans la société civile et ses ressources humaines. »

L’atelier s’inscrit dans une série d’activités menées par EISA pour soutenir le développement démocratique en Afrique à travers le renforcement des structures civiles locales. Les responsables de l’Institut se sont engagés à poursuivre ce type d’initiatives dans d’autres régions du pays.

Par : Melom Djerassem Natacha

N’Djamena paralysée : la grève des transporteurs met à nu l’échec d’un système

La capitale tchadienne est à l’arrêt. Depuis ce matin, taxis et mini-bus ont déserté les rues de N’Djamena. En cause : une grève sèche lancée par les transporteurs urbains, exaspérés par la cherté de la vie, la flambée du prix du carburant, l’état désastreux des routes et le silence d’un gouvernement jugé indifférent aux souffrances du peuple.

Pour le mouvement Wakit Tama – Section politique, cette mobilisation n’est pas un simple mouvement d’humeur. Elle est l’expression d’un ras-le-bol généralisé et légitime face à un régime qualifié de sourd, insensible et déconnecté des réalités quotidiennes des Tchadiens.

« Le Tchad est un pays pétrolier depuis plus de 20 ans. Et pourtant, la majorité du peuple ne voit toujours pas les retombées de cette manne. Où est passé l’argent du pétrole ? » s’interroge le mouvement. Pendant que les dignitaires du régime « construisent des villas et s’équipent d’armes pour réprimer », les citoyens, eux, « luttent chaque jour pour survivre, sans routes, sans services publics, sans avenir ».

Pour Wakit Tama SP, cette grève vient confirmer l’échec d’un modèle de gouvernance accaparé par une minorité au détriment de la majorité. Le silence persistant du ministère des Transports est interprété non comme un oubli, mais comme un acte de mépris délibéré envers les revendications populaires.

Le mouvement exprime sa pleine solidarité avec les grévistes et appelle l’ensemble des citoyens à rester mobilisés. « Le changement ne viendra pas d’un pouvoir qui oppresse, mais d’un peuple qui se lève. Trop, c’est trop. Le combat continue », conclut le communiqué.

#Tchad :Le Laboratoire Le Miroir primé pour son excellence par le Ministre de la Santé

Le Ministère de la Santé Publique a rendu un vibrant hommage ce lundi après-midi au Laboratoire Le Miroir, distingué lors de la présentation officielle des Couples Prix en santé et en laboratoire biochimie. Une reconnaissance nationale qui salue le parcours exemplaire de cet établissement médical tchadien, devenu une référence dans le domaine de la biochimie et de l’analyse médicale.

C’est au cours d’une cérémonie officielle que le Ministre de la Santé Publique a remis cette distinction au Directeur Général du laboratoire, M. Abakar Tadjadine Goudra, entouré de son équipe. À cette occasion, le ministre a salué « la rigueur scientifique, la qualité constante des prestations et le professionnalisme » qui caractérisent l’ensemble du personnel du Laboratoire Le Miroir.

« Ce prix est la consécration d’un travail collectif. Il incarne l’engagement et le sérieux d’une équipe dévouée à l’amélioration du système de santé au Tchad », a déclaré le ministre dans son discours. Il a également exhorté les responsables du laboratoire à maintenir ce niveau d’excellence, estimant que cette distinction doit servir de modèle aux autres structures sanitaires du pays.

Depuis sa création, le Laboratoire Le Miroir s’est imposé par la qualité de ses analyses, le respect des normes internationales et son expertise en matière de biochimie médicale. Cette distinction vient confirmer sa place de leader national dans un secteur en pleine mutation.

« C’est une grande fierté pour nous, mais aussi une responsabilité que nous prenons à cœur », a confié M. Goudra à l’issue de la cérémonie. Pour le directeur général, ce prix consacre des années de travail rigoureux et souligne la capacité des structures locales à rivaliser avec les standards internationaux.

Avec cette reconnaissance, le Laboratoire Le Miroir consolide sa position de pionnier de l’innovation médicale au Tchad, à un moment où les défis en matière de santé publique appellent à une mobilisation accrue des compétences nationales.

Santé_Sexualité:Avaler du sperme est-il dangereux pour l’estomac ? Un médecin fait le point

. Si certains tabous persistent autour de la sexualité orale, la question de l’ingestion du sperme revient régulièrement, notamment sur ses éventuels effets sur la santé digestive. Avaler du sperme présente-t-il un danger pour l’estomac ? Un médecin répond.

Un liquide naturel, sans toxicité pour le système digestif

Le sperme est un fluide biologique composé principalement d’eau, de protéines, d’enzymes, de fructose et de minéraux tels que le zinc. Une composition qui, sur le plan strictement physiologique, ne pose aucun problème à l’estomac. « L’organisme traite le sperme comme n’importe quelle autre substance protéinée », explique un médecin généraliste. « Il est digéré par les enzymes gastriques, comme un aliment ordinaire. »

Le volume moyen d’une éjaculation – environ 3 à 5 millilitres – reste d’ailleurs très faible pour provoquer le moindre désagrément digestif. En l’absence de pathologie sous-jacente, avaler du sperme ne provoque donc ni nausée, ni douleurs gastriques.

Un risque infectieux bien réel en cas d’IST

Le principal danger réside en réalité ailleurs : dans la transmission d’infections sexuellement transmissibles (IST). Le sperme peut contenir des virus ou bactéries tels que le VIH, l’herpès, la syphilis, la chlamydia ou encore l’hépatite B. Une ingestion, même sans blessure apparente dans la bouche, n’exclut pas un risque de contamination.

« Si des lésions sont présentes dans la cavité buccale aphtes, coupures, inflammation des gencives  le risque de transmission est accru », précise le médecin. La prudence s’impose donc, surtout en l’absence de dépistage récent du partenaire.

Des réactions allergiques rares, mais possibles

Autre phénomène exceptionnel mais documenté : l’allergie au sperme, ou hypersensibilité au plasma séminal. Elle peut entraîner des symptômes comme des démangeaisons, des gonflements, voire des douleurs abdominales. Ce type de réaction reste extrêmement rare, et nécessite une consultation médicale en cas de doute.

Une question d’hygiène et de consentement

En résumé, avaler du sperme n’est pas dangereux pour l’estomac en lui-même. Le véritable enjeu est d’ordre infectieux, et appelle à des pratiques sexuelles protégées et consensuelles. « Le dialogue entre partenaires et les dépistages réguliers sont essentiels pour une sexualité sereine et sans risque », conclut le médecin.

Tchad /Visite surprise du Président à la CNRCT : une alerte déclenchée par Younous Mahadjir

Ce lundi matin, une scène inhabituelle s’est déroulée dans les locaux de la Caisse Nationale des Retraités Civils du Tchad (CNRCT) à N’Djaména. Le Président de la République, Mahamat Idriss Deby Itno, a effectué une visite inopinée dans cette institution chargée de la gestion des pensions civiles. Objectif : vérifier de manière directe les conditions d’accueil réservées aux retraités et le bon fonctionnement des services.

Mais à son arrivée, le constat est sans appel : aucun responsable de haut rang n’était présent. Seul un chef de service se trouvait sur les lieux. Une absence remarquée qui a fortement déplu au Chef de l’État, d’autant qu’elle renforce l’image d’un dysfonctionnement chronique déjà dénoncé par les usagers.

Le Président a saisi l’occasion pour échanger directement avec les retraités présents dans la cour de la caisse. Ces derniers n’ont pas mâché leurs mots : retards répétés dans le paiement des pensions, mauvaise qualité de service, sentiment d’abandon. Le tableau est sombre, la colère palpable.

D’après des sources proches du dossier, cette descente présidentielle aurait été encouragée par le syndicaliste Younous Mahadjir, récemment nommé président du conseil d’administration de la CNRCT. Très engagé dans la défense des droits des travailleurs, il aurait alerté le Chef de l’État sur les nombreuses défaillances de l’institution. Son rôle dans le déclenchement de cette visite est salué par plusieurs retraités, qui voient en lui un espoir de changement.

Suite à cette visite, le Président a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête sur la gestion de la CNRCT. L’Autorité Indépendante de Lutte Contre la Corruption (AILC) a été saisie pour mener un audit complet, avec effet immédiat.

Cette action présidentielle s’inscrit dans une volonté affichée de restaurer la transparence, l’efficacité et le respect dû aux retraités, souvent marginalisés dans le système administratif. Elle marque également un signal fort adressé aux gestionnaires publics : l’ère de l’impunité et de l’absentéisme semble révolue.

Formation des jeunes : SOTEM s’allie à l’UGP pour bâtir l’avenir professionnel du Tchad

La Société de Technologie Moderne (SOTEM) s’illustre comme un acteur clé dans la mise en œuvre de l’initiative présidentielle « 50 000 Emplois décents pour les jeunes ». À l’occasion du lancement officiel de la formation professionnelle gratuite à N’Djamena, le Président Directeur Général de SOTEM, Mahamat Hangata, a livré un discours mobilisateur, soulignant l’importance de l’engagement du secteur privé en faveur de la jeunesse tchadienne.

« C’est avec un immense honneur que je prends la parole aujourd’hui », a-t-il déclaré. Il a salué la signature de la convention entre SOTEM et l’Unité de Gestion du Projet (UGP) comme un acte concret de responsabilité citoyenne, au-delà d’un simple partenariat administratif.

Le programme de formation, entièrement gratuit et certifiant, vise à renforcer les compétences des jeunes dans des secteurs à forte demande, à savoir :

l’électricité et le froid industriel,

la plomberie,

la menuiserie métallique et bois,

la transformation agroalimentaire,

la conception et modélisation virtuelle.

Mahamat Hangata a tenu à rendre un vibrant hommage au Chef de l’État, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, pour sa vision et son engagement en faveur de l’autonomisation des jeunes. Il a également remercié le Ministre de la Jeunesse et des Sports, Maïdé Hamit Lony, pour son appui constant dans la concrétisation de cette initiative.

SOTEM s’engage à mobiliser ses ressources humaines, ses équipements techniques et ses infrastructures modernes pour offrir une formation de qualité, axée sur la pratique et l’employabilité. Le PDG a souligné que cette démarche s’inscrit dans la volonté de son entreprise de jouer un rôle moteur dans le développement national.

« En tant qu’entreprise citoyenne, nous avons le devoir d’agir. L’avenir du Tchad repose sur sa jeunesse. Une jeunesse bien formée, confiante et porteuse de solutions pour notre économie », a-t-il conclu.

Cette synergie entre les secteurs public et privé marque une étape majeure dans la lutte contre le chômage des jeunes et dans la promotion d’un développement inclusif, durable et fondé sur le capital humain.

Diplamatie:L’Ambassade de Russie célèbre la Journée nationale à N’Djaména, un discours porteur de vision et de coopération

L’Ambassade de la Fédération de Russie au Tchad a célébré, ce mercredi soir, la Journée nationale de la Russie par une réception officielle qui a réuni de nombreuses personnalités politiques, diplomatiques, économiques et culturelles. L’événement, empreint de solennité et de convivialité, a été marqué par une allocution forte du diplomate russe Vladimir G. Sokolenko, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, mettant en lumière la vision de la Russie contemporaine et ses ambitions sur le continent africain.

Un État-civilisation, acteur global

Dans son discours, l’Ambassadeur a rappelé l’histoire millénaire de la Russie, décrite comme un « État-civilisation » à part entière, acteur influent de l’échiquier mondial. Il a souligné la résilience du peuple russe à travers les grandes épreuves historiques – de l’invasion mongole à la chute de l’URSS – et la force du patriotisme russe, illustrée récemment par la commémoration du 80e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique.

« Nous avons la conviction que nous sommes dans notre bon droit, et que notre cause est juste », a affirmé le diplomate, évoquant un avenir basé sur les valeurs traditionnelles et la souveraineté nationale.

L’Afrique, un partenaire stratégique

L’Ambassadeur a ensuite abordé la coopération croissante entre la Russie et l’Afrique, affirmant que Moscou soutient pleinement l’émergence d’un continent « en tant que pôle original et influent du développement mondial ». Il a évoqué des domaines prioritaires comme la résolution des conflits, le renforcement de la souveraineté, la sécurité, la formation, la santé, et le développement économique à travers des institutions comme la Banque africaine d’import-export.

Deux rendez-vous diplomatiques d’envergure sont prévus : la 2ᵉ conférence des ministres africains des Affaires étrangères, prévue avant la fin de l’année 2025, et le 3ᵉ Sommet Russie-Afrique, qui se tiendra pour la première fois sur le continent africain en 2026.

Des relations russo-tchadiennes « fraternelles et dynamiques »

Revenant sur les relations bilatérales, M. Sokolenko a salué « l’amitié solide » entre le Tchad et la Russie, fondée sur « un partenariat égal et mutuellement avantageux ». Il a mis en avant les récentes rencontres de haut niveau, notamment la visite du Président Mahamat Idriss Déby Itno à Moscou, ainsi que celle du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à N’Djaména en juin 2024.

Parmi les chantiers à venir : l’institution d’une commission mixte de coopération économique, la tenue de consultations politiques à Moscou, et le renforcement des investissements dans des secteurs clés. La Russie, a-t-il précisé, reste engagée dans la formation de cadres tchadiens dans les domaines de la médecine, de l’ingénierie, de la diplomatie et de la gestion.

Pour l’année académique 2025-2026, 435 jeunes tchadiens auront l’opportunité d’étudier en Russie grâce aux bourses gouvernementales et aux contrats individuels. L’Ambassadeur a également salué la proposition d’une meilleure parité entre les sexes parmi les bénéficiaires, y voyant un levier de rapprochement culturel et humain entre les deux peuples.

Une célébration sous le signe du respect mutuel





Tachad.com

La réception, organisée dans les jardins de l’Ambassade, a rassemblé d’anciens étudiants formés en Russie, des représentants de familles russo-tchadiennes, des membres du corps diplomatique, ainsi que des partenaires institutionnels et économiques. Dans une ambiance à la fois chaleureuse et protocolaire, le diplomate a levé son verre « à la santé du Président de la République du Tchad, à la prospérité du peuple tchadien et à l’amitié durable entre la Russie et le Tchad ».

L’arrogance persistante de cet ex-politico-militaire devenu par accident de l’histoire Ministre de l’Aménagement du Territoire ne cesse de choquer.

Après avoir tenu des propos déplacés contre la population du 9e arrondissement à propos de la digue, puis contre celle de Mandjafa, le voilà maintenant qui s’en prend à la langue arabe avec un mépris inacceptable.

Monsieur Halata, votre présence au gouvernement relève peut-être d’un accident de l’histoire, mais cela ne vous confère aucune légitimité pour rabaisser une langue nationale. L’arabe n’est ni une langue de rue, ni le monopole d’un groupe ou d’une religion. C’est une langue vivante, un vecteur d’identité, un patrimoine national et mondial que nous défendrons avec fermeté.

Pire encore, votre mépris affiché envers les journalistes tchadiens est tout aussi grave. Ces hommes et femmes, qui exercent souvent dans des conditions difficiles, sont les piliers de la démocratie. Sans la presse, il n’y a ni transparence, ni redevabilité, ni liberté d’expression. Ce harcèlement verbal et ce mépris constant à leur égard doivent cesser immédiatement.

Dans un pays qui respecte ses institutions, un tel comportement vous aurait déjà coûté votre poste. Mais nous sommes là pour rappeler que la dignité des citoyens, la richesse des langues nationales et la liberté de la presse ne sont pas négociables.

Zakaria Adam Zakaria, coordonateur national de la coalition des actions citoyennes Wakit Tamma section politique

Zakaria Adoum Zakaria : « Le Tchad est pris en otage par un système fermé »

Coordonnateur politique de la coalition citoyenne Wakit-Tamma, Zakaria Adoum Zakaria tire la sonnette d’alarme sur la situation politique, économique et sociale du Tchad. Dans une déclaration ferme, il dénonce la confiscation du pouvoir, l’injustice sociale grandissante et appelle à une refondation profonde de l’État.

Une transition politique contestée

Pour Zakaria Adoum Zakaria, la transition actuelle n’a rien de démocratique. Il accuse les autorités de perpétuer un régime autoritaire sous une nouvelle forme. « Ce que nous vivons n’est pas une transition, mais une prolongation déguisée du règne d’Idriss Déby, à travers son fils », déclare-t-il, en référence au général Mahamat Idriss Déby Itno, président de transition depuis avril 2021.

Le coordonnateur politique de Wakit-Tamma estime que le processus politique est verrouillé et ne permet pas une véritable expression du pluralisme. « Les dialogues organisés n’étaient qu’un simulacre. L’opposition réelle, la société civile indépendante et la diaspora critique ont été écartées », affirme-t-il.

Une économie au service d’une élite

Sur le plan économique, Zakaria dénonce une gestion opaque des ressources nationales, notamment pétrolières. Selon lui, les richesses du pays ne bénéficient qu’à une minorité proche du pouvoir. « Le peuple tchadien souffre pendant que les élites se partagent les dividendes du pétrole », dit-il.

Il regrette l’absence de politique économique inclusive et durable. « Le chômage des jeunes explose, l’agriculture est abandonnée, et la dépendance vis-à-vis de l’extérieur s’aggrave », poursuit-il, appelant à un redéploiement stratégique des investissements vers les secteurs productifs.

Une crise sociale profonde

Au niveau social, Zakaria Adoum Zakaria dresse un tableau préoccupant : hôpitaux débordés, écoles délabrées, services publics défaillants. Il pointe également la montée des tensions communautaires et l’exclusion des jeunes. « Le mal-être est généralisé. La frustration et l’injustice alimentent les violences et l’insécurité », alerte-t-il.

Pour lui, seule une véritable justice sociale et une politique de réconciliation nationale permettront de restaurer la cohésion du pays.

Une diplomatie à réorienter

En matière de relations internationales, le leader de Wakit-Tamma critique la soumission du Tchad à certaines puissances étrangères, notamment à travers la présence militaire française. Il appelle à une diplomatie indépendante, tournée vers les intérêts du peuple tchadien. « Nous ne sommes pas contre les partenariats, mais ils doivent être équilibrés, respectueux de notre souveraineté », insiste-t-il.

Une vision alternative

Zakaria Adoum Zakaria appelle à un sursaut national. Il plaide pour un changement de système plutôt qu’un simple changement de dirigeants. « Le Tchad a besoin d’un contrat social nouveau, basé sur la démocratie, la justice et l’inclusion », conclut-il.

À travers sa voix, Wakit-Tamma continue de porter l’espoir d’un autre Tchad, fondé sur la vérité, la responsabilité et l’émancipation citoyenne.