Tchad : la plateforme Le Tchad d’Abord favorable à la révision technique de la Constitution

La plateforme citoyenne Le Tchad d’Abord, regroupant 71 organisations et associations, a exprimé samedi 6 septembre à N’Djamena son soutien à l’initiative de révision technique de la Constitution engagée par l’Assemblée nationale.

Lors d’un point de presse, son coordonnateur national adjoint, Arif Abdoulaye Moustapha, a jugé la démarche « opportune et nécessaire », estimant que la loi fondamentale en vigueur depuis décembre 2023 comporte « des limites et des zones grises qui fragilisent la sécurité juridique ».

La plateforme rappelle avoir déjà émis des réserves sur certaines dispositions, notamment l’article 77, avant même l’adoption de la Constitution par référendum. Elle salue donc que cette préoccupation soit désormais prise en compte.

Pour Le Tchad d’Abord, cette révision n’a rien d’exceptionnel, rappelant que la Constitution de 2018 avait également été modifiée à la suite du forum national. L’organisation appelle les acteurs politiques à dépasser les « querelles politiciennes » et à placer l’intérêt général au-dessus des ambitions personnelles.

Affirmant son « adhésion sans équivoque » à la révision de l’article 77, la plateforme estime qu’il s’agit d’une « avancée nécessaire » pour renforcer la crédibilité des institutions et garantir une gouvernance plus claire et plus efficace. Elle assure poursuivre son rôle de veille citoyenne pour défendre les intérêts du peuple tchadien et promouvoir une démocratie participative.

Tchad : Pahimi Padacké Albert rejette toute révision constitutionnelle et le code pastoral

Le chef de l’opposition démocratique tchadienne, le sénateur Pahimi Padacké Albert, hausse le ton contre les velléités de modification de la Constitution. Dans une déclaration rendue publique, il s’est dit catégoriquement opposé à toute révision du texte fondamental du pays.

Le sénateur a également dénoncé le projet de loi portant code pastoral, actuellement en discussion. Selon lui, ce texte risque de fragiliser davantage la cohésion nationale et d’exacerber les tensions déjà existantes entre éleveurs et agriculteurs.

Pahimi Padacké Albert appelle les autorités à privilégier le dialogue et à rechercher un consensus national avant toute réforme majeure. Pour l’opposant, « la stabilité du Tchad passe par le respect de la Constitution et par une gouvernance concertée ».

Kenem: une étudiante revient… avec trois enfants, sa famille sous le choc

La tranquillité d’un quartier a été brutalement interrompue ce matin par le retour inattendu de Nadège, étudiante de retour chez elle… mais pas seule : elle est accompagnée de trois enfants, laissant sa famille complètement stupéfaite.

Selon les voisins, la scène a été “surréaliste” : cris, larmes et tensions ont éclaté dès l’annonce du retour. Son père, visiblement dépassé par les événements, a dû être calmé par les voisins pour éviter que la situation ne dégénère. Les discussions se sont poursuivies toute la matinée, témoignant du bouleversement provoqué par ce retour inattendu.

Ce fait divers illustre les situations parfois imprévues auxquelles les familles peuvent être confrontées lorsque leurs enfants reviennent après une longue absence. Dans ce quartier, chacun se souviendra longtemps de cette journée où le quotidien a été brutalement bousculé par une histoire que personne n’avait imaginée.

Tchad :Familles réclament justice après l’incident près de Karmé

Deux jeunes hommes ont été tués et un troisième blessé le 13 août dernier près de Karmé. Les familles des victimes accusent des agents de la Douane d’être responsables de cet incident et exigent que justice soit rendue.

Selon leurs témoignages, Abakar Hassan, Hassan Hissein et Idriss Abdraman circulaient à bord d’un Toyota Hilux à destination de N’Djamena-Bilala lorsqu’une patrouille de douaniers les a pris en chasse après Massaguet. Des tirs ont frappé le véhicule, qui s’est embrasé. Abakar Hassan et Idriss Abdraman sont morts, tandis que Hassan Hissein a survécu avec des blessures.

La Douane a nié toute implication dans un communiqué publié le 14 août, et un média en ligne a parlé d’un accident lié à l’excès de vitesse. Les familles réfutent ces versions et demandent que les responsables soient poursuivis.

Le PPRDT s’oppose à la relecture du Code pastoral et soutient les évêques

Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie au Tchad (PPRDT) a exprimé son rejet catégorique de la relecture du Code pastoral, un projet récemment remis sur la table par le gouvernement. Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le parti se félicite de la position des évêques du Tchad qui ont, eux aussi, décliné l’invitation du gouvernement à prendre part au processus.

Le PPRDT rappelle que ce texte avait été retiré en 2014 par le maréchal Idriss Déby Itno, estimant qu’il ne favorisait ni la cohésion sociale ni les intérêts des paysans. Pour le parti, relancer aujourd’hui ce projet « n’a aucun sens » et risque d’exacerber les tensions entre communautés.

« Le Code pastoral est contraire à la vérité et à la justice, et il menace la paix sociale », souligne le communiqué, ajoutant que son adoption pourrait provoquer de nouveaux conflits entre éleveurs et agriculteurs. Le PPRDT accuse le gouvernement de manipulation politicienne et appelle plutôt à des initiatives favorisant le vivre-ensemble.

Les responsables du parti insistent sur la nécessité pour les autorités d’« écouter la voix de la raison » au lieu de « cautionner une mascarade » qui pourrait fragiliser davantage la cohésion nationale.

Le PPRDT conclut en demandant l’abandon pur et simple du projet de Code pastoral, rejoignant ainsi la position des évêques, qui y voient également une menace pour la paix et la stabilité sociale du pays.

Tchad : interdire le cash dans les provinces, un pari dangereux pour les fonctionnaires

Le gouvernement tchadien a décidé de mettre fin aux paiements en espèces dans les provinces, imposant le tout-numérique. Présentée comme une mesure de modernisation, cette décision soulève des inquiétudes majeures quant à ses conséquences pour les fonctionnaires et populations rurales.

Dans de nombreuses provinces, les banques sont rares ou inexistantes. Les fonctionnaires doivent souvent parcourir des dizaines de kilomètres pour toucher leur salaire. Dans ce contexte, imposer un paiement exclusivement numérique apparaît comme une décision déconnectée des réalités locales et socialement irresponsable.

Les téléphones mobiles, censés pallier l’absence d’agences bancaires, ne garantissent pas une solution fiable. Les réseaux sont instables, les coupures d’Internet fréquentes et parfois prolongées, rendant les transactions incertaines. Pour les enseignants et autres agents publics déjà précarisés, cette mesure est perçue comme un véritable sabotage social.

« C’est une décision presque suicidaire qui risque de frapper les plus pauvres », avertit un syndicaliste du secteur éducatif. La digitalisation forcée des paiements pourrait non seulement priver les fonctionnaires de leur salaire, mais également provoquer un mécontentement social important dans un contexte déjà fragile.

Alors que le pays tente de moderniser ses services publics, cette réforme illustre les limites d’une approche technocratique déconnectée des réalités du terrain. Dans un Tchad où la fracture numérique est profonde, l’interdiction du cash risque de devenir un véritable cauchemar pour les fonctionnaires et les populations rurales, plutôt qu’une avancée.

RDC : Constant Mutamba condamné, un signal fort contre la corruption

L’ancien ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, Constant Mutamba, a été condamné à trois ans de travaux forcés pour détournement de fonds publics destinés à la construction d’une prison. Tout au long de son procès, il a nié les accusations, mais le tribunal a jugé sa responsabilité établie, envoyant un signal clair sur la lutte contre l’impunité des hauts responsables.

Cette affaire illustre parfaitement l’impact concret de la corruption sur les infrastructures publiques et sur la vie quotidienne des citoyens. Les fonds détournés auraient permis de renforcer le système pénitentiaire et d’améliorer la sécurité publique. Leur perte retarde des projets essentiels et souligne les effets directs de la malversation sur la gestion des services publics.

Au-delà de la sanction personnelle, la décision de justice envoie un message politique fort : la transparence et la responsabilité dans la gestion des ressources publiques ne sont pas négociables. Elle rappelle également l’importance d’une justice indépendante capable de sanctionner les abus, quel que soit le rang du responsable impliqué.

Cependant, la lutte contre la corruption en RDC demeure un défi structurel. Pour que cette condamnation ait un effet réel et durable, elle doit s’accompagner de réformes institutionnelles profondes : renforcement des mécanismes de contrôle, suivi strict des budgets publics et assurance de l’indépendance de la justice.

L’affaire Mutamba dépasse largement le cadre judiciaire. Elle met en lumière les défis persistants de la gouvernance en RDC et souligne la nécessité de bâtir un État transparent et responsable, capable de protéger ses ressources, restaurer la confiance des citoyens et garantir un développement durable.

Éditorial : L’Afrique et le monde face à la reconnaissance de l’État de Palestine

La question palestinienne reste l’un des dossiers les plus sensibles et emblématiques de la diplomatie internationale. Depuis la déclaration d’indépendance en 1988, l’État de Palestine a progressivement été reconnu par une majorité de pays à travers le monde, et l’Afrique a toujours joué un rôle central dans cette dynamique.

Aujourd’hui, plusieurs nations européennes, ainsi que des pays d’autres continents, annoncent leur intention de reconnaître officiellement la Palestine. Ces décisions, qu’elles soient symboliques ou diplomatiquement stratégiques, reflètent un changement dans l’équilibre international et une volonté de soutenir le droit à l’autodétermination du peuple palestinien. La France, la Belgique et d’autres pays européens prévoient d’officialiser cette reconnaissance lors des prochaines sessions de l’Assemblée générale des Nations Unies, marquant un tournant historique dans la politique étrangère européenne.

L’Afrique, fidèle à ses principes de solidarité et de justice, demeure un continent moteur dans ce processus. La majorité des États africains ont reconnu l’État de Palestine, soulignant l’importance d’une position collective et d’un engagement envers la paix et l’équité au Moyen-Orient. Cette solidarité panafricaine rappelle que les enjeux internationaux dépassent les frontières et nécessitent une action concertée fondée sur les valeurs universelles du droit international.

Cependant, la reconnaissance de la Palestine ne se limite pas à un geste symbolique. Elle constitue un levier diplomatique capable de favoriser des négociations justes, d’encourager le dialogue et de poser les bases d’une paix durable. Elle invite également les autres nations, y compris celles encore hésitantes, à réexaminer leur position et à contribuer activement à la résolution de ce conflit.

En affirmant son soutien à la Palestine, le continent africain rappelle au monde entier que la justice et la solidarité ne sont pas de vains mots, mais des principes que chaque nation doit défendre. Dans un contexte international souvent marqué par les divisions et les intérêts politiques, cette unité africaine offre un modèle d’engagement éthique et diplomatique que d’autres régions pourraient suivre.

La reconnaissance de l’État de Palestine n’est pas seulement un acte politique ; c’est un acte de conscience, un signal d’espoir pour des millions de personnes et un pas concret vers une paix durable et équitable.

Médias : la HAMA annonce un colloque international et célèbre ses 30 ans

La Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) organisera, du 25 au 27 septembre 2025 à N’Djaména, un colloque international sur la lutte contre les discours de haine ainsi que la célébration de son 30ᵉ anniversaire. L’annonce a été faite par sa Présidente, également Vice-présidente du Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication (RIARC), lors d’un point de presse.

Placée sous le thème « Les mécanismes de lutte contre les discours de haine : état des lieux et perspectives », cette rencontre s’inscrit dans le cadre du plan d’action biennal 2024-2026 du RIARC, qui regroupe 37 instances africaines de régulation. Le colloque réunira régulateurs, universitaires, acteurs des médias, leaders d’opinion et représentants de plateformes numériques pour réfléchir aux stratégies de prévention et de sensibilisation face à la montée inquiétante des discours haineux dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Cette initiative coïncide avec la commémoration des 30 ans d’existence de la HAMA, créée en 1994 sous le nom de Haut Conseil de la Communication (HCC), à la suite de la Conférence Nationale Souveraine. L’institution, devenue HAMA en 2018, a accompagné la libéralisation du paysage médiatique tchadien et s’affirme aujourd’hui comme un acteur central de la régulation dans un secteur en pleine mutation.

La Présidente de la HAMA a insisté sur le rôle des médias dans la promotion de la paix et de la tolérance, tout en appelant à leur engagement pour la réussite de ces événements. Elle a par ailleurs adressé ses remerciements au Président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, pour le parrainage et le soutien accordé.

Tchad :L’Église catholique se désolidarise du projet de Code pastoral

Les évêques des diocèses de Doba, Goré, Koumra, Moundou et Sarh montent au créneau. Dans un communiqué publié ce dimanche, ils ont annoncé leur refus catégorique de prendre part à l’atelier zonal sur la relecture du projet de Code pastoral, prévu les 1er et 2 septembre à Sarh.

Pour l’Église catholique, ce texte, initié par le ministère de l’Élevage et de la Production animale, est loin d’être un instrument d’équilibre entre les acteurs ruraux. Les prélats dénoncent un projet « partial, partisan et paysannicide », qu’ils accusent de privilégier l’élevage au détriment de l’agriculture, pilier de la subsistance de près de 80 % des Tchadiens.

« Ce Code pastoral scélérat doit être purement et simplement mis à la poubelle », tranchent-ils, estimant que les ateliers organisés autour de sa relecture ne sont qu’une mascarade destinée à légitimer un texte déjà biaisé.

Les évêques appellent à une nouvelle approche : l’élaboration non pas d’un seul Code pastoral, mais de deux textes distincts – un Code pastoral et un Code agricole – construits en dialogue direct avec les communautés villageoises, et non imposés d’en haut.

Ils exhortent aussi les médias indépendants à relayer le contenu du projet, afin d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur ce qu’ils considèrent comme une volonté du gouvernement « de diviser les Tchadiens ».

Dans une conclusion solennelle, les évêques lancent un triple appel :
« Que Dieu sauve le Tchad ! Que Dieu sauve le Tchad ! Que Dieu sauve le Tchad ! »

Le communiqué est signé à Moundou par Mgr Kouraleyo Tarounga Joachim, évêque de Moundou, au nom de ses confrères.