Moissala : la jeunesse du Barh-Sara dénonce le blocage du projet d’atelier de formation professionnelle

Le Réseau des associations des jeunes du Mandoul/Barh-Sara tire la sonnette d’alarme. Soucieuse du développement local et l’épanouissement de la jeunesse, cette structure dénonce la lenteur et l’inachèvement du chantier de construction d’un atelier de formation professionnelle à Moissala, un projet pourtant lancé en 2023 et dont l’achèvement était prévu pour décembre 2024.

Selon les jeunes, l’entreprise Global Terrestre Tchad Sarl, adjudicataire du marché, a failli à ses engagements en ne respectant pas les délais contractuels. Plus d’un an après la date butoir, le site reste à l’abandon, plongeant les espoirs de toute une génération dans l’incertitude.

Les jeunes accusent l’entreprise de « laxisme » et dénoncent également le « silence complice » des autorités locales, notamment de l’exécutif communal sortant, qu’ils tiennent en partie responsable de l’arrêt des travaux. « Ce projet, vital pour l’avenir des jeunes de Moissala, semble avoir été sacrifié sur l’autel de l’indifférence et des intérêts privés », fustige l’association.

Le Réseau regrette que Moissala, chef-lieu du département du Barh-Sara, reste dépourvu de toute infrastructure culturelle ou centre de formation digne de ce nom, en dépit de sa démographie croissante et de son rôle central dans la région.

Face à cette situation, les jeunes lancent un appel pressant aux autorités compétentes afin qu’elles interviennent sans délai pour relancer et achever les travaux. Ils insistent sur l’importance de cette infrastructure, censée offrir un espace d’apprentissage, de formation professionnelle et de promotion culturelle pour les jeunes du département.

« Notre avenir est en jeu », conclut le Réseau, déterminé à poursuivre la mobilisation jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues et que justice soit rendue à la jeunesse du Barh-Sara.

Orpaillage meurtrier en Algérie : un drame qui révèle les failles de la protection des migrants tchadiens

La mort de dix jeunes tchadiens, tués le 6 juillet 2025 par des éléments de l’armée algérienne dans une zone aurifère du sud algérien, met en lumière une réalité brutale et silencieuse : celle des migrants économiques tchadiens livrés à eux-mêmes dans les zones frontalières.

Originaires des villages de Sidéré et Kindji, dans le département de Dababa, ces jeunes ont quitté leur région en quête de revenus, attirés par les promesses de l’or dans les zones désertiques d’Algérie. L’activité minière artisanale, bien que risquée et illégale, est devenue un recours fréquent pour des milliers de jeunes sans emploi. Mais dans un contexte de contrôle sécuritaire strict, cette quête de survie peut se transformer en piège mortel.

Le recours présumé à la force armée contre ces orpailleurs relance le débat sur les méthodes des forces de sécurité algériennes, déjà pointées du doigt pour des cas similaires dans les années précédentes. Le drame illustre aussi la complexité de la gestion des migrations informelles dans les régions sahélo-sahariennes, où les frontières sont poreuses mais la réponse sécuritaire souvent brutale.

Côté tchadien, le silence des autorités interroge. Ni communiqué officiel, ni message de condoléances, ni demande d’enquête internationale n’a été formulé jusqu’ici. Cette posture alimente un sentiment d’abandon chez les familles et soulève des critiques sur l’absence de protection consulaire pour les ressortissants en situation de vulnérabilité à l’étranger.

Ce drame n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs années, des jeunes tchadiens meurent dans l’indifférence en Libye, en Algérie ou au Niger, souvent dans les zones minières ou sur les routes de la migration. Sans mécanisme de suivi, de recours ou de justice, ces pertes humaines s’empilent dans l’anonymat.

Plus qu’un incident frontalier, cette tragédie pose une question politique essentielle : quelles mesures concrètes le gouvernement tchadien est-il prêt à prendre pour protéger ses citoyens à l’extérieur, réguler les migrations économiques et faire face aux risques sécuritaires croissants ?

En l’absence de réponse institutionnelle, le sentiment d’injustice risque de s’enraciner, renforçant la méfiance entre les populations et leurs représentants.

Pont bascule de Moundou-Koumra : la corruption persiste malgré les contrôles

À Moundou, dans la province du Logone Occidental, la corruption aux postes de pesage continue de miner les efforts des autorités pour réguler le transport routier. Malgré les mesures en vigueur et les mises en garde répétées, certains agents et chauffeurs de poids lourds maintiennent un réseau de complicité.

Ces derniers ont modifié leurs pratiques en stationnant les camions à la frontière camerounaise, puis en les faisant circuler de nuit sur l’axe Ngaoundéré-Moundou-Koumra, évitant ainsi le passage obligatoire par le pont bascule. Cette stratégie permet d’éluder les contrôles et fragilise l’application des règles.

Les autorités locales sont appelées à renforcer la surveillance afin de lutter efficacement contre cette fraude qui compromet les recettes publiques et la sécurité routière.

🎓 Baccalauréat 2025 : Moins de la moitié des candidats admis au Tchad

Le verdict est tombé pour les candidats au baccalauréat 2025. Sur les 104 440 élèves inscrits, 48 241 ont obtenu leur diplôme, soit un taux d’admission de 46,21 %, selon les chiffres officiels annoncés par M. Gurayo Jérémie, président du jury national.

La proclamation des résultats s’est déroulée dans la capitale, en présence des responsables de l’Office National des Examens et Concours du Supérieur (ONECS), des membres du jury et de la presse. Le Directeur général de l’ONECS, Abderahim Akacha, a salué une session globalement bien organisée malgré des cas de fraudes (1 758) et des absences (1 874), enregistrés sur l’ensemble du territoire.

Les résultats sont consultables sur le site de l’ONECS (www.onecs.td) et via les opérateurs mobiles Airtel et MoovAfrica. Ils sont également affichés dans les établissements et centres d’examen.

S’adressant aux admis, les autorités ont exprimé leurs félicitations. Pour les recalés, le président du jury les a encouragés à « persévérer et mieux se préparer pour la prochaine session ».

En dépit de plusieurs défis, la session 2025 s’achève dans un climat de satisfaction générale, avec l’espoir d’un taux de réussite en progression dans les années à venir.

Tchad :Tentative d’assassinat à Klessoum ,un flou persiste autour de la cible

Me Benjamin Mangodibaye, avocat du général Idriss Miskine, affirme que son client était la véritable cible de l’attaque perpétrée la semaine dernière à la maison d’arrêt de Klessoum.

Selon lui, contrairement aux rumeurs qui pointaient le général Idriss Youssouf Boy comme la victime désignée, toutes les indications convergent vers une tentative visant le général Miskine.

« Mon client est en danger. Il faut cesser de détourner l’attention », a martelé Me Mangodibaye, sans toutefois dévoiler d’éléments de preuve.

Ce revirement soulève de nouvelles préoccupations sur la sécurité des détenus et le climat de tension au sein de la maison d’arrêt. Les autorités n’ont toujours pas réagi publiquement à ces accusations.

Traitement du VIH/Sida : Dr Mokembaye Joël sollicite une démonstration publique à l’Hôpital Général

Le traditipraticien tchadien Dr Mokembaye Joël a réitéré, ce vendredi, son appel aux autorités pour démontrer l’efficacité de son traitement contre le VIH/Sida en milieu hospitalier. Lors d’une conférence de presse tenue au Centre de santé Gueldanga, à Walia, il a demandé deux jours d’expérimentation à l’Hôpital Général de Référence Nationale.

Déterminé à soigner gratuitement 100 patients, Dr Mokembaye affirme pouvoir prouver publiquement les résultats de sa méthode traditionnelle. Il dénonce cependant des obstacles dressés, selon lui, par l’Ordre national des médecins, qu’il accuse d’entraver sa liberté d’exercer.

« Je veux prouver devant tout le monde que je peux guérir le sida. Mais si je n’y parviens pas, alors faites de moi ce que vous voulez », a-t-il lancé avec fermeté, tout en appelant le président de la République, le Premier ministre et le gouvernement à prendre ses revendications au sérieux.

Le traditipraticien invite les autorités à lui accorder l’autorisation nécessaire pour effectuer cette démonstration publique, dans un cadre médical contrôlé. Il a également laissé ses contacts pour tout soutien ou collaboration : 66 48 38 37 / 99 48 73 80.

Tchad : L’AJURND interpelle sur la corruption et prône une action citoyenne

L’Association des Jeunes Unis pour la Réconciliation Nationale et le Développement (AJURND) a tenu un point de presse ce vendredi à N’Djaména. À travers cette déclaration, l’organisation a attiré l’attention de l’opinion sur les conséquences graves de la corruption au Tchad et a exhorté les citoyens à s’engager dans sa lutte.

Selon l’AJURND, la corruption constitue un frein majeur au développement, à la justice sociale et à la confiance entre gouvernés et gouvernants. Elle affecte l’ensemble des secteurs vitaux du pays et perpétue l’instabilité économique et institutionnelle.

L’organisation s’est appuyée sur le classement 2024 de Transparency International, dans lequel le Tchad occupe la 158ᵉ place sur 180 pays en matière de perception de la corruption. Pour l’AJURND, ce rang est symptomatique d’une gouvernance affaiblie et d’un déficit criant en transparence.

Dans le cadre de cette mobilisation, l’AJURND prévoit un événement public le 11 juillet 2025 à l’hôtel Radisson Blu de N’Djaména. Cette rencontre réunira des acteurs de la société civile, des responsables publics, des jeunes et des partenaires, autour d’échanges sur les moyens concrets de combattre la corruption.

Le Secrétaire général de la CNP dénonce l’instrumentalisation des femmes à des fins politiques

Lors d’un point de presse animé ce jeudi, Allamine Gougou, Secrétaire général de la Coordination nationale pour la paix (CNP), a condamné avec fermeté l’usage du corps des femmes à des fins politiques, qualifiant ces actes de manipulation et de violation des valeurs traditionnelles tchadiennes.

Prenant la parole devant la presse, Allamine Gougou a exprimé l’indignation de la CNP face à une récente manifestation où des femmes ont été incitées à se dénuder, selon lui, pour servir un agenda politique destructeur. « La femme tchadienne est respectueuse et respectable. Elle incarne les valeurs humaines et les défend avec jalousie », a-t-il affirmé.

Il a directement mis en cause le parti Les Transformateurs, l’accusant de manipuler des femmes à des fins politiciennes, et a appelé les autorités judiciaires à ouvrir une enquête pour situer les responsabilités dans cette « ignominie morale ».

Le Secrétaire général a exhorté les femmes à refuser toute forme d’instrumentalisation et à défendre la paix, le vivre-ensemble et la dignité. « L’heure n’est plus à la mise en scène déshonorante ni au chantage politique », a-t-il insisté.

La Coordination a également demandé aux autorités judiciaires de faire toute la lumière sur les violences survenues à Mandakao, Molou et Oregomel, tout en rappelant que nul n’est au-dessus de la loi, y compris Succès Masra.

En conclusion, Allamine Gougou a appelé les citoyens à cultiver la paix, à rejeter la manipulation et à œuvrer pour la stabilité du Tchad. « Que Dieu bénisse le Tchad », a-t-il conclu.

Djibrine Hisseine Moursal interpelle le Chef de l’État sur les défis de gouvernance et l’urgence de réformes

N’Djamena, 3 juillet 2025 – Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République, le Président de l’Union des Démocrates et Socialistes (UDS), Djibrine Hisseine Moursal, appelle à une refondation sincère de l’action publique au Tchad. Il exhorte les plus hautes autorités à œuvrer pour une justice équitable, une gouvernance transparente et un climat favorable à l’investissement.

S’exprimant en tant que citoyen « profondément attaché » à son pays et en tant que responsable politique, Djibrine Hisseine Moursal déplore l’absence de volonté politique réelle pour faire du Tchad un pays émergent, malgré ses nombreuses ressources naturelles : pétrole, or, uranium, cheptel et terres agricoles.

« Rien, absolument rien, ne nous empêche d’en faire autant que les autres pays, voire plus », écrit-il, dénonçant la persistance des conflits intercommunautaires, de l’insécurité dans les grandes villes et du manque de justice sociale.

Pour le président de l’UDS, l’instauration d’un véritable État de droit, fondé sur la crainte de Dieu, le respect des lois et l’unité nationale, est indispensable. Il plaide également pour l’équité entre les régions et la parité hommes-femmes, tout en soulignant le besoin d’un leadership proche du peuple et soucieux de son avenir.

Face aux classements internationaux qui placent régulièrement le Tchad parmi les derniers, Moursal estime que ces résultats ne reflètent ni le potentiel humain ni les richesses du pays, mais qu’ils doivent interpeller tous les acteurs de la vie nationale.

« L’heure n’est plus aux discours, mais à l’action », conclut-il, appelant à un sursaut collectif pour bâtir « un Tchad digne de ses enfants ».

𝗧𝗖𝗛𝗔𝗗 : 𝗗𝗔𝗚𝗢 𝗬𝗔𝗖𝗢𝗨𝗕𝗔 , 𝗨𝗡 𝗛𝗢𝗠𝗠𝗘 𝗗’𝗘𝗫𝗣𝗘𝗥𝗜𝗘𝗡𝗖𝗘 𝗔 𝗟𝗔 𝗧𝗘𝗧𝗘 𝗗𝗨 𝗟𝗢𝗚𝗢𝗡𝗘 𝗢𝗖𝗖𝗜𝗗𝗘𝗡𝗧𝗔𝗟

Ce 24 juin 2025, à travers un décret présidentiel N°1262/PR/PM/MATD/2025, signé ce mardi 24 juin, officialise la nomination de Dago Yacouba au poste de délégué général du gouvernement auprès de la province du Logone Occidental. Ce retour sur la scène administrative nationale marque une nouvelle étape dans la carrière d’un homme connu pour son parcours dense et son sens aigu de l’État.

Cette nomination intervient dans le cadre d’un léger remaniement orchestré par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, avec l’aval du président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno. À 62 ans, Dago Yacouba n’est pas un inconnu de l’appareil administratif tchadien. Il incarne l’une des figures civiles les plus expérimentées de la République, ayant occupé tour à tour des fonctions stratégiques au sein des institutions publiques et territoriales.

L’homme a débuté sa carrière publique dans les années 2000, et s’est imposé comme une personnalité centrale entre 2006 et 2007, période durant laquelle il a dirigé la mairie centrale de N’Djamena. Ce poste a été pour lui un tremplin vers des responsabilités plus larges. Sa gestion de la capitale, à une époque charnière, a marqué les esprits par sa rigueur et son engagement en faveur du développement urbain.Par la suite, il gravit les échelons et devient gouverneur de plusieurs provinces, parmi lesquelles le Logone Occidental, le Hadjer Lamis et le Guéra, où il a su démontrer ses capacités d’écoute, de gestion territoriale et de maintien de l’ordre.

Cette polyvalence a renforcé son image d’administrateur chevronné, attaché à la stabilité locale et au service de l’État.En 2021, Dago Yacouba est propulsé à la tête du Conseil d’administration de la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT), un secteur névralgique de l’économie nationale. Cette nomination, hautement stratégique, atteste de la confiance que lui accorde le pouvoir central dans des domaines sensibles.

Par ailleurs, il est aussi un acteur politique confirmé. Il siège au Bureau politique national du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti au pouvoir, en qualité de secrétaire général 1er adjoint, ce qui renforce sa position au sein des cercles décisionnels.En 2023, Dago Yacouba avait brièvement intégré le gouvernement de transition comme ministre des Armées, des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre.

Une parenthèse militaire dans un parcours essentiellement civil, avant de marquer une pause dans les hautes sphères de l’administration publique.Son retour en tant que délégué général du gouvernement auprès du Logone Occidental intervient à un moment critique, où le Tchad cherche à reconstruire une administration stable et compétente, face aux multiples défis liés à la cohésion sociale, au vivre-ensemble et à la gouvernance locale.

Sa nomination est perçue comme un signal fort remettre des profils d’expérience aux commandes des territoires. Pour de nombreux observateurs, c’est aussi un pari sur la stabilité et la compétence. Dago Yacouba un homme de terrain, Dago Yacouba aura désormais la lourde tâche de concilier autorité de l’État, dialogue communautaire et impulsion du développement dans une province stratégique du sud du pays.