Fin de l’évaluation à mi-parcours du ministère de la santé publique

Le ministre de la santé publique Aziz Mahamat Saleh a clôturé les travaux de la 25 réunion du comité directeur cet après-midi 04 juillet à l’hôtel Hilton de N’Djamena.

Après trois jours d’évaluation, les participants à cette rencontre entre toutes les délégations sanitaires provinciales ont identifié les contraintes, défis et les goulots d’étranglement qui minent la performance des délégations sanitaires précisément les causes des décès maternelles, néonatales et enfantines, la gouvernance sanitaire et la rédevabilité des activités menées durant les six mois.

A l’issue des assises des recommandations ont été formulées à l’endroit des différents responsables de la pyramide sanitaire pour relever les défis majeurs dans le secteur de santé au Tchad.

La marche vers les législatives est annoncée

L’annonce est fait hier 03 juillet 2019 quand l’assemblée nationale a voté le nouveau code électoral à l’issue d’un vote de 127 pour, 29 contre et zéro abstention.

Un code qui modifie celui de 2015 et précise l’augmentation des délais relatifs à la convocation du corps électoral et à l’affichage des listes électorales qui passe de 30 jours à 4 mois.

La publication des résultats dans chaque circonscription électorale, dans 48 heures après la fermeture du scrutin. Les délégués des différentes formations politiques ou candidats auront l’occasion d’assister, en tant que observateurs, au greffe de la Cour suprême à la réception et à l’ouverture des procès-verbaux. La possibilité du cumul de mandat ainsi que le système majoritaire à deux tours uniquement.

Dans ce nouveau code, l’on note l’augmentation de la caution pour la présidentielle, du remboursement des frais de campagnes électorales. Et enfin, l’organisation des élections partielles consacrée dans le chapitre 7 distinct alors qu’elle était dissimulée sous le chapitre 6, réservé au contentieux électoral.

Les députés ont aussi autorisé le Gouvernement à légiférer par ordonnance pendant les vacances parlementaires du 3 juillet au 5 septembre 2019. Ainsi la marche vers les législatives se précise.  

Forum Tchad-Numérique : Jour J -7

Le comité d’organisation du forum Tchad numérique a fait la mise au point des avancées des travaux dudit forum numérique qui va se tenir les 11, 12 et 13 juillet prochains à N’Djamena. Ce forum sera placé sous le thème : « Restructuration des secteurs des postes et des technologies de l’information et de la communication au Tchad : bilan, défis et perspectives après 20 ans de chemin parcouru ».

A quelques jours du lancement du forum Tchad-numérique, le comité d’organisation annonce que tout est fin prêt pour que l’événement puisse se dérouler dans des très bonnes conditions. « L’organisation matérielle est très avancée, les différentes commissions vont commencer à passer la permanence ici même à l’Hôtel Radisson Blu, la diffusion des spots a commencé déjà sur les antennes de la télé et radio nationale, le site dédié à ce forum est opérationnel ; des affiches et autres sont prêtes pour le jour J », annonce la présidente du comité d’organisation, madame Halimé Assadia. « Et techniquement le travail est fait à 90% », confirme Konodji Guelngar Roland

Le comité annonce aussi que la plupart des présentations sont prêtes, les panelistes sont déjà sélectionnés ainsi que les thèmes pour les panels, l’observation pour le forum est finalisée en deux langues : français et l’anglais.  

Les opérateurs économiques, les experts technocrates, les représentants des partenaires de la coopération au développement, la société civile et les jeunes talents tchadiens sont attendus à ce forum pour discuter sur le développement numérique du Tchad. Ce forum est un rendez-vous qui va permettre de jeter un regard rétrospectif sur les 20 ans de la restructuration des postes et TIC au Tchad et permettre d’échanger sur l’avenir des TIC au Tchad.

Ce présent forum se veut selon les organisateurs un cadre de redynamisation de l’économie numérique et définir une stratégie pour atteindre l’émergence 2030 dans l’économie numérique du Tchad.

CAN 2019 : Les affiches alléchantes pour les 8es de finale

Les désormais qualifiées pour les 8es de finale de la CAN Egypte 2019 sont désormais connues. Parmi les 16 équipes, des duels flatteurs, surtout le tenant en titre 2017 Cameroun et le Nigeria le 06 juillet.

A la fin de la soirée de la phase de groupe, les 16 pays qualifiés pour les 8es de finale sont connus. Les affiches pour les éliminations sont annoncées comme suit :

Le grand duel qu’il faut noter dans cette cours, c’est l’affiche entre le   tenants du titre, les Lions indomptables comptent cinq sacres continentaux à leur palmarès et les Super Eagles trois.

L’Algérie – Guinée le duel serait sans doute en faveur des Verts, sélection sans conteste la plus impressionnante depuis le début du tournoi. Le Sénégal devra se défaire du surprenant Ouganda, tandis que le Maroc, seule équipe avec le voisin algérien et l’Égypte à avoir empoché 9 points, hérite pour sa part du Bénin.

Le pays-hôte aura droit à un duel avec l’Afrique du Sud, miraculée puisque qualifiée en temps que quatrième meilleur troisième. Et à juste titre, tant les Bafana Bafana n’ont rien montré depuis le début de la compétition.

Une autre affiche surprenante entre deux sélections qui avaient du mal à s’imposer depuis le coup d’envoi de cette CAN sont la Tunisie et le Ghana et la Côte d’Ivoire, qui peut espérer encore devant le Mali premier de son groupe E.

Madagascar, sera opposé à la RD Congo dans une surprise décisive pour cette éliminatoire.  

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Le programme des 8es de finale

Vendredi 05 juillet 2019 Maroc-Bénin 18 H Caire
Ouganda-Sénégal 21 h Caire
Samedi 06 juillet 2019 Nigeria – Cameroun 18 H Alexandrie
Égypte – Afrique du Sud   Caire
Dimanche 07 juillet 2019 Madagascar – RD Congo 18 H Alexandrie
Algérie – Guinée 21 H Caire
Lundi 08 juillet 2019  Mali – Côte d’Ivoire 18 H Suez

Ghana – Tunisie 21 H Ismailia

Brève : Célébration de 15 ans de lutte contre la faim et la malnutrition au Tchad

      Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) et l’Ambassade de France au Tchad célébreront le 5 juillet à N’Djamena, les 15 ans de collaboration dans la lutte contre la faim et la malnutrition.   Durant cette période, la France a alloué 23,2 millions d’euros soit 13,2 milliards de francs CFA pour soutenir les activités du PAM dans le pays.   Cette cérémonie sera également l’occasion d’annoncer une nouvelle contribution de la France d’un montant de 500 000 euros soit 283,5 millions de francs CFA pour le Tchad.    « Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies, ce sont des vies sauvées dans l’urgence et des vies transformées par le développement durable ».  

 

Economique : CEBEVIRHA fait la restitution de la table ronde de Bruxelles

Le secrétaire exécutif  de la Commission Economique  du Bétail, de la Viande et des Ressources Halieutiques (CEBEVIRAHA), Pedro Bayemé Bayemé AYINGONO a fait une conférence de presse lundi  01 juillet dernier au siège de ladite institution à N’Djamena. Une conférence au cours de laquelle, Pedro a fait la restitution de la table ronde des donateurs, des investisseurs et des partenaires techniques et financiers pour la mobilisation des ressources nécessaires au financement du plan stratégiques 2015-2025 de la CEBEVIRHA qui s’est tenue  en Bruxelles.

 » La table ronde des donateurs, des partenaires techniques et financiers et des investisseurs c’était l’épilogue d’un long processus », a déclaré Pedro Bayemé Bayemé Ayingono le secrétaire exécutif de la CEBEVIRHA,

Parmi les donateurs, les investisseurs, les partenaires techniques et financiers ayant pris part  à ce forum de mobilisation des ressources, c’est la Banque Africaine de Développement (BAD)  qui a approuvé la stratégie d’intégration de l’Afrique centrale, qui prend en compte les projets du plan stratégiques de la CEBEVIRHA ainsi que les projets  sur les « chaines de valeur » d’un montant de prés de 47 millions d’euros.

L’Union européenne par la voix de Madame Francesca MAURO, responsable de l’unité Afrique centrale de la commission de l’Union européenne, s’est engagée  à intégrer les projets de la CEBEVIRHA dans le reliquat de 27 millions d’euros réservés au programme d’intégration économique régionale.

D’autres investisseurs spécialisés respectivement dans la mise en place des systèmes d’irrigation autonome et le développement des solutions durables en pisciculture se sont engagés à soutenir les projets du plan stratégiques et bien d’autres partenaires.

Le secrétaire exécutif de la CEBEVIRHA, Pedron Bayemé Bayemé Ayingono  a fait savoir  aux différentes  presses présentes, qu’en marge de ces assisses, un mémorandum d’entente a été signé  entre la CEMAC et la CEEAC dont l’objectif est de coordonner les projets structurants de l’Afrique Centrale.

Il faut souligner que dans les perspectives, « une Task-force » sera créée, dont le rôle est de suivre et de matérialiser les engagements pris par les différents partenaires afin de mettre en œuvre les projets du plan stratégique  pour le bien-être des populations de l’Afrique Centrale.

AHMAT MAHAMAT AHMAT

Sante : N’Djamena bénéficiera d’un hôpital smart médical city.

Le président de la République, IDRISS DEBY ITNO, a posé la première pierre d’un complexe sanitaire dénommé « L’hôpital Smart Medical City » au quartier Karkandjié, dans le 5ème arrondissement de N’Djamena.
Initié par la Fondation Grand cœur en collaboration avec le groupe La Roucci, un consortium turc, l’hôpital aura une capacité de 1000 lits, une première dans la sous-région et sera une référence pour l’Afrique.  

L’hôpital Smart Medical City sera doté d’une télémédecine en vue d’optimiser les soins, d’une faculté de médecine, hébergement, des spécialités cliniques (cardiologie, néphrologie, Gynécologie, urologie, Maladies infectieuses, ophtalmologie, etc.).

Un hôtel de haut standing, d’un centre commercial, restaurants  et d’autres structures d’accueil sont aussi prévues pour les personnes âgées.

Construit sur une aire de 11 hectares, cette nouvelle structure sanitaire a une capacité d’accueil quatre supérieur a celle de l’hôpital de la Renaissance.

Santé : Le ministère évalue sa gouvernance et la rédevabilité de ses activités

La 25ème réunion du comité directeur du ministère de la santé publique lancée le 02 juillet à l’hôtel Hilton de N’Djamena par le ministre de la santé Aziz Mahamat Saleh va se poursuivre jusqu’au 04 juillet. Elle va permettre d’améliorer la gouvernance et la rédevabilité dans la mise en œuvre des activités sanitaires à tous les niveaux de la pyramide sanitaire.

Après six mois, les différentes activités et recommandations de la 24ème réunion mises  en œuvre par les délégués provinciaux doivent être évaluées à ses assises. La présente réunion est une innovation du ministère de la santé publique pour renforcée le suivi stratégique rapprochée de la mise en mise en œuvre des activités sanitaires. Elle se veut un exercice devant permettre d’asseoir la rédevabilité dans la conduite des activités sanitaires en vue d’insuffler un nouveau dynamisme au secteur.

« Il sera pour chaque délégation sanitaire provinciale de démontrer l’évolution des indicateurs de santé en lien avec les moyens matériels, financiers et humains dont il dispose », déclare Aziz Mahamat Saleh, ministre de la santé publique.

« Comme les défis sont nombreux et induisent la faible réponse de notre système de santé, il nous faut redoubler d’efforts, améliorer nos manières de faire pour une prise en charge efficace des problèmes de santé avec la pleine implication de la communauté et des organisations de la société civile », souligne le ministre de santé, Aziz Mahamat Saleh avant d’inviter les responsables sanitaires aux différents niveaux à tirer profit des échanges pour mieux corriger les dysfonctionnements qui seront relevés au cours des discussions.

Le représentant intérimaire de l’organisation mondiale de santé (OMS) Dr Diallo Amadou Mouctar, soulignant l’importance de la formation du capital humain, souhaite qu’il faille penser à la quantité et à la qualité des ressources humaines de santé. Pour lui, il sera très difficile d’avoir du succès dans le domaine de santé publique sans qu’il y ait des ressources humaines performantes et en quantité suffisante.

Santé : La pollution de l’air affecte la fertilité des femmes

Plus elles sont exposées aux particules fines, plus elles seront ménopausées jeunes.

En 2017, une étude taïwanaise établissait un lien entre particules fines et qualité des spermatozoïdes. C’est désormais au tour des femmes de voir leur fertilité menacée, d’après les résultats d’une étude italienne présentée à la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE).

Il y aurait une relation directe entre la durée de la vie reproductive d’une femme et la concentration en particules fines PM2,5 et en dioxyde d’azote dans l’air –tous deux considérés comme les principaux polluants de l’atmosphère terrestre– à laquelle elle est exposée. Autrement dit, plus son environnement est pollué, plus une femme sera ménopausée tôt.

Impact sur l’hormone

Pendant dix ans, l’équipe de recherche a observé le niveau des réserves ovariennes de 1.300 femmes vivant à Modène (Italie). Cette réserve est déterminée par le taux d’hormone antimüllerienne (AMH) dans le sang. Dans la mesure où c’est l’hormone aux commandes du développement des follicules ovariens –les cellules qui contiennent l’ovule relâché chaque mois pendant l’ovulation– ses variations ont une énorme influence sur l’arrêt de la vie reproductive, marqué par la ménopause. Pour se donner une idée des ordres de grandeur, une concentration sanguine d’AMH de 4,5 nanogrammes/millilitre à l’âge de 20 ans conduit à une ménopause classique, autour de 50 ans, alors qu’une femme avec un taux de 3,3 ng/ml au même âge sera ménopausée à 35 ans.

L’équipe a divisé la ville de Modène et ses environs selon quatre catégories de niveau de concentration de particules fines et de dioxyde d’azote –de 1 à 4, 4 étant le plus pollué. Chaque femme s’est vu attribuer une catégorie en fonction de son adresse de résidence. Si le taux d’AMH a chuté chez toutes au fil du temps, celles qui vivaient dans la zone 4 l’ont expérimenté beaucoup plus rapidement, certaines présentant même 1 ng/ml avant 30 ans. En zone 4, les femmes sont trois fois plus susceptibles d’atteindre ces taux aussi jeunes. À titre de comparaison, ils sont habituellement constatés chez moins de 10% des femmes en bonne santé.

Un lien fragile

On sait déjà que le taux d’AMH est influencé par la génétique et l’âge, mais il l’est aussi par les conditions de vie ou la consommation de tabac. Seul le paramètre de l’âge a été pris en compte par l’étude, fait pour le moins discriminant quand on sait que bien souvent, les zones polluées sont les plus pauvres, où la propension à fumer et la précarité sont élevées. On peut se demander aussi quelle est la valeur d’une étude menée dans une seule ville, où la frontière entre les zones de pollution est probablement ténue.

Enfin, si on arrive à prouver que la pollution peut avoir une influence sur le taux d’AMH, encore reste-t-il à déterminer si l’effet est réversible. Autrement dit, s’il suffit de s’éloigner de la zone pour rétablir des taux normaux, ou pas. D’importantes questions demeurent donc sans réponse, dans la recherche sur la pollution et la fertilité. On a déjà mené de nombreuses études pour les hommes et le spectre à explorer pour les femmes est encore plus vaste.

Slate fr

A quel prix le Zolgensma®, le médicament le plus cher du monde, sera-t-il vendu en France ?

Espoir majeur contre une maladie neuromusculaire d’origine génétique, le traitement vient d’être commercialisé aux États-Unis à un prix invraisemblable.

Record mondial battu : ce sera 2,125 millions de dollars l’injection unique, soit environ 1,9 million d’euros. La Food and Drug Administration (FDA) américaine venait à peine, le 24 mai 2019, de donner son autorisation de mise sur le marché que la multinationale pharmaceutique suisse Novartis annonçait sa revendication de prix pour sa dernière pépite de thérapie génique, le Zolgensma®.

Ce prix délirant est fondé sur une avancée biologique majeure réalisée pour partie par une équipe de recherche française dirigée par Martine Barkats chez Généthon, une structure créée grâce à l’énergie et au fruit des opérations caritatives de l’AFM-Téléthon.

Novartis a demandé une autorisation de mise sur le marché auprès de l’Agence européenne des médicaments (EMA). La question se pose de savoir dans quelles conditions et à quel prix ce nouveau médicament sera commercialisé en France et pris en charge par la collectivité.

L’affaire du Zolgensma® soulève de manière exemplaire les enjeux relatifs à la fixation du prix des médicaments véritablement innovants, ainsi qu’au partage des bénéfices. Ces sujets ne font habituellement l’objet d’aucune communication officielle, même quand ils ne sont pas couverts par les règles draconiennes protégeant les secrets industriels.

De la découverte au traitement

Les malades concerné·es par l’arrivée possible du Zolgensma® souffrent d’amyotrophie spinale (SMA), une affection rare dont il existe plusieurs formes. Toutes sont la conséquence d’une même mutation du gène SMN1, qui dirige la synthèse d’une protéine indispensable à la survie de certains neurones, les motoneurones.

La maladie entraîne une atrophie des muscles des quatre membres et du tronc. Plus elle survient tôt, plus le pronostic est sévère : dans les formes les plus précoces, la durée de vie peut ne pas dépasser quelques mois à deux ans.

À l’échelle internationale, on estime que le nombre de personnes atteintes se situe entre une sur 6.000 et une sur 10.000 naissances. Quelque 120 nouveaux cas de SMA sont découverts chaque année en France, et on dénombre environ 1.500 malades vivants (es), tous types confondus.

Longtemps rangée dans la catégorie des maladies dites orphelines, l’amyotrophie spinale a depuis deux décennies fait l’objet de considérables avancées grâce aux progrès de la génétique et l’identification en 1995 de l’anomalie génétique en cause, par l’équipe de Judith Melki à l’hôpital Necker de Paris.

Pour traiter les malades, il faut corriger le gène anormal des motoneurones pathologiques. Un défi majeur pour les biologistes spécialisés (es), que sont parvenues à relever Martine Barkats et son équipe de Généthon.

La chercheuse française a démontré qu’un vecteur dérivé d’un virus, l’AAV9, était capable de franchir l’obstacle de la barrière hémato-encéphalique et d’atteindre les motoneurones dans la moelle épinière. Cette découverte a fait l’objet d’un brevet déposé en 2007, suivi d’un article scientifique publié en 2009.

Toujours en ayant recours à l’AAV9, Martine Barkats et ses collègues ont ensuite administré par injection intraveineuse le vecteur porteur du gène corrigé chez des souris malades porteuses de la mutation responsable de la SMA, ce qui a permis d’augmenter notablement leur survie. Ces résultats prometteurs furent publiés en 2011 et ont par ailleurs fait l’objet d’une protection par un brevet.

C’est alors aux États-Unis, via la jeune start-up de biotechnologie AveXis, que l’on passa à l’étape suivante, en utilisant les résultats français dans un premier essai clinique chez des bébés souffrant du type 1 de SMA –la forme la plus grave.

En novembre 2017, une publication scientifique rapportait dans le prestigieux New England Journal of Medicine les premiers résultats encourageants de cette thérapie génique.

Peu après, AveXis signait avec Généthon un accord de licence portant sur les brevets de Martine Barkats, qui prévoyait l’utilisation du vecteur AAV9-SMN1 et son administration dans le système nerveux central humain pour le traitement de la SMA aux États-Unis, en Europe et au Japon. AveXis obtenait ainsi les droits nécessaires à la commercialisation de son produit, en attendant l’accord de la FDA.

En mai 2018, la start-up AveXis était rachetée par la multinationale suisse Novartis pour 8,7 milliards de dollars, soit 7,4 milliards d’euros.

Négociations secrètes

L’autorisation de la FDA ayant désormais été publiée et le prix de vente faramineux souhaité par AveXis / Novartis aux États-Unis ayant été annoncé, que va-t-il se passer ?

Après l’autorisation de mise sur le marché, qui devrait être accordée par l’Agence européenne du médicament avant la fin de l’année 2019, chaque pays entrera en négociation avec Novartis.

En France, ces discussions seront menées –dans le plus grand secret– au sein du Comité économique des produits de santé (CEPS). Le fait que cette avancée thérapeutique majeure trouve son origine dans des travaux menés en France est-il de nature à peser sur les tractations à venir ? C’est fort peu vraisemblable.

«Certes, les travaux fondamentaux financés depuis trente ans par l’AFM-Téléthon, suivis des recherches novatrices de Martine Barkats, ont été essentiels, mais ils ont aussi été complétés par les travaux d’AveXis et des accords ont été passés quant à l’utilisation des brevets français, souligne Christian Cottet, directeur général de l’AFM-Téléthon. Ces accords de licence prévoient le versement de 4 millions d’euros à la signature puis des versements échelonnés d’un total de 11 millions d’euros, au fur et à mesure des étapes de développement, le tout associé à un pourcentage sur les ventes du médicament aux États-Unis et en Europe. Ce qui correspond à des sommes de l’ordre de plusieurs dizaines de millions d’euros sur la durée, que se partageront Généthon et la recherche publique français (CNRS), co-propriétaires des brevets. Bien entendu, ces sommes seront entièrement réinvesties dans de nouveaux programmes de recherche, notamment pour des maladies rares, dans le respect de la vocation non lucrative de Généthon.»

« Une grande hypocrisie prévaut dans ce domaine, à commencer par la différence entre les prix publics affichés et ceux en réalité pratiqués », Christian Cottet, directeur général de l’AFM-Téléthon

On peut voir une forme de paradoxe non dénué de perversité dans ce système, qui fait coïncider en France des recherches en partie financées par la générosité publique, une logique capitaliste pharmaceutique internationale et une prise en charge médicamenteuse assurée par la solidarité nationale.

«À dire vrai, il faut bien comprendre qu’une grande hypocrisie prévaut dans ce domaine, à commencer par la différence entre les prix publics affichés et ceux qui sont en réalité pratiqués, reconnaît Christian Cottet. La démonstration nous en est notamment fournie avec le dossier du Spinraza® de la multinationale pharmaceutique américaine Biogen, premier médicament à avoir été autorisé dans la SMA.»

Le précédent du Spinraza®

Ce médicament, véritable innovation thérapeutique changeant le destin des malades, avait d’emblée été vendu par la firme à un prix battant des records. À près de 85.000 euros le flacon, avec six injections la première année et trois les années suivantes, le traitement revient à environ 750.000 euros les douze premiers mois, puis à 250.000 euros par an.

Cette revendication abusive a retardé la mise à disposition du traitement pour certaines formes de la maladie, le temps que les autorités de santé et la société parviennent à s’accorder sur un prix –finalement officiellement fixé à 70.000 euros l’injection, soit 420.000 euros pour l’année 1 et 210.000 euros pour les suivantes.

En pratique, ce prix catalogue ne correspondait pas au prix réel, du fait d’un encadrement de la dépense conduisant à des remises annuelles concédées par la société en fonction du nombre de malades traités (es).

«Ainsi, le prix réellement perçu in fine par Biogen pour son Spinraza® est inférieur à celui officiellement affiché, confie Christian Cottet. Pour autant, c’est en se comparant aux chiffres officiels de son concurrent que Novartis a fixé le prix de son Zolgensma®, en arguant qu’il permettait, en une seule injection, d’obtenir de bien meilleurs résultats à moitié prix du traitement Spinraza® sur dix ans. Où l’on voit qu’à l’évidence, l’absence entretenue de transparence est une cause majeure d’inflation, même s’il faut cependant reconnaître que les coûts de production du Zolgensma® sont bien supérieurs à ceux du Spinraza®

Avec le Spinraza®, l’affaire avait été jugée suffisamment grave, en haut lieu, pour que la Haute autorité de santé (HAS) soit interrogée sur la soutenabilité de cette dépense pour l’Assurance maladie. En décembre 2017, l’institution avait publié un avis d’efficience particulièrement éclairant quant aux impasses actuelles du système.

Selon la HAS, l’affaire était autant économique que politique : «Cela pose la question de l’acceptabilité d’un tel niveau de dépenses liées au seul coût du traitement, comparativement aux autres postes de coûts déjà supportés par la collectivité, et par ailleurs de la soutenabilité de ces dépenses.» De fait, pour financer la première année de traitement de 1.500 malades au prix officiel, il aurait théoriquement fallu verser plus de 600 millions d’euros à Biogen.

Qu’en sera-t-il avec le Zolgensma®, et combien de temps l’opacité sur la réalité des coûts et sur la fixation des prix va-t-elle durer ? L’affaire dépasse de loin la SMA. Tout converge pour dire que si rien n’est fait, cette absence de transparence inflationniste conduira à court terme à une restriction progressive de l’accès des plus pauvres aux médicaments innovants, notamment en cancérologie et pour les maladies rares.

On observe certes quelques signaux encourageants. Ainsi la soixante-douzième assemblée annuelle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est-elle achevée, le 28 mai dernier, par l’adoption d’une résolution sur le sujet le plus douloureux de son ordre du jour : l’amélioration de la transparence des marchés de médicaments, de vaccins et d’autres produits sanitaires.

«Les ONG voient dans ce vote une victoire qui marque un tournant, observe Le Monde. Bien qu’il n’ait pas de valeur juridique contraignante, le document invite les États-membres de l’OMS à renforcer le partage public des informations sur les prix réels payés par les gouvernements et les autres acheteurs de produits de santé, et à améliorer la transparence sur les déterminants de ces prix afin de faciliter l’accès aux traitements.»

Il ne sera pas inintéressant d’observer, demain, comment la France mettra en pratique –ou non– ce qu’elle a voté dans le cadre de l’OMS.

Slate fr