Traite des personnes : l’ONU félicite le Tchad mais pointe de sérieuses insuffisances

En mission officielle au Tchad, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la traite des personnes, Siobhán Mullally, a salué les avancées enregistrées par le pays tout en alertant sur la persistance de graves défis structurels.

Au terme d’un séjour de dix jours qui l’a conduite à N’Djamena, Koumra et Adré, l’experte onusienne a reconnu des progrès notables, notamment l’adoption d’une législation spécifique contre la traite, la mise en œuvre d’un plan d’action national et la création d’une Commission nationale dédiée.
Elle a également mis en avant l’effort consenti par le Tchad dans l’accueil de plus de 1,5 million de réfugiés, malgré un contexte régional marqué par une crise humanitaire prolongée au Sahel.

Des risques accrus d’exploitation
Toutefois, la Rapporteuse spéciale a exprimé ses préoccupations face au soutien international jugé insuffisant à l’action humanitaire du pays. Selon elle, ce déficit de financement fragilise les mécanismes de protection et expose davantage les réfugiés ainsi que les retournés tchadiens aux réseaux de traite.

Sur le terrain, la traite des enfants à des fins de travail forcé demeure préoccupante. Agriculture, exploitation minière artisanale et travail domestique figurent parmi les secteurs les plus à risque. Dans certaines zones rurales, notamment au Moyen-Chari, des cas de vente ou d’enlèvement de garçons à des fins d’exploitation ont été signalés.

Les filles et jeunes femmes ne sont pas épargnées. Malgré l’interdiction des mariages précoces, cette pratique persiste. L’exploitation sexuelle et le travail domestique forcé continuent de toucher des mineures, souvent dans un contexte de violences physiques et d’abus sexuels.

Justice fragilisée et impunité persistante
Autre sujet d’inquiétude : la sous-déclaration des cas d’exploitation sexuelle, liée à la stigmatisation sociale, à l’impunité et à l’accès limité à la justice. Les femmes migrantes et rurales figurent parmi les plus vulnérables, exposées à la servitude pour dettes et à diverses formes de contrôle coercitif.
Pointant du doigt la corruption, la faible application de l’État de droit et le manque d’indépendance du pouvoir judiciaire, Mme Mullally estime qu’une réforme profonde des secteurs de la justice et de la sécurité est indispensable pour rendre effective la lutte contre la traite des personnes au Tchad.

La Rapporteuse spéciale doit présenter ses conclusions détaillées au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies dans les prochains mois.

🇹🇩 Tchad : Le SYNAD dénonce l’interpellation de douaniers au bureau de N’Guéli 2

Le Syndicat National des Douanes (SYNAD) est monté au créneau après l’interpellation de plusieurs agents en service au bureau des Douanes de N’Guéli 2, également appelé bureau conteneur. Les faits se seraient produits le 23 février 2026 aux environs de 12 heures.
Dans un communiqué rendu public le 24 février 2026 à N’Djamena, le SYNAD qualifie cette interpellation d’« arbitraire » et exprime sa vive préoccupation face à ce qu’il considère comme une atteinte aux droits des agents dans l’exercice de leurs fonctions.

Le syndicat rappelle que, conformément à l’article 88 du Code des Douanes CEMAC, il est formellement interdit à toute personne, civile ou militaire, d’entraver, de troubler ou d’exercer des violences à l’encontre des agents des douanes dans l’accomplissement de leurs missions. Selon le communiqué, les actes dénoncés constitueraient une humiliation publique et une atteinte grave à l’intégrité des institutions.

Tout en appelant à l’apaisement et au respect des procédures légales, le SYNAD exige la libération immédiate des agents arrêtés et demande qu’une enquête soit diligentée afin d’établir les circonstances exactes de cette interpellation. Il réclame également des mesures concrètes pour garantir la protection des douaniers dans l’exercice de leurs fonctions.

Le syndicat prévient enfin qu’il ne tolérera aucune forme d’agression contre ses membres et appelle les autorités compétentes à prendre leurs responsabilités afin de préserver l’État de droit et le bon fonctionnement des institutions.

Tchad : L’ONU dresse le bilan de trois ans d’action intégrée entre urgence, développement et paix

Le Système des Nations Unies au Tchad a publié, le 24 février 2026 à N’Djamena, un article d’analyse consacré à son engagement aux côtés de l’État tchadien sur la période 2023-2026, dans un contexte marqué par des crises humanitaires majeures et des défis structurels de développement.

Intitulé « De l’urgence à la résilience et au développement : Contribution du système des Nations Unies à la paix durable et au développement intégré du Tchad (2023–2026) », le document, signé par le Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire, revient sur trois années d’interventions articulées autour du nexus humanitaire-développement-paix.

Depuis le déclenchement de la crise au Soudan en avril 2023, le Tchad a accueilli plus d’un million de réfugiés et de personnes déplacées, exerçant une pression sans précédent sur les services sociaux de base. L’ONU souligne les efforts conjoints menés avec les autorités nationales pour organiser la relocalisation vers des sites aménagés et renforcer la réponse humanitaire.
Le pays s’est également affirmé comme plateforme logistique régionale, facilitant l’acheminement de l’aide vers le Soudan. Sur le plan sanitaire, l’organisation met en avant la riposte coordonnée contre l’épidémie de choléra en 2025, présentée comme un exemple de coopération efficace entre partenaires nationaux et internationaux.

Au-delà de l’urgence, l’accent est mis sur les investissements en résilience, en gouvernance locale et en cohésion sociale, en cohérence avec le Plan national de développement « Tchad Connexion 2025-2030 ». Entre 2023 et 2025, plus de 2,2 milliards de dollars ont été mobilisés pour soutenir ces priorités.

Pour 2026, les Nations Unies annoncent déjà une enveloppe prévisionnelle de 621 millions de dollars destinée à consolider les services sociaux essentiels, appuyer les zones les plus vulnérables et renforcer la stabilité.

À travers cette publication, le Coordonnateur résident appelle à un maintien de la solidarité internationale afin d’accompagner durablement le Tchad dans ses efforts de stabilisation et de développement.

الخاصة للأمم المتحدة في مهمة في تشاد

استقبل وسيط الجمهورية، هذا الأربعاء 25 فبراير 2026، السيدة سيوبهان مولالي، المقررة الخاصة للأمم المتحدة المعنية بالاتجار بالبشر، لا سيما النساء والأطفال، من المفوضية السامية للأمم المتحدة لحقوق الإنسان، في مهمة رسمية في تشاد.
الهدف من زيارتها هو تقييم الوضع الفعلي للاتجار بالبشر في الدول الأعضاء، من أجل تعزيز آليات الوقاية، وتحسين حماية الضحايا، وتعزيز احترام الحقوق الأساسية.
خلال هذا اللقاء الذي عقد بحضور مساعديهما، بحثت السيدة سيوبهان مولالي والسفير صالح كبزابو وضعية الاتجار بالبشر في تشاد، مع التركيز على الجهود التي تبذلها السلطات الوطنية وكذلك التحديات المستمرة، لا سيما فيما يتعلق بحماية النساء والأطفال.
أثنت المقررة الخاصة على مساهمة وساطة الجمهورية التي، بصفتها مؤسسة مستقلة، تلعب دوراً أساسياً في حماية حقوق المواطنين من خلال استلام ومعالجة الشكاوى، وتوعية السكان، والدفاع عن الفئات الضعيفة، وصياغة التوصيات للسلطات العليا في البلاد.
من جانبه، أكد وسيط الجمهورية التزامه المستمر بالدفاع عن حقوق الإنسان وأكد على ضرورة تعزيز علاقة التعاون لضمان وقاية أفضل، وتقديم رعاية فعالة للضحايا، وتعزيز سيادة القانون.
من خلال هذا اللقاء، تؤكد وساطة الجمهورية استعدادها للتعاون مع الشركاء الوطنيين والدوليين من أجل تعزيز الكرامة الإنسانية، وحماية الفئات الضعيفة، وتعزيز سيادة القانون في تشاد.

Le Ministère du Pétrole, des Mines et de la Géologie durcit le ton contre les accès illégaux aux sites miniers.

Dans une note circulaire signée le 24 février 2026 à N’Djamena, la ministre Mme Ndolenodji Alixe Naimbaye rappelle fermement l’interdiction formelle de toute visite de sites miniers ou reconnaissance géologique sans autorisation préalable.

Le document précise que seules les sociétés et personnes disposant d’un titre minier valide ou d’un ordre de mission officiel délivré par le ministère sont habilitées à accéder aux zones concernées. Toute présence non autorisée constitue une infraction.

Les autorités administratives provinciales ainsi que les services déconcentrés sont instruits de veiller au strict respect de cette mesure. Les contrevenants, qu’ils soient personnes physiques ou morales, s’exposent à des poursuites judiciaires et à des sanctions prévues par les lois en vigueur en Tchad.

État civil : le Tchad accélère la modernisation numérique des jugements supplétifs

Du 25 au 26 février 2026, un atelier stratégique se tient à N’Djamena autour d’un chantier majeur : l’interconnexion des Tribunaux de Grande Instance avec le Registre National Biométrique des Populations (RNBP).

Portée par l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANATS), en partenariat avec le Ministère de la Justice et des Droits Humains et le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, cette rencontre marque une étape décisive dans la transformation numérique de l’état civil tchadien.

Un enjeu fondamental pour les droits des citoyens
L’acte de naissance constitue la clé d’accès aux droits fondamentaux : scolarisation, soins de santé, emploi, participation citoyenne. Pourtant, de nombreux Tchadiens restent sans existence juridique formelle.

Pour ces citoyens, le jugement supplétif demeure souvent l’unique voie de régularisation. Mais la complexité des procédures, les délais administratifs et les risques de fraude fragilisent encore le système.

Vers une administration plus fiable et transparente
L’atelier vise plusieurs objectifs structurants :
Simplifier les procédures judiciaires liées aux jugements supplétifs ;
Sécuriser leur délivrance grâce à des outils numériques ;
Assurer une traçabilité rigoureuse des décisions ;
Déployer une application interopérable entre les juridictions et le RNBP.

Cette interconnexion permettra un meilleur contrôle des données, une coordination renforcée entre institutions et une gestion plus sécurisée des informations d’état civil.

Un engagement institutionnel affirmé
Magistrats, experts techniques, représentants ministériels et acteurs de la société civile prennent part aux travaux. À l’ouverture, le Secrétaire général du Ministère de la Sécurité publique, le Général Benguela Guidjinga, a rappelé que l’état civil constitue « la mémoire de la Nation » et un pilier essentiel du contrat social.
Des résultats attendus
Les recommandations issues des travaux devraient porter sur :

L’adaptation du cadre juridique ;
La mise en place d’un dispositif technique sécurisé ;
L’instauration d’un mécanisme de suivi et d’évaluation pour accompagner le déploiement progressif dans les tribunaux.

À travers cette réforme, le Tchad confirme sa volonté de bâtir une administration plus inclusive, plus efficace et résolument tournée vers le numérique.

Moderniser l’état civil, c’est garantir à chaque citoyen le droit d’exister pleinement aux yeux de la République.

Koundoul : des enfants en conflit avec la loi bénéficient d’un programme de réinsertion

Une cérémonie de réinsertion familiale et socio-professionnelle d’enfants en conflit avec la loi s’est tenue au CNARREV de Koundoul. L’événement a été placé sous la présidence de la ministre d’État, ministre de la Femme et de la Petite Enfance, Mme Kitoko Gata Ngoulou.

La rencontre a réuni plusieurs personnalités, dont le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Dr Youssouf Tom, ainsi que la représentante de l’UNICEF. Dans son intervention, la ministre d’État a insisté sur l’importance d’une justice à la fois ferme et protectrice, rappelant que les mineurs doivent bénéficier d’un traitement adapté à leur âge et à leur situation. Elle a souligné que l’objectif principal demeure la réhabilitation et la réinsertion sociale.

Cette action s’inscrit dans le cadre des efforts engagés par les autorités pour renforcer la protection de l’enfance et améliorer la prise en charge des mineurs en situation de vulnérabilité. Le centre offre aux enfants un accompagnement éducatif, psychologique et professionnel visant à favoriser leur retour en famille et leur intégration durable dans la société.

Les responsables présents ont salué cette initiative qui contribue à donner une seconde chance aux enfants concernés et à promouvoir une approche humaniste de la justice juvénile.

🇧🇴🇲🇦 Bolivie–Maroc : La Bolivie suspend sa reconnaissance de la « RASD »

La Bolivie a annoncé la suspension de sa reconnaissance de la pseudo « République arabe sahraouie démocratique » (RASD), marquant un tournant diplomatique significatif dans ses relations internationales.

Cette décision a été rendue publique à l’issue d’un entretien téléphonique tenu ce lundi entre Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, et son homologue bolivien, Fernando Aramayo, ministre des Affaires étrangères de l’État plurinational de Bolivie.

Dans un communiqué conjoint, l’État plurinational de Bolivie indique avoir procédé à un réexamen souverain de sa politique étrangère, en conformité avec la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies et en réaffirmant son soutien au processus politique mené sous les auspices des Nations unies.

À l’issue de cet examen, la Bolivie a décidé de suspendre ses relations diplomatiques avec l’entité dénommée « République arabe sahraouie démocratique » (RASD) et de mettre fin à tout contact officiel avec celle-ci, soulignant qu’elle n’est pas reconnue comme État membre de l’Organisation des Nations unies.

Selon le communiqué, cette décision s’inscrit dans la volonté de la Bolivie de contribuer de manière constructive aux efforts internationaux visant à parvenir à une solution politique réaliste, pragmatique et durable, fondée sur le compromis et conforme aux paramètres établis par les Nations unies.

La suspension de la reconnaissance de la « RASD » ouvre ainsi un nouveau chapitre dans les relations entre le Maroc et ce pays d’Amérique latine.

Les deux parties ont également convenu de rétablir leurs relations diplomatiques et d’entamer les procédures nécessaires en vue de l’établissement de missions diplomatiques résidentes à La Paz et à Rabat.

Douanes : Reconnaissance des efforts du Général Saleh Abakar Annour

Depuis sa nomination à la tête de la Surveillance et de la Répression de la Fraude au sein de la Direction Générale des Douanes, le Général Saleh Abakar Annour est présenté par plusieurs sources comme un responsable engagé dans une dynamique de réorganisation et de renforcement des mécanismes de contrôle.

À son arrivée, il aurait trouvé un contexte marqué par des défis liés à la fraude, à la circulation de produits prohibés et à certaines failles organisationnelles. Des mesures internes ont alors été engagées afin de restructurer les services, d’améliorer la coordination des équipes et de renforcer la discipline professionnelle.

Selon des informations recueillies auprès de milieux proches de l’administration, ces réformes auraient permis une meilleure efficacité opérationnelle. Les dispositifs de surveillance ont été intensifiés, avec pour objectif de limiter les circuits informels et de réduire les pratiques frauduleuses qui impactent les recettes de l’État.

Par ailleurs, les données internes feraient état d’une amélioration des recettes douanières depuis la mise en œuvre des nouvelles orientations. Cette évolution serait perçue comme un indicateur positif de la mobilisation accrue des ressources publiques et du renforcement du contrôle aux points stratégiques.

Concernant les critiques et accusations relayées par certains groupes, des sources administratives les qualifient d’allégations sans fondement. Elles estiment que ces réactions peuvent être liées aux mesures de lutte contre les réseaux de fraude récemment démantelés, qui auraient été actifs dans l’importation et la distribution de produits prohibés.

Dans l’ensemble, les responsables et observateurs favorables aux réformes considèrent que les actions engagées visent à restaurer l’ordre, la transparence et l’efficacité au sein de l’institution douanière, dans le respect des textes en vigueur et des instructions hiérarchiques.

Mongo : Découverte du corps d’un nouveau-né à Amchak

La ville de Mongo a été marquée par un fait tragique ce lundi 23 février 2026. Le corps sans vie d’un nouveau-né a été découvert dans le quartier Amchak.

Selon les premières informations disponibles, le bébé aurait été retrouvé dans un environnement laissant penser à un abandon. Les circonstances exactes du drame ne sont pas encore établies et une enquête pourrait permettre de faire la lumière sur les faits. L’identité de la mère demeure, pour l’instant, inconnue.

Informées de la situation, les autorités locales se sont rapidement rendues sur place. Les dispositions nécessaires ont été prises pour assurer la prise en charge du corps et son inhumation dans le respect des règles en vigueur.
Les habitants du quartier, profondément choqués, appellent à davantage de sensibilisation et de vigilance face aux situations de vulnérabilité.