Coopération militaire : Le nouveau champ d’intervention Russe en Afrique

La signature récente d’un accord militaire entre le Mali et la Russie est sans nul doute un désaveu pour l’assistance pléthorique et inefficace des forces étrangères, notamment la force Barkhane et la Minusma. L’arrivée imminente de la Russie au Mali dans la lutte contre le terrorisme risque de faire des malheureux notamment au camp occidental.

Depuis 2012, notre pays traverse une crise multidimensionnelle sans précédent marquée par des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des tentatives de démembrement du pays, mais aussi des tentatives de provoquer une guerre interethnique au centre du pays. Et cela sous le regard de la force Barkhane et la Minusma présentes au Mali dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, de la protection des civils et de la stabilisation du pays?
Face à la recrudescence des violences et les multiples attaques terroristes contre les civils et nos militaires, le gouvernement du Mali s’est retrouvé entre le marteau et l’enclume. D’une part, le respect de l’accord militaire signé avec la France en 2014 et la protestation dans la rue qui exige le retrait de la France considérée comme une force occupante?
Au même moment, l’expérience russe dans la lutte contre le terrorisme en Syrie et en Centrafrique a interpellé les Maliens. Contrairement à la France, la Russie a mis un accent sur le renforcement des capacités logistiques des militaires centrafricains en mettant à leurs dispositions des équipements efficaces de lutte contre les terroristes. Pour la majorité des Maliens, l’accompagnement russe est sincère et efficace.

Des marches pour réclamer la signature d’un accord militaire avec la Russie ont eu lieu à Bamako dans plusieurs villes du Mali. Un cas parmi tant d’autres, la manifestation du 5 avril, organisée à l’appel des chefs religieux et des forces patriotes, qui a dénoncé toute forme d’occupation étrangère et a appelé à ce que l’État malien et son armée retrouvent leurs droits. Les autorités maliennes ne pouvaient pas rester insensibles à ces cris des citoyens.

Finalement, la mobilisation de la population et la recrudescence des violences semblent avoir eu raison de l’accord militaire entre le Mali et la France. Les ministres de la défense de la Russie et du Mali ont signé, le lundi dernier, un accord intergouvernemental sur la coopération militaire entre les deux pays en marge du forum militaire et technique international «Armée-2019». Cet accord s’inscrit dans le cadre de l’intensification des relations militaires entre le Mali et la Russie.

À travers cet accord,comme stipulé, la Russie va contribuer à la normalisation de la situation au Mali et à la création de conditions pour une paix et une stabilité durables. Pour ce faire, Moscou compte renforcer les capacités et la dotation des forces armées de défense et de sécurité du Mali en armements et en moyens logistiques adéquats.

Cette signature de l’accord militaire avec la Russie ne fait pas que des heureux. Certains partenaires de longue date du Mali, qui luttent aux côtés de nos militaires, risquent de faire leurs bagages, notamment la France et la Minusma. Ces partenaires ont-ils prouvé leurs limites dans la résolution de la crise malienne? Il ne reste plus que le gouvernement officialise la rupture de l’accord signé avec la France, car, il sera difficile, voire impossible, une cohabitation franco-russe au Mali.

Le gouvernement doit être prudemment prudent pour ne pas fuir du lion pour aller se jeter dans la gueule du loup.
Et sans doute, le Président de la République doit en principe se prononcer là-dessus pour étaler sans ambages le cadre d’une nouvelle version de la politique de défense et de sécurité.

Guindo Issiaka Étudiant chercheur, correspondant au Mali.

TCHAD : Sous l’effet de l’alcool, il ramasse un piéton et le vide de son sang

Le drame s’est produit devant l’église catholique « Sacré Cœur » de Moursal. Un homme d’une trentaine révolue qui revenait de la ville vers 17 heures, tout ivre sur sa moto perd le contrôle de son engin et percute un piéton qui marchait tranquillement dans son droit.

Cet innocent s’est cogné la tête contre le goudron et gravement blessé à la nuque. Il gisait dans son sang. Le motocycliste quant à lui, malgré ses blessures relève la tête mais ne peut se lever ni parler.

Sur l’intervention des usagers, les deux blessés seront transportés dans le centre de santé le plus proche.

TCHAD : Fin des épreuves écrites du BAC 2019

Les épreuves écrites du baccalauréat session de juillet 2019 lancées le 1er juillet ont pris fin ce samedi 6 juillet sur toute l’étendue du territoire tchadien.

Pour le président du jury de cet examen, Byanzeube Tikri, les épreuves se sont déroulées dans de bonnes conditions. « Depuis lundi jusqu’aujourd’hui, tout s’est très bien passé. Nous sommes en contact permanent avec les présidents des centres dans les provinces. Jusqu’à maintenant, tout se passe dans de meilleures conditions. D’ailleurs, au départ nous avons appris des rumeurs dans les réseaux sociaux mais nous avons dès le début pris nos dispositions. Nous avons pu réagir en mettant sur place un plan B et tout s’est déroulé dans de meilleures conditions », a déclaré le président du jury.

« C’est un succès. On a fait tout pour que le bac puisse se dérouler dans les meilleures conditions », a-t-il apprécié avant d’indiquer que la correction des épreuves débutera le lundi 8 juillet prochain au Lycée Ibnou Cina.

Les résultats sont attendus dans un délai n’excédant pas un mois, a promis Byanzeube Tikri.

TCHAD : Le couple présidentiel en déplacement au Niger

Le couple présidentiel a quitté N’Djamena ce samedi 6 juillet 2019 pour Niamey au Niger.

Le chef de l’Etat, Idriss Déby Itno participera au 12ème sommet ordinaire de l’Union Africaine (UA). La première dame, Hinda Déby Itno quant à elle prendra part à la rencontre de l’organisation des premières dames d’Afrique (OPDAD).

CAN EGYPTE 2019 : les huitièmes de finale de la 32ème édition avec pleine de surprises

Hier, vendredi 5 juillet, les « Ecureuils » du Bénin ont créé leur entrée en éliminant « Les Lions de l’Atlas » en tirs au but par 4 buts à 1. Pourtant, les deux équipes étaient à égalité (1-1) en temps règlementaire. Elles vont garder le même score à la prolongation jusqu’aux tirs au but. Tandis que, le Sénégal va arracher sa qualification contre l’Ouganda par 1 but à 0.

Dans l’affiche de ce samedi 6 juillet, deux matchs pour les grandes nations. Un match à 17 heures entre les voisins : « Les Lions indomptables » du Cameroun (tenant du titre) affronteront les « Super Aigles » du Nigéria. Et à 20 heures, « Les Pharaons » d’Egypte du finaliste de la Champions League, Mohamed Salah sera face aux « Bafana-Bafana » d’Afrique du Sud.

Que les meilleurs gagnent !!!

Sciences : C’est devenu presque impossible de tuer les cafards avec des insecticides

S’ils résistent à certains produits, ils peuvent transmettre cette immunité à leur progéniture.

À défaut de nous envahir et de conquérir le monde, les cafards sont bel et bien vivants. Cette population est en constante évolution, la rendant presque impossible à éliminer avec des insecticides, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Scientific Reports.

Pour établir ce constat, une équipe de recherche de l’Université Purdue aux États-Unis a testé pendant six mois trois insecticides différents sur des blattes dans les États de l’Indiana et de l’Illinois. Après six mois de traitement avec les trois produits, les scientifiques ont réussi à contenir le nombre d’insectes, mais ne sont toutefois pas parvenus à le réduire.

Selon l’étude, les femelles peuvent pondre jusqu’à 50 œufs tous les trois mois et leur transmettre leur immunité face aux insecticides. Ainsi, même si seulement une fraction de la population de cafards survit à un produit et devient résistante à celui-ci, une population décimée pourrait à nouveau se reproduire en masse. «Les blattes qui développent une résistance à plusieurs types d’insecticides à la fois rendront leur contrôle presque impossible avec l’usage seul de produits chimiques», averti Michael Scharf, chercheur à l’Université Purdue et coauteur de l’étude.

Combiner plusieurs méthodes

Si les scientifiques américains (es) ont déclaré dans un communiqué que si les insecticides étaient essentiels au contrôle des populations de cafards, ils n’étaient cependant pas suffisants à eux seuls pour les éliminer.

Le meilleur moyen de lutter contre ces infestations est de combiner l’usage des pesticides avec d’autres moyens, tels que recourir à des pièges, améliorer l’assainissement –en faisant en sorte d’éliminer ce qui attire ces bestioles– ou encore utiliser un aspirateur.

À noter que ces parasites prolifèrent dans les habitations humaines et sont particulièrement friands des zones humides comme les égouts, les canalisations et les salles de bain. De précédentes recherches ont permis de découvrir que ces insectes produisaient des allergènes notamment à l’origine de l’asthme et qu’ils étaient porteurs de différentes bactéries comme E. coli, précise The Independent.

Slate fr

RDC : l’invalidation de l’élection de députés de l’opposition annulée

La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo est partiellement revenue mercredi et jeudi sur sa décision d’invalider l’élection de plusieurs députés d’opposition, une mesure qui avait ravivé les tensions politiques à Kinshasa.

La Cour a réhabilité dix-neuf des 23 députés de la coalition d’opposition Lamuka invalidés, après examen d’ « erreurs matérielles » par une chambre spéciale de cette instance judiciaire, selon un décompte de l’AFP auprès des formations politiques. Parmi les députés de l’opposition dont la victoire a finalement été confirmée par la Cour : Raphael Kibuka, Daniel Mbayo du MLC, Chérubin Okende, Daniel Safu et Mutombo Kasongo Germain de l’AMK, Jean Claude Kibala (MS) ou encore Amato Bayubasire (UNC).

Au total les juges se sont prononcés sur 178 dossiers de contestation des résultats des législatives nationales du 30 décembre rendus par la Commission électorale et leur validation par la Cour constitutionnelle. La liste définitive des députés nationaux devait être connue jeudi, selon le greffe de cette instance judiciaire congolaise.

Parmi les parlementaires de Lamuka, au moins quatre députés proches de l’ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, ont été réhabilités par ces arrêts. Le Mouvement de libération du Congo (MLC) de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba a reconnu que trois de ses élus invalidés avaient été réhabilités, dans un communiqué.

« J’ai un sentiment de satisfaction, teinté de regret étant données les péripéties qu’a connue ma validation définitive, alors que j’ai obtenu plus de 26 000 voix. L’invalidation de mes camarades de l’opposition pour des raisons inavouées me laissent aussi un goût amer » a réagit Raphael Kibuka, contacté par Jeune Afrique. « Les autorités politiques et judiciaires doivent désormais tout mettre en œuvre pour que nous ayons une justice véritable, gage de tout développement. L’appareil judiciaire devra écarter les brebis galeuses », a-t-il ajouté.

Au moins deux députés du parti de l’ancien président Joseph Kabila, le parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) précédemment validés, ont été écartés par ces décisions définitives de la Cour constitutionnelle.

Le FCC toujours majoritaire

La Cour constitutionnelle avait invalidé le 11 juin l’élection de 23 députés d’opposition, dans la plupart des cas au bénéfice de la majorité parlementaire de l’ancien président Joseph Kabila. Plusieurs ministres et gouverneurs de provinces ont vu leurs mandats validés, alors que la Commission électorale ne les avait pas proclamés élus. Le président Félix Tshisekedi avait lui-même estimé que certains arrêt de la Cour étaient « scandaleux ». L’ex-candidat Martin Fayulu avait participé dimanche à une manifestation interdite, en partie contre ces décisions.

Les décisions de la Cour constitutionnelle en RDC ne donnent normalement pas lieu à des recours. En dépit de ces annulations d’invalidations, le Front commun pour le Congo (FCC), coalition des partisans de l’ex-président Kabila, dispose de la majorité absolue à l’Assemblée nationale.

JA

TCHAD : la Banque Mondiale accorde 41 millions de dollars à la République du Tchad

Un accord de financement sous forme d’un don a été accordé à la République du Tchad ce vendredi 5 juillet 2019 par la Banque Mondiale au profit du Projet de Renforcement de la Résilience Climatique et de la Productivité Agricole Durable (ProPAD) pour une durée de 5 ans.

La signature de ces conventions vient couronner un long processus d’échanges approfondis entre les deux partie.

Pour la Ministre de la Production, l’Irrigation et des Equipements Agricoles, Lydie Béassemda, les conventions définissent et situent les responsabilités et les engagements de chacune des parties. « Elles serviront de base d’évaluation de la performance des agences de mise en œuvre. La bonne performance restera le seul critère déterminant pour décider de la poursuite ou non de la collaboration entre les deux parties durant la vie du projet », a-t-elle noté.

Selon la Coordinatrice du Projet ProPAD, Khadidja Abdelkhader, la signature de ces conventions est une ambition et un défi passionnant. « L’objectif même de ces conventions est d’officialiser notre partenariat, sur le plan technique, mais aussi sur le plan des actions à réaliser sur le terrain. En nous engageant, d’une part, à suivre ou poursuivre des missions communes, et d’autre part, à soutenir l’action du Projet ProPAD pour l’atteinte des objectifs ».

Ibrahim Mahamat Djamous nommé conseiller au Pétrole et Energie à la Présidence

Décret 952 : Ibrahim Mahamat DJamous est nommé conseiller au Pétrole et de l’Energie à la présidence de la République Tchad en remplacement de Monsieur Abakar Ali koura

Sport : Faut-il qu’une sportive soit belle pour être sponsorisée ?

Bien plus que chez les hommes, les marques semblent autant attirées par le physique des joueuses que par leurs performances.

Nike, Adidas, Puma, Coca-Cola, Emirates ou encore Visa : ces marques sponsorisent des athlètes pour des sommes astronomiques, s’élevant parfois à des dizaines de millions d’euros.

Les grands évènements sportifs internationaux comme les tournois du Grand Chelem ou les Coupes du monde sont l’occasion rêvée pour les annonceurs d’accroître leur visibilité et leurs ventes. Leurs campagnes de publicité sont d’ailleurs très souvent incarnées par des sportifs ou sportives en compétition.

La médiatisation joue un rôle majeur dans le sponsoring des athlètes : plus elle est grande, plus les sponsors sont intéressés. Si le sport féminin a toujours été moins largement diffusé que le sport masculin, il existe tout de même des sportives sponsorisées. Leur physique jouerait-il ?

Le cas Alex Morgan

«Aujourd’hui, avant de décider de sponsoriser un ou une athlète, les sponsors se fient à plusieurs critères : les résultats sportifs, le parcours de vie, l’audience sur les réseaux sociaux et bien sûr le physique. Lorsque vous êtes un annonceur dans le textile, vous voulez que votre produit soit mis en avant de la meilleure des manières. Les marques ne vous le diront pas explicitement car ce n’est pas politiquement correct, mais c’est une évidence que le physique rentre en compte», reconnaît Mathieu Poplimont, créateur du média Le Sport Business.

L’Américaine Alex Morgan en est le parfait exemple : avec 6,8 millions d’abonnés (ées) sur Instagram et 106 buts en sélection, l’attaquante est une star sur et en dehors du terrain.

Footballeuse la mieux payée au monde, elle devrait selon les estimations toucher plus d’un million de dollars [environ 885.000 euros] en 2019, entre son salaire, ses primes et ses contrats de sponsoring.

Si des marques comme Nike, Panasonic, AT&T, McDonald’s et Coca-Cola se l’arrachent, ce n’est pas seulement dû à ses performances sportives, mais aussi à ce qu’elle incarne : entre red carpets, campagnes de pub et prises de positions contre sa fédération, elle jongle entre son image de mannequin, de féministe et de sportive.

La footballeuse a même fait partie du classement des cent personnalités les plus influentes au monde dressé par le Time Magazine en avril 2019.

Une certaine image de la féminité

Le 7 juin dernier, Catherine Louveau, sociologue spécialiste des questions de genre dans le milieu sportif, dénonçait dans L’Obs les injonctions données aux sportives : «On m’a ainsi rapporté que la Fédération française de Football (FFF) incite les joueuses à se montrer “plus féminines”. Il y a quelques années, la grande majorité des joueuses de l’équipe de France de football avaient les cheveux courts, notamment pour des raisons pratiques. Aujourd’hui, elles ont presque toutes les cheveux longs –elles sont même parfois maquillées sur le terrain.»

Pourtant, parmi les vingt-trois joueuses françaises sélectionnées, seules trois attirent réellement l’attention des sponsors: Eugénie le Sommer (ambassadrice pour Puma), Gaëtane Thiney (Adidas, Arkema, Orange) et Amandine Henry, qui a notamment participé à la publicité Nike «Dream Further», sortie juste avant le début de la Coupe du monde. En France, à part ce trio, le sponsoring chez les footballeuses reste marginal.

«Ce sont trois joueuses qui sont performantes sur le terrain, des taulières, et ce sont aussi de belles femmes. Il y a beaucoup d’hypocrisie quand on commence à parler de physique, alors qu’en off, tout le monde le sait. On le voit aussi pendant les interviews des joueuses, elles n’arrêtent pas de dire qu’elles veulent garder une part de féminité», relève Mathieu Poplimont.

De fait, le sport est un métier d’image, comme peuvent l’être le cinéma ou la télévision. Pendant longtemps, les athlètes étaient seulement représentés (ées) dans des médias spécialisés ; aujourd’hui, leur présence (publicitaire) est partout, des réseaux sociaux aux campagnes d’affichage en passant par la télévision.

Bartoli, l’anti-Kournikova

Dans le sport féminin, l’image de la femme a tendance à être exploitée avant celle de la championne. À la fin des années 1990, la joueuse de tennis Anna Kournikova a affolé les sponsors grâce à son physique de mannequin.

«Les joueuses de tennis ont souvent été considérées comme des femmes-objets ou comme des sex-symbols […]. À l’époque [de Kournikova], c’est encore monté d’un cran», note David Skilling, attaché de presse et consultant marketing pour les athlètes pros, auprès de CNN.

En 1999, la Russe aurait gagné 10,25 millions de dollars rien qu’en contrats de sponsoring. À titre de comparaison, la joueuse a touché 3,6 millions dollars de gains en tournois de 1995 à 2003 –elle n’a jamais remporté un seul tournoi en individuel.

«La Russe recevait bien plus d’attention et d’argent des sponsors que beaucoup d’autres joueuses qui étaient pourtant meilleures qu’elles», souligne le journaliste spécialisé Ben Rothenberg pour CNN. En somme, ce ne seraient pas tant les performances sportives qui comptent que ce qu’incarne la sportive.

Bien loin d’une Anna Kournikova, la tenniswoman française Marion Bartoli a quant à elle longtemps été boudée par les sponsors. Son physique dit «atypique» pour une sportive de haut niveau a souvent été critiqué: «Elle est grosse Marion Bartoli», «Tu ne seras jamais un canon, tu ne seras jamais une Sharapova», «Marion Bartoli, demi-finaliste de poids», les remarques sexistes ne manquaient pas.

En 2010, Marion Bartoli n’a décroché aucun contrat de sponsoring pour ses tenues ; la joueuse était pourtant classée onzième mondiale. «Peut-être que je ne suis pas assez blonde, assez grande ou assez mince. Je suis onzième mondiale, mais je vais acheter mes chaussures et mes tenues au magasin comme tout le monde», confiait-elle.

Au creux de la vague

Le tennis et le football ne sont pas les seuls sports touchés par cette objectification du corps féminin. Dans le milieu du surf plus que dans toute autre discipline, les athlètes féminines sont jugées sur leur physique plutôt que sur leurs résultats sportifs.

Silvana Lima en est la preuve : avant 2018, la Brésilienne n’avait jamais décroché un seul contrat de sponsoring. Les différentes marques avaient jugé le physique de la surfeuse, pourtant sacrée huit fois meilleure surfeuse brésilienne et à deux reprises deuxième mondiale, pas assez gracieux à leur goût.

La sportive s’est exprimée à ce sujet en 2016, lors d’un entretien avec la BBC : «Je ne ressemble pas à un mannequin, je ne suis pas une bonnasse. Je suis une surfeuse professionnelle. Mais quand il s’agit des femmes, les marques de vêtements de surf veulent à la fois des surfeuses et des mannequins. Donc si vous n’avez pas l’allure d’un top model, vous finissez sans sponsor, c’est ce qui m’est arrivé. Vous êtes exclue, à jeter. Les hommes n’ont pas ces problèmes.»

Une injustice d’autant plus criante que les sponsors sont précieux pour les surfeuses : l’absence de contrats peut les priver de compétition, les gains en championnat n’étant pas assez conséquents pour financer leurs déplacements dans le monde entier.

Alors oui, il faut être belle pour être sponsorisée –preuve que le sport n’est que le reflet de notre société. «On est dans une époque où on ne peut pas se mentir : on se juge tous au premier regard», admet Mathieu Poplimont.

Slate fr