Tchad : Vives contestations contre un projet d’accaparement des terres dans la Tandjilé

Une vague d’indignation secoue la communauté Marba après la signature d’un contrat de bail entre l’État tchadien et la société MANTE GROUP, prévoyant l’exploitation de 30 014 hectares de terres agricoles dans les cantons Tchiré, Kakraou, Damndou et Dadji, situés dans la sous-préfecture de Baktchoro, département de la Tandjilé Ouest.

L’accord, signé le 20 janvier 2025, vise à implanter une usine sucrière et des cultures intensives de canne à sucre et de riz. Cependant, les populations locales dénoncent une spoliation de leurs terres ancestrales opérée sans leur consentement ni étude d’impact préalable. « Nos terres ne sont pas vides ! Elles sont habitées, cultivées depuis des générations. Ce projet menace notre survie », s’insurge un représentant des communautés concernées.

Une violation des droits fonciers ?

Les contestataires rappellent que cette initiative enfreint la loi n°024 du 22 juillet 1967, qui protège la propriété foncière et les droits coutumiers au Tchad. Selon eux, l’expropriation massive des terres entraînerait des conflits sociaux, l’exode rural et une insécurité alimentaire croissante.

Au-delà de la perte des terres, c’est aussi un patrimoine culturel et historique qui risque d’être effacé, avec la destruction des tombes ancestrales et des villages entiers. « C’est une insulte à notre histoire et à nos ancêtres », dénoncent les leaders communautaires.

Un modèle de développement contesté

Les ressortissants Marba de N’Djamena, qui soutiennent la mobilisation locale, ne rejettent pas le développement agricole, mais plaident pour une approche inclusive. Ils proposent la création de coopératives agricoles et un accompagnement technique des paysans, plutôt qu’une privatisation à grande échelle des terres.

Face à cette fronde, les contestataires exigent l’annulation immédiate du projet, l’ouverture de consultations transparentes et l’implication des populations dans toute décision concernant leurs terres. « Nous interpellons les hautes autorités : il faut protéger nos terres et nos droits avant qu’il ne soit trop tard », concluent-ils.

Quelle réponse du gouvernement ?

Jusqu’à présent, les autorités tchadiennes n’ont pas encore réagi aux revendications des populations de la Tandjilé. La question reste de savoir si ce projet controversé sera maintenu, au risque d’enflammer une crise sociale grandissante.

Importante saisie de stupéfiants à Moursal : Un coup de filet contre le trafic de drogue au Tchad

Une vaste opération de saisie menée par la Direction Générale de la Lutte Contre les Stupéfiants au Tchad a permis de déjouer un trafic important de drogues et autres substances illicites dans le quartier Moursal du 6ᵉ arrondissement de N’Djaména. L’opération, marquée par la saisie de grandes quantités de cannabis, d’alcool frelaté, de médicaments détournés et d’autres substances interdites, a mobilisé plusieurs autorités de la police et du système judiciaire.

Présents sur le terrain, le Directeur Général adjoint de la Police, Bourma Hemchi Tchougourou, et le Procureur de la République ont supervisé cette importante saisie. Des images frappantes ont été prises sur place, montrant des sacs de cannabis, des cartons de médicaments et des bouteilles d’alcool frelaté, exposés pour témoigner de l’ampleur de ce trafic.

Cette opération s’inscrit dans une lutte déterminée contre le trafic de drogue, avec un appel fort lancé à la population pour qu’elle reste vigilante et coopère en dénonçant toute activité suspecte. Les autorités insistent sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les forces de l’ordre et les citoyens pour éradiquer ce fléau et protéger la santé publique.

L’engagement des forces de l’ordre souligne leur détermination à lutter contre ces réseaux illégaux et à assurer la sécurité de la population.

Affaire du financement libyen : sept ans de prison requis contre Nicolas Sarkozy

L’étau judiciaire se resserre autour de Nicolas Sarkozy. Ce jeudi, le parquet national financier (PNF) a requis une peine de sept ans de prison ferme, assortie d’une amende de 300 000 euros, contre l’ancien président français dans l’affaire du financement présumé illégal de sa campagne présidentielle de 2007 par le régime libyen de Mouammar Kadhafi. Le ministère public a également demandé une interdiction de ses droits civiques et d’éligibilité pour cinq ans.

Une affaire explosive aux ramifications internationales

L’enquête, ouverte en 2013 après des révélations de Mediapart, repose sur des témoignages et des documents attribués à l’entourage de l’ex-dictateur libyen. Elle vise à établir si Nicolas Sarkozy et son entourage ont bénéficié de fonds occultes en provenance de Tripoli pour financer sa campagne victorieuse de 2007.

Au terme d’un procès très suivi, le PNF a estimé que les faits reprochés à l’ancien chef de l’État étaient d’une « gravité exceptionnelle », justifiant ainsi une sanction lourde.

Des proches également inquiétés

Trois ex-ministres du gouvernement Sarkozy sont également dans le viseur de la justice :

  • Brice Hortefeux : trois ans de prison et 150 000 euros d’amende requis.
  • Claude Guéant : six ans de prison et 100 000 euros d’amende requis.
  • Éric Woerth : un an de prison et 3 750 euros d’amende requis.

Sarkozy crie au complot

Nicolas Sarkozy, qui a toujours nié ces accusations, a dénoncé une « machination politique », affirmant que le dossier était fondé sur des « calomnies ». Ses avocats dénoncent un acharnement judiciaire et annoncent une bataille juridique acharnée pour démontrer son innocence.

Alors que le verdict est attendu dans les semaines à venir, cette affaire s’ajoute aux démêlés judiciaires de l’ancien président, déjà condamné dans d’autres dossiers. Le procès, scruté de près par l’opinion publique et le monde politique, pourrait marquer un tournant décisif dans l’histoire judiciaire française.

L’ACIDEPAT alerte sur l’insécurité croissante et condamne la déclaration d’un général soudanais

L’Action Citoyenne pour le Développement et la Paix au Tchad (ACIDEPAT), dirigée par M. Mohammed Saleh Mahamat Sossal, a exprimé de vives inquiétudes concernant la recrudescence de l’insécurité à N’Djaména et dans plusieurs autres villes du pays. Lors d’un point de presse tenu ce jeudi 27 mars 2025 à la Maison des Médias du Tchad, l’association a souligné que malgré la mobilisation des forces de sécurité, les violences, les vols et autres actes criminels continuent de menacer la stabilité du pays.

L’ACIDEPAT a lancé un appel pressant à la population pour qu’elle coopère avec les forces de l’ordre afin de dénoncer les fauteurs de troubles et de contribuer à la préservation de la sécurité collective. L’association a également condamné fermement les récentes déclarations d’un général de l’armée soudanaise, réaffirmant son soutien indéfectible au gouvernement tchadien face à ces propos.

L’ACIDEPAT insiste sur l’importance de l’unité nationale et de l’implication citoyenne pour contrer ces défis sécuritaires qui fragilisent l’ordre public et la paix sociale.

Soudan du Sud : Arrestation du Vice-Président Riek Machar, Craintes d’un Retour à la Guerre Civile

Le vice-président du Soudan du Sud, Riek Machar, a été arrêté mercredi dans sa résidence à Juba par les forces loyales au président Salva Kiir, selon un communiqué de son parti, le SPLM-IO. Cette arrestation intervient alors que le pays traverse une période de fortes tensions politiques et militaires, faisant craindre une reprise du conflit qui avait dévasté la nation entre 2013 et 2018.

Un Contexte de Tensions Croissantes

Depuis plusieurs semaines, des affrontements ont été signalés dans la ville de Nasir, dans l’État du Haut-Nil, opposant les forces gouvernementales aux partisans de Machar. Plusieurs hauts responsables proches de l’opposant, dont le ministre du Pétrole Puot Kang Chol et le général Gabriel Duop Lam, ont également été arrêtés récemment, alimentant les soupçons d’une purge politique.

Inquiétudes de la Communauté Internationale

Les Nations unies ont exprimé leur vive inquiétude, avertissant que le pays risque de retomber dans un conflit généralisé si la situation n’est pas maîtrisée. Les États-Unis, de leur côté, ont appelé le président Kiir à libérer Riek Machar, estimant que cette arrestation risque de compromettre l’accord de paix signé en 2018.

Quel Avenir pour le Soudan du Sud ?

Alors que la communauté internationale exhorte les dirigeants sud-soudanais à respecter leurs engagements de paix, l’incertitude demeure sur l’avenir du pays. Les prochains jours seront décisifs quant à l’évolution de cette crise qui menace de replonger le Soudan du Sud dans une nouvelle guerre civile.

Médias :Liberté de la presse menacée au Tchad : le RJRT alerte sur des menaces et arrestations de journalistes

Le Réseau des Journalistes Reporters Tchadiens (RJRT) a dénoncé, lors d’un point de presse, les menaces de mort proférées contre le journaliste Mbaigolmem Arnaud par le président du parti CTPD, Laokein Kourayo Médard. Ce dernier accuse le journaliste d’avoir relayé un article critiquant l’élection présidentielle de 2024.

Le RJRT s’inquiète également de l’arrestation arbitraire de trois journalistes Monodji Mbaindiguim Olivier, Mahamat Alhissein et Ndilyam Guékidata détenus depuis 21 jours à la prison de Kléssoum sans explication officielle.

Face à cette situation, le RJRT appelle les médias et les organisations de défense des droits à se mobiliser pour protéger la liberté de la presse, tout en exhortant les autorités tchadiennes à garantir la sécurité des journalistes et à respecter leur droit à informer.

Un Tchadien à la tête de l’OEACP : Moussa Saleh Batraki en visite à l’Ambassade du Tchad à Genève

L’Ambassade du Tchad à Genève a accueilli ce mercredi une rencontre diplomatique de haut niveau entre Moussa Saleh Batraki, nouveau Secrétaire général de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), et Dr. Jean Pierre Baptiste, Ambassadeur et Représentant permanent du Tchad en Suisse.

En mission de travail à Genève, Moussa Saleh Batraki a profité de cette visite pour exprimer sa reconnaissance aux plus hautes autorités tchadiennes pour leur soutien dans son accession à la tête de l’OEACP. Il devient ainsi le premier Tchadien à occuper ce poste stratégique au sein de cette organisation intercontinentale qui regroupe 79 États membres.

Diplomate chevronné, M. Batraki est une figure bien connue des cercles de la diplomatie multilatérale et des décisions gouvernementales. Son mandat, d’une durée de cinq ans renouvelable, lui confère une responsabilité majeure dans la coordination des relations entre l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique, notamment en matière de coopération économique et de développement.

Cette nomination représente une avancée significative pour la diplomatie tchadienne, renforçant ainsi la visibilité et l’influence du pays sur la scène internationale. Elle pourrait également permettre au Tchad de mieux défendre ses intérêts au sein de cette organisation, notamment sur les questions liées aux échanges commerciaux, au développement durable et à la coopération Sud-Sud.

Avec cette nouvelle responsabilité, Moussa Saleh Batraki entend mettre à profit son expérience pour dynamiser les actions de l’OEACP et renforcer la solidarité entre ses États membres.

#Tchad : M. Saleh Abouna Abakar lance un appel pour la reconnaissance des cadres du MPS

M. Saleh Abouna Abakar, Conseiller municipal et membre du Conseil National du Salut (MPS), a exprimé sa profonde gratitude au Président national du MPS, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, pour la confiance accordée à certains leaders politiques tels que le Ministre d’État Limane Mahamat et l’honorable Député Abba Djidda Mamar.

Cependant, dans une déclaration rendue publique ce jour, M. Saleh Abouna Abakar a déploré l’oubli de nombreux cadres compétents et militants engagés du 3ᵉ arrondissement de N’Djamena. Il a notamment cité plusieurs figures de premier plan :

L’Ambassadeur Soungui Ahmed

L’Ambassadeur Mahamat Abdelrasoul

Madame la Ministre Akia Abouna

L’ex-député Khalifa Malloum

Le Secrétaire Général Maina Hassan

Le Chef de Race Djibrilla Mahamat

L’ex-Secrétaire Exécutif du MPS pour le 3ᵉ arrondissement, Ousmane Toloba, entre autres.

M. Saleh Abouna Abakar a appelé à une reconnaissance plus large de ces personnalités, soulignant que leur valorisation demeure essentielle pour consolider la cohésion interne du parti et assurer un avenir solide au sein du mouvement. « La réussite collective du MPS repose sur l’inclusion et la reconnaissance de toutes les compétences », a-t-il conclu.

#Tchad

Société : Zeinab, prématurée et fragile à la naissance, reprend vie grâce aux soins intensifs appuyés par l’UNICEF

Née prématurément à seulement six mois de grossesse, la petite Zeinab a vu le jour par césarienne d’urgence. Séparée de sa mère et affaiblie par de multiples complications, elle a été prise en charge dans une unité de soins intensifs où elle a bénéficié, entre autres, de la méthode kangourou, favorisant le contact peau-à-peau et renforçant son développement.

Aujourd’hui, Zeinab a six mois et se porte à merveille. Son parcours témoigne de l’importance des soins néonatals et du soutien apporté par des partenaires tels que l’UNICEF, grâce au financement du Fonds Muskoka, qui œuvre à l’amélioration de la santé maternelle et infantile au Tchad.

#PourChaqueEnfant, la santé
United Nations Chad — Nations Unies Tchad | UNICEF Africa

Tchad — Menaces soudanaises sur les aéroports : la COSCO du Ouaddaï tire la sonnette d’alarme

Dans un communiqué officiel publié ce lundi, la Coordination des Organisations de la Société Civile du Ouaddaï (COSCO) a exprimé sa profonde inquiétude face aux récentes menaces des autorités soudanaises visant les aéroports de N’Djamena et d’Amdjarass.

Dans un contexte régional déjà marqué par des tensions, ces déclarations du côté soudanais viennent aggraver les préoccupations sécuritaires, mettant directement en péril les populations civiles et la stabilité sous-régionale.

La COSCO a rappelé l’importance stratégique de ces infrastructures aéroportuaires, essentielles à la connectivité nationale, aux opérations humanitaires et à l’équilibre économique du Tchad.

Face à cette situation préoccupante, la COSCO a lancé un appel pressant à la communauté internationale pour intervenir et favoriser le désamorçage de cette crise. Elle a également exhorté les autorités tchadiennes et soudanaises à privilégier la voie du dialogue plutôt que celle de l’escalade militaire.

Enfin, la COSCO a réaffirmé son engagement pour la paix et la dignité des populations frontalières, appelant à un renforcement de la coopération régionale pour préserver la sécurité collective.

Signé : SADAM MADIRI KAWADI
Coordinateur de la COSCO du Ouaddaï