Ouverture du congrès extraordinaire de la CASIDHO : réformes, droits humains et lutte contre la corruption au centre des échanges

La Coordination des Associations de la Société Civile et de Défense des Droits de l’Homme (CASIDHO) a officiellement lancé son congrès extraordinaire ce jeudi au Ministère des Affaires étrangères et de l’Intégration Africaine. Placé sous le thème « Consolidation des acquis, redynamisation, réforme et rénovation à l’ère de la Cinquième République », l’événement a réuni plusieurs acteurs de la société civile et défenseurs des droits humains.

Dans son allocution d’ouverture, le Coordonnateur national de la CASIDHO, Mahamat Digadimbaye, a mis en lumière les fondements de son organisation, centrés sur la défense des droits de l’Homme, la promotion de la démocratie, la préservation des libertés fondamentales et la restauration de l’État de droit. Il a encouragé les participants à s’impliquer activement dans les discussions autour des grandes problématiques nationales telles que la gouvernance, la démocratie, la paix et la stabilité sociale.

M. Digadimbaye a salué les efforts du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, en faveur de la paix, de la stabilité et du vivre-ensemble, tout en soulignant le rôle que joue la société civile dans l’ancrage de l’État de droit dans le cadre de la Cinquième République.

S’agissant de la lutte contre la corruption, la CASIDHO a exprimé son soutien au travail mené par l’Agence de Lutte contre la Corruption (ALIC), mais a reconnu les limites auxquelles elle fait face. Dans cette optique, la coordination appelle le Chef de l’État à concrétiser sans délai la création de la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI), comme recommandé par le Dialogue National Inclusif et Souverain.

Pour le coordonnateur, cette juridiction spécialisée apportera un appui décisif à l’ALIC dans l’identification, la poursuite et le jugement des auteurs de corruption et de détournement de deniers publics, dans le respect des lois en vigueur.

Par Djonyabo Yefta

Tchad : Les avocats de Dr Succès Masra dénoncent une procédure judiciaire à visée politique

Les avocats de Dr Succès Masra, président du parti Les Transformateurs, ont vivement dénoncé une tentative d’instrumentalisation de la justice tchadienne. Lors d’une conférence de presse organisée à N’Djamena, le collectif de défense a qualifié de « politique » la procédure judiciaire lancée récemment contre leur client.

Selon Me Francis Kadjilembaye, porte-parole des avocats, le dossier transmis au procureur général ne comporte aucune preuve nouvelle ni élément direct reliant Dr Masra aux violences de Mandakao. Les avocats soulignent également que son nom n’apparaît dans aucune déposition, et que les accusations reposent principalement sur une déclaration remontant à 2023. Or, cette dernière avait été clarifiée dans le cadre d’accords politiques signés en octobre de la même année.

Le collectif dénonce une manœuvre visant à éliminer une figure majeure de l’opposition à l’approche des prochaines échéances électorales. « Il s’agit d’une tentative manifeste de réduire l’espace démocratique par des voies judiciaires », a affirmé Me Kadjilembaye, appelant à une mobilisation nationale et internationale pour préserver l’indépendance de la justice et défendre l’État de droit.

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, où plusieurs acteurs de l’opposition affirment faire l’objet de pressions et de poursuites arbitraires.

Tchad : Réunion stratégique pour évaluer la lutte contre la poliomyélite et intégrer le genre dans les campagnes de vaccination

La Direction de la Lutte contre la Maladie, de la Vaccination et de la Surveillance Épidémiologique (DLMVSE) a organisé une réunion stratégique dans ses locaux à N’Djaména, en présence de tous les partenaires techniques engagés dans les campagnes de vaccination au Tchad.

Cette rencontre avait pour double objectif de préparer l’atelier d’évaluation des deux dernières campagnes de vaccination contre la poliomyélite — prévu du 22 au 25 juillet 2025 à Bongor — et de renforcer les capacités des Délégués sanitaires ainsi que des points focaux chargés de l’information, de l’éducation et de la communication (IEC), notamment sur l’intégration du genre dans la lutte contre la polio.

Les échanges ont permis d’examiner en détail l’agenda, les modules et les outils d’évaluation de l’atelier à venir. Des recommandations précises ont été émises afin de garantir une évaluation efficace et d’améliorer les performances futures.

La réunion a aussi été l’occasion de faire le point sur l’état d’avancement du projet ZIP, mis en œuvre par l’ONG International Rescue Committee (IRC) dans les districts sanitaires d’Adré, Tiné et Birack. Une attention particulière a été accordée aux enfants « zéro dose », c’est-à-dire ceux n’ayant reçu aucun vaccin, en particulier ceux vivant dans les camps de réfugiés.

À l’issue des discussions, des recommandations ont été formulées pour optimiser l’intervention de l’IRC en faveur de la santé infantile.

Les participants ont salué l’esprit de collaboration et l’engagement collectif au service de la protection des enfants tchadiens contre les maladies évitables par la vaccination.

Mairie du 1er arrondissement de N’Djaména , un abus de pouvoir déguisé en acte humanitaire

La mairie du 1er arrondissement de N’Djaména, en offrant 41 chèvres et 10 moutons à la maison d’arrêt de Klessoum, prétend agir par humanisme. Derrière cette façade se cache un véritable abus de pouvoir, une violation flagrante du droit de propriété, et une opération de communication politique cynique.

Ces animaux, confisqués sans aucune procédure légale rigoureuse, appartiennent à des citoyens. Les autorités communales n’avaient ni mandat judiciaire, ni justification légale pour se les approprier puis les redistribuer à leur guise. Cette confiscation arbitraire constitue une expropriation illégale, un déni de justice qui bafoue les droits fondamentaux des administrés.

Plus grave encore, cette action est une manœuvre politicienne destinée à blanchir l’image des responsables municipaux en quête de faveur auprès de leurs mentors et électeurs. Plutôt que de s’attaquer sérieusement aux problèmes structurels – insalubrité, insécurité, urbanisme anarchique – la mairie préfère organiser un spectacle médiatique au coût social réel.

Ce type de comportement est inacceptable. La mairie du 1er arrondissement montre un mépris flagrant pour l’état de droit et la dignité des citoyens. Il est urgent que les institutions de contrôle, la justice et la société civile se mobilisent pour faire cesser ces dérives autoritaires.

La légalité ne doit pas être une option ni un simple costume que l’on enfile pour les caméras. Les citoyens du 1er arrondissement méritent une gouvernance respectueuse, transparente et juste – pas des manœuvres de pouvoir qui fragilisent davantage la confiance publique.

#Politique : Trois mouvements politiques saisissent la Cour suprême pour contester leur dissolution et suspension

La tension entre le gouvernement tchadien et certains mouvements citoyens s’intensifie. Trois organisations visées par des mesures répressives ont décidé de riposter par la voie judiciaire. Il s’agit de la CONAJEPDT, dissoute, ainsi que de Wakit Tama SP et du Mouvement Citoyen pour le Tchad (MCT), suspendus.

Leurs avocats ont déposé, ce mercredi, un recours auprès de la Cour suprême contre les arrêtés n°011 et 012 du ministre de l’Administration du territoire, Limane Mahamat, signés le 26 juin 2025. Ces textes avaient acté la dissolution de la CONAJEPDT et la suspension des deux autres structures.

À l’issue du dépôt du recours, Me Florent Ngartoïzo, avocat des plaignants, a dénoncé des décisions qu’il juge « arbitraires » et « attentatoires aux libertés publiques ». Selon lui, ces arrêtés bafouent les droits constitutionnels à la liberté d’association et d’expression.

Pour rappel, les trois organisations avaient récemment publié une déclaration commune dans laquelle elles dénonçaient la détérioration de la situation sécuritaire à l’Est et au Sud du pays, où des affrontements ont fait plus de 50 morts. Elles avaient aussi exigé la démission du gouvernement, accusé d’inaction face à la montée des violences.

L’affaire, désormais portée devant la plus haute juridiction du pays, constitue une épreuve juridique décisive pour l’exercice des libertés démocratiques au Tchad.

RCA-Tchad:Le Rassemblement Unitaire s’oppose à l’ingérence du Tchad en Centrafrique et annonce une manifestation à Paris

Le mouvement Rassemblement Unitaire dénonce l’implication du Tchad dans les affaires internes de la République Centrafricaine, à travers l’Accord de N’Djamena, qu’il qualifie d’imposé et illégitime. Dans un communiqué publié ce mercredi, il exige le retrait des troupes tchadiennes de la RCA, la libération des chefs de guerre centrafricains détenus au Tchad, et le retrait de N’Djamena du processus de paix en cours.

Le mouvement critique également la participation de figures recherchées par la justice internationale, ainsi que l’absence de consultation des autorités et du peuple centrafricain. Il appelle à une manifestation pacifique à Paris, le samedi 26 juillet 2025, devant l’ambassade du Tchad, pour défendre la souveraineté nationale.

Des copies du communiqué ont été transmises aux autorités nationales, régionales et internationales, ainsi qu’aux médias.

Diplomatie : Le Général Abdoulaye Miskine dénonce sa détention arbitraire et appelle à une intervention internationale

Dans une lettre rendue publique ce mercredi, le Général centrafricain Abdoulaye Miskine, détenu à N’Djamena depuis 2019, a dénoncé sa détention qu’il qualifie d’arbitraire et de prolongée sans base légale. Il affirme n’avoir jamais été présenté à un juge ni informé des charges retenues contre lui.

Le fondateur du Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) indique avoir été invité au Tchad par feu le Président Idriss Deby Itno, à travers le Colonel (aujourd’hui Général) Mamadou, dans le cadre d’un processus de paix visant à stabiliser la République Centrafricaine. Selon lui, c’est dans cet esprit de réconciliation qu’il a accepté l’invitation.

« À ma grande surprise, dès mon arrivée, j’ai été arrêté et emprisonné sans mandat ni motif », déplore-t-il dans son message. Il évoque des conditions de détention dégradantes, un accès limité aux soins de santé, et la confiscation de ses médicaments, estimés à plusieurs centaines de milliers de francs CFA, ne recevant en retour que des traitements d’une valeur de 15 000 FCFA.

Le Général Miskine dénonce ce qu’il qualifie de « violations graves de ses droits fondamentaux », en contradiction, selon lui, avec la Constitution tchadienne, la Charte africaine des droits de l’Homme, ainsi que les conventions internationales ratifiées par le Tchad.

Face à ce qu’il considère comme une injustice flagrante, il exige sa libération immédiate et inconditionnelle, de même que celle de ses collaborateurs, en l’absence de toute preuve légale justifiant leur détention.

Il en appelle également à l’ONU, aux organisations internationales de défense des droits de l’Homme, aux juridictions compétentes, ainsi qu’aux États amis, pour intervenir et faire cesser cette situation.

À ce jour, les autorités tchadiennes n’ont pas officiellement réagi à cette déclaration. La situation du Général Abdoulaye Miskine pourrait toutefois raviver les débats sur la légalité des détentions prolongées sans jugement au Tchad.

politique: Déclaration du parti UPRONA relative à la recrudescence de la violence intercommunautaire dans certaines provinces du Tchad

Le parti l’Union Pour le Progrès National par la voix de son président M Oumarou Kaou Abdereman a ténu un point de presse ce matin 16 juillet 2025 au siège de la radio FM liberté. Lors de sa déclaration, UPRONA a condamné avec la dernière énergie les violences que certains provinces ont enregistré en ce dernier temps, notamment le massacre de Mandakao dans le département de Dodje, province du logone occidental, et à Oregomel dans le département de Nanaye, province du Mayo- kebbi ouest et bien d’autres.
Oumarou Kaou Abdereman,a rappelé que la cinquième République en sa tête, le deuxième maréchal du Tchad Mahamat Idriss Deby itno est une ère de l’Union,de tolérance et de la cohabitation pacifique entre les différentes communautés du Tchad.Le parti de l’Union pour le progrès National invite par ailleurs,la justice à poursuivre la procédure engagée tout en respectant les textes et lois en vigueur afin d’aboutir à un résultat escompté relatif au massacre de Mandakao.
Le parti appel toutes les parties prenantes à privilégier le dialogue au détriment de la violence.
Par Djonyabo yefta

Le parti MK d’Afrique du Sud soutient la proposition marocaine d’autonomie et estime qu’elle garantit au Maroc sa souveraineté sur le Sahara

Rabat, 15/07/2025 (MAP) – M. Jacob Zuma, ex-Président de l’Afrique du Sud et leader du parti Umkhonto weSizwe (MK), a indiqué que son parti estime que la proposition marocaine d’autonomie « permettra une gouvernance locale significative par les populations de la région du Sahara, tout en garantissant au Maroc sa souveraineté sur le Sahara ».

Cette position a été exprimée dans une déclaration à la presse de M. Zuma à l’issue de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, M. Nasser Bourita.

L’ex-Président sud-africain a ajouté que son parti, le MKP, « reconnaît le contexte historique et juridique qui renforce la revendication du Maroc sur le Sahara » et « estime que les efforts du Maroc pour recouvrer sa pleine intégrité territoriale s’inscrivent dans la continuité de l’engagement du parti MK à préserver la souveraineté et l’unité des États africains ».

Tout en reconnaissant « le soutien international et continental croissant que la proposition marocaine d’autonomie a reçu ces dernières années », M. Zuma a estimé que la proposition d’autonomie « offre une voie équilibrée qui favorise la stabilité, la paix et le développement dans la région », appelant « la communauté internationale à soutenir le plan d’autonomie du Maroc, qui constitue un moyen efficace d’assurer la paix, la stabilité et la prospérité du peuple du Sahara ».

Cette position s’inscrit dans le cadre de la position politique du parti MK « visant à apporter une solution concrète au long débat sur l’avenir de la région du Sahara », publiée par le parti le mois dernier, dans un document intitulé « un partenariat stratégique pour l’unité africaine, l’émancipation économique et l’intégrité territoriale : Maroc ».

Ce document réaffirme que le Sahara « faisait partie du Maroc avant la colonisation espagnole à la fin du XIXe siècle. De ce fait, il fait partie intégrante du Maroc depuis des siècles. La revendication marocaine est antérieure à la colonisation et trouve son origine dans l’allégeance des tribus au Trône Marocain », tout en appelant la communauté internationale à « prendre en compte les liens historiques de la région avec le Maroc et les intérêts légitimes du peuple marocain à maintenir son intégrité territoriale ».

Le document rappelle, en outre, la Glorieuse Marche Verte, « un acte de décolonisation et témoignage des liens historiques entre le Maroc et son Sahara » et « un mouvement de libération unique et non violent » où « plus de 350.000 Marocains non armés sont entrés au Sahara pour reconquérir leurs terres ».

Il sied de rappeler que M. Zuma, alors Président de l’Afrique du Sud, avait rencontré Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, en 2017, en marge du sommet UA-UE en Côte d’Ivoire. Cette rencontre avait donné un nouvel élan aux relations bilatérales entre les deux pays.

Sport : Les Fédérations Nationales réclament le remboursement des compétitions préfinancées

Les fédérations nationales et associations sportives du Tchad tirent la sonnette d’alarme. Dans un mémorandum adressé aux autorités compétentes, elles dénoncent le non-remboursement des fonds engagés pour la participation à diverses compétitions internationales. Ces préfinancements, bien qu’approuvés par le ministère de tutelle, restent impayés depuis plusieurs années.

Au cœur des préoccupations figure l’absence d’un mécanisme de financement clair et efficace des compétitions sportives. Ce vide structurel freine considérablement la préparation et la participation des athlètes tchadiens à des événements majeurs, affirment les responsables sportifs. Ils appellent à l’établissement d’un dispositif permettant un décaissement rapide et coordonné des ressources, évitant ainsi les retards fréquents et préjudiciables.

Les fédérations et associations affirment également avoir évalué les défis structurels auxquels elles font face. Elles appellent le Ministère de la Jeunesse et des Sports à examiner et à résoudre, dans les plus brefs délais, les difficultés exposées dans le document transmis, afin de garantir un développement durable du sport au Tchad.

Malgré les contraintes, les organisations sportives disent rester engagées à porter haut les couleurs du pays et à valoriser les disciplines sportives nationales. Elles estiment que les efforts consentis jusque-là, notamment à travers des activités autofinancées, témoignent de leur bonne foi et de leur détermination.

En conclusion, les signataires du mémorandum demandent le paiement des Conventions d’Objectifs 2025-2029, en lien avec la politique du Chef de l’État en matière de promotion du sport. Elles alertent sur le risque d’un déclin continu du secteur sportif national en raison du manque d’infrastructures adéquates, de soutien matériel et de ressources financières.

« Une réelle volonté politique est indispensable pour redonner ses lettres de noblesse au sport tchadien », peut-on lire dans le document.