Politique : Fracture interne au PDPT, 32 militants claquent la porte

Le Parti Démocratique du Peuple Tchadien (PDPT) traverse une crise interne majeure. Le samedi 12 juillet 2025, un groupe de 32 militants, actifs dans la commune de N’Djaména et dans la province du Mayo-Kebbi Est, a annoncé sa démission collective au cours d’un point de presse organisé à la Maison des Médias de N’Djaména.

Ce départ groupé survient dans un contexte de tensions croissantes entre la base militante et la direction nationale du parti, dirigée par Djimet Clément Bagaou. À en croire le porte-parole des démissionnaires, Adoum Dogoné Baïzougoul, ancien chargé de la Défense et de la Sécurité au sein du PDPT, cette rupture résulte d’un profond désaccord avec les méthodes de gestion du président.

Les griefs formulés sont lourds : absence de démocratie interne, marginalisation des cadres, autoritarisme, manque de transparence, et ce qu’ils qualifient de « séquestration intellectuelle » empêchant toute initiative ou expression libre, notamment de la part des jeunes membres.

« Le PDPT ne peut pas continuer à exister comme une structure fermée et rigide au service des intérêts d’un seul homme », a déclaré M. Dogoné Baïzougoul. « Notre démission est un acte assumé, un refus de cautionner une gouvernance qui trahit les idéaux que nous portions. »

Aucune précision n’a été donnée quant à leur avenir politique immédiat, bien que le groupe affirme qu’une nouvelle orientation sera rendue publique dans les prochains jours.

Cette vague de démissions met en lumière un mal-être structurel qui touche plusieurs partis politiques au Tchad, souvent accusés d’être des appareils centralisés peu enclins au renouvellement démocratique. Pour le PDPT, cette fracture pourrait marquer un tournant décisif, voire un affaiblissement durable de son influence locale.

#Cameroun : Un chauffeur tchadien tué sur l’axe Yaoundé-Douala, la FOSAT exige des mesures fortes

Un nouveau drame endeuille le secteur du transport régional. Moussa Alhadji, chauffeur tchadien en mission au Cameroun, a été assassiné dans la nuit du 11 au 12 juillet 2025 à Matomb, localité située entre Yaoundé et Douala. Selon les premières informations, la victime aurait été poignardée puis éventrée par des agresseurs non identifiés.

La nouvelle a rapidement provoqué une vague d’indignation, notamment dans les milieux syndicaux. Dans une déclaration officielle, la Fédération des Organisations Syndicales Autonomes des Transports (FOSAT) a dénoncé un crime barbare, symptôme d’une insécurité croissante sur les grands axes routiers d’Afrique centrale.

Les funérailles du défunt se sont déroulées à Yaoundé en présence de l’Ambassadeur du Tchad au Cameroun, entouré de nombreux chauffeurs venus rendre hommage à leur collègue tombé.

La FOSAT, par la voix de son président Lambert Onguene, appelle les autorités camerounaises à ouvrir une enquête approfondie afin d’identifier les coupables. Elle réclame également un plan de sécurisation des routes, soulignant que « le secteur du transport ne peut plus continuer à fonctionner dans la peur et l’impunité ».

L’organisation propose par ailleurs la mise en place d’un cadre de dialogue permanent entre les syndicats, les autorités publiques et les opérateurs économiques pour prévenir de tels actes à l’avenir.

🎤 Culture : Le Syndikat Toumaï Rap lance ses activités et vise un rayonnement sous-régional

L’association culturelle Syndikat Toumaï Rap a officiellement lancé ses activités le 12 juillet 2025 à la Radio FM Liberté lors d’une conférence de presse. Le nouveau bureau a été présenté et a annoncé l’attribution de 10 bourses d’études à des artistes bacheliers grâce à un partenariat avec l’Institut Supérieur des Métiers Professionnels.

Le président de l’association, Dr Abdelkrim Marcelin Toumani, a annoncé l’organisation prochaine d’un festival sous-régional avec le Cameroun et la Centrafrique, placé sous le haut patronage du Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno. Un documentaire, des albums et des émissions sont également prévus. Il a enfin lancé un appel aux partenaires pour soutenir ce projet culturel.

Tchad : La Commission des Affaires étrangères réaffirme la souveraineté nationale face aux critiques françaises

La Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale du Tchad a vivement réagi ce 11 juillet 2025 à un message publié sur les réseaux sociaux par son homologue française concernant la détention de M. Succès Masra, président du parti politique Les Transformateurs.

Dans un communiqué officiel, la Commission tchadienne rappelle que le pays est un État souverain doté d’un système judiciaire indépendant, où la séparation des pouvoirs est un principe fondamental. Elle souligne que les procédures engagées contre M. Masra relèvent exclusivement de la compétence de la justice tchadienne, qui agit dans le respect de la légalité, des droits de la défense et des engagements internationaux du Tchad.

La Commission dénonce toute tentative d’ingérence ou de pression extérieure visant à influencer ou discréditer le fonctionnement des institutions nationales. Elle réaffirme que la coopération entre parlements doit reposer sur le respect mutuel, l’égalité entre États et la non-ingérence dans les affaires intérieures.

Enfin, elle exprime sa pleine confiance en la justice tchadienne pour faire toute la lumière sur cette affaire dans un esprit d’impartialité et de sérénité.

N’Djamena : Une visite du maire du 1er arrondissement, mais toujours aucune solution face aux inondations

Le maire du 1er arrondissement de N’Djamena, Mahamat Hassan Mahamat, a effectué une visite de terrain après les fortes pluies qui ont frappé la capitale. Pourtant, cette opération ressemble davantage à une mascarade qu’à une véritable action face à un problème chronique.

Depuis des années, les habitants des quartiers vulnérables subissent les mêmes inondations, provoquées par des canaux de drainage bouchés, une gestion défaillante des déchets et un manque criant d’infrastructures adaptées. Malgré des visites répétées, aucune stratégie sérieuse ni plan d’entretien durable n’a été mis en place.

Cette tournée du maire ne fait que confirmer l’incapacité flagrante des autorités locales à agir efficacement. Plutôt que d’apporter des solutions concrètes, elles se contentent d’effets d’annonce et de gestes symboliques, laissant les populations se débrouiller face à la montée des eaux.

Il est urgent que les responsables municipaux dépassent ces inspections de façade pour enfin mobiliser les moyens nécessaires et engager des mesures durables. Faute de quoi, N’Djamena continuera à patauger dans l’eau, au mépris de la sécurité et du bien-être de ses habitants.

Afrique :Deux visions opposées de l’Afrique , entre respect affiché et propos controversés

Alors que les relations entre les grandes puissances et le continent africain suscitent de nombreux débats, les attitudes des dirigeants comme Vladimir Poutine et Donald Trump continuent d’alimenter les discussions.

Le président russe, Vladimir Poutine, est perçu par de nombreux observateurs africains comme un chef d’État qui accorde une considération particulière à l’Afrique. Son discours à l’égard des pays africains est souvent empreint de respect, de coopération équitable et d’un appel à l’émancipation vis-à-vis des influences néocoloniales. Lors des différents sommets Russie-Afrique, M. Poutine a réaffirmé son engagement pour un partenariat basé sur la souveraineté et le développement mutuel. Certains soulignent également son attachement à des valeurs spirituelles, invoquant une posture guidée par une certaine foi.

En revanche, le président américain Donald Trump a été au cœur de vives polémiques concernant ses propos sur le continent. Ses déclarations qualifiant certains pays africains de « pays de merde » avaient suscité une vague d’indignation à travers le monde. Pour beaucoup, ces propos traduisent un manque de respect flagrant envers les peuples africains et ont renforcé une image de mépris et de racisme attribuée à l’ex-président américain.

Ces deux figures emblématiques illustrent ainsi deux approches diamétralement opposées dans leurs relations avec l’Afrique : d’un côté, une volonté affichée de partenariat équitable ; de l’autre, une série de propos perçus comme condescendants et discriminatoires.

Tchad :Colère et incompréhension après la démolition du centre CEFODEV à N’Djaména

L’annonce de la démolition du Centre d’Éducation et de Formation pour Déficients Visuels et Voyants (CEFODEV), survenue le 2 juillet dernier dans le 9ᵉ arrondissement de N’Djaména, a provoqué une onde de choc au sein de la communauté des personnes handicapées et bien au-delà. Pour beaucoup, cet acte marque un recul inquiétant dans la promotion de l’éducation inclusive au Tchad.

Fondé à Ngonba il y a quelques années par des personnes aveugles elles-mêmes, sans appui de l’État, le CEFODEV offrait un cadre scolaire adapté à plus de 40 enfants non-voyants, devenant au fil des années une institution de référence dans le domaine de la formation spécialisée. Loin d’un simple bâtiment, le centre représentait un espoir, un symbole de résilience et d’autonomie.

Une démolition brutale, sans préavis

D’après une lettre ouverte rendue publique ce 11 juillet, la destruction du centre a été ordonnée sans aucune notification officielle préalable, en pleine période scolaire. Les responsables du CEFODEV dénoncent une opération expéditive, menée au nom d’un projet d’aménagement urbain, sans concertation ni solution de relogement. « C’est une agression contre les plus vulnérables. Un mépris manifeste envers ceux qui ne voient pas mais qui espèrent », écrivent-ils.

Le terrain aurait pourtant été régularisé par les services du cadastre en 2018. Mieux encore, selon les documents annexés à la lettre, des démarches étaient en cours auprès du ministère de l’Urbanisme pour faire intégrer le site dans le plan d’aménagement, afin d’épargner cette structure essentielle pour les déficients visuels.

Un maire pointé du doigt

Dans leur message, les fondateurs du centre s’en prennent violemment au maire du 9ᵉ arrondissement, qu’ils accusent d’avoir orchestré l’opération. Ancien inspecteur de l’Éducation, le maire connaissait pourtant bien le rôle de l’établissement. Ce revirement brutal est perçu comme une « trahison » par ceux qui l’avaient vu autrefois défendre les causes éducatives.

Le ton monte également contre son adjoint, qui aurait tenu des propos jugés désobligeants devant les enfants choqués, affirmant que même le président n’aurait pu l’empêcher de démolir le centre. Une posture perçue comme arrogante et insensible par les défenseurs du projet.

Une école détruite, des vies bouleversées

Les conséquences de cette démolition sont graves : des enfants se retrouvent sans lieu d’apprentissage, les enseignants sont désorientés, et l’avenir du projet est désormais incertain. Les responsables du CEFODEV alertent sur le risque de découragement général, à un moment où les politiques d’inclusion scolaire sont encore fragiles dans le pays.

Un appel au secours lancé à l’État

Dans leur lettre, les porteurs du projet en appellent à l’intervention du gouvernement central et aux partenaires internationaux pour reconstruire ce qui a été détruit. Ils demandent réparation et appellent à la responsabilité de l’État face à la vulnérabilité des populations aveugles.

Pour les membres du CEFODEV, la démolition du centre dépasse le simple cadre local : « Il s’agit d’une atteinte au droit fondamental à l’éducation, à l’égalité des chances, et à la dignité humaine. »

Sécurité régionale : le CCJDIA appelle à la solidarité de la jeunesse africaine face aux attaques terroristes dans l’espace AES

Le Cadre de Concertation des Jeunes pour la Défense des Intérêts Africains (CCJDIA) tire la sonnette d’alarme face à la recrudescence des attaques terroristes au sein des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Dans un communiqué publié ce jeudi, l’organisation panafricaine dénonce les actes perpétrés par « des hommes animés de mauvaise foi » visant à fragiliser la stabilité de ces nations.

Le CCJDIA interpelle les États africains disposant de capacités militaires à se joindre aux efforts de lutte contre les groupes armés qui, selon le communiqué, bénéficieraient de complicités extérieures. Pour l’organisation, ces violences ont pour objectif de freiner la quête d’indépendance et de développement engagé par les gouvernements de la région.

Fidèle à sa vocation de défense des intérêts africains, le CCJDIA entend également mobiliser la jeunesse du continent autour de cette cause. Une tournée régionale dans les trois pays de l’AES est envisagée, avec des rencontres de terrain visant à comprendre les causes de l’enrôlement de jeunes africains dans les groupes extrémistes.

Par cette initiative, le CCJDIA, sous la houlette de son Secrétaire Général panafricain, Abbé Abel, affirme son engagement à contrer l’endoctrinement et à renforcer la résilience des jeunes face à l’idéologie terroriste.

كوري بوغودي… ذهبُ الموت وصمتُ الخيانة

« في هذا النظام اللعين، لا يكفي أن تكون كفؤاً لتحظى بمستقبل، بل يجب أن تكون من أبناء الطبقة المحظوظة… » — صدام مادري كوادي

في كوري بوغودي، لا تشرق شمس الحياة، بل شمس الاحتضار البطيء. هناك، في عمق الصحراء، تنقّب الفقراء عن وهمٍ مغلّف بالذهب، بينما تتقاسم الجنرالات والوزراء الغنيمة على طاولات من خشب مهرب. ذهبُ تيبستي لا يُطعم أبناء الشعب، بل يُقتل من أجله أبناؤه، ويُصدّر إلى الخارج مكلّفًا برائحة دمهم.

قبل أيام فقط، عشرة أرواح فقيرة، عشرة رجال منسيين، لفظوا أنفاسهم الأخيرة على الحدود الجزائرية، مطاردين كالحيوانات، دون محامٍ، دون دولة، دون حتى بيان نعي رسمي. الدولة لم تحرك ساكنًا. لا إعلان، لا إدانة، لا حتى كذبة تبرير. فقط صمت. صمت فاجر يساوي جريمة.

نظام لا يقتل فقط بالبندقية، بل يقتل بالصمت، باللامبالاة، وبالاحتقار المؤسسي. الشباب الذين كان من المفترض أن يكونوا عماد المستقبل، يدفنون تحت الرمال، فيما تُبنى ناطحات السحاب من عرقهم في عواصم أجنبية. ما يحدث ليس تقصيرًا، بل سياسة.

أما في العاصمة، فالحياة وردية لأبناء النظام. جوازات دبلوماسية، حسابات في دبي، سيارات مدرعة، وحراس من الحرس الجمهوري. من لم يُولد في العائلة « الصحيحة »، يُترك ليموت في حُفر كوري بوغودي، أو يُقتل كالكلب على حدود الجزائر، أو يُرمى في السجون بتهمة التمرد.

والأكثر عارًا؟ صمت المثقفين. أولئك الذين باعوا صوتهم مقابل فتات المناصب، يتحدثون عن « الاستقرار »، وهم يعلمون أن هذا الاستقرار مبني على جماجم المعدّنين، وصرخات الأمهات، وعار الخنوع.

هل هذا وطن؟ أم مزرعة مفخخة بالألغام؟ هل هذا نظام؟ أم عصابة تحمل علمًا وطنيًا؟ هل هذه دولة؟ أم كذبة فاخرة تُدار بالتحايل والكمائن؟

إن لم نكتب، نموت. وإن كتبنا، نُهدد أو نُسجن. لكننا سنكتب. ليس من أجلهم، بل من أجل الذين يموتون مرتين: حين يُقتلون، وحين يُنسَون.

بقلم: صدام مادري كوادي

Société : La MUDESOFT organise une conférence de presse sur l’accès à l’information publique et la transparence financière

C’est dans le cadre du projet Citoyenneté Active et Gouvernance Ouverte au Tchad (CAGOT) que la Mutuelle pour le Développement Économique et Social de la Femme Tchadienne (MUDESOFT), en partenariat avec l’Union européenne et Oxfam, a tenu une conférence de presse ce matin à la Maison de la Presse du Tchad.

Lors des échanges avec les journalistes, la présidente de la MUDESOFT, Madame TONGUEBAYE Madjieb Eunice, a souligné que l’objectif de cette conférence est de plaider pour l’application de l’ordonnance n°12, relative à la parité dans les fonctions électives et normatives.

Elle a également invité le gouvernement de la 7ᵉ République à initier une loi garantissant l’accès à l’information publique et budgétaire, afin de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance au Tchad.

Par Djonyabo Yefta