Culture : Le ministère annonce la 7ᵉ édition du Festival Dary

Le ministre du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat, M. Abakar Rossi Teguil, a annoncé ce mercredi 5 novembre 2025, le lancement officiel de la septième édition du Festival Dary, prévue du 20 décembre 2025 au 4 janvier 2026 sur la Place de la Nation à N’Djaména.

Dans sa déclaration, le ministre est revenu sur le parcours historique de ce grand rendez-vous culturel, devenu au fil des ans un symbole d’unité et de fierté nationale. Il a rappelé que le Festival Dary est une plateforme où les 23 provinces du Tchad se retrouvent chaque année pour mettre en valeur leurs richesses culturelles : danses traditionnelles, langues, artisanat, gastronomie et savoir-faire locaux.

Placée sous le haut patronage du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, cette édition se déroulera autour du thème :

« Célébrer notre identité plurielle »

M. Abakar Rossi Teguil a invité toutes les couches sociales, sans distinction, ainsi que les artistes et acteurs culturels, à s’impliquer pleinement dans la réussite de ce grand moment de communion nationale. Il a souligné que le festival ne sera pas seulement une fête culturelle, mais également une célébration de l’identité tchadienne, pilier de la paix et de la cohabitation pacifique entre les filles et fils du pays Toumaï.

✍️ Par Djonyabo Yefta

🟥 Saisir des animaux n’est pas gouverner !

Ce qui s’est passé ce 5 novembre dans le 10ᵉ arrondissement de N’Djaména n’est pas une simple opération municipale : c’est un symbole d’autoritarisme à petit prix.
Saisir trente-trois moutons et chèvres, exhiber quelques photos, et se féliciter d’avoir “rétabli l’ordre” — voilà le triomphe d’une administration qui confond gestion publique et démonstration de force.

Qu’on ne s’y trompe pas : le vrai désordre n’est pas dans les rues, il est dans la tête de ceux qui gouvernent sans plan, sans écoute et sans vision sociale. Ces animaux ne sont pas des délinquants. Ils appartiennent à des familles pauvres, des travailleurs qui élèvent ce qu’ils peuvent dans un pays où l’État est souvent absent. Les punir ainsi, c’est humilier la misère pour se donner des airs de fermeté.

Et que dire du transfert grotesque de ces bêtes à la Maison d’arrêt de Klessoum ? Une prison pour des moutons ! Ce n’est plus de l’ordre public, c’est du ridicule administratif. Une image qui ferait rire si elle ne révélait pas tant de mépris pour la réalité des citoyens.

La mairie du 10ᵉ arrondissement aurait pu éduquer, organiser, créer des parcs de garde, discuter avec les chefs de quartiers. Au lieu de cela, elle a choisi la répression, le spectacle, la posture d’autorité.
Mais l’autorité ne se mesure pas au nombre de moutons confisqués — elle se mesure à la capacité d’un dirigeant à comprendre, à dialoguer, à construire.

Aujourd’hui, on enferme les bêtes. Demain, à ce rythme, on enfermera peut-être les hommes qui n’ont pas les moyens d’obéir.

Tchad : L’AJLPENT dénonce l’injustice envers la jeunesse numérique tout en saluant l’initiative présidentielle

L’Association des Jeunes Leaders pour la Promotion de l’Espace Numérique au Tchad (AJLPENT) n’y va pas par quatre chemins. Dans une déclaration rendue publique ce mercredi, l’organisation a exprimé son soutien au Président Mahamat Idriss Deby Itno pour l’inauguration du Centre International de Technologie et d’Innovation de N’Djaména, tout en dénonçant avec force les obstacles persistants qui freinent l’épanouissement de la jeunesse tchadienne dans le secteur numérique.

« Nous subissons une injustice flagrante », affirme Adoun Tiney Barkaï, président de l’AJLPENT, pointant du doigt le manque de représentation des jeunes dans les postes décisionnels, l’insuffisance des infrastructures adaptées et le déficit de formations pratiques.

Malgré ces difficultés, l’AJLPENT se dit prête à collaborer avec les institutions publiques et privées pour stimuler l’innovation locale, l’entrepreneuriat digital et la formation technologique. L’association appelle également la jeunesse tchadienne à croire en elle-même et à transformer ses idées en projets concrets, estimant que l’avenir numérique du pays repose sur sa capacité collective à innover.

Enfin, l’AJLPENT réaffirme son attachement à la paix, à la cohésion nationale et à la justice sociale, et exhorte les autorités à protéger la jeunesse contre toute forme d’exclusion et d’injustice.

Le message de l’AJLPENT est clair : la jeunesse tchadienne exige reconnaissance, responsabilités et opportunités, tout en restant engagée dans la vision présidentielle de faire du numérique un véritable levier de développement national.

Les “Reines du Football” tchadiennes accueillies en héroïnes après un exploit historique au Maroc

N’Djaména a vibré ce lundi sous les acclamations et la fierté nationale à l’arrivée des joueuses de l’équipe féminine de football du Tchad. De retour du Maroc, elles reviennent triomphantes après avoir remporté la finale du tournoi FIFA Women’s Series, un succès inédit pour le sport tchadien.

À l’aéroport international Hassan Djamous, les championnes ont été reçues par le Ministre de la Jeunesse et des Sports, Maïdé Hamid Lony, et le Président du Comité Olympique et Sportif Tchadien (C.O.S.T), Idriss Dokony Adiker. Haie d’honneur, chants, danses traditionnelles et drapeaux brandis ont ponctué cet accueil empreint d’émotion et de patriotisme.

“Cette victoire dépasse le cadre sportif. Nos filles viennent d’inscrire le Tchad dans l’histoire du football féminin africain”, a déclaré le Ministre Maïdé Hamid Lony. Pour sa part, le Président du C.O.S.T a salué “un exploit collectif qui témoigne de l’essor du sport féminin au Tchad” et a réaffirmé l’engagement de l’institution à soutenir les athlètes nationales.

Les joueuses, arborant fièrement leurs tenues nationales et brandissant le trophée, ont exprimé leur gratitude au peuple tchadien. La capitaine de l’équipe a déclaré : “Cette victoire est celle de tout le Tchad. Nous avons joué pour le drapeau et pour chaque jeune fille qui rêve de représenter notre pays.”

Au-delà du triomphe sportif, cette victoire ouvre une nouvelle ère pour le football féminin tchadien et renforce la volonté du gouvernement de mettre en place des programmes d’accompagnement et de valorisation des sportives.

Le Tchad tout entier célèbre aujourd’hui ces jeunes championnes, symbole d’un pays uni, ambitieux et prêt à briller sur la scène internationale.

Unis pour la paix : le 11ᵉ Sommet mondial de la HWPL fédère les dirigeants du monde autour d’une mission commune

La Heavenly Culture, World Peace, Restoration of Light (HWPL) a célébré le 11ᵉ anniversaire du Sommet mondial pour la paix le 18 octobre 2025. L’événement, qui marque la commémoration du Sommet mondial du 18 septembre, s’est tenu simultanément à Essen (Allemagne) et en ligne, réunissant des participants issus de 13 pays d’Afrique et d’Asie.

Sous le thème « Unis pour la paix et accomplissons ensemble le devoir de l’humanité », la commémoration a mis en avant les avancées notables de HWPL en matière de diplomatie de la paix, d’éducation et de dialogue interreligieux.

À Essen, une vingtaine de participants — anciens diplômés du programme Peace Citizen Education, membres de HWPL et représentants de l’Union féminine — ont pris part à un atelier visant à renforcer la création de « villes de paix » et à promouvoir l’éducation à la paix.

En parallèle, la cérémonie en ligne a rassemblé environ 160 participants venant du Burundi, du Tchad, du Cameroun, du Rwanda, du Soudan, du Soudan du Sud, de la Somalie, de la République centrafricaine, ainsi que du Myanmar, du Laos, du Timor-Leste, de la Thaïlande et de l’Inde. Ces rencontres virtuelles ont permis aux dirigeants des secteurs de l’éducation, de la religion et des médias de témoigner de leur engagement commun pour une paix durable.

Les discussions ont notamment porté sur les trois piliers stratégiques de HWPL :

La Déclaration de paix et de cessation de la guerre (DPCW), dont le soutien international ne cesse de croître ;

L’Alliance interreligieuse pour la paix, consolidée par la création du Comité de la solidarité des religions pour la paix (SRPC) ;

L’éducation à la paix, désormais intégrée dans plusieurs systèmes éducatifs nationaux.

Le président de HWPL, Lee Man-hee, a souligné dans son message que « la paix est la mission commune de l’humanité et ne peut être atteinte que par une coopération mondiale sincère ».

De son côté, l’honorable Bona Deng Lawrence, président du Comité pour la paix et la réconciliation du Soudan du Sud, a salué l’adoption récente de la DPCW par le parlement de son pays, qualifiant cet acte de « symbole d’espoir et de résilience pour le peuple sud-soudanais ». Il a par ailleurs appelé à ce que la DPCW soit adoptée comme résolution par les Nations unies, rappelant que « la paix exige patience et efforts collectifs ».

En Allemagne, la cérémonie locale s’est achevée sur une note d’émotion, avec la projection de la vidéo officielle de HWPL, la remise de certificats aux diplômés du programme Peace Citizen, et la présentation de la vision de la branche d’Essen pour les futures initiatives de paix.

À travers ces célébrations synchronisées, HWPL réaffirme son ambition : bâtir une culture mondiale de la paix qui dépasse les frontières et inspire les générations futures à œuvrer pour un monde harmonieux et solidaire.

Tchad : Les avocats de Succès Masra tirent la sonnette d’alarme sur sa santé

Le collectif d’avocats de Dr Assyongar Succès Masra, président du parti Les Transformateurs, a exprimé ce lundi 3 novembre 2025 à N’Djaména son inquiétude face à la dégradation de la santé de leur client, détenu depuis plusieurs semaines.

Selon Me Jacqueline Moudeina, les soins spécialisés nécessaires ne sont pas disponibles dans le pays, et une demande de mise en liberté provisoire accompagnée d’une évacuation sanitaire reste à ce jour sans réponse.

Les avocats ont par ailleurs critiqué les récentes interventions du porte-parole du gouvernement, qu’ils jugent comme une ingérence dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.

Sahara : La Vision Royale du Roi Mohammed VI Saluée par la Communauté Internationale

La récente résolution du Conseil de sécurité confirme le rôle central de la vision stratégique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans la recherche d’une solution durable au conflit autour du Sahara. Fidèle à une approche fondée sur la patience, la constance et la sérénité, le Souverain a su faire prévaloir le réalisme et la légitimité historique face aux positions figées.

Le plan d’autonomie marocain, promu avec conviction par le Royaume, est désormais reconnu par la communauté internationale comme la seule base crédible pour un règlement politique définitif. Ce consensus international traduit la pertinence d’une stratégie diplomatique patiemment construite, alliant audace dans la décision et prudence dans la mise en œuvre.

Sous la conduite royale, le Sahara marocain est devenu un véritable pôle de développement intégré. Les investissements structurants dans les infrastructures, les énergies renouvelables, la pêche, la logistique, l’éducation et la santé témoignent de la volonté du Roi de transformer la région en moteur de prospérité régionale et africaine. L’émancipation économique et le développement humain des populations locales concrétisent sur le terrain la vision royale, faisant de l’autonomie une proposition à la fois réaliste et tangible.

🇹🇩 Tchad : NEKEMANDO met en garde contre un risque de conflit ethnique

La Plateforme de Dialogue Interreligieux NEKEMANDO a alerté ce lundi à N’Djamena sur la menace d’un conflit ethnique au Tchad.

Selon Bishop Amane Mamate, coordinateur de la plateforme, certaines tensions observées récemment pourraient réveiller de vieux conflits et mettre en danger la paix entre communautés, notamment le long des frontières avec le Soudan.

La plateforme appelle les leaders religieux, chefs traditionnels, médias et jeunes internautes à rester vigilants et à éviter la diffusion de fausses informations pouvant semer la haine. Elle condamne toute tentative d’opposer les Frères Zaghawa aux Frères Arabes et exhorte à la cohabitation pacifique.

« Déclencher une guerre est facile, mais nul ne peut en prévoir la fin », a rappelé Bishop Mamate.

NEKEMANDO invite tous les Tchadiens à la prudence et à la sagesse pour protéger l’unité et la paix du pays.

🇹🇩 Tchad : Le Général Abdelkerim Charfadine, Directeur général de la SONEMIC, met en lumière les progrès du secteur minier

Le Directeur général de la Société Nationale d’Exploitation Minière et de Contrôle (SONEMIC), le Général Abdelkerim Charfadine, a tenu un point de presse au siège de l’institution pour présenter les principales avancées enregistrées depuis 2024 ainsi que les grandes orientations pour les années à venir.

Cette rencontre avec les médias a permis de faire le point sur les réformes engagées dans le cadre du Plan National de Développement (PND 2030), qui vise à faire du secteur minier un levier essentiel de la diversification économique du Tchad.

Des réformes concrètes et des réalisations visibles

Le Général Abdelkerim Charfadine a d’abord rappelé que la SONEMIC a mené d’importantes actions de structuration, notamment l’organisation et la formalisation des sites miniers artisanaux au Tibesti, une initiative qui a contribué à améliorer la sécurité, à encadrer les exploitants et à mieux contrôler les flux aurifères.

Il a également souligné la mise en place du Guichet Unique du secteur minier artisanal, un dispositif regroupant les services publics concernés (Trésor, Douanes, Mines, Environnement, CCIAMA), afin de faciliter les démarches administratives et de renforcer la transparence dans la chaîne d’exploitation et de commercialisation des minerais.

Dans la même dynamique, la SONEMIC a lancé un vaste programme d’études géologiques couvrant dix provinces à fort potentiel minier, en vue d’élaborer une cartographie géologique nationale. Ce projet permettra d’identifier de nouveaux gisements et d’attirer davantage d’investisseurs.

Autre progrès notable : l’acquisition de deux laboratoires d’analyse chimique modernes capables de tester jusqu’à 47 éléments, dont l’or, le lithium et le fer. Ces équipements, a précisé le Directeur général, marquent une étape clé vers l’autonomie technique du pays dans le domaine minier.

Une vision tournée vers la durabilité et la compétitivité

« Le Tchad possède un potentiel minier immense. Notre mission est de le transformer en richesse durable au service de tous », a affirmé le Général Abdelkerim Charfadine.
Il a rappelé que la SONEMIC œuvre à la modernisation de la gouvernance minière, en collaboration avec les institutions publiques et les partenaires techniques et financiers, dans un esprit de transparence et de responsabilité.

Les priorités de la société portent désormais sur :

le renforcement de la traçabilité des flux miniers ;

la sécurisation des investissements ;

et la formation continue des cadres et techniciens du secteur.

Des projets d’envergure annoncés

Le Directeur général a également dévoilé plusieurs projets structurants pour les années à venir. Parmi eux, la mise en service de la première Raffinerie d’Or du Tchad en juin 2026, qui marquera une étape historique vers la souveraineté économique nationale.

La SONEMIC prévoit en outre l’achèvement de la deuxième phase de la cartographie géologique et le lancement du projet aurifère de Kouri avant fin 2025, deux initiatives stratégiques destinées à renforcer la contribution du secteur minier à la croissance du pays.

Un engagement réaffirmé pour le développement national

En conclusion, le Général Abdelkerim Charfadine a salué l’appui du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, ainsi que celui des partenaires nationaux et internationaux pour leur soutien constant aux actions de la SONEMIC.

« Ensemble, transformons le potentiel minier tchadien en une richesse nationale partagée et durable », a-t-il déclaré, appelant à une synergie d’efforts pour faire du Tchad un acteur incontournable du secteur minier africain.

Éditorial : “Afrique : entre promesses et fractures”

L’Afrique centrale, de l’Ouest et de l’Est nous envoie aujourd’hui quatre signaux forts : d’un côté l’espoir, de l’autre l’alerte. Le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Soudan et la Tanzanie illustrent la complexité d’un continent en mutation et parfois en rupture.

Au Cameroun, l’annonce de la réélection de Paul Biya pour un huitième mandat, à l’âge de 92 ans, a déclenché une vague de contestation. Les protestations se sont intensifiées, les jeunes et les villes comme Douala ont montré leur ras-le-bol face à une gouvernance perçue comme figée. En parallèle, le pays fait face à des crises humanitaires majeures : insécurité accrue dans les régions anglophones et au nord-f de nombreuses personnes déplacées. Le contraste est saisissant : d’un côté, une stabilité politique ancienne, presque immuable ; de l’autre, des attentes sociétales nouvelles et une jeunesse impatiente. Le Cameroun apparaît comme un pays qui « reste à ses fondations », alors que le monde bouge.

La Côte d’Ivoire montre un autre visage. Après des années difficiles de tensions politiques, le pays a affiché de bons résultats économiques : croissance solide, modernisation des infrastructures. Mais ce renouveau reste ambivalent : l’élection du président Alassane Ouattara pour un nouveau mandat (quatrième selon les sources) soulève des questions sur la démocratie, la participation et l’équité politique. Le pays avance mais le chemin vers une gouvernance partagée n’est pas encore tracé. On sent l’envie d’un « modèle », mais aussi la crainte qu’il soit réservé à une élite.

Au Soudan, c’est l’alerte rouge. Le conflit entre l’armée et les milices paramilitaires du Rapid Support Forces a plongé le pays dans ce que l’Nations Unies qualifie de « plus grave crise humanitaire du monde ». Famine, déplacements massifs, infrastructures de santé détruites les signes abondent que l’Etat est fragilisé. Dans ce contexte, parler seulement de « reconstruction » ou de « relance » paraît dérisoire : il s’agit d’abord de préserver la vie, la dignité. Le Soudan rappelle que la paix n’est jamais acquise, et qu’un tournant manqué peut coûter cher.

En Tanzanie, on pourrait croire que tout roule : croissance économique projetée à 6 % pour 2025, réforme fiscale, investissements. Mais derrière ces chiffres, la démocratie vacille. Le parti au pouvoir, Chama cha Mapinduzi (CCM), continue de contrôler fortement l’espace politique. L’opposition est affaiblie, des voix s’élèvent pour dénoncer des arrestations arbitraires, la restriction des libertés. Le pays illustre ce dilemme fréquent : la stabilité et la croissance, oui ; mais à quel prix pour l’ouverture politique ? Et jusqu’où cela reste-t-il viable à long terme ?

Que retenir de ces quatre trajectoires ? D’abord, que l’Afrique n’avance pas selon un seul modèle linéaire. Il n’y a pas de formule magique : certains pays misent sur la croissance et l’investissement, d’autres sur la consolidation de l’autorité, d’autres encore sur la simple survie. Ensuite, que la « bonne gouvernance » reste le vrai défi. Car la croissance économique sans inclusion sans justice, sans participation finit par devenir fragile. Enfin, que les crises ne sont pas l’exception mais peuvent devenir la norme si rien ne change : le Soudan en est l’illustration tragique.

Pour les populations, cela veut dire que l’espoir est là infrastructures, projets, promesses mais que la vigilance doit rester. Pour les gouvernants, cela veut dire que le soutien populaire ne peut plus reposer uniquement sur des slogans ou des mandats sans renouvellement. Et pour les partenaires internationaux, cela veut dire que l’Afrique n’est pas « là pour être sauvée », mais bien pour coopérer en soutien à des choix africains.

En somme : l’Afrique   à travers le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Soudan et la Tanzanie  est en face d’un carrefour. Le choix ne se limite pas entre « croissance ou crise », mais entre « croissance avec justice ou croissance qui divise». Et la divergence sera probablement plus visible encore dans les années à venir.