La mise en place du Cadre Permanent de Dialogue Politique (CPDP) relance le débat sur le cumul des responsabilités au sein des partis politiques et des institutions de l’État. Selon les principes de bonne gouvernance, les postes devraient être répartis de manière équitable afin d’éviter que les mêmes acteurs cumulent plusieurs fonctions et de favoriser le renouvellement des cadres politiques.
Dans la pratique, plusieurs dirigeants occupent déjà simultanément plusieurs postes stratégiques. C’est le cas de M. Aziz Mahamat Saleh, secrétaire général du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) et ministre en même temps, de Pahimi Padacké Albert, sénateur, ou encore de Mahamat Ahmat Lazina, député. D’autres figures politiques telles que Allahdoum Djarma Balthazar cumulent également des responsabilités importantes au sein de leurs partis ou d’institutions publiques. Pourtant, les partis disposent de cadres compétents capables de relever ces responsabilités. Ce cumul des fonctions, souvent perçu comme un gourmandisme politique, soulève la question de l’exemplarité des chefs de partis et de la crédibilité des mécanismes de dialogue et de concertation politique. Il interroge aussi la capacité du CPDP, comme cadre national de concertation, à inclure une diversité d’acteurs et à favoriser le renouvellement des cadres.
Dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de gouvernance, transparence et démocratie se font de plus en plus pressantes, la limitation du cumul des fonctions reste un enjeu central du débat public et de la consolidation des institutions nationales.
Ce lundi matin, le Président de la République, Chef de l’État, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, a reçu en audience trois femmes tchadiennes récemment promues à des postes internationaux. L’objectif de cette rencontre : leur transmettre ses orientations avant leur prise de fonction à l’étranger.
Parmi elles, Mariam Mahamat Nour, désormais Vice‑Présidente de la Commission de la CEEAC, Amina Priscille Longoh, nommée Ambassadrice extraordinaire du Tchad en France, et Mariam Ali Moussa, qui représentera le pays auprès de la Belgique et de l’Union européenne.
Le Chef de l’État a insisté sur l’importance de leur rôle dans la promotion de l’image du Tchad à l’international et les a exhortées à défendre avec diligence les intérêts du pays dans leurs nouvelles missions.
Cette audience illustre la volonté de la présidence de soutenir la promotion des femmes tchadiennes dans des fonctions diplomatiques et régionales stratégiques, renforçant ainsi la présence du Tchad sur la scène internationale.
Au Tchad, les civils continuent de payer un lourd tribut dans un contexte de violences et de répression. Des groupes armés, motivés par le désir de justice, affrontent l’armée nationale, tandis que les populations civiles se retrouvent au cœur du conflit.
Des témoignages sur le terrain font état de villages incendiés et de massacres ciblant certaines communautés, souvent pour des motifs religieux ou supposées affiliations aux rebelles. L’acheminement de l’aide humanitaire est également perturbé, accentuant la vulnérabilité des habitants. Ces violences sont dénoncées par des acteurs locaux comme un « terrorisme d’État ».
Dans ce contexte, Zakaria Adam Zakaria, coordonnateur national de Wakit Tama – Section politique, lance un appel à la communauté internationale. Il interpelle particulièrement les États-Unis, les invitant à soutenir le peuple tchadien dans sa quête de liberté face à un régime qu’il qualifie d’« oppressif ».
La France, pour sa part, est appelée à clarifier sa position : neutralité ou soutien à l’émancipation du peuple tchadien. Selon les responsables de Wakit Tama, le peuple tchadien aspire à un engagement concret pour mettre fin aux violations répétées des droits humains.
Le pays traverse une période critique, et l’appel à l’action internationale résonne avec urgence pour protéger les civils et rétablir la justice.
En janvier dernier, une délégation allemande a effectué une visite à l’Est du Tchad dans le cadre de la coopération bilatérale. Cette mission visait à évaluer l’évolution du projet COMNORD, à échanger avec les bénéficiaires, les acteurs locaux et les institutions publiques, ainsi qu’à mener une étude de faisabilité d’un nouveau projet axé sur l’inclusion socio-économique.
Cette démarche confirme l’engagement de l’Allemagne à soutenir les efforts de développement et de cohésion sociale dans les régions du Nord et de l’Est du Tchad.
Le Tchad continue de faire face à des violences ciblant les femmes et les fillettes, qui se manifestent sous différentes formes : agressions physiques, violences sexuelles, harcèlement, mariages forcés et violences domestiques.
Ces violences surviennent dans les milieux urbains, ruraux et même dans les camps de réfugiés, affectant la santé physique et psychologique des victimes et fragilisant la cohésion sociale.
Récemment, le quartier Farcha à N’Djaména a été le théâtre de deux agressions sexuelles impliquant des jeunes filles et des hommes âgés de plus de quarante ans. Ce cas illustre à la fois la gravité des violences et la vulnérabilité des jeunes filles dans leur environnement quotidien, même dans la capitale.
Les autorités tchadiennes et les organisations de protection de l’enfance ont mis en place des mesures pour renforcer la sécurité, soutenir les victimes et sanctionner les auteurs. Cependant, l’efficacité de ces mesures dépend de leur application rigoureuse et d’une mobilisation continue des communautés pour prévenir de tels actes.
La prévention, l’éducation, le soutien psychologique et l’accès à la justice constituent des axes essentiels pour réduire les violences contre les femmes et les fillettes. La situation actuelle rappelle que la protection de ces populations n’est pas seulement un enjeu légal, mais un indicateur clé de la stabilité et du développement social du pays.
Dans le cadre des vacances parlementaires, les sénateurs Dr Mahamat Adoum Doutoum et Ali Hamdane Iguemir ont effectué, le 7 février 2026, une mission de sensibilisation et de concertation dans le département d’Abougoudam, province du Ouaddaï.
Accompagnés de conseillers du Conseil provincial du Ouaddaï, les élus ont été reçus par le préfet Habib Adoudou Azabi avant d’échanger avec les autorités locales et les populations sur des questions liées à la paix, à la sécurité, à la cohabitation pacifique et au développement local. Les échanges ont permis aux responsables administratifs et aux habitants de faire part de leurs préoccupations, notamment en matière de sécurité, d’infrastructures, d’éducation, d’accès à l’eau potable et de fonctionnement de la commune.
En réponse, les sénateurs ont assuré de leur disponibilité à relayer ces doléances auprès des instances compétentes, tout en réaffirmant l’engagement du Sénat à promouvoir le vivre-ensemble et la stabilité dans la province. La mission s’est conclue par une Fatiha consacrée à la paix et à la sécurité au Tchad, particulièrement dans la province du Ouaddaï.
L’Organe de Régulation de la Gestion du Pèlerinage (ORGEP) a annoncé, dans une note officielle datée du 05 février 2026, la clôture définitive des inscriptions pour le Hadj 2026, le quota national fixé à 7 000 pèlerins étant désormais entièrement atteint.
Selon le communiqué adressé aux agences de voyages agréées, aucun nouvel enregistrement ne sera accepté. L’ORGEP précise par ailleurs que le système Massar, dédié à l’enrôlement et au traitement des passeports, n’autorisera plus aucun changement ou remplacement de passeport à compter du 8 février 2026.
L’organe de régulation invite ainsi les agences concernées à prendre toutes les dispositions nécessaires afin d’éviter tout blocage ou invalidation des dossiers des pèlerins déjà enregistrés. Il est clairement indiqué qu’à partir de cette date, aucune modification ne sera possible sur la plateforme.
Toutefois, en cas de force majeure, notamment un décès ou un accident entraînant une incapacité totale du pèlerin, les demandes de remboursement seront examinées à la fin du Hadj 2026. L’ORGEP avertit enfin que toute agence ne respectant pas les dispositions de cette note assumera l’entière responsabilité des conséquences qui en découleraient.
La note est signée par le Président de l’Organe de Régulation de la Gestion du Pèlerinage, Idriss Dokony Adiker.
Dans le cadre du renforcement des liens de coopération entre le Tchad et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), une audience s’est tenue récemment entre la Ministre d’État, Mme Kitoko Gata Ngoulou, et le représentant pays de l’UNICEF, M. Luciano Calestini.L’objectif : définir les grandes orientations du futur programme de partenariat. M. Calestini a mis l’accent sur un volet essentiel : les 1 000 premiers jours de l’enfant, allant de la conception au deuxième anniversaire.
Cette période, cruciale pour le développement cérébral et physique, constitue une fenêtre d’opportunité unique. Selon lui, une nutrition adaptée et des soins appropriés durant cette phase permettent de renforcer l’immunité des enfants et de prévenir les retards de croissance, tout en favorisant leur réussite scolaire future. Le représentant de l’UNICEF a réaffirmé la priorité de l’organisation : placer la santé et le développement des enfants au cœur de son action au Tchad.
De son côté, Mme la ministre d’État a salué cette vision et insisté sur la nécessité d’une synergie entre les priorités de l’UNICEF et les politiques publiques tchadiennes. L’objectif est d’assurer un impact tangible et durable sur le terrain, en faveur des femmes et des enfants, conformément aux directives du Chef de l’État, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno.
Ce partenariat marque un nouvel élan pour la protection et le développement de la petite enfance au Tchad.
Présidence de la République du Tchad – Primature du Tchad – UNICEF Tchad
À l’occasion de la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, célébrée ce 6 février 2026, la Ministre d’État, Ministre de la Femme et de la Petite Enfance, a réitéré l’engagement ferme du Gouvernement tchadien à éradiquer cette pratique néfaste qui porte gravement atteinte aux droits fondamentaux des filles et des femmes. Dans sa déclaration, la Ministre a rappelé que les mutilations génitales féminines constituent une violence extrême, aux conséquences physiques et psychologiques souvent irréversibles, et ne sauraient en aucun cas être justifiées par la tradition ou la coutume. Elle a souligné qu’il s’agit d’une violation grave des droits humains et d’une atteinte à la dignité de la personne humaine. Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, la pratique persiste encore dans certaines provinces du pays. Face à cette réalité, la Ministre a salué les efforts consentis par l’État tchadien sous la haute autorité de Son Excellence le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, Président de la République, Chef de l’État, pour lutter contre toutes les formes de violences basées sur le genre.
Elle a notamment évoqué l’adoption de textes législatifs répressifs, la mise en œuvre de stratégies nationales, la création de centres d’accompagnement pour les survivantes ainsi que l’opérationnalisation de la ligne verte 1390, permettant aux victimes et aux témoins de signaler les abus.
Placée sous le thème international « Vers 2030 : pas de fin aux mutilations génitales féminines sans engagement et investissements soutenus », l’édition 2026 de cette journée met l’accent sur la nécessité d’une mobilisation permanente et d’investissements durables pour mettre définitivement fin à cette pratique. Selon la Ministre, investir dans la prévention et la protection des filles revient à sauver des vies et à garantir un avenir plus sûr et plus équitable.
Réaffirmant la détermination de son département, la Ministre d’État a indiqué que la promotion et la protection des droits de la femme et de la fille s’inscrivent au cœur de la vision du Chef de l’État, qui les considère comme des actrices essentielles du développement durable et inclusif du Tchad. Elle a, par ailleurs, lancé un appel solennel aux communautés, aux familles, aux leaders traditionnels et religieux, à la société civile, au secteur privé ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers, afin d’unir leurs efforts pour éradiquer définitivement les mutilations génitales féminines.
Pour la Ministre, aucun développement véritable ne peut être envisagé en marginalisant les femmes et les filles. Elle a enfin exhorté l’ensemble des acteurs à faire de la tolérance zéro une réalité quotidienne, jusqu’à l’élimination totale de cette pratique au Tchad.
Le Conseil Économique, Social, Culturel et Environnemental (CESCE) a procédé, ce mercredi 5 février 2026, au lancement officiel de sa première session ordinaire de l’année 2026. Les travaux se dérouleront du 5 au 19 février 2026 dans les locaux du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’Étranger, autour du thème : « Résilience climatique et habitat durable au Tchad ».
Ce thème s’inscrit pleinement dans la vision portée par le programme « Tchad Connexion 2030 », qui ambitionne de faire du Tchad un pôle de croissance, de stabilité et d’innovation au Sahel et en Afrique. Cette orientation stratégique vise notamment la modernisation des infrastructures, le développement équilibré des territoires, la valorisation durable des ressources et le renforcement du capital humain.
Ouvrant officiellement ladite session, le président du Conseil Économique, Social, Culturel et Environnemental, Dr Ahmat Mbodou Mahamat, a souligné l’importance capitale du choix de ce thème. Selon lui, il interpelle la capacité collective à repenser les modes de construction, l’aménagement du territoire et la gestion des villes ainsi que des zones rurales, afin de garantir aux populations un cadre de vie décent, résilient et respectueux de l’environnement.
Il a également relevé qu’au Tchad, la croissance rapide et souvent peu planifiée des villes, conjuguée à l’insuffisance ou à la faible application des règles d’urbanisme et de construction, accentue la vulnérabilité des ménages. Le développement urbain, a-t-il précisé, s’opère fréquemment dans des zones à risques, exposées aux inondations, à la montée des eaux et aux vents violents, mettant ainsi en péril les habitats, les infrastructures et les moyens de subsistance des populations.
Dr Ahmat Mbodou Mahamat a rappelé que, dans ce contexte, la résilience climatique, la lutte contre les effets du changement climatique, la protection des populations vulnérables et la promotion d’un développement urbain et rural durable doivent constituer des axes transversaux majeurs de l’action gouvernementale. Cette approche traduit la volonté de bâtir un Tchad plus inclusif, plus résilient et durable, mieux préparé aux défis économiques, sociaux et environnementaux. C’est dans cette dynamique, a-t-il poursuivi, que les Conseillers de la République entendent mener un diagnostic approfondi des impacts du changement climatique sur l’habitat, évaluer les réponses apportées par l’État et formuler des recommandations opérationnelles et réalistes, avec une attention particulière accordée à l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables.
Durant cette session, les Conseillers de la République, les représentants des institutions de l’État, les ingénieurs, les architectes, les entreprises spécialisées ainsi que les partenaires techniques et financiers débattront de plusieurs questions majeures. Il s’agira notamment de l’habitat durable face à la résilience climatique, du plan d’urgence opérationnel en cas de catastrophes naturelles, de la planification urbaine face à la croissance démographique galopante des villes tchadiennes, des stratégies de lutte contre les effets du changement climatique sur les populations, les infrastructures et les moyens de subsistance, ainsi que des mécanismes visant à réduire le coût élevé des matériaux de construction importés et à promouvoir l’utilisation de matériaux locaux accessibles au plus grand nombre.
Ces thématiques feront l’objet d’analyses approfondies et méthodiques en vue de proposer des solutions adaptées au contexte tchadien. À l’issue des travaux de cette première session ordinaire 2026, les résultats attendus permettront aux membres du Gouvernement d’avoir une vision claire et précise des différentes manifestations du changement climatique et de leurs impacts sur l’habitat, afin de formuler des propositions pertinentes à l’attention des plus hautes autorités du pays.