Tchad/Société : marché Taradona, un dépotoir des ordures

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Situé à Chagoua dans la commune du 7e arrondissement, le marché Taradona qui alimente la population N’Djamenoise en fruits, en poissons frais et transformés ressemble aujourd’hui à un dépotoir des ordures. Ceci expose les habitants aux risques de maladies.


Ce dernier temps, le marché Taradona est devenu trop sale surtout en cette période pluvieuse avec l’arrivée des maïs et Arachides. Ce marché ressemble à un lieu de dépôt des ordures. Il suffit de passer quelque minute au marché pour réaliser que l’insalubrité bat son plein. Le constat est amer lorsqu’on entends les murmures de ceux qui fréquentent ce marché.


Selon nos sources, le marché Taradona est subdivisé en trois conformément aux marchés des poissons frais, des poissons transformés et des fruits ayant chacun en tête un Délégué. Le marché des poissons transformés est bien aménagé. Par contre, le marché des poissons frais et fruits ressemble à une immondice à part les étales construites pour les femmes vendeuses de poissons frais qui est aménagé.


Pour le secrétaire Général du Marché des poissons transformés, Mahamat Adoum « il n’y a pas assez de la saleté dans notre zone, mais par contre du côté des poissons frais et fruits c’est là, la base de la saleté ».
Il ajoute « même avec le bailleur on a eu a échangé et on a dit en terme hygiénique, on a assumé mais ce qui reste on veut qu’on nous construise les étalages, sinon pour les restes on veille sur nos environs nuit et jour et qu’ils ont pour habitude de cotiser 100f chaque lundi et samedi pour le balayage de leur environnement. »


Maimouna une vendeuse de poissons frais s’exprime en ce terme « je me sens bien ici, Dieu merci on se débrouille bien, mais le problème est que nous nous sommes exposés à l’insalubrité pourtant on paie chaque semaine pour l’aménagement de ce marché mais rien ne fait et c’est ça qui nous inquiète. On a même parlé à la mairie mais elle ne nous écoute pas, ce n’est pas le problème », explique-t-elle.


Abdelkerim Wadi Yousssof, Pharmacien de la place pointe un doigt accusateur envers ces collegues commercants et en appelle à la conscience « C’est nous qui travaillons là et c’est nous qui en bénéficions alors c’est aussi notre devoir de contribuer pour la propriété de ce marché. L’homme tchadien est trop compliqué, ils disent non que le gouvernement tchadien n’a rien fait, cela ne revient pas au gouvernement mais plutôt à nous les commerçants parce que c’est nous qui vendons ici et c’est encore nous qui en bénéficions. On a un délégué ici, un autre là-bas mais la saleté n’est pas leur problème »


Quant à Djidda Hiseini vendeur de maïs, c’est à la mairie de trouver une solution à cela : « on entasse les saletés des Arachides et autres parce qu’il n’y a pas du sable pour fermer ces trous au milieu du marché, en principe la mairie devrait amener des véhicules pour ramasser ces ordures et nous amener du sable mais il ne nous aide pas du tout. Parfois nous sommes obligés de collecter 50f ou 100f pour acheter du sable et mettre où nous restons pour vendre. » martèle-t-il.


Il poursuit qu’ils continueront la collecte d’un fond pour donner à la mairie afin de les permettre d’avoir les bens de sable. Pour les usagers ce n’est pas facile mais ils sont obligés de venir au marchés chercher de quoi se nourrir surtout en cette période pluvieuse qu’il y’a de la famine.


La conseillère de l’association des femmes vendeuses de poisson au sein du marché Taradona, Akoumou Ossian pour sa part indique que l’insalubrité il y en a partout mais celui de ce marché dépasse l’entendement «  l’insalubrité il y en a partout et surtout pendant cette saison de pluie ce n’est pas facile et vous savez que ce marché est enclavé, y’a pas de caniveaux pour faire sortir l’eau, on a pas des bacs à ordure bien disponible pour qu’on puisse évacuer de temps en temps la saleté d’ici, ce vraiment un problème. Nous avons des balayeurs et balayeuses et ils ne savent où mettre les saletés, si on les met aux alentours les voisins ne sont pas contents dont nous sommes dépassées »


Elle renchérit que les femmes vendeuses de poisson s’entête sur les décisions prises pour contrecarrer ces genres de problème « ces femmes vendeuses de poisson là au lieu d’être à l’étale bien propre, elles ne veulent pas, elles veulent juste exposer leurs poissons par terre comme vous le voyez et s’asseoir au sol sur leur chaussure pour vendre et les agents de la mairie en ont lutté fatigué, mais quelle solution ? Nous même on ne comprend pas malgré que ces étales sont bien construites et bien propre pour elles mais, elles ne veulent pas les utiliser. La mairie continue toujours de lutter. »

Elle conclut que celles qui vendent dehors disent que à l’intérieur les gens ne veulent pas entrer dont elle préfère rester dehors. Et que c’est grâce aux balayeuses et balayeurs que les gens fréquentent encore dans ce marché.


Pour y remédier à ces problèmes, les commerçants dudit marché demandent aux autorités de mettre à leur disposition des bacs à ordure, de construire des caniveaux pour permettre l’évacuation des eaux en cette période de pluie. Sinon ces usagers courent plusieurs risques de maladies à savoir le choléra, le paludisme et les fièvres typhoïdes si les autorités n’interviennent pas.

Tenblane Angèle/Stagiaire

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