Tchad/Littérature : l’écrivain Deli Sainzoumi Nestor répond aux questions d’enlèvement contre rançon dans le bassin Lac Tchad

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Paru aux éditions Salon des belles Lettres, l’ouvrage de Deli Sainzoumi Nestor inutilité “Zaraguina et la criminalité itinérante : 20 réponses aux enlèvements contre rançon dans le bassin du Lac Tchad”, fait la lumière sur les enlèvements contre rançon dans le Tchad profond.

Entre 2003 et 2020, il y a eu plusieurs enlèvements contre rançon dont l’auteur se donne pour mission de les relater en chronique qu’il nomme « le triangle de la mort ». Cet ouvrage en effet, évalue, à partir des éléments 32es réponses étatiques et communautaires, tout en reformulant 20 recommandations en guise de réponses concrètes à cette criminalité transnationale.

Il faut dire que c’est un ouvrage qui contient des stratégies pour une approche nouvelle de riposte à la criminalité transfrontalière dont les principaux acteurs sont des ex-rebelles, des soldats démobilisés et déflatés, des groupes d’individus composés de brigands professionnels et opportunistes, de jeunes villageois oisifs et en certaines occasions, des éléments de Boko-Haram.

Exprimé à plus de 50 millions de francs versés comme rançon, ce phénomène a pris de l’ampleur et a eu d’impacts considérablement négatifs sur le développement socio-économique du Tchad, la crise de citoyenneté caractérisée par la division des populations victimes qui ne se considèrent plus comme citoyens au même titre que leurs compatriotes des autres régions di Tchad. Avec pour facteurs principales selon l’auteur, la pauvreté, le chômage, la sous scolarisation, les conflits intercommunautaires dans le Lac Tchad, pour les terres agricoles, les zones halieutiques et pastorales.

Dans son liminaire, l’auteur a déclaré que ces actes ont rendu très pauvres de nombreuses familles ; « Aujourd’hui, je reviens sur la même question, avec un nouveau livre qui montre que  les enlèvements ont appauvris de nombreuses familles, suite aux paiements récurrents des rançons dont la demande la plus petite estimée de nos jours s’élève à 1 million de francs CFA. Chaque année, c’est près d’un milliard de francs CFA que les citoyens versent de part et d’autres des frontières en guise de rançon. Ce nouveau livre met aussi en exergue le nombre de Tchadiens, de Centrafricains et de Camerounais égorgés ou exécutés, parce que leurs parents n’avaient pas payé la rançon. J’évoque dans ce livre, les conséquences socio-économiques et politiques de ce banditisme transfrontalier ».

Pour lui, cette crise a divisé les populations tchadiennes ; « il y a une crise de citoyenneté caractérisée par la désintégration ; c’est-à-dire que les populations victimes ne se considèrent plus comme les citoyens au même titre que leurs compatriotes d’autres provinces. Cela se manifeste aussi par la rupture de confiance entre les populations et les autorités ; le rejet et la peur de tout ce qui est étranger. La plus grave conséquence est la déperdition du cheptel, la baisse de productivité agricole et la limitation du déplacement des personnes et des biens » a-t-il conclue.

Qui est Deli Sainzoumi Nestor ?

Le lauréat du prix littéraire de la meilleure nouvelle, “Les enfants de Toumaï“, en 2018 est un passionné de la presse écrite, de la Philosophie et de la littérature. Diplômé d’un Master 2 de Recherches en philosophie classique à l’Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC), Deli Sainzoumi Nestor est actuellement Journaliste, Conseiller à la rédaction  à Eclairages, et chargé de cours de philosophie pour les classes de terminale littéraire. Il a occupé plusieurs postes au sein des grandes institutions telles que le PNUD, le Conseil National de Lutte Contre le Sida (CNLS) Conseil Economique, Social et Culture  (CESC) ainsi qu’au Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme. Avec une expérience de 25 ans dans le Journalisme, en plus de son Journal Eclairages, Nestor Deli Sainzoumi est à son 9e œuvre littéraire

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