Tchad: Les victimes de Hissein Habré sont prêts à payer le prix de leur lutte

0
240

Après 4 ans, les victimes du crime de régime de l’ancien président dictateur tchadien, Hissein Habré sont déterminés à payer le prix de leur lutte pour entrer en droit de leurs indemnisations. Ils entendent porter plainte contre le Tchad devant la Cour Africaine des Droits de l’Homme (CADH).

L’année 2019 a été une année plus déterminante pour les victimes de HH. Des points de presse, conférences de presse, sit-in, marches pacifiques, opération coup de cœur, des tintamarres… ont été organisés pour mettre la pression sur le gouvernement tchadien à écouter le cri des victimes du régime de Hissein Habré entre 1982 et 1990 mais la réponse du gouvernement reste un silence de cimetière. Ils ne se sont pas lâchés, dès la première semaine de l’année 2020, ils reviennent à leur refrain avec des mêmes actions sur l’avenue Pascal Yoadoumnadji dans le 7ème arrondissement de N’Djamena.

Après tout cela, le président de l’association des victimes de crime du régime de Hissein Habré (AVCRHH), Clément Abaïfouta dit qu’une plainte a été déposée contre le Tchad devant la CADH et qu’ils attendent que le droit soit dit. A part cette plainte,  Clément indique qu’il compte saisir d’autres instances telles que l’Union Africaine et les Nations Unies ainsi que les bailleurs et partenaires du Tchad pour faire pression sur le Tchad. « Ce sont les moyens légaux que nous détenons à notre portée pour faire en sorte que le gouvernement tchadien puisse respecter son engagement », explique-t-il.

Une fuite en avant

Après tant d’années, les choses ne se précisent pas au Tchad. « Du côté de l’Union Africaine, il n’y a pas de soucis mais le grand souci c’est au niveau du Tchad », souligne Clément Abaïfouta. Pour lui, le gouvernement tchadien voudrait unifier le verdict de N’Djamena à celui de Dakar, ce qui n’est pas faisable, conseil les avocats des victimes. « Les deux procès ont eu lieu dans deux pays distincts donc le verdict de Dakar et de N’Djamena ne peuvent pas faire tronc commun. C’est une fuite en avant. Le Gouvernement tchadien voudrait faire un passage forcé, ce que nous n’allons jamais accepter », rapporte-t-il.

« Nous allons-nous battre pour montrer au gouvernement que les deux décisions de justice ne sont pas vraiment associables », martèle le président de l’AVCRHH en précisant que dans les jours qui suivent des grandes actions seront menées pour obliger le Gouvernement à écouter leur cri. « Nous allons faire en sorte que le sommet du gouvernement soit perturbé jusqu’à ce que le droit nous soit dit », déclare-t-il

La lutte continue

« Il y a un prix à payer lorsque vous faites la lutte. Que vous soyez malades, que vous soyez du troisième âge ou fatigués, vous avez un objectif à atteindre, c’est de gagner la lutte », lâche le président des victimes. La lutte n’est pas un dîner de gala, ajoute-t-il.

« Nous tenons à payer le prix même si ça devrait nous coûter. C’est un droit, même si nous disparaissons, nos enfants sont là, ils vont continuer avec le combat », informe Clément Abaïfouta. 

Facebook Comments

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici