Tchad/Justice: Une affaire de trafic de drogue devenu un problème d’Etat. Qui veut la tête du Général Tougoud ?

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En Janvier 2020, plusieurs cargaisons de stupéfiants ont été saisies par les services de douanes à l’entrée sud de N’Djamena. D’après les investigations, ces camions qui transportaient ces chargements de drogues illicites seraient enregistrés aux noms d’un des fils de Saley Deby Itno, le frère cadet du Président de la République. La tête du Général Tougoud est mise à prix.

Il s’agit notamment de deux camions qui seraient les propriétés de Sieur Souleyman Mahamat Délio au moment de la saisie des cargaisons de drogues par la douane, et qui ont été vendus par la suite à 65 millions chacun au Général Tougoud, un ancien cadre des services de renseignement du pays, sans une attestation de vente quelconque. Ce dernier a revendu ces camions, quelques jours plus tard, pour un bénéfice de 10 millions à Suleyman Mahamat Dalio, un autre cadre des mêmes services que le premier. Cette fois, une attestation de vente a été proposée, préparée en deux copies par l’acquéreur et signée par les deux parties qui ont gardé chacune une copie du document.
La situation s’empire après que Souleyman Mahamat Délio a plusieurs tenter de libérer les stupéfiants, mais sans succès, car beaucoup de services de sécurité et de renseignement seraient désormais au courant de l’existence de ces marchandises illicites.

En effet, il y a eu tentative de corruption dans les services de douane suite à cette affaire. Sieur Souleyman Mahamat Délio considéré le coordonnateur du réseau censé transporter et livrer les stupéfiants à la destination s’était rendu auprès du Chef de brigade mobile de la douane M. Ahmat Ayré pour lui proposer de libérer les camions et les cargaisons en échange d’une commission. Ce dernier ayant refusé les avances, propose de mettre les émissaires en contact avec le Directeur Général de la Douane pour qu’ils trouvent un compromis dans la légalité.

Reçu par le Directeur Général de la Douane, les émissaires de Souleyman Mahamat Dalio auraient proposé une commission de 900 millions de francs CFA en échange de la libération des cargaisons et des camions. Le Directeur, après avoir écouté et avisé de l’intention de ses visiteurs, a appelé les services de renseignement pour leur remettre l’argent censé le corrompre et a saisi le Procureur de la République pour lui informer de l’affaire de trafic des stupéfiants. Une situation qui a abouti à l’arrestation mi-janvier 2020 de plusieurs personnes impliquées dans l’affaire par les agents de renseignements généraux.
Plus de trois semaines plus tard, après des multiples concertations et tractations entre les différentes personnalités de l’Agence Nationale de Sécurité et les proches de Sieur Souleyman Mahamat Dalio, le Général Tougoud a été arrêté à son tour début février 2020 par les mêmes agents, pour motif que son nom revient à plusieurs reprises dans la vente des véhicules qui ont servis à transporter les cargaisons de drogues illicites. Il est accusé d’être le propriétaire de ces engins, et donc, faisant parti du réseau de trafic.

Dans les pressions des agents de renseignement, le Sieur Souleyman Mahamat Dalio qui aurait affirmé dans le procès-verbal de la police lors de son arrestation que les deux camions l’appartenaient, a changé de version quelques jours après, en désignant le Général Tougoud comme le propriétaire légitimes des véhicules qu’il tentait de libérer. Une déclaration qui a conduit à des longs feuilletons judiciaires.
Ces chroniques ont valu des procès au tribunal de la première instance de N’Djamena puis à la cour d’appel de Moussoro. Ils sont allés très vite aux verdicts malgré les vices de procédure soulevés par les avocats de deux parties. Tout semble donner l’impression que la justice veut trouver un coupable et refermer très vite ce dossier qui devient très embarrassant pour le pays sur le plan politique et diplomatique.
La justice a estimé que les locaux de cette institution ne relèvent pas d’elle. Alors que dans le décret portant la création de cette agence, il est précisé que cette institution et ses services opèrent selon les lois de la République.

Sieur Tarick, ce convoyeur qui n’a pas été entendu par le juge alors que son témoignage serait fondamental pour permettre à la justice d’identifier son employeur ou son complice qui pourrait être le propriétaire des marchandises.
Sur d’autres faits marquants pendant le procès en appel à Moussoro, le Procureur qui est censé demander la confirmation des peines de dix ans de prisons pour toutes les personnes condamnées comme telle en première instance, a curieusement changé d’avis et a fait une exception pour le Sieur Souleyman Mahamat Dalio. En prétendant qu’il a des doutes sur les charges qui pèsent sur ce dernier malgré que beaucoup des preuves démontrent son implication en tant que cerveau des opérations dans cette affaire.

En analysant très près les faits et en suivant les procès de cette affaire de trafic de drogue illicite impliquant les hautes personnalités de services de renseignement, tout donne l’impression que le pays veut sacrifier certains de ses cadres pour redorer son image auprès de l’opinion nationale et auprès de ses partenaires internationaux.

Condamnant lourdement le Général Tougoud, le pays voulait se blanchir de toute implication dans un réseau de trafic de drogue et montrera qu’il ne fait aucune exception dans sa lutte contre les trafics de stupéfiant. Quitte à sacrifier un officier innocent et dévoué pour son travail, celui de sécuriser son pays, pour montrer l’exemple. Le seul tort du Général est celui de vendre des camions à un acquéreur qui en a fait un mauvais usage, notamment les trafics de stupéfiant.

En dépit des preuves qui vont de la fausse déclaration des contenus à la douane, des tentatives de libération des camions avec leurs cargaisons, des preuves sur des contenus vocaux enregistrés impliquant les vrais auteurs de trafics, les changements de versions de déclaration à la police et au tribunal, le procureur décide d’avoir de doute sur celui que tout incriminerait et sollicite la condamnation de celui qui est lié à l’affaire que par la vente des camions.

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