Tchad/Culture : La restauration du palais du Gôn de Léré et son inscription sur la liste du patrimoine national

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Dans le cadre du projet du programme FSPi « Valorisation et Protection du Patrimoine Tchadien », l’Ambassade de France au Tchad entreprend le travail de restauration du palais de Gon de Léré.

Vêtus d’environ deux siècles, le palais du Gôn de Léré est l’un des cités traditionnelles a potentialité touristique. Ce palais est d’une grande importance historique qui témoin de l’organisation et de la brillante civilisation du peuple Moundang, peuple transfrontalier vivant à cheval entre le Tchad et le Cameroun voisin. Aujourd’hui malheureusement les différentes constructions traditionnelles ont beaucoup souffertes des intempéries mais l’ensemble demeure grandiose. Le palais du Gong de Léré qui est le Roi des Moundang et leur chef spirituel en est un.

Cérémonie de lancement des travaux de restauration du Palais du GON Léré

La restauration du palais du Gon de Léré compte parmi les différents projets financés par l’ambassade de France dans le cadre du FSPi Patrimoine. Il s’agit non seulement de contribuer à la conservation d’un monument historique de la région mais aussi de faire perdurer les traditions autour de sa préservation, et enfin d’envisager le développement du tourisme dans la région de Léré qui possède un fort potentiel dans ce domaine.

Ce palais en voie de destruction mérite bien d’être restauré pour être sauvegardé. « Cette restauration permettra notamment d’inscrire ce joyau architecture sur la liste du patrimoine national à titre indicatif. Elle doit respecter les critères d’originalités et d’authenticités de la construction de ce palais bicentenaire en vue de sa proposition d’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO », indique le Représentant du ministère de la culture et de la promotion de la diversité auprès de la commission nationale pour l’UNESCO, Mbaïnaïdara Ngardoum.

Cérémonie de lancement des travaux de restauration du Palais du GON Léré, équipe du projet

L’Assistant technique du projet FSPi patrimoine, Doctorant en archéologie Hamdji Milman Noudjiko Représentant de l’ambassade de France souligne que la restauration du palais sera suivie et ses grandes étapes retracées dans un documentaire qui assureront une belle visibilité du palais bien au-delà de la région. Le patrimoine culturel est par définition un héritage légué par les générations passées et ceci devant être transmis intact ou augmenter aux générations futures. Il relève du bien public et du bien commun.

Cérémonie de lancement des travaux de restauration du Palais du GON Léré

Le projet du programme FSPi « Valorisation et Protection du Patrimoine Tchadien » est mis en œuvre par l’Ambassade de France au Tchad en collaboration avec le Ministère de la Culture, et le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche, et de l’Innovation. Le premier vise à financer 5 à 10 micro-projets s’inscrivant dans une dynamique de protection et de valorisation du patrimoine tchadien : développement touristique, expositions, muséographie, inventaires, publications, restitutions etc ; d’une valeur de 2 à 4,5 millions de FCFA.

Ce qu’il faut savoir sur l’habitation et le Gôn de Léré

Go Comé II devant ses quelques femmes

Selon les chercheurs (anthropologues), le palais du Gôn de Léré est une facture traditionnelle en pisé qui présente les particularités architecturales du zadéné, ou ferme fortifiée moundang. C’est une habitation en forme de case conique à étage, reliée aux chambres des femmes par de hauts murets d’argile. Entre ceux-ci, sont imbriqués des greniers aux hublots sommitaux qui s’obturent par des pans en vannerie et qui peuvent être atteints à l’aide d’une échelle de bois, faite d’une fourche entaillée.  

Le Roi ou Gôn de Léré est un grand polygame qui peut avoir entre 109 à 300 épouses selon les époques. Le palais du Roi est en fait une gigantesque exploitation agricole de forme circulaire et d’un seul tenant. Dans cet anneau se succèdent les appartements des épouses. Chaque compartiment comprend chambres. Les murs sont en pisé et le toit est plat et sert de terrasse. L’appartement dispose dans un coin d’un grenier de forme phalloïde et dans un autre coin d’une tourelle qui est la cheminée de la cuisine. Si une ferme traditionnelle Moundang dispose de trois-quatre appartements.

Le roi Comé II a régné de 1891 à 1924. Il a épousé plus de 200 femmes et a été obligé d’agrandir le nombre des appartements en construisant un anneau concentrique au premier à l’intérieur de la Cour. Son petit-fils Daba III, intronisé en 1964, n’a disposé que d’une centaine d’épouse dont une quarantaine héritée de son père et de son grand-père. Ce nombre plus réduit a permis de dégager la cour de ces constructeurs supplémentaires.

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