Tchad : Changement à la tête de la SNE, le défi sera-t-il relevé ?

0
3785

Arrivé à la tête de la société nationale d’électricité (SNE) en mars 2018, Jean-Paul M’Batna ancien directeur Générale de la Société Nationale d’Electricité (SNE) demis de ses fonctions par un décret est   promu à un nouveau poste de responsabilité. Il  est le Directeur Général Adjoint de l’Autorité de Régulation du Secteur Electrique (ARSE) et son  Directeur commercial de la SNE, Abdoulaye Ngamada devient le nouveau Directeur Général de la SNE.

Juste 48 heures après l’interpellation du Ministre du Pétrole, de l’Energie et des Mines par les députés le 6 novembre dernier où les élus du peuple ont farouchement décrié le disfonctionnement de la société nationale d’électricité. Sa démission pourra apporter un changement au sein de cette institution connue de tous comme une vache à lait pour certaine catégorie des tchadiens ? La SNE a failli à sa mission, celle de fournir l’électricité à toute la population. Il révèle des observations faites par les députés que la SNE fournit de l’électricité 24 heures sur 24 à une partie de la population et d’autres sont condamnées à vivre dans l’obscurité.

Malgré que plusieurs initiatives aient été engagées par l’équipe de l’ancien DG de la société nationale d’électricité, le secteur électrique tchadien reste gangréné par des pratiques peu orthodoxes. Des individus disent intouchables ne paient pas leurs factures, des faux compteurs, des fraudes organisées au sein même de la SNE, des mauvaises et des délestages intempestifs… Il faut noter qu’avec l’arrivée de Jean-Paul M’Batna des efforts ont été fournis, ce qui a permis un tant soit peu de résoudre une partie de problème de la société d’électricité. Des missions de contrôle et de réhabilitations des champs ont été effectuées dans les zones de couverture de la SNE mais après tout l’énergie au Tchad reste encore dans un état embryonnaire.

Rappelons que l’électricité au Tchad demeure toujours un luxe avec un taux de pénétration estimé entre 4 et 5% pour l’ensemble du territoire national. Sur les 23 provinces que compte le Tchad, seulement 13 localités du pays des 12 provinces sont couvertes par la SNE. La seule centrale construite par la SNE aux normes internationales,  installée à Farcha dans le premier arrondissement pour une capacité de production de 81 mégawatts, mais elle ne fournit actuellement que 61 mégawatts. Malgré les deux centrales de Djambal Bahr qui fournissent respectivement 2 et 4 mégawatts et la raffinerie de Djarmaya et la société Aggreko qui injectent plus de 60 mégawatts, la société nationale d’électricité a toujours de plomb sur les ailles.

L’ARSE pourra-t-il relever le défi de 50% de la couverture en électricité ?

Technicien de son état, Jean-Paul M’batna (DGA) et son titulaire Mahamat Adoum Ismaïl (DG), ont la responsabilité de conduire cette nouvelle structure à cadrer la SNE pour l’atteinte des objectifs voulu par les hautes autorités de la République, celle de rehausser le taux d’accès à l’électricité à 50% comme prévue dans la vision 2030, le Tchad que voulons et relever les défis d’accès à l’électricité au Tchad, avec un taux de moins 6% actuellement dans la sous-région.

Créée par la loi 036 et promulguée le 26 août 2019, l’ARSE est un établissement public à caractère administratif, doté de la personnalité morale et de l’autonomie de gestion. Cet organe de régulation du secteur électrique est chargé de la régulation des activités de production, de transport, de distribution, de conduite du système d’importation, d’exportation et de vente de l’énergie électrique à travers les villes couvertes par la SNE. L’Autorité de régulation du secteur de l’énergie électrique (ARSE), est une structure nouvellement créée par le gouvernement pour palier au problème répétitif d’électricité à travers le pays. L’ARSE a pour mission   de contrôler la SNE et les autres sociétés de distribution de l’électricité dans le pays.

 

Laisser un commentaire