Société : « Tant que les tchadiens n’arrivent pas à se pardonner, l’indifférence existera toujours », dixit Salomon

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Depuis plus de 6 décennies, le Tchad ne fait que passer de dures périodes remarquables. Ce qui entrave son développement socioéconomique. Djimte Salomon, communicateur et écrivain que le journal a rencontré, donne son point de vue sur la situation que traverse le Tchad, « un pays béni de Dieu ».


Intrigué par la situation actuelle du Tchad, Djimte Salomon, communicateur de formation et écrivain se demande pourquoi il y a cette persistance dans la violence ? Selon lui, c’est quand il était encore petit que ces choses ont commencé. « En 1975 quand Tombalbaye était tué, j’étais témoigne et je connaissais ce qui s’était passé. Ensuite les évènements se sont enchainés jusqu’aujourd’hui. Tout est question de violences », renseigne-t-il.

Il se dit ne pas comprendre pourquoi tous ceux qui font de la rébellion et de coups d’Etat n’arrivent pas à atteindre leur but qui sont l’unité et la stabilité du Tchad.  » Ils se disent, qu’ils sont contre la dictature. Qu’ils sont pour la stabilité du pays, l’unité du pays mais je ne sais pas pourquoi personne n’est arrivé à atteindre ce but là ? S’interroge-t-il.


Salomon fait croire que le problème du Tchad n’est pas une question d’institution mais c’est vraiment une question d’homme. Que cherchent-ils réellement ceux qui dirigent le Tchad ? Qu’est-ce qu’ils veulent ? « Supposer que moi, dit-il, je dis, je viens pour mettre terme à la dictature. Logiquement, dès que je prépare la place pour quelque chose qui regarde l’alternance, je devais dire, mais comme J’ai déjà préparé le grounds, je laisse pour que les nouvelles façons s’installent. Je crois que c’est ça être objectif. Ces choses-là nous manquent », constate Salomon


« Nos insuffisances sont dans notre ego. »


Pour lui, les tchadiens n’ont pas compris la différence entre l’individu et sa vision politique.  » Quand on prend un tchadien, il voit son frère et il voit ce qu’il fait comme la même chose », remarque-t-il. « Aujourd’hui c’est difficile pour un tchadien de dissocier un individu et un membre du MPS. Or le MPS n’est qu’une vision politique mais l’individu est une autre personne. Pourquoi croire que les deux sont la même chose ? Je crois que nos insuffisances sont dans notre ego », martèle-t-il.


Le pays a suffisamment des munitions et des armes


L’écrivain Salomon dans son analyse fait comprendre que vouloir un pouvoir absolu freine le développement. « On s’arme, on arme le pays. Le pays a suffisamment de munitions, des armes sophistiquées, mais on combat contre qui ?  » Nous ne pouvons pas passer comme première puissance dans ce monde.

Les États-Unis, la Russie, la France qui sont premiers, ce n’est pas du coup. Ils ont fait des années avant d’avoir tout ce qu’ils ont aujourd’hui. Mais le Tchad, ce n’est pas en achetant les armes sans se soucier du peuple qu’on pourra être première puissance mondiale, a dit Salomon.

Pour le cammunicateur Djimte, le Tchad doit s’arrêter pour dire: « nous, nous avons fait trop de tort à notre population, à nous-même d’abord et c’est le temps pour nous de nous assoir et de repenser autrement ».
« Cela ne peut être possible poursuit-il, que lorsqu’on aura placé l’homme au centre du développement et c’est ça ce que Dieu veut ».

Pour lui, Dieu veut que tout ce que nous faisons soit pour l’homme. Premièrement quand je te rencontre qu’est-ce que je dois faire ? Je dois te donner de l’eau à boire, je te donne à manger. Si tu as bien mangé, je te trouve de conditions pour te reposer. Alors, c’est le minimum que je te donne. Maintenant, je te donne la liberté de t’exprimer, d’aller faire ce que tu veux. Ce sont ces choses-là qui évitent les frustrations et les tchadiens ont accumulé.

Propos recueillis par Yorhein Ongsi Aristide

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