Média : La suspension de Abba Garde, une décision unique

0
809

La décision de la Haute autorité des média et de l’audiovisuel (HAMA) suspendant le Trimensuel Abba Garde le 08 juin 2020 pour une période de douze (12) mois suscite des réactions. La convention des entrepreneurs de presse privée au Tchad (CEPPT) réagit à travers un point de presse ce 09 juin à la maison des média du Tchad.


Cette décision de la HAMA a été une grande surprise pour les entrepreneurs de la presse privée au Tchad. La HAMA reproche Moussey Avenir de la Tchiré et son journal pour un manquement grave à l’éthique et à la déontologie du journaliste, les faits de diffamation et publication de fausses nouvelles. Selon la décision dite décision de Dieudonné Djonabaye, président de la HAMA, le journal Abba Garde est suspendu de parution pour une période de douze (12) mois ainsi que son Directeur de publication Moussey Avenir est interdit d’exercer le métier de journaliste pour une durée de douze (12) mois aussi.


Une décision que condamne la CEPPT. « Nous condamnons avec énergie cette décision de Dieudonné Djonabaye et ses camarades militants du Mouvement Patriotique du Salut. La Convention des Entrepreneurs de la Presse Privée dont fait partie Abba Garde usera de toutes les voies et recours pour que justice soit rendue », indique-t-elle.


La CEPPT appelle les journalistes à la lutte contre les prédateurs de la presse libre. « Chers confrères, l’heure est grave. Soyons vigilent et luttons contre les prédateurs de la presse libre, les assassins de la démocratie », lance-t-elle avant d’estimer que cette décision annonce non seulement la disparition de notre confrère mais aussi celle de toute l’équipe de sa rédaction.

La convention se demander, de quelle loi se réfère la HAMA pour cette lourde peine, une première dans l’histoire de la liberté de la presse au Tchad ? Ne pouvait-elle pas renvoyer Abba Garde et ses plaignants à la justice ?


Pour la CEPPT, une relecture minutieuse des dispositions pénales de la loi n°31/PR/2018 portant ratification de l’ordonnance 25/PR/2018 du 29 juin 2018 portant régime de la presse écrite et des médias électroniques au Tchad. Nulle part dans cette loi, il n’est prévu une suspension d’une durée de 12 mois pour diffamation ou diffusion de fausses nouvelles. Moins encore la suspension d’un journaliste dans l’exercice de son métier pour les mêmes infractions. « Il apparait donc clairement que cette sanction est arbitraire et sent un règlement de compte à plein nez », fustigent les entrepreneurs de la presse privée au Tchad.


La décision de la HAMA est un signal fort donné à toute la presse tchadienne, un ballon d’essai et en même temps un recul honteux pour la démocratie tchadienne. Ce qui doit interpeler les journalistes et sans détour, le président de la République, chantre de la démocratie et garant des libertés publiques sur ces abus qui ne contribuent qu’à noircir notre République et saper ses efforts patents en matière de démocratie, observent-ils.


Appel à la lutte


La CEPPT demande aux journalistes de ne pas croiser les bras et laisser faire. Ce qui est arrivé à Abba Garde aujourd’hui, cela peut arriver à tout journal. « Si nous continuons à observer comme par le passé, les pratiques de la HAMA finiront par s’imposer comme une jurisprudence. Pour ce faire, nous demandons à toute la presse de se mettre debout comme un seul homme pour dire non à cette injustice qui crève l’œil », lance la Convention des entrepreneurs de la presse privée au Tchad.


Les Entrepreneurs de la Presse Privée au Tchad, estiment que la HAMA en tant qu’institution de la République abuse de son pouvoir pour faire plaisir aux hommes politiques et à un groupe de copains. « Compte tenu de cette flagrante décision, nous exhortons la HAMA à faire preuve de maturité, car nous estimons que ceux qui la dirigent ont déjà atteint l’âge de la sagesse. Nous connaissons leur couleur politique et attirons leur attention. Ils n’ont pas à se jeter dans un jeu politique qui n’arrange pas le peuple tchadien », constatent-ils.

Facebook Comments

Laisser un commentaire