Média : Condamnation du journaliste Martin Inoua Doulguet

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Le collectif des avocats du journaliste Martin Inoua Doulguet a organisé un point de presse dans un hôtel de N’Djaména, le 04 octobre 2019. Ses avocats dénoncent une justice à deux vitesses. Pour eux, cette condamnation est une honte nationale.

Cabinet Gouara, cabinet Abdou et Cabinet Koudé représentés respectivement par Me Olivier Gouara, Me Ndjilyam Mouadjimtog et  Me Mbaïnaïssem Koudé constituent le collectif de conseils qui défend le journaliste Martin Inoua Doulguet arrêté depuis le 16 août dernier et condamné à trois (3) ans de prison ferme, plus une amande de deux millions et de 20 millions de dommage et intérêt à payer solidairement avec Abderaman Boukar Koyon ; Directeur de publication du journal le Moustik à la dame Toupta.

Selon Me Ndilyam, la justice tchadienne en rendant cette décision est passé à côté de B+A=BA du droit. Me Ndilyam qui s’est abstenu de tout commentaire a juste fait le compte rendu du procès du début à la fin. Dans sa communication, il rappelle que dans la forme, la procédure a pleine de vice qu’ils ont soulevé à la barre pour demander au président du tribunal de grande instance de N’Djaména, par ailleurs le juge en charge du dossier en question de déclaré purement et simplement nul le dossier. Me Ndilyam a rappelé qu’il s’agit d’un procès contre deux journalistes pour diffamation.

A cet effet, comme le métier de journaliste au Tchad est régi par une loi spéciale, ces derniers doivent être jugés sur la base de cette loi. Il poursuit sa communication en disant qu’il n’y a pas de raison que des journalistes soient jugés par le code pénal. En diffamation, selon Ndilyam, il n’y a pas de flagrant délit. Pourtant c’est belle et bien la qualification du 8ème statut du procureur qui a ensuite refusé de prendre le dossier. Ndilyam pense à son avis qu’en diffamation, le journaliste doit être cité à comparaître. Mais ce n’était pas le cas. Même dans le fond, il n’y a pas le délit de diffamation et de dénonciation calomnieuse préalablement retenu contre les deux journalistes mais le juge a trouvé quand même un moyen de condamner Martin Inoua Doulguet.

Me Olivier Gouara, prenant la parole n’a pas mâché ses mots. Pour lui, la justice s’est laissé manipuler par des individus. Il pense que ce n’est en réalité pas de la diffamation à l’ancienne ministre qu’il s’agit mais purement  et simplement d’une procédure orchestrée par des individus qui veulent la tête du Directeur de publication du journal Salam Info. Il poursuit que ces individus sont restés inconnus du peuple tchadien jusqu’à ce jour mais ne demeureront pas inconnus. Olivier Gouara rappelle que la partie civile, ses conseils et le ministère public, ne pouvant pas démontrer la diffamation et dénonciation calomnieuse comme préalablement retenu, a déplacé le débat en disqualifiant et requalifiant les faits d’association des malfaiteurs informatique et diffamation. Là même, selon Me Olivier Gouara, la justice est passée à côté du droit. « Je pense qu’on n’a pas besoin d’être un géni pour interpréter les textes juridiques… qui dit association, dit un regroupement d’au moins deux (2) personnes. Comment on peut poursuivre deux personnes pour association de malfaiteurs et condamner l’un à seulement une amande d’un million et l’autre à trois ans de prison ferme et à deux millions d’amandes… Ils ont dit que Martin n’est pas journaliste alors qu’il est autorisé à fonctionner par l’organe chargé de réguler le journalisme au Tchad et il possède une carte de journaliste… On veut juste la tête de Martin Inoua…», peut-on retenir dans l’intervention de Me Olivier Gouara, qui, pense que le métier de journaliste est noble mais qui est malheureusement en train d’être sacrifié par certains individus qui se disent aussi journaliste. A titre d’exemple, Olivier révèle qu’un journaliste a écrit au Reporter Sans Frontière (RSF) pour lui demander de ne pas défendre Martin Inoua Doulguet parce qu’il n’est pas journaliste. « Je voyage ce soir et je vais démontrer au RSF que Martin Inoua Doulguet est bien journaliste », conclut-il.

A son tour, Me Koudé, l’un des avocats de Martin qui est aussi l’avocat de Mémadji Henriette la nièce de Toupta Boguena, a rappelé que Martin Inoua Doulguet est juste victime d’une injustice flagrante. « S’il y a quelqu’un à poursuivre dans cette affaire, c’est bel et bien moi Me Koudé. Parce que les propos publiés par les journalistes dans cette affaire qui crée de problèmes à ces journalistes sont bien mes propos. Les gens en veulent simplement à la vie de Martin et ils cherchent simplement tous les moyens pour atteindre leur objectif », a laissé entendre Me Mbaïnaïssem Koudé qui se dit très marqué par cette affaire. « C’est tout sauf le droit », a-t-il conclut.

Les langues se délient

Selon plusieurs représentants de défense des droits de l’homme et des journalistes présents au point de presse, le « journaliste traitre » en question a saisi plusieurs organisations en plus de RSF leur demandant de ne pas défendre le journaliste Martin. Tous les journalistes présents témoignent de la réalité de cette histoire ont murmuré le nom de Moussaye Avenir De La Tchiré. Murmures confirmés par un représentant d’une organisation internationale de défense des droits de l’homme qui affirme avoir également reçu une correspondance de Moussaye Avenir de La Tchiré lui demandant de ne pas défendre Martin Inoua Doulguet mais qui a requis l’anonymat.

Depuis que la procédure contre Martin Inoua Doulguet a été lancée, plusieurs langues se délient. Selon plusieurs révélations, Martin est victime d’une large coalition ayant à sa tête le ministre d’Etat, ministre secrétaire Général à la présidence, Kalzeubé Pahimi Débeut, le ministre de la justice Djimet Arabi, l’homme d’affaire, ancien conseillé à la présidence Abakar Mahamat Adoum et le journaliste Moussaye Avenir de La Tchiré. Ces « mains cachées » derrière ce dossier auraient juré d’obtenir par tous les moyens la tête du Directeur de Publication du journal Salam Info qui selon eux, ne veut pas se taire. Salam info

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