Mali : Face aux retards pris dans l’application de l’Accord de paix, le Conseil de sécurité proroge les sanctions et le mandat du Groupe d’experts

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Le Conseil de sécurité a adopté, aujourd’hui à l’unanimité, la résolution 2484 (2019) pour reconduire jusqu’au 31 août 2020 le régime de sanctions concernant le Mali, sans le modifier, et proroger jusqu’au 30 septembre 2020 le mandat du Groupe d’experts créé en application de la résolution 2374 (2017).

Par ce texte, présenté par la France, porte-plume pour le Mali, le Conseil de sécurité réaffirme que les mesures d’interdiction de voyager et de gel des avoirs énoncés par la résolution 2374 (2017) s’appliquent aux personnes et entités désignées par son Comité des sanctions.

A l’appui de cette décision, le Conseil réitère sa « vive impatience » face aux « retards persistants » pris par les parties dans l’application intégrale de dispositions clefs de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali conclu en 2015.  Il note également que ces retards continus « contribuent à créer un vide politique et sécuritaire qui compromet la stabilité et le développement du Mali ainsi que la viabilité de l’Accord ».

Constatant que « davantage de progrès ont été accomplis pendant l’année écoulée qu’au cours des premières années qui ont suivi la signature de l’Accord », le Conseil relève qu’un « certain degré de volonté politique associé à des pressions internationales », notamment la perspective de sanctions, ont joué un « rôle important dans l’obtention de ces résultats positifs ».

Dans le préambule de la résolution, le Conseil prend note des décisions de son Comité des sanctions, en date des 20 décembre 2018 et 10 juillet 2019, d’ajouter des noms à la liste des personnes et entités visées par les sanctions et d’envisager de radier ces personnes de la liste.  Si, les « mesures prioritaires » énumérées au paragraphe 4 de la résolution 2480 (2019), qui a prorogé le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) en juin, sont « pleinement appliquées », et si, les personnes désignées « cessent toute activité illicite ».

Aujourd’hui, le Conseil observe qu’il n’a pas encore été « constaté de progrès suffisants qui justifieraient d’envisager une telle mesure ».  Pour ce qui est du mandat du Groupe d’experts, il exprime son intention de le réexaminer et de se prononcer, au plus tard le 31 août 2020, sur une nouvelle prorogation.  Il renouvelle également sa demande faite dans la résolution 2374 (2017) d’un échange rapide d’informations avec la MINUSMA.

Le Groupe d’Experts est par ailleurs prié de présenter au Conseil, après concertation avec le Comité, un rapport à mi-parcours, le 29 février 2020 au plus tard, et un rapport final, le 15 août 2020 au plus tard, et de lui adresser « au besoin » d’autres rapports périodiques dans l’intervalle.

Par Issiaka Guindo, Correspondant de Tachad.com au Mali

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