Les innondations: un mémorandum de six pages pour endiguer le phénomène dans les villes tchadiennes

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L’Ordre National des Architectes du Tchad et du Collectif des Acteurs de la Ville sur les inondations ont publié un Mémorandum ce mercredi 16 septembre 2020, lors d’un point de presse animé par la présidente Nationale de l’ordre des architectes du Tchad, HAyatte Abderhim Ndia.


C’est un mémorandum de six pages assorti de la réflexion des architectes et autres professionnels du cadre urbain tchadiens, (Urbanistes, Ingénieurs, Géographes, Topographes, Gestionnaires urbains, Sociologues, Juristes, Historiens), lors de la journée de réflexion du 29 août dernier sur les innondations.


Les architectes et urbanistes recommandent ce qui suit :

  1. Mettre les professionnels du domaine de la construction, et les différents acteurs urbains, au centre de la planification et de la gouvernance urbaine, pour un développement urbain ordonné et durable ;
  2. Mettre en place un urbanisme spécifique et anticipatif, qui tienne compte d’une part, des spécificités de notre processus d’urbanisation et d’autre part, prévoit l’évolution de la ville sur une période assez longue, à travers une planification urbaine statistique ;
  3. Eriger en loi, les documents d’urbanisme donnant les grandes orientations de l’évolution de nos villes, tels que le Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU), pour permettre leur mise en œuvre effective, et l’avènement de villes structurées et ordonnées ;
  4. Doter la ville de NDjaména d’un nouveau Schéma Directeur d’Assainissement à long terme pour sortir du cycle des projets ponctuels à faible impact, et coordonner les actions des agences d’aide au développement dans le sens de sa mise en œuvre effectie ;
  5. Prendre en compte la pauvreté comme composante fondamentale dans l’aménagement de nos villes, et mettre en place une politique d’accès au logement de masse ;
  6. Relayer l’urgence de produire et de faire respecter un code de la construction et un code d’urbanisme et la nécessité d’adopter les décrets d’application et textes régissant le secteur de l’habitat et celui de l’Urbanisme ;
  7. Programmer la révision de tous les documents de planification urbaine, afin d’y intégrer les dimensions des changements climatiques et de la résilience urbaine ;
  8. Endiguer le problème de détournements des affectations des sols, favorisé par le principe d’un « Urbanisme du laissez faire » et celui de l’inapplication des textes ;
  9. Combattre le phénomène d’étalement urbaine en délimitant clairement les limites de ville et densifier les ilots existants ;
  10. Appréhender l’urgence de créer une agence des travaux publics avec des attributions précises, qui aura en charge la planification urbaine et la gestion de la ville ;
  11. Mettre en évidence la nécessité d’une main d’œuvre locale qualifiée et l’utilisation des ressources et matériaux locaux, pour l’avènement d’une urbanisation résiliente et pérenne;
  12. Reconsidérer les secteurs de l’Habitat et celui de l’Aménagement dans les priorités du gouvernement, car ayant une répercussion directe sur la santé, l’économie, le bien-être de la population et la sécurité publique ;
  13. Souligner la nécessité d’un plan financier spécifique, dédié à la mobilisation de capitaux capables de sous tendre une politique d’urbanisation d’envergure. Par ailleurs, l’Ordre National des Architectes du Tchad et le Collectif des acteurs de la ville, tiennent à porter à l’attention du public, qu’ils sont mobilisés solidairement, pour apporter leur aide multiforme aux pouvoirs municipaux, à travers des actions concrètes sur le terrain. Lire aussi : https://www.tachad.com/table-des-architectes-la-ville-de-ndjamena-manque-darchitecture
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