L’Afrique cherche à s’en débarrasser de faux médicaments

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En Afrique, faute de législation spécifique, le trafic de faux médicaments est souvent considéré comme un simple délit de contrefaçon, les peines atteignent quelques mois d’emprisonnement tout au plus.

Si ce phénomène existe dans le monde entier, 42% des faux médicaments saisis depuis 2013 l’ont été sur le continent africain, où la faiblesse des systèmes de santé et la pauvreté ont favorisé, plus qu’ailleurs, l’émergence d’un marché parallèle.

Le Togo est, par ailleurs, un des pays pionniers à avoir modifié son code pénal dès 2015. La peine encourue par les trafiquants y est désormais de 20 ans de prison et de 50 millions de francs CFA d’amende (76.200 d’euros).

Un marché fructueux

A Lomé, à Cotonou au Bénin ou à Lagos au Nigeria, la plupart des médicaments sont écoulés sur les marchés en plein air, souvent sur des bâches en plastiques posées au sol. On y trouve toutes sortes de remèdes, des anti-douleurs classiques aux antipaludéens en passant par les antibiotiques.

Les médicaments vendus dans la rue sont généralement deux fois moins chers que dans les pharmacies, davantage contrôlées et obligées de s’approvisionner chez des fournisseurs agréés par le ministère de la Santé.

« Il est très difficile de tracer les faux médicaments vendus dans la rue », explique à l’AFP le Dr Innocent Koundé Kpéto, président de l’ordre national des pharmaciens du Togo. « Les pays qui sont mentionnés sur les boîtes, souvent ne sont pas les pays de provenance de ces médicaments. Les fabricants brouillent les pistes pour ne pas être identifiés ».


On estime qu’en Afrique, entre 30 et 60% des médicaments mis sur le marché sont faux, et proviennent en premier lieu de Chine et d’Inde, selon le Dr Kpeto. Des plaques tournantes du trafic ont été démantelées, comme le célèbre marché Adjégounlè à Cotonou, une des principales portes d’entrée des faux médicaments en Afrique.



En juillet, 67,8 tonnes de produits pharmaceutiques contrefaits, saisis entre juin 2018 et juin 2019, ont été brûlés à Lomé. Une saisie record de 200 tonnes de faux médicaments a été réalisée mi-novembre à Abidjan par la gendarmerie ivoirienne et quatre suspects, dont un ressortissant Chinois, ont été arrêtés.

Mais malgré ces efforts récents, les saisies montrent que « le phénomène reste important » et implique « des réseaux criminels très organisés » selon le Dr Kpéto.

La Fédération internationale de l’industrie du médicament (FIIM) estime qu’un investissement de 1.000 dollars peut générer 500.000 dollars de profits, ce qui rendrait les faux médicaments plus rentables que la plupart des stupéfiants.

Une bataille qui doit être menée avec le Nigeria

Tant que le Nigeria, vaste marché de 200 millions d’habitants et première destination des produits contrefaits en Afrique, ne rejoindra pas les efforts déployés par ses voisins, la lutte contre ce fléau restera anecdotique.

En effet, le tiers des 126 millions de faux médicaments saisis dans seize ports africains lors d’une opération de l’Organisation mondiale des douanes en septembre 2016, était destiné au géant anglophone.

Lors de la clôture des assises, le président Faure Gnassingbé a annoncé « la mise en place des structures et l’adoption des lois pour endiguer le phénomène et criminaliser les différentes formes de trafic ».

Il a aussi annoncé la signature d’un accord entre les parties prenantes pour définir un cadre légal et imposer des sanctions pénales.

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