Education : Le torchon brûle entre l’administration et les enseignants vacataires de l’université Emi-Koussi

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Les enseignants vacataires de l’université Emi-Koussi adressent une lettre ouverte au président du conseil d’administration de ladite université.

Monsieur,

De notre dernier retranchement, nous, enseignants vacataires de l’Université EMI KOUSSI, écrivons cette lettre afin de vous exprimer notre indignation et profonde tristesse. Il vous souviendra qu’en date du 16 mars dernier, les vacataires que nous sommes, avons adressé à votre auguste personnalité une lettre aux fins de réclamations des frais de vacations valant mise en demeure à huitaine en prélude à une sommation de payer. Face à cette lettre sans appel, dans un mépris total, vous étiez resté de marbre et continuez allègrement dans votre sport favori qui est de faire : « les promesses fallacieuses et perfides».  Les promesses faites tous azimuts n’ont pas convaincu les vacataires et comme l’administration est paperassière, nous vous avons relancé pour une énième fois  par une autre lettre en date du 26 mars. Cette lettre de plus ne vous a aucunement et nullement daigné. Monsieur le PCA, nous réclamons tout simplement nos mois impayés de mai, juin, juillet, novembre, décembre, janvier et février. Ce n’est ni de l’aumône, ni de la charité mais nos droits les plus absolus : la contrepartie des prestations que nous avons fournies à votre Université.

Continuer par attendre, nous révolte ! Mais votre passivité nous atteint au plus profond de notre être. Nous avons cru que votre titre de Pasteur vous aurait certainement enseigné que : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux,… » Matthieu 7, 12. L’interprétation oblige, nous avons comme substance de ce verset « N’imposez pas à d’autres ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse. »

Accepteriez-vous enseigner dans un grand établissement d’enseignement supérieur et ne pas être payé Sept (07) mois de suite ? Loin de vous, cette maudite profession.

Accepteriez-vous voir votre employeur dans l’opulence la plus absolue du moment où vous tirez le diable par la queue? Oh, quel délit !

Accepteriez-vous broyer le noir  du moment où votre employeur  mange à  sa faim, boit à soif et se vêtit majestueusement ? Que Dieu vous en éloigne !

Accepteriez-vous voir misérablement ceux qui contribuent à votre fortune ? Quelle importance ? Votre situation seule compte.

Un homme de Dieu (qu’ils sont nombreux comme l’a prédit l’apocalypse), répondrait à toutes ses questions par la négative.

Si EMI KOUSSI a une renommée de portée qui dépasse la superficie du Tchad, c’est en grande partie grâce à la qualité de sa formation. A qui a-t-on confié cette formation si ce n’est qu’aux enseignants ? Alors, pourquoi ne leur doit-on pas ce qu’ils auraient obtenus à la sueur de leur front ?  Oh que la mémoire de l’homme est courte !

Vous pensez peut-être que les enseignants sont là parce que les étudiants sont là. A notre humble avis, les étudiants sont là parce que les enseignants de qualité sont là. Mais comme dira l’autre, l’enseignement est un métier noble mais ingrat, oh, combien !

Vous vous êtes posé une fois la question, pourquoi j’ai assez d’étudiants  au début et ces dernières années je me retrouve avec moins d’étudiants ? La réponse qui sied le plus, c’est justement parce que l’institution n’accorde pas aux enseignants le mérite qu’on leur doit. Votre grandeur doit vous permettre de juguler la crise mais au contraire, elle l’envenime davantage. Quel dommage !

Penser à vos enseignants. Ils ne viennent pas mendier. Vous leur devez légitimement les rétributions de leur travail à la tâche.  Ne profiter pas de leur statut de vacataire pour les reléguer à l’arrière-plan. Vous ramez à contre-courant lorsque vous pensez que les étudiants sont plus importants que les enseignants parce que les uns (enseignants) vous leur donnez de l’argent et les autres (étudiants) vous donnent de l’argent. Les enseignants doivent-ils payer de leurs vie votre soif de richesse, votre narcissisme, vos ambitions multiformes ? C’est malsain, sinon que prêche-t-on finalement ? Avoir une institution d’enseignement ne vous donne certainement pas tous les droits. Etre promoteur d’un établissement d’enseignement supérieur n’est pas une fin en soi. Et nous, vacataires, tous jeunes, avons un avenir radieux, ô nul doute !

Vous prenez nos écrits assortis de nos réunions comme des papiers hygiéniques parce que pour vous il n’y a personne en face sinon du vide. Peu importe !

Ouvrez grandement les yeux PCA ! Ne prenez pas ce problème à la légère ! Vous n’imaginez pas à quel point les enseignements sont indignés.

Qu’attendez-vous pour agir promptement ? De fil en aiguille, cette équation  devient difficile. Vous connaissez des gens dans ce pays : des Ministres, des hommes influant. Mais s’il vous reste un peu d’évangile dans votre esprit, vous saurez  que celui que nous connaissons, le Dieu là-haut, est plus puissant que ce parterre d’hommes. Et épris de justice, il mènera  le combat à notre place.

Réagissez avant que l’UNEK ne coule !

Réagissez avant que les enseignants ne saisissent dans une cinq (05) jours les autorités compétentes !

En notre âme et conscience, nous espérons que notre lettre vous fera prendre conscience de la dégringolade que prend l’institution.

C’est ainsi que nous concluons notre lettre avec l’espoir que vous intervenez avant une autre action des enseignants.

Au soir de sa vie, on se réconcilie même avec ses ennemis. Et notre postérité, échappera à la roue de l’histoire qui écrase sans pitié.

                            Les représentants des enseignants vacataires de l’UNEK

ALLARAMADJI MOIRA Moïse

BALAMSOUMA T. Roi

OUMAR MOUSSA DASSIDI

Josué ALEVA ZLAMA

DEASSAL Abel

NGARO M’BAITI

DJIMTOLOUM Emmanuel KERIM

BAISSEMA Thomas

OUYA Thierry

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