Edito : Les jeunes ne sont pas les ennemis de la République

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Dire que défier l’autorité de l’Etat est une chose aisée, c’est faire trop d’honneur. Mais, la mort dans une situation aussi douloureuse qu’atroce du jeune Mateyan Manayel Bonheur et son inhumation le samedi 23 novembre dernier, rappelle la difficulté de vivre sous un régime aussi barbare où les lignes de front ne sont pas clairement établies. La nécessité des jeunes tchadiens à surmonter cela incite à prendre des risques.

L’ordre donné de réprimer au retour du cimetière de Toukra, les jeunes, parents et amis qui ont accompagné le corps de Bonheur dans sa dernière demeure est non seulement une insulte à la mémoire du disparu mais une imbécillité, quand on connait l’auteur de ce dommage. Les forces de l’ordre se sont livrées aux pires exactions avec des répressions. Ces répressions qui, jusque-là révoltent encore le monde de la jeunesse tchadienne. Arrêtons de prendre la jeunesse tchadienne comme l’ennemi de la République.

Au Tchad, la jeunesse a perdu le droit à la parole parce que, ce droit, elle ne l’a jamais obtenu si ce n’est dans les discours creux des autorités. « La jeunesse, fer de lance » ; « la jeunesse, c’est l’avenir de demain »… Et au fur et à mesure, cette jeunesse se meurt à petit feu.

Chaque moment, chaque jours, chaque mois et chaque année, les jeunes et différentes catégories ou couches sociales de la population tchadienne subissent en silence des faits outrageant mais sans réagir publiquement de peur d’en ramasser encore davantage les séquelles.

Brave était cette jeunesse tchadienne là, qui au-delà de la peur a osé défier contre vents-et-marrés la police tchadienne, ces bourreaux, ces chiens de garde, ces sbires qui n’ont que le seul maitre-mot la « répression », à tort ou à raison, à chaque manifestation pacifique, rendant ainsi le climat de vie aussi miséreux que paisible.

Il n’est pas encore tard aux autorités tchadiennes de renouer avec ce mépris des jeunes au-delà de leur intérêt politique et égoïste. La jeunesse reste un vivier très important pour le développement d’un pays. Aujourd’hui, plutôt que chercher à les livrer en pâture mieux savoir les encadrer pour qu’ils soient dignes et plus courageux à l’avenir car, ils ne sont pas les derniers d’une espèce en voie de disparition.

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