CODNI : LES RAISONS DE SUSPENSION DU PRÉ-DIALOGUE

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Le pré-dialogue entre le pouvoir et les groupes politico-militaires tchadiens ouvert dans la matinée du dimanche 13 mars, à Doha est fermé pour trois jours afin de permettre aux certains groupes politico-militaires de se concerter. L’objectif de ces discussions est de permettre la participation de tous les groupes rebelles tchadiens au dialogue national inclusif prévu le 10 mai à Ndjamena.


C’est une étape très importante sur la voie de la réconciliation promise par les autorités de transition. « La réconciliation et l’esprit de réconciliation doivent l’emporter sur la revanche et la colère. Pour se réconcilier, on ne vient pas avec un couteau qui tranche, mais avec une aiguille qui coud. Armons-nous donc chacun d’une aiguille pour coudre nos déchirures. » Que ce rendez-vous de Doha « serve à mettre définitivement fin à la guerre au Tchad ». C’est l’appel lancé hier par le Premier ministre tchadien Albert Pahimi Padacké en ouverture des travaux.
Mais avant même cette intervention, la matinée a commencé par un coup d’éclat du Fact, tenu pour responsable de l’offensive au cours de laquelle a été tué le président Idriss Déby. Les six représentants du groupe qui ont fait le déplacement à Doha ont décidé de quitter la salle et de boycotter la cérémonie après avoir entendu le discours du ministre d’État pour les Affaires étrangères du Qatar, en exigeant un certain nombre de clarifications sur l’organisation de ce pré-dialogue.


Selon les représentants de certains groupes rebelles, le pays hôte doit jouer un véritable rôle de médiation et non seulement de facilitateur, surtout depuis le départ du processus, mercredi, de Goukouni Weddeye qui faisait le lien entre les différentes parties, depuis plusieurs mois.

« D’abord et avant tout, nous n’avons, à aucun moment, jamais été associés à l’élaboration de l’ordre du jour de ce pré-dialogue. Il y a une certaine chape de plomb qui entoure, qui nous échappe totalement. Deuxièmement, nous exigeons que le Qatar nous confirme sa position de médiateur. Si ce n’est pas le cas, nous ne pouvons pas retourner et nous retrouver autour de la table avec le gouvernement tchadien, face à face, sans médiateur. Il est hors de question. Nous ne sommes pas venus discuter directement avec le gouvernement tchadien. Nous avons besoin d’un médiateur qui va nous garantir les engagements qui seront issus de ces discussions », précise Issa Ahmad, chargé de la Communication au bureau fédéral du mouvement.
Les représentants du Fact ont aussi voulu protester contre le nombre de groupes politico-militaires présents autour de la table. Selon eux, cinquante-neuf, c’est beaucoup trop et plus que ce que le pays compte réellement de groupes rebelles. Ils y voient une stratégie destinée, selon eux, à diluer la voix des principaux groupes armés dans la négociation.
Cette préoccupation est partagée par d’autres mouvements qui sont restés dans la salle, pour les discussions, mais qui ont exprimé leurs doutes sur la possibilité de mener un véritable dialogue et de parvenir à un accord avec autant de monde autour de la table.


Les participants au pré-dialogue, martèlent que pendant les 72 heures qu’ils auront à faire ensemble, cela leur permettra, d’éclaircir tout ce qui ne marche pas entre eux. Ils verront qui est qui, quel est l’agenda des uns et des autres, quelles sont les envies, les propositions des uns et des autres. « Nous pensons que c’est une proposition très intéressante du Qatar. Cela prouve aussi que le Qatar a une expérience dans ce domaine. »
En réponse aux inquiétudes de certains groupes, le Qatar a d’abord confirmé sa position de médiateur dans le processus et fait deux propositions qui ont été acceptées. La première a été celle de suspendre les travaux pour trois jours afin de permettre aux groupes armés de se concerter. La plupart sont arrivés tard dans la nuit de samedi à ce dimanche 13 mars, en provenance de différents pays, et n’ont eu aucune occasion d’échanger sur ce processus. La seconde proposition acceptée etait que chaque camp s’entende pour désigner une dizaine de représentants, pour cadrer la discussion.

YOA/RFI

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