Ce que postent vos contacts Facebook pourrait vous coûter votre visa pour les États-Unis

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Les services américains de l’immigration ont le droit de consulter vos réseaux sociaux et de vous rejeter pour des contenus dont vous n’êtes pas responsable.

Si vous avez déjà mis les pieds aux États-Unis, vous savez que le processus pour obtenir un visa est long et compliqué. Les douanes américaines sont particulièrement tatillonnes, et il faut remplir des questionnaires détaillés pour espérer entrer dans le pays.

Comme une part toujours plus importante de nos vies se passe en ligne, les services de protection des frontières portent naturellement une attention croissante à nos activités sur les réseaux sociaux.

Fouille numérique

En 2017, BuzzFeed News révélait que les prétendants (es) à l’immigration devraient désormais soumettre leurs pseudos sur les réseaux sociaux à l’administration, afin qu’elle puisse les passer en revue.

Les douanes peuvent également demander à fouiller les smartphones, au même titre qu’un sac ou une valise. D’après TechCrunch, de plus en plus de personnes se voient refuser l’accès aux États-Unis à cause de ce qui se trouve dans leur portable.

C’est ce qui est récemment arrivé à un Palestinien résidant au Liban. Fraîchement accepté à Harvard, Ismail B. Ajjawi a atterri sur le sol américain à l’aéroport de Boston où, d’après le Harvard Crimson, il a été questionné durant plusieurs heures par les instances de l’immigration.

Le jeune homme affirme qu’une douanière lui a demandé de débloquer son ordinateur portable, ainsi que son smartphone. Après les avoir consultés pendant cinq heures, elle lui aurait reproché des propos anti-américains tenus par l’un de ses amis sur les réseaux sociaux.

Bien qu’il assure n’avoir ni liké, ni partagé ces publications, ni exprimé personnellement des opinions politiques, Ajjawi a été renvoyé au Liban après que son visa a été annulé.

«Nouvelle norme»

Son cas n’est pas isolé. Abed Ayoub, président de l’American-Arab Anti-Discrimination Committee (ADC), estime qu’il reçoit en moyenne deux témoignages similaires par mois.

Selon lui, ce type de situation est «la nouvelle norme». «On voit beaucoup ce genre d’histoire arriver aux étudiants arabes et musulmans qui viennent aux États-Unis pour leur études», détaille-t-il.

La situation est en partie provoquée par le fonctionnement de WhatsApp, très populaire au Moyen-Orient. Les conversations de groupe y sont couramment utilisées en tant que canaux d’information, mais comme l’application télécharge automatiquement les photos et vidéos reçues, il est courant de se retrouver avec des images incriminantes enregistrées à son insu.

C’est particulièrement vrai lorsque l’on vit à proximité d’une zone de combat, où les nouvelles prennent souvent la forme de clichés choquants. Dans beaucoup de ces cas, les services des douanes ne veulent rien entendre et révoquent le visa sans autre forme de procès.

Slate fr

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